International
Institute for Sustainable Development (IISD)
LES FAITS MARQUANTS DES REUNIONS DES ORGANES SUBSIDIAIRES
24-25 OCTOBRE 1997
Les délégués à la huitième session du Groupe Spécial du
Mandat de Berlin (AGBM-8) devaient tenir vendredi des
réunions de "groupes officieux" sur la question des
objectifs qualitatifs de limitation et de réduction des
émissions et celle des politiques et mesures. Pour sa part,
la septième session de l'Organe Subsidiaire de Conseil
Scientifique et Technique (SBSTA-7) se pencha sur: la
coopération avec les organisations internationales; le
fichier d'experts; les activités exécutées conjointement
(AIJ); le transfert technologique; les communications
nationale; et les questions méthodologiques. Le Président
de l'AGBM devait également tenir une séance d'information
pour les observateurs. Les groupes officieux de l'AGBM
devaient poursuivre leurs discussions samedi 25 Octobre.
BRIEFING DES OBSERVATEURS
Luiz Gylvan Meira Filho (Brésil), Président du groupe
officieux chargé des QELROs, rapporta que le groupe procéda
à l'examen des paragraphes pertinents du texte de
négociation consolidé, dans leur ordre numérique. Il
indiqua que les délégués se sont accordés sur le fait que
le premier paragraphe de l'Article consacré aux QELRO's
doit simplement énoncer et introduire les engagements. Il
précisa qu'une discussion a eu lieu sur les implications
légales liées au fait de placer la liste des engagements
dans le texte du protocole ou autre instrument juridique
contraignant ou dans un appendice séparé ou pièce jointe.
La préoccupation principale était de savoir si la poursuite
des engagements dans le futur exigerait des Parties de
ratifier les amendements qui seraient éventuellement
apportés au protocole ou autre instrument juridique
contraignant.
Il signala l'émergence d'un consensus sur le fait qu'un
équilibre doit être réalisé, à travers lequel la nature
juridique contraignante des engagements ne serait pas minée
par l'adoption de procédures d'amendement à caractère
officieux. Il nota que la question devait être reprise par
le groupe officieux chargé des institutions et des
mécanismes. Il indiqua par ailleurs que quelques
délégations souhaitaient mettre l'accent sur l'importance
des puits absorbants de gaz à effet de serre (GES) et que
d'autres soutenaient que les méthodes utilisées par le PICC
pour l'estimation de leur efficacité étaient marquées par
un haut degré d'incertitude. Il indiqua aussi que les
critères de détermination des puits absorbants ont été
discutés, notamment les mesures nécessaires à leur
amélioration et celle de leur capacité d'absorption.
Evans King (Trinité et Tobago), Président du groupe
officieux chargé de l'Article 4.1, rapporta que le groupe
s'était penché sur les paragraphes portant sur:
l'amélioration des engagements sans introduction de
nouveaux pour les pays non visés à l'Annexe I;
l'élaboration et la mise à jour périodique d'inventaires
nationaux des émissions et des suppressions de GES; et les
méthodologies employées par le PICC. Il indiqua qu'un
groupe de contact a planché, en séance nocturne, sur les
points les plus difficiles.
Takao Shibata (Japon), Président du groupe officieux chargé
des institutions et mécanismes rapporta qu'une entente
semblait se profiler sur la possibilité que la CdP soit
l'organe de gouvernance du Protocole et sur le fait que
l'économie institutionnelle doive guider les arrangements
structurels et que les institutions du Protocole doivent
être distinctes.
ORGANES SUBSIDIAIRES DE CONSEIL SCIENTIFIQUE ET
TECHNOLOGIQUE
Le Président du PICC, l'émérite Bert Bolin, mit en exergue
les récents résultats des travaux du Panel. Il indiqua que
l'inertie climatique et la longue vie des gaz signifient
que tous les effets des rejets antérieurs se produiront
même si les émissions future sont réduites, et que l'impact
des réductions d'émission en sera ralenti. Que même si les
pays visés à l'Annexe I réduisaient leurs émissions de 30-
90 pour cent, les émissions mondiales atteindront deux à
trois fois leurs niveaux de 1990. Et qu'un départ au
ralenti serait difficile à rattraper plus tard. Il nota par
ailleurs les larges marges d'erreur dans l'estimation des
sources et puits absorbants naturels, qui font qu'un calcul
juste des sources et puits terrestres est encore impossible
à réaliser. En raison du fait que la détérioration des
réseaux mondiaux d'observation risque d'entraver dans le
futur la science des changements climatiques, il proposa
que la CdP procède à l'évaluation du besoin de maintenir
ces réseaux.
Le Président du PICC, Robert Watson, résuma le rapport du
Panel sur les effets régionaux en notant que ce dernier se
contentait de déterminer la vulnérabilité aux changements
climatiques, parce que l'aptitude à faire des prévisions
d'impacts en fonction d'endroits spécifiques, est limitée.
Le rapport couvre 10 régions. Parmi les conclusions clés:
les écosystèmes, en particulier les forêts et les récifs
coralliens, sont hautement sensibles à l'évolution
climatique; des milliards d'individus risquent de subir les
effets des problèmes exacerbés au niveau de
l'approvisionnement en eau potable, de la santé, et de la
sécheresse; la production alimentaire risque de décliner
dans les régions tropicales et subtropicales, malgré la
constance de la production mondiale; des effets adverses
importants sur les petits Etats insulaires et les deltas à
niveau bas, tels que ceux du Bangladesh, d'Egypte et de
Chine, pourraient provoquer le déplacement de dizaines de
millions de personnes, avec un mètre d'élévation du niveau
des océans; une augmentation des vecteurs de maladies et de
la mortalité due au stress de la chaleur sera enregistrée;
et, la plupart des effets seront particulièrement néfastes
pour la majeure partie des pays en développement.
Parmi les résultats à échelle régionale, il nota: que
l'Afrique est la plus vulnérable parce que la pauvreté y
limite la capacité d'adaptation; que les zones arides
d'Asie de l'Ouest et d'Australie pourrait avoir à faire
face à une pénurie exacerbée au niveau de l'eau; que les
systèmes vulnérables sont, en Amérique Latine, soumis à des
stress multiples; que les changements risquaient de rendre
difficile l'adaptation, même dans les parties riches en
forêts naturelles et en ressources d'eau d'Amérique du
Nord; et que l'élévation du niveau des océans menace
d'éliminer des cultures sinon de faire disparaître les
petits Etats insulaires. L'orateur signala par ailleurs que
le Troisième Rapport d'Evaluation (TRE) se focalisera sur
les effets à échelle régionale, comportera des chapitres
sur la science, les effets et l'adaptation, et
l'atténuation, et qu'il inclura un rapport de synthèse à
l'usage des décideurs politiques.
Le Canada, la Malaisie et les Iles Marshall déclarèrent que
la CdP doit traiter du déclin des réseaux mondiaux
d'observation. L'Arabie Saoudite fit part de ses réserves.
Le délégué US déclara que les résultats mettent en relief
la nécessité de la participation des pays en développement
et que leur vulnérabilité exige une action d'urgence. C'est
l'Organisation de l'Aviation Civile et non le SBSTA qui
doit traiter des décisions touchant à l'aviation. Le
représentant des Iles Marshall déclara que le rapport sur
la vulnérabilité faisait état de la "condamnation à mort"
des petits Etats insulaires et que le TRE doit clarifier
les scénarios et déterminer ce qui est dangereux. La Chine
affirma qu'il était impossible pour les pays en
développement d'adopter des mesures pour les 100 prochaines
années.
Le Zimbabwe introduisit le rapport de la réunion conjointe
SBSTA/SBI sur le Troisième Rapport d'Evaluation, qui s'est
déroulée jeudi 23 Octobre. La réunion conjointe a été
informée des décisions du PICC sur la portée, structure,
contenu, timing et diffusion du TRE. Le Président invita
les participants à faire part de leurs commentaires sur le
rapport de la session conjointe SBSTA/SBI, en rappelant aux
délégations que le PICC avait demandé une orientation quant
aux questions pertinentes aux politiques. Les USA
apportèrent leur appui à l'idée d'introduire un chapeau,
notant la proximité de la session finale du SBSTA avec la
date buttoir des soumissions aux PICC. Concernant les
questions additionnelles pertinentes aux politiques qui
restent à traiter, les Parties devaient avancer les
suggestions suivantes: une référence aux gaz
supplémentaires supposée avoir un impact radiant et à
l'importance du suivi de l'adéquation du système
d'observation (USA); l'utilisation de références en langue
autre que l'Anglais, en soutien aux rapports du PICC
(Mongolie); et l'explication de la gamme des incertitudes
figurant dans les résultats du PICC (Malaisie). Le
Président annonça les plans d'une réunion officieuse entre
le SBSTA et les experts du PICC.
Le Président appela à des commentaires sur le projet de
conclusions contenus dans un papier élaboré par le
Zimbabwe, la Malaisie, l'Inde, les USA, le Canada et les
Pays-Bas au sujet du Fichier d'Experts (point 7 de l'ordre
du jour). Le délégué des Pays-Bas expliqua que le projet de
conclusions trouvait son origine dans la requête adressée
au Secrétariat l'invitant à continuer d'utiliser le fichier
pour l'orientation méthodologique et technique ainsi que
dans l'invitation à préparer une évaluation avant la CdP-5.
Le projet de conclusions traite aussi: des panels
consultatifs techniques intergouvernementaux (ITAPS); de
l'élargissement de la liste dans le domaine des
méthodologies; des critères à utiliser dans le recours aux
membres du fichier; de l'évaluation de la forme standard de
la collecte d'informations sur les candidats désignés; et
de la requête adressée au Secrétariat l'invitant à
présenter un rapport sur les critères employés dans la
sélection. Le Président invita les parties intéressées à
reformuler les références à la représentation régionale au
sein du fichier. L'Arabie Saoudite fit par de ses réserves
concernant la possibilité de voir des tâches importantes
sous la domination d'une seule région. Le délégué des
Philippines introduisit un amendement aux critères qui
gouvernent l'utilisation des membres du fichier, pour
s'assurer que l'élément renforcement des capacités sera
pleinement respecté. La Malaisie fit remarquer que le SBSTA
pourrait requérir, non autoriser, le Secrétariat de
continuer à utiliser le fichier.
S'agissant des AIJ, le Coprésident du groupe de contact
rapporta que le groupe a travaillé sur la base des
propositions avancées par les USA, la Norvège et la Suisse,
que le Vice-Président avait essayé d'intégrer. Le porte-
parole des G-77/Chine demanda un délai supplémentaire et
soumit plus tard une nouvelle proposition. Les délégués
s'accordèrent pour donner au groupe de contact un peu plus
de temps pour réaliser le consensus.
Le Coprésident du groupe de contact chargé du transfert
technologique rapporta que le groupe ne parvint pas à
achever son travail. Le groupe a examiné les propositions
avancées par les G-77/Chine. Les délégués devaient débattre
par ailleurs du projet de conclusions relatifs aux
communications nationales des Parties visés à l'Annexe
produits par les Présidents du SBSTA et du SBI, ainsi que
d'un projet de décision sur les questions méthodologiques.
GROUPE OFFICIEUX SUR LES QELROs-2
Le nouveau groupe officieux chargé des QELROs, Présidé par
Bo Kjéllen (Suède), devait se réunir le matin pour discuter
de l'article du texte de négociation consolidé consacré à
l'établissement de l'année ou période de départ pour la
mise en œuvre des engagements des Parties visées à l'Annexe
I qui se trouvent en transition vers une économie de
marché. Une proposition avancée par un groupe de pays pour
la suppression du paragraphe, trouva objection. Un pays
représentant les Parties visées à l'Annexe I en transition
économique introduisit une proposition visant à permettre
la flexibilité dans la détermination des points de départ.
Un groupe régional indiqua que la flexibilité était
recevable tant que le texte approuvé prévoit un certain
degré de certitude. Le Groupe officieux devait traiter
aussi des articles sur les régimes de prêt et d'épargne en
matière d'émission en faveur des Parties visées à l'Annexe
I ou des Parties qui entreprennent des engagements à titre
volontaire. Alors qu'un groupe de pays fit objection à ces
mécanismes de flexibilité, l'un des pays indiqua que ses
QELROs en seraient tributaires. D'autres soutinrent que
l'épargne d'émissions dans une période budgétaire donnée
sur le compte de la suivante est acceptable mais que la
notion de prêt ne l'est pas.
GROUPE OFFICIEUX SUR LES QELROs-1
Le groupe officieux chargé des QELRO-s-1 présidé par Luiz
Gylvan Meira Filho (Brésil) se réunit l'après-midi pour
discuter de l'uniformité des taux et de la différenciation
des objectifs. Le Président qualifia l'approche basée sur
un taux uniforme comme étant le point de vue de la majorité
et suggéra aux Parties favorisant la différenciation de
proposer l'établissement d'une Annexe C. Deux pays
réfutèrent le qualificatif employé par le Président.
Quelques pays estimèrent que l'Annexe C et le document
joint ne doivent pas être discutés avant le règlement de la
question de la différenciation.
Le Président proposa d'ajouter dans le premier paragraphe
de l'article consacré aux QELROs, un libellé stipulant que
les pays visés à l'Annexe I "s'assureront" de la
réalisation de l'objectif approuvé. Une délégation demanda
la signification du libellé figurant le paragraphe et
suggérant que les pays visés à l'Annexe I doivent accomplir
d'ici 2005 des "progrès démontrables". Un groupe régional
exprima sa préférence d'avoir un objectif spécifique pour
cette année là. Une autre délégation fit objection au
paragraphe.
GROUPE OFFICIEUX SUR LES POLITIQUES ET MESURES
Le groupe officieux chargé des politiques et mesures (P&M)
devait se réunir dans l'après-midi pour poursuivre l'examen
des propositions soumises par deux groupes de pays.
Quelques délégations firent part de modifications mineures
dans les positions. Un groupe de contact fut constitué pour
discuter du paragraphe en vertu duquel les Parties
viseraient à mettre en œuvre des P&M dans les domaines
prioritaires spécifiés. Un autre groupe fut formé pour
examiner les paragraphes consacrés à la coopération en vue
d'améliorer l'efficacité tant individuelle que combinée des
P&M, et au développement d'indicateurs de performance
communs.
SESSIONS DU SAMEDI
Le groupe officieux chargé des QELROs-2 discuta du commerce
en matière d'émissions et de la mise en �uvre conjointe. Un
groupe de pays proposa de supprimer les r�f�rences � ces
deux points. Quelques pays en d�veloppement faisant partie
de ce m�me groupe sugg�r�rent que la CdP pourrait �tablir
une phase pilote pour ces activit�s. L'un des pays vis�s �
l'Annexe II apporta son appui au libell�s disponibles. Un
groupe r�gional d�clara que sa position sur ces m�canismes
d�pendra des d�cisions concernant les QELROs. Le groupe
officieux charg� des QELROs-1 discuta de l'inclusion des
GES et des cat�gories de puits absorbants correspondants
dans une annexe. L'un des pays d�clara que tous les gaz
doivent �tre inclus dans le protocole et que par
cons�quent, il n'est pas n�cessaire d'avoir une annexe pour
cela. Le Pr�sident indiqua qu'aucune d�cision n'a encore
�t� conclue sur l'inclusion des gaz. L'une des d�l�gations
proposa une annexe s�par�e pour les puits absorbants. Le
groupe officieux devait d�battre par ailleurs des syst�mes
nationaux d'estimation des �missions et des absorptions.
Une d�l�gation d�clara que des syst�mes de rapports
nationaux doivent �tre �tablis pour tous les gaz. D'autres
d�l�gu�s indiqu�rent que ces syst�mes devraient plut�t �tre
limit�s aux gaz couverts par le protocole. Deux d�l�gations
d�clar�rent que les pays doivent �tre en mesure d'utiliser
des m�thodologies autres que celles du PICC. Un groupe de
contact fut �tabli sur le Potentiel de R�chauffement du
Globe (GWPs).
Dans le groupe charg� des institutions et m�canismes, il y
eut un large accord que la CdP doive servir de "R�union des
Parties". Les d�l�gu�s discut�rent du point de savoir si
les co�ts distincts des services du Secr�tariat pour le
protocole devaient �tre honor�s par les Parties de ce
protocole. Il y eut accord g�n�ral sur le processus
consultatif multilat�ral. Trois d�l�gations firent
objection � la disposition autorisant l'introduction
d'amendements au protocole par vote majoritaire aux trois
quarts. Dans le groupe charg� de l'Article 4.1(rapports
nationaux), un ensemble de pays proposa de supprimer
"engagements volontaires" et sugg�ra de cr�er un fonds de
p�nalit�. Plusieurs d�l�gations se d�clar�rent d�favorables
aux deux propositions.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
AGBM: L'AGBM se r�unira en Pl�ni�re � 10h.
GROUPE OFFICIEUX SUR LES QELROs: La r�union de ce groupe
officieux d�butera � 15h.
GROUPE OFFICIEUX SUR LES INSTITUTIONS ET LES MECANISMES: Ce
groupe officieux se r�unira � partir de 15h.
|