International
Institute for Sustainable Development (IISD)
LES FAITS MARQUANTS DES REUNIONS DES ORGANES SUBSIDIAIRES DE LA CCCC 27 OCTOBRE 1997
Durant la matinée, les délégués à la huitième session du
Groupe Spécial du Mandat de Berlin (AGBM-8) devaient se
réunir en Plénière. La septième session de l'Organe
Subsidiaire de Mise en Œuvre (SBI-7) examina les
arrangements devant gouverner les réunions
intergouvernementales. L'après-midi, les délégués se
réunirent en sessions de "groupes officieux" sur l'Article
4.1, les politiques et mesures (P&M) et les institutions et
mécanismes.
GROUPE SPECIAL DU MANDAT DE BERLIN
Le Président de l'AGBM, Raúl Estrada-Oyuela (Argentine),
invita les Présidents des groupes officieux à présenter les
rapports d'avancement de leurs travaux.
Bo Kjellén (Suède) présenta un rapport sur le travail des
groupes officieux chargés des QELROs. Il déclara en
substance que dans le groupe présidé par Luiz Gylvan Meira
Filho (Brésil), les délégués ont soutenu un Article 3(1)
révisé établissant le caractère juridique contraignant des
engagements. La question des puits absorbants s'imposant
comme une question émergeante clé et de nouvelles
consultations sont attendues à ce sujet. Le groupe devait
décider que c'est le groupe officieux chargé des
institutions et mécanismes qui devra traiter les questions
liées au statut juridique de l'Attachement 1 qui comportera
la liste des engagements différenciés. S'agissant de
l'Annexe C (processus d'établissement d'engagements
différenciés), les Parties favorables à la différenciation
devront tenir des consultations officieuses.
Les Articles 3(3), qui spécifie les Parties impliquées, et
3(5), qui requiert des progrès palpables d'ici 2005, sont
encore sous examen. Les discussions sur les Articles 3(6)-
3(12) ont été reportées en attendant le résultat des débats
sur les budgets ayant trait aux émissions. L'Article 3(16)
est différé en attendant que les Parties déterminent les
gaz à inclure. L'orateur informa par ailleurs que le
Président de l'AGBM a demandé l'assistance du SBSTA pour ce
qui est des méthodologies et qu'un projet de décision dans
ce sens a été circulé. Les délégués ne sont pas parvenus à
un accord sur le Potentiel de Réchauffement du Globe (GWPs)
et un groupe de contact est chargé de se pencher sur la
question.
Concernant le second groupe, présidé par lui-même, Kjellén
rapporta qu'un large accord est réalisé et un nouveau
libellé, retenu pour l'Article 3(4) (pays en transition
économique). Concernant les Articles 3(13) et 3(14)
(crédits), des amendements ont été suggérés et la suite de
l'examen devra attendre le résultat des discussions sur les
budgets des émissions. S'agissant des Articles 5 (commerce
en matière d'émissions) et 6 (exécution conjointe), Kjellén
rapporta l'existence de larges différences d'opinion. Des
consultations officieuses ont eu lieu samedi mais quelques
délégations clés n'y ont pas participé. Le Président
produira une révision de texte basée sur les soumissions
écrites.
L'orateur indiqua que les deux groupes chargés des QELROs
ont avancé lentement mais qu'il y a eu un échange de points
de vue utile. Il signala que sur plusieurs questions, les
positions de certaines Parties restent très éloignées et
qu'il n'y a rien qui puisse indiquer l'émergence du moindre
consensus.L 'ordre du jour des deux segments est
considérable et un certain nombre de sujets restent encore
à traiter, tels que la mise en conformité et les
engagements volontaires. Il mit en garde les délégués quant
à la nécessité de réaliser que tous les éléments sont liés
et que l'objectif de cette réunion consiste à intensifier
les efforts en vue d'un consensus.
Evans King (Trinité et Tobago), Président du groupe
officieux chargé de l'avancement des engagements liés à
l'Article 4.1 de la CCCC (Article 12 dans le projet de
texte de négociation), rapporta de son côté que les
délégués sont parvenus à un accord sur le chapeau mais
qu'il n'ont pas discuté de tous les sous-paragraphes. Les
débats ont montré que les points de vue sont divergeants et
les délégués n'ont pu atteindre quelque consensus. Le
paragraphe consacré à l'information ayant trait à la mise
en œuvre sera mis de côté en attendant une résolution sur
les questions en rapport. Concernant l'Article 13
(mécanisme de financement), il indiqua que les délégués ont
procédé à des échanges de points de vue et qu'il était en
train d'entreprendre des consultations bilatérales.
Bakary Kante (Sénégal), Président du groupe officieux
chargé des politiques et mesures (P&M), rapporta que ce
groupe a traité quasiment tous les paragraphes figurant
dans l'Article 2 et l'Annexe A du texte de négociation. Il
indiqua par ailleurs que des formulations présentés en
"dernière minute" ont empêché la réalisation du consensus
sur un paragraphe demandant l'adoption de P&M. Le texte
actuel renferme des libellés crochetés stipulant que les
Parties adopteront et mettront en œuvre des P&M visant à la
réalisation des engagements liés aux QELROs. Des textes
alternatifs ont été proposés à la fois par l'UE et par Le
G-77 pour le paragraphe portant sur la minimisation des
effets des P&M. Le paragraphe sur les échanges
d'expériences renferme un libellé crocheté sur
l'élaboration de méthodologies communes. L'UE a fait savoir
qu'elle pouvait travailler sur la base du texte proposé par
les G-77/Chine.
Le Président de l'AGBM, au nom du Président du groupe
officieux chargé des institutions et mécanismes, rapporta
que des discussions ont été entamées sur le préambule mais
que de nouvelles consultations sont nécessaires. S'agissant
des définitions, le Secrétariat devra compiler à partir du
texte approuvé, la liste des termes qui nécessitent une
définition. L'Article 14 contient des libellés alternatifs
quant à la possibilité d'établir une Réunion des Parties
(RdP) ou celle de désigner la Conférence des Parties (CdP)
de la CCCC comme organe suprême. Les délégués ont travaillé
sur le texte de la CdP et le Président a produit une
révision de texte tenant compte du point de vue de ceux qui
ont plaidé pour l'approche favorisant la RdP. Le groupe
officieux a discuté des Articles 15 - 19 et doit encore
débattre des Articles 20 - 26.
La Fédération Russe suggéra aux Parties de trouver un
accord sur les paramètres quantitatifs du protocole,
permettant d'élargir le concept de la "bulle" à toutes les
Parties visées à l'Annexe I, conformément au principe des
responsabilités communes mais différenciées. Les
engagements des Parties individuelles au sein de la bulle
pourraient être basés sur les objectifs proposés par ces
mêmes Parties. D'ici 2010, une réduction d'une moyenne
annuelle située autour de 3% pourrait être réalisée. La
concrétisation des engagements doit s'effectuer plutôt en
chiffres absolus qu'en termes de pourcentage. Le délégué
suggéra par ailleurs que toute tentative d'appliquer un
seul critère pourrait susciter chez certaines Parties la
volonté de quitter l'Annexe I.
Commentant la proposition Russe, le Royaume-Uni déclara que
la proposition de l'UE portant sur 15% de réduction des
émissions n'était pas unilatérale mais tributaire d'efforts
similaires consentis par d'autres. Le délégué devait
ensuite retracer un certain nombre de points dans le
communiqué des Chefs de Gouvernements du Commonwealth:
l'importance d'un résultat probant à Kyoto; un appel aux
Parties de la CdP à reconnaître que tous les pays doivent
jouer un rôle dans la poursuite des réductions d'émission
après Kyoto; et un appel à assurer le suivi des
engagements.
Samoa, au nom de l'AOSIS, déclara que l'annonce du
Président US Clinton n'a pas reflété le leadership attendu
de la Nation la plus riche du monde. L'engagement des USA
n'est pas tant un nouvel engagement qu'une tentative de
retarder l'accomplissement d'un objectif que la CdP-1 avait
jugé inadéquat. Les risques liés à l'évolution climatique
exigent une action basée sur le principe préventif et non
sur une approche d'attentisme. Le délégué exhorta le
Président Clinton à ne pas différer la responsabilité à la
durée de trois mandats présidentiels. L'Egypte appela à
l'élaboration d'un texte unifié, indiquant les points de
convergence et ceux de divergence, à ramener aux capitales
vendredi.
L'UE se félicita du fait que les USA et le Japon
partageaient ses préoccupations et reconnaissaient la
possibilité de réduire les gaz à effet de serre (GES) à
travers des actions internes de bon rapport coût-
efficacité, indiquant que cela n'était toutefois pas
proprement reflété dans les objectifs proposés. Les
chiffres avancés par les USA sont plus faibles que ceux,
déjà insuffisants, du Japon. De sérieuses négociations sont
nécessaires si l'on veut que Kyoto produise les résultats
dont le monde a besoin. L'UE œuvrera à intensifier le
dialogue avec toutes les Parties.
Le délégué US qualifia sa proposition d'agressive et fit
remarquer que certaines autres propositions ne tiennent
compte ni des gaz traçants ni de la préservation des forêts
et des puits absorbants terrestres. La proposition est
pleinement compatible avec les objectifs à long terme en
matière de concentration qui ont été avancés par
différentes Parties, i.e. 550 ppmv. L'évitement de telles
concentrations dépend davantage de la réponse des pays en
développement. Aucune autre Partie n'est prête à mettre en
œuvre son programme intérieur à des coûts aussi élevés, ce
qui a amené d'autres à proposer des objectifs peu réalistes
et ne tenant aucunement compte des HFC, PFC et SF6. Les USA
ont également fourni les propositions les plus détaillées
en matière de mise en conformité. Entamer sans outre délai
le processus d'accord sur les engagements des pays en
développement permettra d'éviter la voie empruntée par le
monde industrialisé, basée sur des taux d'émissions élevés.
ORGANE SUBSIDIAIRE D'EXECUTION
Concernant les arrangements de la CdP-3, le Secrétaire
Exécutif de la CCCC, Michael Zammit-Cutajar, indiqua que
les pourparlers avec le gouvernement Japonais étaient sur
le point d'aboutir. Il ajouta que compte tenu des opinions
et pratiques juridiques des autorités Nippones, de
l'opinion du Japon sur le caractère juridique de la CdP et
du Secrétariat de la Convention, et de la pratique du Japon
en matière de sécurité et de protection policière lors des
conférences des Nations Unies, l'accord international de la
CdP-3 consistera en un échange de lettres. Il précisa que
le Secrétariat avait cherché et obtenu un accord pratique
de produire les résultats escomptés sans porter préjudice à
ces points de vues, et que l'accord du Secrétariat ne doit
aucunement être considéré comme un précédent pour d'autres
réunions. Sans préjudice aucun, le Gouvernement du Japon
assurera aux représentants des Parties et autres impliqués
dans la CdP-3, les services, facilités, sécurité,
privilèges et immunité prévus pour les conférences
internationales et des Nations Unies.
Le Japon reconnaît avoir virtuellement réussi à conclure
tous les points avec le Secrétariat. Il informa aussi que
le gouvernement du Japon entend mettre à disposition les
facilités nécessaires à toutes les fonctions et s'assurer
de la bonne marche de l'événement.
Le Président du SBI, Mohammed Oueld El-Ghaouth, introduisit
un projet de décision fixant la tenue de la CdP-4 en
Novembre 1998 à Bonn et demandant au Secrétariat de prendre
les dispositions nécessaires. La décision fut adoptée. Pour
ce qui est de la proposition des G-77/Chine concernant
l'inclusion d'un segment de haut niveau dans le programme
de la CdP-3, le Président répondit que le segment sera
organisé avec une liste d'orateurs établie sur la base du
principe premier arrivé, premier servi. Il indiqua en outre
que la proposition des G-77/Chine pourrait être distribuée
à titre de document officiel, bien qu'il soit de tradition
que les ministres interviennent sur des questions
nationales et non sur une liste de sujets requis. L'Arabie
Saoudite, le Koweït et la Chine demandèrent que la
proposition devienne document officiel.
GROUPE OFFICIEUX CHARGE DE L'ARTICLE 4.1
Le groupe discuta du papier officieux proposé par son
Président. Il n'était pas clair pour les délégués si le
texte de négociation consolidé du Président devait rester
la plate-forme des négociations. Une délégation indiqua que
l'accord sur un premier paragraphe contenant une référence
à l'avancement des engagements sur la base des
responsabilités différenciées et des priorités nationales
dépendra des résultats obtenus dans d'autres domaines. Un
groupe de pays affirma que l'avancement des engagements des
pays en développement restait tributaire de la mise à
disposition des ressources financières et du transfert
technologique. Quelques délégués firent remarquer le peu de
progrès enregistré dans les négociations.
GROUPE OFFICIEUX CHARGE DES INSTITUTIONS ET MECANISMES
Le groupe discuta des articles finaux du projet de texte de
négociation et notamment de ceux concernant la
ratification, les organismes régionaux d'intégration
économique, l'entrée en vigueur, et le retrait. Un certain
nombre de débats de fonds durent être reportés en attendant
la prise des décisions déterminant la forme générale du
protocole ou autre instrument juridique contraignant. Le
groupe décida de tenir une séance nocturne. Au sujet des
dispositions relatives aux organismes régionaux
d'intégration économique, la plupart des participants
estimèrent que la question devait être reportée en raison
de ses liens avec l'acceptation par l'AGBM du concept de la
"bulle" quant à la concrétisation des engagements. Les
Négociateurs conclurent également au report de la décision
concernant le point de savoir si l'entrée en vigueur devait
être liées seulement au nombre de ratifications ou à une
combinaison entre les ratifications et les émissions de
dioxyde de carbone couvertes. Un groupe de pays plaida pour
une entrée en vigueur après la cinquantième ratification.
GROUPE OFFICIEUX CHARGE DES POLITIQUES ET MESURES
Les délégués reçurent des propositions de texte d'un groupe
régional et d'un groupe de pays industrialisés et
débattirent du point de savoir quels étaient les
paragraphes à examiner. Le Président suggéra de discuter
les paragraphes dans un ordre spécifique. Le groupe
régional souhaitait l'examen de l'article entier en un seul
ensemble en raison du libellé proposé dans un sous-
paragraphe stipulant que les Parties adopteront les P&M en
fonction de leurs domaines prioritaires. La proposition du
groupe régional divise les P&M en trois types:
obligatoires, intermédiaires et volontaires. Le Président
d'un groupe de contact rapporta que les participants n'ont
pas �t� en mesure de s'accorder sur une r�vision du
paragraphe concernant les P&M dans l'Annexe A. Le groupe
officieux devait se r�unir de nouveau dans la soir�e.
DANS LES COULOIRS
Subissant la pression du temps, et dans certains cas des
tirs directs, plusieurs n�gociateurs ont confi� que
l'atmosph�re � Bonn est en train de s'envenimer. "Entre le
dur comme roc et le ferme", voil� comment l'un des
participants devait qualifier les positions camp�es par les
n�gociateurs incapables de faire marche arri�re, tant leurs
postures avaient �t� clam�es haut et fort durant les
n�gociations. Des suspicions de tactiques d'obstruction et
de divisions s'expriment doucement �� et l�. Le seul
objectif clair � avoir �merg� jusque l�, est celui annonc�
dans la position US, qui a fait l'objet d'un tir nourri
provenant de tous les c�t�s.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
BRIEFING DES ONG: La s�ance d'information des ONG est
pr�vue � partir de 9h30.
REUNIONS DES GROUPES OFFICIEUX: Consulter le Journal pour
les horaires et lieux de ces r�unions.
SBSTA: Le SBSTA se r�unira cet apr�s-midi � 15h.
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