International
Institute for Sustainable Development (IISD)
LES FAITS MARQUANTS DES REUNIONS DES ORGANES SUBSIDIAIRES DE LA CCCC 30 OCTOBRE 1997
Les délégués à la huitième session du Groupe Spécial du
Mandat de Berlin (AGBM-8) devaient se réunir en Plénière le
matin, l'après-midi et dans des sessions nocturnes.
PLENIERE DE L'AGBM
Le Président Raúl Estrada-Oyuela réunit la Plénière pour le
traitement des résultats des groupes officieux. Il déclara
que malgré le fait que les positions soient encore
éloignées, un certain progrès a pu être réalisé dans ce qui
était le premier tour des négociations d'un texte
consolidé. Il se demanda si la nature des divergences de
points de vue, matérialisées par des crochets dans les
papiers produits par les groupes officieux, pouvait être
expliquée à "un public intelligent mais non imprégné des
subtilités des négociations."
POLITIQUES ET MESURES
Le Président du groupe officieux chargé des politiques et
mesures (P&M), Bakary Kante (Sénégal), introduisit un
papier et indiqua que le groupe était parvenu à un
consensus sur l'un des cinq sous-paragraphes du projet de
texte du Président de l'AGBM. Concernant le chapeau, il
nota qu'une référence à un article spécifique a été
crochetée en attendant les résultats des pourparlers sur
les engagements volontaires. Il signala aussi que le groupe
s'est accordé sur la première partie du sous-paragraphe
portant sur l'adoption et la mise en œuvre de P&M par les
Parties visées à l'Annexe I pour la réalisation des QELROs,
mais qu'il n'est pas parvenu à s'entendre sur la partie
préconisant de dresser la liste des P&M dans une annexe.
Aucun accord n'a pu être réalisé sur le libellé indiquant
que les Parties visées à l'Annexe I se doivent de
coordonner la mise en œuvre des P&M listées dans l'annexe.
Deux propositions d'annexes listant des P&M étaient
attachées au document.
Les USA, appuyés par le Canada, le Japon et l'Australie
proposèrent de crocheter le libellé stipulant que "la
CdP/RdP procédera à l'évaluation de l'application des P&M."
L'UE proposa de combiner les deux alternatives se référant
à des P&M listées dans une annexe. Le Canada, les USA et le
Japon se déclarèrent en faveur de l'alternative stipulant
que les P&M seront adoptées en fonction des circonstances
nationales. La Hongrie fit part de son acceptation d'avoir
des P&M coordonnées. L'UE, les G-77/Chine et l'Australie
déclarèrent que les P&M ne doivent pas être listées dans
une annexe mais incorporées dans le protocole. Le délégué
US exprima sa préférence d'avoir les P&M listées en annexe.
Le Cambodge appela toutes les Parties à faire montre de
flexibilité.
Le Président demanda des commentaires sur la phrase
concernant l'évaluation par la CdP/RdP. Les USA, le Canada
et l'Australie préférèrent sa suppression ou sa mise entre
crochets. L'UE désapprouva. La Slovénie suggéra de déplacer
la phrase.
Le Président indiqua qu'il y avait consensus pour le
maintien du libellé, exception faite de trois pays; La
Chine demanda si le texte pouvait être communiqué crocheté
à Kyoto. Le Président répondit que rien n'est décidé en
attendant un accord sur tous les points.
Le délégué US souleva un point d'ordre précisant qu'il n'y
avait pas de consensus. Le Président déclara que les
délégués pouvaient remettre en question sa décision en
vertu du règlement intérieur. Les USA, le Canada et le
Venezuela déclarèrent qu'il ne pouvait y avoir de consensus
si des délégations ont fait objection. Le Venezuela défia
la décision. Le Président indiqua qu'un vote aux 2/3 était
requis pour outrepasser la décision et appela à un vote.
L'Egypte déclara que les délégations se référaient à
l'unanimité. La décision du Président concernant le
consensus reflétait le sens qu'il avait des négociations.
Le Président répondit qu'il n'était pas nécessaire
d'établir une distinction entre l'unanimité et le
consensus. L'Iran et le Koweït demandèrent un avis
juridique. Le délégué US proposa que le Président produise
le texte de ses conclusions. Il indiqua qu'il craignait
l'idée qu'on ait à voter sur chaque paragraphe et chaque
paire de crochets. Le Venezuela accepta que le Président
avait exprimé son sens de la réunion. Le Président indiqua
que telle était la signification de sa décision. La
Mauritanie déclara que les décisions devraient être
laissées à Kyoto. La Hongrie invita les délégués à se
"calmer."
L'Arabie Saoudite affirma que tenter de procéder à des
adoptions à ce stade, n'a pas de sens. Tous les amendements
seront envoyés à Kyoto. Il demanda au Président de se
détendre. Le président indiqua qu'une fois le challenge
retiré, il n'y aura pas besoin de vote. Il déclara qu'il
était clair qu'un groupe de pays essayait de bloquer la
Convention et le protocole, mais qu'il ne se laissera pas
"prendre en otage" par des pays essayant méthodiquement de
stopper la progression.
Le Président du groupe officieux nota deux alternatives
pour le paragraphe portant sur les effets adverses des P&M.
Le délégué US proposa une reformulation appelant à
l'évaluation de l'effet général sur l'évolution climatique
et sur les situations économiques, environnementales et
sociales des Parties. Les G-77/Chine demandèrent
l'incorporation d'une note en bas de page indiquant le lien
entre ce point et la mise en place d'un fonds pour le
développement propre.
S'agissant de la coopération entre les Parties pour
l'amélioration de l'efficacité, l'UE accepta d'insérer la
question de l'application volontaire des P&M dans les
discussions sur les engagements volontaires et de discuter
de l'accession volontaire des Parties non visées à l'Annexe
I sur une base plus facile que celle des objectifs
quantitatifs. Après que le Japon eut introduit un
amendement, le Président demanda si les Parties
décideraient éventuellement de réduire les émissions "tel
qu'approprié."
ENGAGEMENTS EXISTANTS LIES A L'ARTICLE 4.1
Le Président du groupe officieux chargé de l'Article 4.1,
Evans King (Trinité), introduisit un rapport sur le travail
effectué par son groupe (FCCC/AGBM/1997/CRP.1) sur les
Articles 12 et 13. Il indiqua que des progrès substantiels
ont été réalisés et le texte pouvait délimiter les contours
des futures négociations. Il n'y a pas eu d'accord sur: les
programmes d'atténuations et d'adaptation; le transfert
technologique; et la prise en considération de l'évolution
climatiques dans les politiques. Il déclara aussi que la
question des mesures spécifiques visant à l'amélioration
des engagements existants des Parties non visées à l'Annexe
I et de leur rapport avec la mise à disposition des
financement et le transfert technologique constituait un
sujet de fond transversal. Lorsqu'une entente commune
émergera sur ce point, bon nombre de crochets seront
également résolus.
Un représentant des ONG du secteur de l'environnement
déclara que l'article de la CCCC s'appliquait à toutes les
Parties. Le Président du groupe officieux n'a pas réussi à
faire avancer de manière adéquate la mise en œuvre, car les
obligations doivent être étroitement définies et
mesurables, en produisant un texte truffé de réserves et de
formulations faibles. L'amélioration des engagements de
l'Article 4.1 est lié au transfert technologique et à la
mise en place de politiques d'incitation, y compris
l'adoption d'approches novatrices visant l'implication du
secteur privé. L'Article 4.1 ne doit pas être utilisé pour
négocier des engagements pour les pays en développement,
par la porte arrière.
Le Président de l'AGBM nota que le Chapeau pouvait être
approuvé à l'unanimité.
Les délégués débattirent de l'ordre des programmes
"nationaux" et "régionaux" dans le sous-paragraphe portant
sur les inventaires. Les G-77/Chine proposèrent de
supprimer "les modèles" et d'ajouter une référence aux
lignes directrices. Les USA et la Nouvelle Zélande y firent
objection La Pologne demanda la suppression de la référence
au "rapport coût-efficacité." L'UE y fit objection.
La représentante des G-77/Chine s'opposa à la listes des
programmes d'atténuation "économiquement justifiés",
suggérant que cette dernière représentait de nouveaux
engagements pour les pays en développement et reflétait
l'annexe des P&M encore en négociation. Elle fit la même
objection pour la liste des programmes d'adaptation
figurant dans le sous-paragraphe suivant. Elle souhaita la
suppression des listes et le maintien de l'alternative des
G-77/Chine qui décrit de manière séparée les programmes de
l'Annexe I et ceux des pays en développement. Elle amenda
l'alternative de manière à inclure l'information
programmatique dans les communications nationales. Le
Japon, l'UE et les USA préférèrent la suppression des
crochets entourant la liste des mesures d'atténuation,
notant qu'elle était à titre indicatif. Le Délégué US
déclara que la liste ne constituait pas de nouveaux
engagements mais donnait de la substance à l'Article
4.1(b).
Le Népal ajouta le développement des zones montagneuses à
la liste des mesures d'adaptation. Les USA placèrent entre
crochets "les mesures de protection pour l'infrastructure"
et ce, en raison des implications financières.
Au sujet du transfert technologique, la représentante des
G-77/Chine proposa la suppression du paragraphe portant sur
la promotion de modalités effectives pour les transferts
parce que cela introduirait de nouveaux engagements
inacceptables dans le cadre du protocole. Elle appuya le
paragraphe alternatif basé sur la CCCC et le Plan d'Action
21. Les USA, soutenus par le Japon et le Canada,
suggérèrent de combiner les élément dans deux paragraphes
et firent objection aux références aux "incitations
financières et fiscales" et aux "technologies
écologiquement rationnelles protégées par des brevets."
S'agissant des procédures visant à s'assurer de la prise en
compte des considérations liées à l'évolution climatique
dans les décisions gouvernementales et
intergouvernementales, le délégué US rappela le soutien des
ONG en faveur de l'évaluation de l'impact environnemental
et de la promotion des technologies écologiquement
rationnelles. L'UE, appuyée par les USA, proposa, pour
l'identification et l'application des procédures, une
reformulation spécifiant les banques de développement
multilatérales. La représentante des G-77/Chine déclara que
l'engagement ne doit pas être proposé dans un protocole à
palier limité. Cela reviendrait à entreprendre un nouvel
engagement . Elle indiqua qu'une référence aux banques de
développement multilatérales introduirait une condition au
financement. Le libellé resta entre crochets.
Concernant les échanges d'information sur le développement
national et l'utilisation des indicateurs, les G-77/Chine
firent objection au paragraphe arguant qu'il reviendrait à
un nouvel engagement dans le cadre du protocole. Le
paragraphe resta entre crochets.
Le Président Estrada fit remarquer qu'à un moment donné,
les Parties devront limiter la portée du protocole en-deçà
de ce qui avait été conclu à Berlin.
S'agissant de l'éducation et de la formation, le délégué US
introduisit un amendement sur le renforcement des
programmes d'éducation et de formation au niveau national,
enleva les crochets entourant la référence à des experts
en matière de formation, "en particulier pour les pays en
développement", et remplaça la référence aux méthodologies
par une référence aux "modalités."
Concernant les communications sur la mise en œuvre des
engagements pris dans le cadre du protocole, la
représentante des G-77/Chine indiqua que les communications
doivent être envoyées aux Parties de la CCCC. Le délégué US
expliqua que pour les Parties de la CCCC, le communications
iront à la CdP, et que pour les Parties du protocole, les
communications iront à l'organe du protocole. Il ajouta que
le rôle d'élaborer les lignes directrices ne doit pas être
décidé pour la RdP. La représentante des G-77/Chine
répondit qu'elle ne pouvait accepter de présenter un
rapport à un organe autre que la CdP.
QELROs
Le président du premier groupe officieux chargé des
objectifs quantitatifs de limitation et de réduction des
émissions (QELROS-1), Luiz Gylvan Meira Filho (Brésil),
introduisit le document résultant des travaux des deux
groupes officieux. Il indiqua que des points clés y étaient
crochetés et espéra qu'il seront résolus à Kyoto. Il
précisa qu'il y a eu accord sur l'article portant sur les
informations supplémentaires nécessaires aux inventaires et
aux communications des Parties visées à l'Annexe I. Il fit
remarquer aussi que la définition des valeurs et des dates
en dépendait, tout comme la prise en considération, pour ce
qui est des QELROs, des suppressions effectuées par les
puits absorbants. Il souhaita voir l'AGBM réduire au
minimum les problèmes à traiter dans le cadre des puits
absorbants compte tenu des contraintes de temps à Kyoto.
Enfin, il attira l'attention sur la nécessité d'inclure une
définition des émissions "nettes" dans le protocole.
Le Président Bo Kjellén (Suède) rapporta que de nouvelles
consultations étaient en cours sur des QELROs pour les
Parties visées à l'Annexe I en transition économique, que
les articles concernant les échanges en matière d'émission
et les activités exécutées conjointement sont entièrement
crochetés, que l'article sur les communications nationales
a été approuvé, exception faites des références à l'article
sur les engagements volontaires et à la Réunion des
Parties, et enfin, qu'aucun accord n'a pu être réalisé sur
la question des engagements volontaires.
Le président de l'AGBM suggéra que les trois alternatives
relatives aux QELROs des Parties visées à l'Annexe I soient
transmises telles quelles à la CdP-3. La Nouvelle Zélande,
appuyée par le Canada et le Japon, indiqua que la question
des suppressions effectuées par les puits absorbants n'a
pas été formellement discutée par les groupes officieux
chargés des QELROs. Le Japon, soutenu par le Royaume-Uni et
Nauru, déclara que les références au mot "nettes" et aux
"suppressions effectuées par les puits absorbants" qui
figurent dans le texte doivent être crochetées.
L'Australie, la Nouvelle Zélande, le Canada et la Russie
déclarèrent que les références au mot "nettes" ne doivent
pas être placées entre crochets. Le délégué US déclara que
le libellé portant sur les "suppressions effectuées par les
puits absorbants" ne doit pas être crocheté.
Le Président de l'AGBM décréta qu'il y aura des "crochets
préventifs" autour du mot "nettes" en attendant le
règlement de la question des puits absorbants.
LA SEANCE NOCTURNE
Dans une séance nocturne, les d�l�gu�s devaient entamer les
discussions sur les rapports des groupes officieux charg�s
des QELROs. A 22h, ils avaient examin� les articles 3
(engagements), 3(bis) (accomplissement conjoint des
obligations) et 4. Les d�l�gu�s d�battirent de la question
de savoir s'il fallait avoir des crochets r�els plut�t que
pr�ventifs autour du mot �missions "nettes", notant la
difficult� de d�finir les puits anthropiques. Les d�l�gu�s
devaient discuter par ailleurs: de la proposition des G-
77/Chine refl�tant une approche bas�e sur un "taux
uniforme"; de la flexibilit� dont devraient b�n�ficier les
Parties en transition �conomique; de la r�alisation
conjointe des obligations; et des r�f�rences crochet�e aux
budgets. Plus tard dans la session, les USA, appuy�s par le
Canada et l'Australie, sugg�r�rent d'ajouter un libell�
crochet� sur l'�volution des engagements des pays en
d�veloppement, � l'article sur les engagements existants.
Le Pr�sident r�pondit qu'il n'ajoutera pas le libell�.
Un texte r�vis� est attendu aujourd'hui vendredi.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
AGBM: L'AGBM se r�unira en Pl�ni�re � partir de 10h.
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