International
Institute for Sustainable Development (IISD)
LES FAITS MARQUANTS DES REUNIONS DES ORGANES SUBSIDIAIRES DE LA CCCC 29 OCTOBRE 1997
Les délégués à la huitième session du Groupe Spécial du
Mandat de Berlin (AGBM-8) devaient se réunir en sessions
de groupes officieux sur les institutions et mécanismes et
sur les objectifs quantitatifs de limitation et de
réduction des émissions (QELROs). Le groupe officieux
chargé des QELROs devait également se réunir dans la
soirée. La septième session de l'Organe Subsidiaire
d'exécution (SBI-7) tint sa dernière réunion et examina les
points de l'ordre du jour encore en suspens et le rapport
de la session. Une séance d'information à l'adresse des ONG
se déroula dans la matinée.
BRIEFING DES ONG
Au cours de la séance d'information donnée par le Président
de l'AGBM, Raúl Estrada Oyuela, les ONG opérant dans les
domaines de l'industrie et de l'environnement furent
invitées à élaborer leurs commentaires sur un certain
nombre de questions contentieuses.
Le Président du groupe officieux chargé des politiques et
mesures, Bakary Kante (Sénégal), rapporta qu'un consensus,
assorti de quelques conditions, a été réalisé entre les
Parties au sujet de la coopération. Les points de vue ont
été clairement exposés au sujet des politiques et mesures
coordonnées et obligatoires mais il s'avère qu'il sera
difficile, pour le moment, de parvenir à un consensus. Un
certain nombre de "très bonnes" formulations ont été
placées entre crochets. Aucun consensus ne put émerger sur
la question de compensation et ce point devra également
être transmis non résolu au Président de l'AGBM.
Le Président Estrada invita les ONG du secteur de
l'industrie à considérer la question de savoir si les
Parties devraient essayer de s'accorder sur des politiques
et mesures obligatoires, de sorte que tous les pays
puissent agir dans un même cadre de politique générale
coordonnée à un niveau intergouvernemental, et de faire
part de leurs points de vue à la plénière de l'AGBM, jeudi
matin. un porte-parole de l'industrie indiqua que le
secteur préférait que la mise en œuvre se fasse à l'échelon
des pays pour permettre de prendre en ligne de compte les
conditions économiques et énergétiques propres.
Le Président du groupe officieux chargé de l'Article 4.1 de
la CCCC rapporta qu'un texte a été adopté après un tour de
réunions constructives qui ont permis de clarifier bon
nombre de libellés. Deux questions "centrales" demanderont
l'attention du président de l'AGBM. Il s'agit: des
engagements applicables à toutes les Parties relatifs à la
concrétisation de mesures d'atténuation et d'adaptation; et
du transfert de technologies écologiquement rationnelles.
Le Président Estrada invita les ONG des pays en
développement à présenter de courts commentaires sur ces
questions. Le président du groupe officieux se félicita de
la préparation des Parties à résoudre la question des
moyens d'exécution (Article 12) même si quelques points
techniques sont encore entre crochets.
Le Président du groupe officieux chargé des institutions et
mécanismes, Takao Shibata (Japon) fut invité à faire part
de ses commentaires sur le statut juridique de
l'Attachement 1 proposé pour l'enregistrement des
engagements des Parties. Il rapporta que les points de vue
exprimés étaient divergents et que plusieurs délégations
étaient préoccupées quant à la procédure d'amendement qui
pourrait s'appliquer à l'attachement. Il indiqua que le
résultat des discussions sera en rapport avec la nature des
engagements.
Bo Kjellén (Suède) présenta un rapport sur le travail du
deuxième groupe officieux chargé des QELROs. L'accord y a
été quasiment total sur les questions de l'élaboration des
rapports et des évaluations (Article 8). Au sujet des
engagements volontaires (Article 10), il rapporta que le G-
77 a pris une ligne négative et que la Norvège présidait un
groupe de travail sur cette question. Concernant
l'évaluation de l'adéquation des engagements (Article 11),
le Président Kjellén indiqua qu'il envisageait de mener des
consultations sur une base bilatérale et faire circuler son
propre projet de texte. Un groupe de contact comprenant
l'UE, les USA et d'autres est en train d'examiner la
question des échanges en matière d'émission, et des
consultations sont également prévues sur la question de
l'exécution conjointe. Le Président Estrada annonça que la
Plénière de l'AGBM se réunira jeudi pour entamer le
processus de finition des travaux de l'AGBM et que des
séances à huis clos suivront.
ORGANE SUBSIDIAIRE D'EXECUTION
Lors de la dernière séance du SBI, les délégués devaient
adopter le projet de conclusions, le projet de décisions
soumis à l'adoption de la CdP-3, et le rapport de la
session. Dans le projet de conclusions sur les
communications liées à l'Annexe I (FCCC/SBI/1997/L.7), le
SBI: demande au Secrétariat d'évaluer la faisabilité d'une
compilation des données supplémentaires disponibles sur les
émissions de gaz à effet de serre (GES), pour permettre une
étude comparative avec les soumissions nationales, et de
présenter au SBI-9 un rapport à cet effet; fait part de son
intention de mener une évaluation intérimaire des revues
approfondies des secondes communications nationales pour le
SBI-9; et note avec regret que les réponses insuffisantes
de la part des Parties de l'Annexe I n'ont pas permis de
présenter au SBI-7, le calendrier des revues approfondies.
Dans le projet de décision, la CdP-3 appellerait les
Parties visées à l'Annexe I à se conformer au plan
directeur révisé de la CCCC et demanderait au Secrétariat
de préparer une compilation complète des secondes
communications nationales et de publier les inventaires
nationaux de GES. La CdP-3 déciderait par ailleurs que les
revues approfondies des secondes communications nationales
incluront des visites par les équipes d'évaluation et que
les rapports de synthèse des communications seront publiés
au titre de documents officiels de la CCCC.
S'agissant des communications nationales des Parties non
visées à l'Annexe I, les délégués devaient adopter un
projet de conclusions et un projet de décision produits par
un groupe de contact présidé par les USA et la Malaisie
(FCCC/SBI/1997/L.8). Le projet de conclusions du SBI
demande au Secrétariat d'organiser un atelier sur le
processus d'examen des premières communications nationales
des Parties non visées à l'Annexe I. Le Secrétariat y est
requis de soumettre, d'ici le 30 Mars 1998 ses observations
concernant les communications nationales des Parties non
visées à l'Annexe I. Le SBI demande en outre au Secrétariat
de présenter au SBI-8, une compilation des commentaires
soumis par les Parties.
Le projet de décision fut compilé à partir de trois
propositions. Il renferme des libellés crochetés stipulant
que le processus d'examen aidera le Secrétariat à
déterminer les besoins des Parties non visées à l'Annexe I
[pour la préparation des communications nationales] ou
[ayant trait à la mise en œuvre des engagements, en
particulier ceux associés aux propositions de projets et
aux mesures de réponses]. Concernant le type d'évaluation,
le texte stipule que les communications doivent être
assujetties à une [évaluation] ou [revue] [technique]
[approfondie]. S'agissant du futur travail du Secrétariat,
la décision renferme des libellés crochetés sur la
compilation et la synthèse [annuellement], ainsi que sur
les ateliers proposés et la sélection des équipes d'experts
de l'évaluation. toutes les références aux travaux que la
CdP pourrait demander au SBI et au SBSTA d'accomplir au
sujet des communications nationales, sont crochetées.
Concernant le mécanisme de financement, les délégués
adoptèrent deux projet de décisions pour la CdP-3
(FCCC/SBI/1997/L.9) produits par un groupe de contact
présidé par Antigua et Barboude. En vertu du premier projet
de décision, la CdP déciderait de poursuivre le processus
d'évaluation à travers le SBI, conformément aux critères
établis dans le plan directeur adopté par le SBI-5. En
vertu du second projet de décision, la CdP noterait que le
Conseil du FEM a approuvé l'annexe du Mémorandum d'Entente
entre la CdP et le Conseil du FEM et déciderait d'approuver
l'annexe, qui entrerait ainsi en vigueur.
Les délégués devaient adopter par ailleurs les projets de
décisions de la CdP sur l'exécution conjointe (AIJ) et sur
le développement et le transfert des technologies. Les
décisions, produites par un groupe de contact conjoint
SBSTA/SBI, furent adoptées par le SBSTA le 28 Octobre. Les
délégués adoptèrent également des projets de décisions de
la CdP sur la performance financière de la Convention
durant les exercices 1996-1997 (FCCC/SBI/1997/L.11) et sur
la CdP-4 (FCCC/SBI/1997/L.10) prévue à Bonn en Novembre
1998.
Le Rapporteur du SBI, Patricia Iturregui (Pérou) présenta
le rapport provisoire de la réunion (FCCC/SBI/1997/L.6 et
CRP.9). Concernant les propositions d'amendement à la
Convention, le SBI décide de recommander à la CdP que
toutes les propositions soient, le cas échéant, traitées
dans l'ordre de leurs soumissions. L'Arabie Saoudite
proposa de supprimer la locution "le cas échéant" mais l'UE
plaida pour son maintien dans la phrase. Le Koweït proposa
que tous les amendements soient considérés comme un
"ensemble." Les délégués s'accordèrent pour enlever la
locution en question. Le rapport fut adopté tel qu'amendé.
Lors de la séance de clôture, le président Mahmoud Ould El
Ghaouth (Mauritanie) nota que certains observateurs pensent
que le SBI n'a aucun problème, juste des décisions à
"affranchir." Il expliqua que cet avis n'est pas juste,
compte tenu du temps passé dans les consultations et des
efforts consentis. Il déclara que son successeur veillera à
maintenir le SBI loin des polémiques lui permettant ainsi
de continuer à servir de bras opérationnel à la FCCC.
GROUPE OFFICIEUX CHARGE DES QELROs
Ce groupe discuta du papier officieux élaboré par le
Président Luis Gylvan Meira Filho (Brésil) qui renferme des
propositions pour les articles ayant trait aux QELROs, aux
systèmes nationaux d'estimation des émissions anthropiques
de GES par sources et par puits absorbant, aux
méthodologies, aux données potentielles du réchauffement du
globe (GWPs), à l'annexe dressant la liste des gaz, et au
document joint où apparaîtront les engagements en matière
d'émission et l'année/périodes de référence.
Au sujet des QELROs, le papier comprend deux alternatives
quant à la manière dont les émissions de GES d'une ou des
Parties "n'excéderont" pas ses/leurs engagements, exprimés
en "terme de budget" ou "budgets des émissions." Le texte
de négociation précédent du Président de l'AGBM parlait des
engagements en terme de réduction des émissions. Le
Président nota que la première alternative était plus large
et qu'elle engloberait la suppression des GES par les puits
absorbants. Un groupe régional indiqua sa préférence pour
la première alternative. Un groupe de pays demanda que la
proposition qu'il avait avancée soit incluse comme
troisième alternative. La discussion se poursuivit sur le
point de savoir laquelle de l'approche basée sur des
chiffres nets ou de celle basée sur des chiffres agrégés
serait la plus efficace et sur la question de savoir si les
engagements seraient honorés conjointement ou
individuellement.
Compte tenu du fait qu'aucun progrès n'a été enregistré
quant à la spécification des objectifs et des calendriers,
le Président proposa soit de dresser la liste de ces
derniers dans un tableau, soitd'essayer de rédiger un
paragraphe à caractère général, avec des espaces vides à
remplir ultérieurement. Un groupe de contact fut constitué
pour accomplir cette tâche.
Il n'y eut pas d'accord sur la question de savoir si les
engagements doivent être listés dans une annexe ou figurer
dans le texte même du protocole. Concernant la nécessité,
pour les Parties visées à l'Annexe I, de faire preuve de
"progrès palpables" dans l'accomplissement de leurs
engagements d'ici l'an 2005, une délégation indiqua que la
locution n'était pas claire et qu'il conviendrait de la
placer ailleurs dans le protocole, dans une partie qui
n'aurait pas rapport avec les QELROs.
Au cours de la dernière séance sur les QELROs, un groupe de
pays proposa la suppression des articles ayant trait aux
échanges en matière d'émission, aux activités exécutées
conjointement et aux engagements volontaires. Les délégués
passèrent une bonne partie de la séance à débattre de
l'article concernant "l'adéquation des engagements"
figurant dans le texte révisé du Président du groupe
officieux. Un pays proposa de retourner au texte d'origine.
Un autre préféra voir l'adéquation des engagements incluse
dans l'article consacré aux QELROs. Les consultations se
poursuivront sur les dispositions liées aux pays en
transition économique. Un participant nota qu'il n'y avait
pas de "réelle" discussion sur la question de l'épargne et
du crédit en matière d'émission.
GROUPE OFFICIEUX CHARGE DES INSTITUTIONS ET MECANISMES
Le groupe discuta des aspects juridiques du concept de la
"bulle" qui consacre un objectif commun pour un groupe de
pays. Un groupe régional présenta son texte qui note que
l'objectif commun touchait à la question de mise en
conformité. D'autres délégations y firent objection. Dans
l'article définissant le rôle de la CdP et de la Réunion
des Parties (RdP), un groupe de pays proposa d'introduire
une référence à une disposition de l'article 7 de la CCCC
qui stipule que la CdP peut revoir "tout instrument en
rapport". Le groupe offrit de produire un texte alternatif.
D'autres délégations y firent objection, préférant
travailler à partir du texte révisé du Président du groupe
officieux. Le groupe officieux programma une session
informelle, jeudi, pour la revue de l'article.
Un groupe de pays demanda de remettre dans l'article
portant sur les services du Secrétariat, le libellé
crocheté qui sollicite les Parties du protocole à fournir
un financement supplémentaire. Il y eut par ailleurs accord
général que l'article concernant les organes subsidiaires
doive s'aligner sur les libellés consacré à la CdP et la
RdP, mais aucune résolution finale n'est possible avant la
finalisation de l'autre article. Un groupe de contact
présenta un libellé stipula que la RdP "approuvera" des
procédures et mécanismes applicables en cas de non
conformité, "appropriés et efficaces". Plusieurs
délégations y firent objection. Un groupe de pays signala
que le texte sur la non conformité était lié à la décision
sur l'établissement d'un fonds pour le développement
propre.
Dans le paragraphe portant sur les amendements au
protocole, une d�l�gation proposa une note en bas de page
stipulant que les amendements ne peuvent s'appliquer qu'aux
engagements li�s aux articles 4.2(a), (b) et (d). Une autre
d�l�gation sugg�ra que l'approbation des amendements doit
s'effectuer par double majorit� � 2/3. Les d�l�gu�s
discut�rent des significations possibles des annexes mais
un groupe de pays s'opposa � l'utilisation d'annexes et de
pi�ces jointes dans l'article consacr� � l'ajout de Parties
non vis�es � l'annexe I au protocole.
DANS LES COULOIRS
La Norv�ge pr�sida un groupe de contact sur l'Article 10
qui porte sur les engagements volontaires. Les d�l�gations
oppos�es � l'Article ont continu� � chercher sa suppression
du texte de n�gociation de l'AGBM. Celles qui y sont
favorables, argu�rent que le contenu repr�sentait un
�l�ment essentiel du protocole et un nombre d'amendements
fut introduit. Ces derniers �taient con�us pour clarifier
les exigences, li�es � l'examen des requ�tes, d�limit�es
dans l'Article et le m�canisme de supervision des
politiques et mesures, pour les pays entreprenant des
engagements volontaires. Plusieurs pays en d�veloppement
continu�rent � clamer leur opposition. Un groupe de contact
impliquant les USA et l'UE s'est r�uni pour discuter de
leurs positions sur la question des �changes en mati�re
d'�missions (Article 5). La destin�e de cette question et
de celles concernant l'ex�cution conjointe et les cr�dits
continue � �tre li�e au r�sultat des n�gociations sur les
QELROs.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
AGBM: L'AGBM se r�unirait en Pl�ni�re � partir de 10h. Des
sessions officieuses sont pr�vues tout au long de la
journ�e.
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