International
Institute for Sustainable Development (IISD)
TROISIEME
CONFERENCE DES PARTIES DE LA CONVENTION-CADRE DES
NATIONS UNIES SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES 1
10 DECEMBRE 1997
La Troisième
Conférence des Parties (CdP-3) de la
Convention-Cadre des Nations Unies sur les
Changements Climatiques (CCCC) s'ouvre le 1er
Décembre 1997 au Kyoto International Conference
Hall à Kyoto, au Japon. Les délégués se
réuniront en Plénière puis en Grande
Commission (GC) pour discuter de l'adoption d'un
protocole ou autre instrument juridique. Un
segment de haut niveau se réunira les 6 et 7
Décembre pour entendre les déclarations des
ministres et autres chefs de délégations.
La huitième
session de reprise du Groupe Spécial du Mandat
de Berlin (AGBM-8) s'est déroulée le 30
Novembre 1997. Les délégués devaient tenir des
réunions officieuses pour débattre du
traitement des puits d'absorption des gaz à
effet de serre (GHG) puis se sont retrouvés en
Plénière pour conclure la discussion du rapport
de l'AGBM à soumettre à la CdP-3. Les
délégués décidèrent de poursuivre les
consultations officieuses tout au long de la
CdP-3.
L'AGBM
Le Président de
l'AGBM, Raúl Estrada Oyuela rappela aux
délégués que cette réunion représentait une
continuation de l'AGBM-8 qui avait commencé à
Bonn, voilà quelques semaines, et nota que
l'objectif en était de traiter les questions en
suspens et de faciliter les négociations de la
CdP-3.
Le Secrétariat
passa en revue les documents en considération,
à savoir: le rapport de l'AGBM-8
(FCCC/AGBM/1997/8); le texte révisé en
négociation ((FCCC/CP/1997/2 et Add.1);
l'évaluation technique du texte révisé en
négociation (FCCC/CP/1997/CRP.1); la note
concernant les mesures prises par les Parties non
visées à l'Annexe I pour la réduction de la
croissance de leurs émissions
(FCCC/AGBM/1997/CRP.5); la note d'information
soumise par les Parties sur les éventuels
critères de différenciation
(FCCC/AGBM/1997/Misc.3 et Add.1 et 2); les
réponses apportées au questionnaire relatif aux
puits d'absorption (FCCC/AGBM/1997/Misc.4 et
Add.1 et 2); et la synthèse des informations
tirées des communications nationales de l'Annexe
I concernant les sources d'émissions et les
puits d'absorption dans le changement au niveau
de l'utilisation des terres et le secteur
forestier (FCCC/TP/1997/5).
Le Président
Estrada mit en relief le document concernant les
mesures prises par les Parties non visées à
l'Annexe I pour la réduction de leurs
émissions. Il nota que des messages provenant de
plusieurs sources, médiatiques ou
gouvernementales, semblent nier les efforts
d'atténuation consentis par les pays en
développement. Il affirma que le document
montrait clairement que des progrès sont en
train de s'accomplir et demanda aux délégués
de garder cela à l'esprit, en particulier
lorsque certains pays industrialisés n'ayant pas
honoré leurs engagements liés à la Convention
viendront arguer que les engagements des pays en
développement doivent être établis sur une
base quantitative.
L'orateur
déclara par ailleurs que le papier d'évaluation
technique indiquait que certains aspects avaient
besoin d'être corrigés dans le projet de
protocole. Il nota aussi que l'additif au projet
de texte de négociation incluait un projet
d'amendement à la Convention. Le projet était
une tentative de refléter les paragraphes
préparés pour le protocole sous une forme
différente. Il indiqua que l'adoption des
amendements s'effectuerait aux trois-quarts des
voix des Parties. La manière dont le protocole
devra être adopté n'est pas encore
complètement définie. Il précisa toutefois que
les négociations se poursuivront sur la base
d'un protocole.
La Fédération
Russe présenta une proposition pour l'Article 3
relatif aux objectifs quantitatifs de limitation
et de réduction des émissions (QELROS). La
proposition stipule que les Parties incluses dans
l'Annexe I s'assureront que l'équivalent des GHG
listés dans l'Annexe A de l'ensemble net de
leurs émissions anthropiques de dioxyde de
carbone, exprimées en terme de budgets
d'émissions comme l'équivalent des tonnages de
dioxyde de carbone inscrits dans la Pièce Jointe
I, ne dépassera pas [__] tonnes. Le texte
stipule également que chacune des Parties
incluses dans l'Annexe I s'assurera que
l'ensemble net de ses émissions anthropiques de
dioxyde de carbone des gaz à effet de serre
listés dans l'Annexe A n'excédera pas ses
engagements exprimés en terme de budgets
d'émissions, tel qu'inscrits dans la Pièce
Jointe I. Le texte propose que les engagements de
chacune des Parties incluses dans l'Annexe I
soient établis en utilisant le processus mis en
place dans l'Annexe B et soient inscrits dans la
Pièce Jointe I.
Le Président
Estrada nota qu'il restait un certain nombre de
questions non résolues concernant les QELROS et
que les délégués doivent, à un point donné,
décider du nombre de gaz à inclure dans le
protocole. Il proposa aux délégués de
travailler à partir de l'hypothèse disant que
le protocole couvrirait six gaz, à savoir: le
dioxyde de carbone (CO2), l'oxyde nitrique (NO2),
le méthane (CH4), les hydrofluorocarbones (HFC),
les perfluorocarbones (PFC) et l'hexafluoride de
sulfure (SF6).
Le Royaume-Uni
demanda que la distinction entre les approches
basées sur trois et six gaz soit maintenue. La
Hongrie apporta son soutien à l'idée d'utiliser
d'abord un panier de trois gaz et de traiter plus
tard des trois autres gaz. L'Egypte se réserva
le droit de tenir des consultations avec le
G-77/Chine qui présentera une déclaration
conjointe. La Fédération Russe préférait
l'approche des trois gaz, à ce stade. Le
délégué précisa que si le panier devait
contenir plus de trois gaz, les obligations
devront être reconsidérés et il doit y avoir
plus de souplesse. La Tanzanie mit en exergue la
proposition du G-77/Chine qui appelle les Parties
à réduire leurs émissions pour trois gaz et à
fournir des efforts pour le contrôle et la
suppression progressive des trois autres.
Le délégué US
indiqua qu'il a constamment plaidé pour une
approche globale permettant l'inclusion d'un
large spectre de gaz à effet de serre (GHG) dans
le cadre du protocole ou autre instrument
juridique contraignant et que, par conséquent,
il soutenait la proposition du Président
invitant à travailler sur la base de six GHG au
lieu de trois. La Norvège nota son appui à la
proposition du Président et affirma que les
méthodologies permettant de travailler sur la
base de six GHG étaient disponibles. La Chine
réitéra la préférence du G-77/Chine pour
l'approche gaz par gaz. La Suisse indiqua qu'elle
avait, au départ, fait une proposition basée
sur trois gaz mais qu'elle était désormais en
faveur de l'inclusion de tous les GHG non
couverts par le Protocole de Montréal, y compris
les HFC, les PFC et le SF6. La Pologne suggéra
d'ajouter à un stade ultérieur les GHG
supplémentaires. Le Brésil nota que les gaz de
longue durée nécessitaient l'attention de
l'AGBM et souhaita voir le consensus réalisé
sur cet aspect.
Le Président du
groupe officieux chargé de la question des puits
d'absorption, Antonio La Viña (Philippines),
rapporta que son groupe a travaillé sur une
proposition renfermant trois options. Selon la
première, les QELROS doivent être calculés sur
le "net-net", i.e toutes les sources
moins tous les puits absorbants à la fois pour
l'année de départ et l'année cible dans la
première période budgétaire; la seconde option
propose que la catégorie de puits absorbants
appelée "changement de l'utilisation des
terres et foresterie" ne soit pas prise en
considération pour l'établissement des QELROS
dans la première période budgétaire, mais
prévoit pour le PICC d'améliorer les
méthodologies visant à inclure la dite
catégorie dans la seconde période budgétaire.
La troisième option propose l'exclusion de cette
catégorie pour l'établissement des QELROS, en
prévoyant leur inclusion à un stade ultérieur
par la Réunion des Parties (RdP) sur la base de
nouvelles modalités et des méthodes révisées
du PICC. Selon la quatrième option,
l'établissement des QELROS exclut la catégorie
en question mais permet la suppression des GHG
par le biais de "nouvelles activités",
lesquelles doivent être comptabilisées au
profit de la conformité, si
"vérifiables." Les "nouvelles
activités" seraient définies sur la base
des conseils du PICC et approuvées par la CdP.
Le Président du
groupe officieux nota que bien que les Parties
aient reconnu l'importance des puits absorbants,
elles ont discuté des incertitudes scientifiques
concernant la capacité d'absorption de GHG des
puits absorbants et les méthodologies utilisées
pour son estimation. Il nota que les options 3 et
4 pouvaient servir de base pour une solution de
compromis compte tenu de la divergence marquée
des points de vue sur les options 1 et 2.
La Chine attira
l'attention sur le fait que les options étaient
assorties de périodes budgétaires et rappela
l'objection du G-77/Chine sur ce concept. Le
Brésil et l'Islande indiquèrent que la question
des puits absorbants nécessitait d'être
résolue avant la détermination des cibles pour
les QELROS. Le Brésil nota la valeur de la
troisième option comme plate-forme de compromis.
On décida de poursuivre les consultations sur ce
sujet durant la CdP- 3.
Introduisant le
débat sur les budgets, le Président Estrada
nota que le G-77/Chine préférait avoir des
années cibles et que la tendance générale
était pour l'acceptation de la possibilité
d'avoir des budgets. Le porte-parole des G-
77/Chine déclara que l'assomption d'un consensus
sur les budgets serait prématurée. Le concept
ne figurait pas dans le Mandat de Berlin. La
Chine déclara que le concept de budget a été
introduit avec un ensemble de questions
supplémentaires. Le libellé soumis par le
G-77/Chine, établissant six raisons justifiant
le rejet du concept budget, avait �t� supprim�
et ne figure pas dans le texte de n�gociation
r�vis� du Pr�sident. Le Pr�sident Estrada
pr�cisa que son texte n'a repris que les
articles qui ont �t� discut�s � l'AGBM �
Bonn. Il indiqua que la possibilit� d'utiliser
des budgets restait ouverte.
Il appela � un
compromis sur la question des politiques et
mesures, notant que certaines d�l�gations
souhaitaient avoir une approche d'obligation
alors que d'autres n'en voulaient point. L'UE
d�clara avoir fait des concessions
consid�rables � Bonn en simplifiant les
propositions concernant les politiques et mesures
� retenir comme obligatoires. L'Egypte invita le
Pr�sident � pr�senter une proposition
�quilibr�e. La F�d�ration Russe proposa un
juste milieu consistant en la prise de mesures
nationales. Le d�l�gu� d�clara que la
question des politiques et mesures �tait li�e
aux autres questions, y compris � celles du
panier des gaz � inclure et du degr� de
souplesse � accorder � la Russie et aux autres
pays en transition �conomique. Il exhorta les
d�l�gations � commencer � chercher un
compromis sans outre d�lai et � ne pas laisser
tout le travail de n�gociation aux ministres des
gouvernements. L'UE soumit une nouvelle
proposition stipulant que tout signataire ou
Partie n'appartenant pas � l'Annexe I et
n'agissant pas dans le cadre de l'Article 10 peut
notifier le d�positaire qu'il a opt� pour
l'adoption et l'application d'une partie ou de
l'ensemble des politiques et mesures et/ou pour
la participation dans le processus de
coordination mentionn� ailleurs dans le
protocole. Le G-77/Chine fit objection �
l'inclusion d'une r�f�rence aux Parties non
vis�es � l'Annexe I.
Le Pr�sident
annon�a qu'un intitul� a �t� convenu pour le
protocole lors d'une r�union du Bureau �largi:
"Protocole de Kyoto de la Convention-Cadre
des Nations Unies sur les Changements Climatiques
dus au Gaz � effet de Serre." Le G-
77/Chine et d'autres d�l�gations d�clar�rent
qu'il �tait pr�matur� de d�cider de
l'intitul� avant le contenu du protocole. Le
Pr�sident indiqua que le Rapporteur devait
pr�senter � la CdP-3, un rapport de synth�se
sur la session de la journ�e, notant qu'il avait
planifi� d'ajouter des conclusions au rapport de
l'AGBM mais qu'aucune conclusion n'a pu �tre
formul�e. L'AGBM fut ajourn�e.
DANS LES
COULISSES
Le Pr�sident de
l'AGBM, Ra�l Estrada, est susceptible d'�tre
charg� de la pr�sidence du groupe de travail
sur les QELROS durant la CdP-3. Ce nouveau r�le,
avec son travail � la t�te de la Grande
Commission, placera Estrada dans une position
cl� pour la poursuite de son approche agissante
dans les n�gociations et la marque de son
influence sur le segment de haut niveau pr�vu �
la fin de la CdP-3. Lors de la r�union de la
session de reprise de l'AGBM, dimanche, Estrada a
fait montre de ses capacit�s d'envoyer des
signaux clairs aux Parties dont il juge les
points de vue ind�fendables. Attirant
l'attention sur le document qu'il a command� et
qui porte sur les efforts des pays en
d�veloppement dans le domaine des changements
climatiques, il appela les pays industrialis�s
qui n'ont pas honor� leurs engagements dans ce
m�me domaine � y prendre note.
A SUIVRE
AUJOURD'HUI
PLENIERE:
La Pl�ni�re se r�unit � 10h dans la Salle
Principale.
GC: La Grande
Commission se r�unira imm�diatement apr�s la
finition du point 2(f) de l'ordre du jour
(organisation des travaux) par la Pl�ni�re.
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