International
Institute for Sustainable Development (IISD)
LES FAITS MARQUANTS DES REUNIONS DES ORGANES SUBSIDIAIRES DE LA CCCC 28 OCTOBRE 1997
Les délégués à la huitième session du Groupe Spécial du
Mandat de Berlin (AGBM-8) devaient tenir des séances de
groupes officieux sur les objectifs quantitatifs de
limitation et réduction des émissions (QELROs), l'Article
4.1, et enfin, les politiques et mesures. La septième
session de l'Organe Subsidiaire de Conseil Scientifique et
Technologique (SBSTA-7) tint sa dernière séance dans
l'après-midi et procéda à l'examen des projets de
conclusions et de décisions portant sur: les questions
méthodologiques; le fichier d'experts; les activités
exécutées conjointement (AIJ); la coopération avec les
organismes pertinents; et le transfert technologique. Une
séance d'information à l'adresse des ONG devait avoir lieu
dans la matinée.
BRIEFING DES ONG
Le Président du second groupe officieux chargé des QELROs,
Bo Kjellén (Suède), déclara que des consultations étaient
en cours sur un paragraphe couvrant les pays en transition
économique. Le libellé consacré à l'épargne et crédit en
matière d'émission sera repris lorsque l'autre groupe
chargé des QELROs aura traité la question des budgets
d'émission. Il indiqua par ailleurs qu'il avait avancé des
propositions concernant le commerce en matière d'émission
et l'exécution conjointe. Il ajouta que le groupe officieux
espérait pouvoir peaufiner les libellés et rapetisser les
différences de manière à ce que les divers éléments
deviennent plus faciles à insérer dans l'accord final à
Kyoto.
Luiz Gylvan Meira Filho (Brésil), Président du premier
Groupe officieux chargé des QELROs, déclara qu'une activité
intense se poursuivait au sein des groupes de contact. L'un
deux est en train d'examiner la question de
différenciation, tentant de définir des critères plutôt que
de trouver une formule, qui semble "impossible". Concernant
le point de savoir s'il faut utiliser l'approche basée sur
les émissions nettes produites sur une seule année ou celle
basée sur un budget pluriannuel, il indiqua que le groupe
officieux se débattait encore pour déterminer la manière de
procéder avec les différents gaz. Les discussions se
poursuivaient sur l'utilisation des données potentielles de
réchauffement dû au gaz à effet de serre (GWPs) ou autres
mécanismes pouvant s'appliquer collectivement à un certain
nombre de gaz.
Le Président Estrada résuma, pour sa part, les activités du
groupe officieux chargé des engagements liés à l'Article
4.1 de la CCCC. Il indiqua que les négociations semblaient
être coincées dans une machine à remonter le temps, les
délégations réitérant des positions qu'il avait entendues
30 ans auparavant, le résultat: "un non sens total". Les
pays en développement souhaitent avoir une référence
spécifique au transfert technologique; les pays
industrialisés sont en train d'essayer d'éviter une telle
référence. Dans les paragraphes portant sur le soutien
financier, ajouta-t-il, les délégués sont en train
d'élaborer une formule spécifiant les actions nécessitant
un plein soutien et celles nécessitant un soutien marginal.
Le Président du groupe officieux chargé des institutions et
mécanismes, Takao Shibata (Japon) déclara, à son tour, que
la CdP de la Convention devrait servir de Réunion des
Parties du Protocole (MdP) et que les autres organes de la
Convention devraient être mis au service du protocole. Les
fonctions précises de la MdP restent à décider. Les
délégués sont également en train de discuter du point de
savoir s'il faut utiliser , pour l'entrée en vigueur, le
nombre de ratifications et/ou un pourcentage du total des
émissions.
Le Président Estrada signala que le groupe officieux chargé
des politiques et mesures était en train de discuter de
trois propositions principales: L'UE préfère des P&M
obligatoires assorties de consultations pour la
coordination de leur mise en œuvre; un certain nombre de
pays du groupe JUSCANZ sont opposés à l'idée d'avoir des
P&M obligatoires mais pourraient accepter la possibilité
d'en choisir quelques-unes; et les G-77/Chine cherchent à
établir des critères permettant de s'assurer que les pays
en développement ne seront pas affectés négativement par
les P&M.
SBSTA
Le SBSTA devait se pencher sur le projet de conclusions
concernant le développement et le transfert des
technologies. Dans ce projet de conclusions, le SBSTA: note
la nécessité d'accélérer le processus de mise à disposition
de l'information; encourage les Parties à faire part de
leurs commentaires sur l'idée d'établir un ou plusieurs
centres internationaux, et demande au SBI d'examiner les
options de financement; et s'est mis d'accord pour
considérer, lors de sa neuvième session, les ajouts ou les
amendements nécessaires au plan directeur révisé établi
pour les communications nationales. S'agissant du projet de
décision relatif à la CdP-3, la CdP demande, entre autres,
au Secrétariat de tenir des consultations avec le FEM et
d'autres organismes internationaux quant aux possibilités
de soutenir le travail d'un ou plusieurs centres
internationaux; demande au SBI d'examiner les options de
financement d'un ou plusieurs centres internationaux; et
encourage les Parties à instaurer un environnement
favorable permettant de stimuler l'investissement du
secteur privé dans le transfert technologique.
S'agissant des questions méthodologiques, les délégués
procédèrent à l'examen d'un projet de décision devant être
soumis à l'adoption e la CdP-3 (FCCC/SBSTA/1997/L.5) à
travers lequel le SBSTA réaffirme que les Parties se
doivent d'utiliser les Directives Révisées de 1996 du PICC
pour les inventaires nationaux de GES. Le projet de
décision renferme par ailleurs un libellé crocheté
réaffirmant que les Données Potentielles de Réchauffement
du Globe (GWPs) utilisées par les Parties doivent être
celles du PICC. Le délégué US proposa d'enlever les
crochets. La Chine souhaita la suppression du paragraphe.
Le Président nota que le Président de l'AGBM avait demandé
l'avis du SBSTA et que la substance de la réponse est
indépendante de tout résultat de l'AGBM. La Malaisie et
l'UE déclarèrent que la décision sur cette question devrait
attendre le résultat des négociations du protocole. Les
délégués s'accordèrent qu'aucune décision ne devait être
produite.
Les délégués devaient approuver par ailleurs un projet de
décision en vertu duquel le SBSTA demande au Secrétariat de
préparer un rapport identifiant les lacunes auxquelles sont
confrontés les pays en développement dans le domaine de la
recherche et de l'élaboration des méthodologies liées aux
inventaires de GES. Suite à un amendement introduit par
l'UE, le SBSTA conclut que des ajustements, en particulier
en matière de températures, apportés aux inventaires
nationaux de GES et aux projections qui s'y rapportent
pourraient s'avérer outil utile pour l'évaluation de
l'efficacité des P&M.
Le SBSTA adopta un projet de décisions concernant le
fichier d'experts. Dans l'utilisation du fichier, le SBSTA
demande entre autres au Secrétariat, de prendre en ligne de
compte certains critères, tels que la pertinence du
background professionnel, et de s'assurer de l'équilibre de
la représentation régionale. Le SBSTA conclut aussi qu'à ce
jour, "on ne dispose pas encore d'expérience suffisante
permettant d'évaluer pleinement l'utilité du fichier ou son
utilisation par le Secrétariat", et demande la poursuite de
l'évaluation du fichier à la CdP-5. Le SBSTA transmit à la
CdP le rapport de synthèse sur les activités exécutées
conjointement (AIJ) et recommanda, pour adoption par la
CdP-3, un projet de décision réaffirmant la décision 5/CP.1
concernant la phase pilote des AIJ, prenant note du rapport
de synthèse et adoptant le format uniforme pour
l'élaboration des rapports contenus dans le document
FCCC/SBSTA/1997/INF.3.
Au sujet de la coopération avec les organismes
internationaux, l'OMM présenta un commentaire sur deux
documents requis par le SBSTA: un rapport par la Conférence
sur le Programme de Recherche sur l'Evolution Climatique
Mondiale et un document où seront explorés les voies et
moyens d'améliorer la coordination entre les travaux des
organisations internationales. L'Organisation
Internationale de l'Aviation Civile (ICAO) parla de sa
coopération renforcée avec la CdP, en particulier à travers
la recherche sur l'impact des émissions des moteurs d'avion
sur les changements climatiques.
Le PNUE introduisit un rapport sur Les Evaluations
Technologiques et Economiques dans le Cadre du Protocole de
Montréal: Termes de Référence et Travaux Futurs. Les
Parties présentèrent des commentaires sur le point 3
(FCCC/SBSTA/1997/8;MISC.6). La Mongolie et la Malaisie
notèrent la nécessité d'améliorer le réseau d'observation
mondial. L'Australie déclara que le maintien d'archives
homogènes et à long terme est essentiel pour le suivi
climatique régional et mondial. Le délégué encouragea le
FEM à envisager le financement du suivi des GES. Le Canada
encouragea les Parties à soutenir et à élargir le Réseau de
Surveillance de l'Atmosphère du Globe. L'UE recommanda que
l'OMM travaille avec le PICC et d'autres sur la conception
des réseaux, l'harmonisation et l'analyse. Le représentant
exhorta le FEM à soutenir les pays en développement à se
doter des capacités d'observation. Le délégué US déclara
que les préoccupations de l'OMM concernant la durabilité du
système de suivi mondial doivent être considérées avec
sérieux. L'Ouganda déclara que l'absence de données en
Afrique constitue un sérieux problème. Il appela le FEM à
apporter son soutien.
Le Président introduisit son projet de conclusions sur la
coopération avec les organismes internationaux pertinents.
Le délégué US suggéra une référence à la volonté du SBSTA
d'examiner la question des systèmes d'observation lors de
sa prochaine session. Au sujet des soumissions que les
Parties doivent faire dans le cadre du Troisième Rapport
d'Evaluation (TRE) du PICC, l'UE nota que certaine Parties
ont déjà soumis des questions touchant aux politiques à
suivre. A la liste des points clés devant être traités dans
le TRE (Annexe I), la Chine ajouta des suggestions d'ordre
général sur l'amélioration des évaluations par le
rétrécissement de l'envergure des incertitudes et
l'indication des limites des résultats, et sur le caractère
consultatif des rapports. Au chapitre de la coopération
avec le PICC (Annexe II), le Royaume-Uni introduisit des
amendements pour préciser la nature des réponses promptes
du PICC aux requêtes du SBSTA. Au sujet des réseaux
d'observation (Annexe III), le délégué US introduisit deux
paragraphes: le premier reconnaissant les préoccupations
soulevées par les organisations internationales pertinentes
concernant la durabilité des systèmes d'observation; le
deuxième intégrant un ajout Canadien où il est demandé au
SBSTA, à travers le Secrétariat et le PICC, d'examiner
l'adéquation des systèmes d'observation et de présenter un
rapport à la CdP-4. Avec des suggestions de l'Ouganda et de
la Malaisie, le Canada introduisit un paragraphe de
rechange appelant les Parties à fournir les ressources
nécessaires à inverser le déclin systématique des réseaux
d'observation systématique et de soutenir le développement
des systèmes d'observation. Le SBSTA adopta pour finir le
rapport de sa septième session consigné dans le document
FCCC/SBSTA/1997/CRP.4.
GROUPE OFFICIEUX CHARGE DES QELROs-1
L'un des pays présenta le "concept de la bulle" d'un groupe
régional, consistant à partager un objectif d'émission
collectif. Un certain nombre de Parties firent objection à
la proposition. Une Partie se déclara en sa faveur. Aucun
accord ne put être réalisé.
GROUPE OFFICIEUX CHARGE DES QELROs-2
Le groupe officieux présidé par Bo Kjellén (Suède) discuta
des articles sur les engagements volontaires, les
communications nationales, les inventaires et le suivi des
engagements. Un groupe de pays proposa la suppression du
paragraphe sur les engagements volontaires, indiquant que
ces derniers représentaient une forme déguisée de nouveaux
engagements pour les pays en développement. Un groupe
régional déclara que les engagements volontaires
permettaient aux pays de participer en fonction des
capacités et possibilités qui sont les leurs. Un
commentaire à l'effet que l'article permettrait aux Parties
industrialisées non visées à l'Annexe I à prendre des
engagements, trouva l'objection de trois pays. Un sous
paragraphe devint le chapeau de l'article sur les
communications nationales. Deux délégations insistèrent sur
la suppression du sous paragraphe portant sur la
coordination des équipes d'experts par le Secrétariat. Une
délégation proposa un libellé demandant que le processus
d'évaluation permette l'étude approfondie et globale de
l'application de la Convention par les Parties. Une
proposition avancée par un groupe régional et demandant que
"toutes les Parties" soient assujetties à des évaluations
périodiques de leurs engagements, trouva l'objection d'une
seule délégation. Quelques délégués notèrent une certaine
amélioration dans le ton des discussions.
GROUPE OFFICIEUX CHARGE DE L'ARTICLE 4.1
Le groupe officieux devait terminer sa dernière réunion à
l'AGBM-8 par un seul accord, celui sur le chapeau. Le
Président du groupe officieux présenta des libellés révisés
pour la plupart des paragraphes du projet d'articles du
Président de l'AGBM. Le débat se focalisa sur trois d'entre
eux. Au paragraphe sur les communications nationales, les
délégués discutèrent d'un certain nombre d'alternatives
crochetées. Au paragraphe sur les programmes nationaux, un
groupe de pays déclara que le paragraphe représentait de
nouveaux engagements pour les pays en développement. Une
Partie affirma que le libellé vidait les engagements
existants de leur substance. Une autre Partie fit objection
au libellé sur la suppression des obstacles à la
"limitation" des émissions dues à l'homme. Une troisième
proposa "limitation ou abattement de l'augmentation" des
émissions.
Au paragraphe sur les rapports, une Partie proposa de
placer le libellé dans un article séparé. Un groupe de pays
souhaita voir le paragraphe divisé pour définir séparément
les responsabilités des pays visés à l'Annexe I et celles
des pays non visés à cette même Annexe. Un groupe régional
fit objection à la séparation des responsabilités des pays
industrialisés et des pays en développement dans le
paragraphe. Concernant le projet d'article sur le
financement, le groupe officieux discuta diverses
propositions pour les portions crochetées du texte, sans
parvenir au consensus.
GROUPE OFFICIEUX CHARGE DES POLITIQUES ET MESURES
Le groupe officieux discuta du paragraphe sugg�rant que les
P&M doivent "minimiser les effets adverses sur les autres
Parties". Un groupe de pays sugg�ra d'amender le libell�
pour "�viter" les effets et pour dresser la liste des
effets sur le climat, l'�conomie et le commerce
international. Le groupe proposa par ailleurs la mise en
place d'une caisse de compensation pour les pays en voie de
d�veloppement ou l'introduction d'une r�f�rence
transversale � une telle caisse dans l'article sur les
QELROs. Plusieurs d�l�gations firent objection � ces
propositions. Un groupe r�gional proposa que la mise en
�uvre des P&M "tienne compte" des effets adverses. Le
groupe sugg�ra aussi de remplacer par un libell� tir� de la
Convention, la phrase d�crivant les mesures que la RdP
pourrait prendre. La r�union prit une pause pour permettre
� un groupe restreint de trouver un libell� consensuel.
DANS LES COULOIRS
Alors que les deux groupes officieux ont termine� leurs
n�gociations par quelques accords, le seul mot d'ordre �
obtenir le consensus dans les couloirs semble �tre celui de
"renvoy� � Kyoto". D�l�gu�s et observateurs ont rapport�
que les n�gociateurs � Bonn ont �t� incapables, n'ont pas
eu la volont� ou l'autorit� politique n�cessaire � faire
avancer les questions majeures au-del� des vieux et
constants d�saccords qui ont caract�ris� l'AGBM-8. Certains
d�l�gu�s ont confi� qu'il �tait difficile d'esp�rer
davantage � ce stade. D'autres estiment qu'une nouvelle
strat�gie est n�cessaire pour marquer de plus grands
progr�s avant que les n�gociations sur le climat ne
quittent la ville.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
BRIEFING DES ONG: Une s�ance d'information � l'adresse des
ONG aura lieu a 9h30.
SBI: Le SBI se r�unit ce matin � partir de 10h.
GROUPES OFFICIEUX: Consulter le Journal pour les r�unions
des groupes officieux.
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