International
Institute for Sustainable Development (IISD)
LES FAITS MARQUANTS DES REUNIONS DES ORGANES SUBSIDIAIRES
DE LA CCCC 33 OCTOBRE 1997
Les délégués à la huitième session du Groupe Spécial du
Mandat de Berlin (AGBM-8) devaient se réunir en sessions de
"groupe non officieux" sur les objectifs quantitatifs de
limitation et de réduction des émissions (QELROs),
l'avancement de la mise en œuvre de l'Article 4.1 et , les
institutions, les mécanismes et la mise en application.
L'Organe Subsidiaire de Conseil Scientifique et
Technologique (SBSTA-7) devait pour sa part tenir une
réunion officieuse avec le Panel Intergouvernemental des
Changements Climatiques (PICC). Le Président de l'AGBM
accorda aux observateurs, un briefing sur la progression
des négociations.
BRIEFING DES OBSERVATEURS
Le Président de l'AGBM, Raúl Estrada-Oyuela (Argentine)
déclara que les délégués devraient se focaliser sur la
réalisation du consensus, notant que beaucoup en étaient
encore à "jouer avec les crochets". Il annonça aussi qu'un
nouveau "groupe officieux" (QELROs-2), présidé par Bo
Kjellén (Suède), était établi pour se pencher sur certains
aspects des QELROs et de traiter des Articles liés, entre
autres, au commerce en matière d'émission, à l'exécution
conjointe, aux engagements volontaires, à l'évaluation des
communications nationales et à la révision des engagements.
Les résidents des groupes officieux présentèrent brièvement
le travail attendu de leurs groupes.
Répondant à des questions touchant à la position des USA,
annoncée mercredi par le Président Clinton, il nota qu'un
certain nombre de questions avaient encore besoin d'être
clarifiées. Il qualifia la position d'offre "modeste" mais
se déclara en revanche impressionné par le fait que le
Président ait pris lui-même la question en main. Il indiqua
que le résultat dépendait de la réaction des autres
délégations, en notant toutefois qu'une position émanant
d'un Chef d'Etat ne laissait pas en général beaucoup de
place à la flexibilité.
GROUPE OFFICIEUX SUR LES QELROs-1
Le délégué US introduisit la position de son pays telle
qu'annoncée, mercredi, par le Président Clinton. La
position renfermait trois éléments. Les USA s'engageront: à
un objectif contraignant consistant à ramener les émissions
à leurs niveaux de 1990 dans une période budgétaire
s'étalant entre 2008 et 2012; à la réduction nette des
émissions de tous les gaz à effet de serre (GES) à des
niveaux inférieurs à ceux de 1990 dans la période de cinq
ans qui suivra (soit entre 2013 et 2018); et à œuvrer pour
de nouvelles réductions dans les années au-delà. Elle
appelle également à une série de mécanismes de marchés
flexibles, incluant les échanges en matière d'émissions et
l'exécution conjointe. Les USA n'assumeront pas
d'obligations contraignantes, à moins que les pays en
développement ne participent de manière significative. Le
délégué ajouta que cette position reflétait le fait que si
l'ensemble du monde industrialisé réduisait ses émissions
et que pendant ce temps les pays en développement
continuaient à croître à leur rythme actuel, les
concentrations de GES continueront à augmenter.
Le délégué US rappela que le Président Clinton a annoncé
également un programme intérieur, incluant une série de
taxes d'incitation et d'investissements dans la recherche,
à hauteur de US$5 milliards, pour encourager l'efficience
énergétique et l'utilisation d'une énergie plus propre. Il
a proposé aussi la création d'un système intérieur de
réduction des émissions capable de convertir les efforts
dans un marché d'émissions mondial.
Dans la discussion du texte de négociation consolidé, on
s'accorda pour dire que "chacune" des Parties visées à
l'Annexes I prendrait des engagements concernant les
objectifs. Les délégués débattirent par ailleurs du point
de savoir si les Parties visées à l'Annexe I devaient
"réduire", "limiter" ou "stabiliser les rejets anthropiques
de CES, moyennant une approche "nette" ou "agrégée", et
s'ils devaient accomplir cela individuellement ou
conjointement. Un groupe régional préféra la réduction ou
la limitation des émissions de GES conjointement et avec
une approche agrégée, mais rencontra l'objection d'un pays
membre. Un groupe de pays proposa que les engagements des
Parties visées à l'Annexe I soient énoncés dans le texte au
lieu de figurer comme document attaché.
GROUPE OFFICIEUX SUR LES INSTITUTIONS ET LES MECANISMES
Les délégués du groupe officieux chargé des institutions et
des mécanismes se mirent d'accord sur le fait qu'il n'était
pas nécessaire de récapituler les éléments tirés de la CCCC
dans le préambule. Dans l'article dressant la liste des
définitions, les délégués devaient s'accorder pour
supprimer le libellé sur le rôle de la Réunion des Parties.
Un groupe régional introduisit un nouveau projet d'article
basé sur les résultats scientifiques du PICC. Le Président
du groupe officieux, Takao Shibata (Japon), invita un
certain nombre de délégations à tenir des consultations sur
la proposition d'insérer des références aux objectifs de la
CCCC dans le texte de négociation. La suggestion que le
texte de négociation doive se réfère aussi aux principes de
la CCCC rencontra une certaine résistance. Des deux
propositions figurant dans le texte de négociation
concernant l'organe chargé de la supervision du Protocole,
c'est l'alternative qui retient la Conférence des Parties
comme l'organe suprême du Protocole qui reçut finalement le
plus de soutien. Le Président offrit d'intégrer un certain
nombre de points soulevés par l'une des délégation dans une
nouvelle version du libellé préféré. Il y eut un soutien
général en faveur de l'économie institutionnelle selon
laquelle les institutions disponibles suffiront à servir
les desseins du Protocole et les négociateurs s'efforceront
de détailler toute nouvelle fonction de la CdP découlant de
quelque nouvelle responsabilité.
GROUPE OFFICIEUX SUR L'ARTICLE 4.1
Le groupe officieux chargé de l'avancement des engagements
disponibles liés à l'Article 4.1, présidé par Evans King
(Trinité et Tobago), de réunit dans la matinée pour
débattre du chapeau et du second paragraphe du projet de
texte du Président de l'AGBM. Un certain nombre de délégués
apportèrent leur appui à l'idée d'insérer une référence aux
responsabilités communes mais différenciées. Les délégués
ne parvinrent pas à s'entendre sur le point de savoir si
l'avancement des engagements devait se faire "en conformité
avec" les Articles 4.3, 4.5 et 4.7 de la Convention , comme
souhaité par les pays en développement, ou "en tenant
compte" de ces même articles, comme proposé par les pays
industrialisés. Ils devaient ne pas réussir non plus à se
mettre d'accord sur une portion du texte de consensus
proposé par le Président du groupe officieux, selon
laquelle les Parties travailleraient en vue du
développement durable. L'une des délégations suggéra de
remplacer le chapeau par les libellés figurant dans la
Convention et dans le Mandat de Berlin.
Dans les trois alinéas consacrés aux inventaires nationaux
et les méthodologies et la coopération qui s'y rapportent,
les délégués débattirent du point de savoir si le libellé
constituait un nouvel engagement pour les pays en
développement ou une clarification des engagements communs
mais différenciés disponibles. Un groupe régional suggéra
de combiner les alinéas consacrés aux inventaires ou
méthodologies. Un autre groupe proposa de remplacer le
libellé des trois. L'une des délégations proposa la
suppression de toutes les références à la Convention et aux
ressources financières. Un groupe restreint devait se
réunir dans la soirée pour essayer de traiter les diverses
recommandations.
ORGANE SUBSIDIAIRE DE CONSEIL SCIENTIFIQUE ET
THECHNOLOGIQUE
Le Dr. Robert Watson introduisit un papier contenant 16
décisions prises par le PICC lors de sa réunion de
Septembre. Il nota que le Troisième Rapport d'Evaluation
(TAR) couvrira toute une gamme de questions scientifiques,
techniques, économiques et sociales. Il comprendra les
rapports des Groupes de Travail I (aspects scientifiques),
II (vulnérabilité des systèmes) et III (atténuation), du
PICC et se focalisera sur les aspects régionaux. Les
rapports des trois Groupes de Travail, qui seront approuvés
vers la fin de l'an 2000 début 2001, seront intégrés dans
un Rapport de Synthèse pertinent aux politiques, lequel
sera achevé vers le second trimestre de l'an 2001.
Le Rapport de Synthèse sera rédigé dans un style non
technique accessible aux décideurs politiques et abordera
une large gamme de questions clés pertinentes aux
politiques. Le Président du PICC et les Co-Présidents des
Groupe de Travail élaboreront ces questions en consultation
avec le Président de la CdP et les Présidents des
différents organes de la CCCC. Les questions seront
distribuées aux gouvernements pour commentaires, et le PICC
les entérinera lors de sa quatorzième session.
Le PICC prit également la décision d'améliorer la
participation des experts issus des pays en développement
et des pays en transition économique et celle des
organismes d'affaires et de développement. D'autres
décisions furent prises sur: la portée des groupes de
travail et la nomination des auteurs chefs de file; la mise
en place d'un processus de revue par les paires pour les
Rapports des Groupes de Travail et le TAR; d'un processus
d'évaluation éditoriale; l'utilisation de la documentation
écrite dans une autre langue que l'Anglais; la structure du
Bureau du PICC; les procédures de publication et de
traduction; et l'équipe chargée de la tâche financière.
Les délégués du SBSTA posèrent un certain nombre de
questions concernant les décisions du PICC, telles que: la
question de savoir si le PICC envisageait de développer un
objectif environnemental général pour les divers processus
de la CCCC; la question de savoir si les systèmes
satellitaires et l'observation à long terme disponibles
étaient adéquats; et la question de savoir si les dates
buttoirs fixées par le PICC pour la remise des commentaires
étaient flexibles. Parmi d'autres questions soulevées: le
point de savoir si le scénario "des affaires comme
d'habitude" changera avec l'application des recommandations
du PICC; l'impact que pourraient exercer les actions des
pays en développement sur ce changement; et si la réduction
des émissions dans des délais rapprochés plutôt qu'éloignés
était susceptible de rapporter davantage de certitude et de
donner plus de ressort.
S'agissant du TAR, les délégués demandèrent: si les
incertitudes en rapport avec les projections et les
conclusions seront traitées; si les méthodes et techniques
de recherche seront adéquatement décrites; et si plusieurs
options et scénarios seraient inclus pour permettre au
lecteur de tirer ses propres conclusions. Les délégués
demandèrent également: si le TAR engloberait options et
impacts, en particulier, pour les pays en développement;
s'il s'appuierait lourdement sur les modèles numériques ou
s'il utiliserait aussi des modèles historiques; si le
rapport de synthèse aborderait les questions élaborées par
le SBSTA; si le lien, s'il en est, entre "El Niño" et le
réchauffement de la planète sera abordé; et comment le PICC
et le SBSTA coordonneront-ils leurs calendriers pour
s'assurer que le TAR soit bien informé par le SBSTA.
DANS LES COULISSES
Les réactions à la position des USA étaient à l'ordre du
jour dans les couloirs. Certains délégués membres de l'UE
"déçus" sont d'accord avec plusieurs éléments soulignés
dans la position US mais ces éléments, affirment-ils, n'ont
pas été proprement reflétés dans les objectifs proposés.
Rappelant que la science du PICC appelle à une action
précoce et indique la nécessité de réductions
significatives au- dessous des niveaux de 1990, plusieurs
délégués ont confié que l'objectif US, qui se trouve être
plus faible que celui déjà inadéquat du Japon, en est bien
loin et qu'un dialogue intense avec toutes les Parties est
indispensable.
Certains délégués de pays en développement se sont déclarés
peu surpris par la position US et ont indiqué que la
proposition des G-77/Chine était avancée pour lui servir de
contre poids. L'un des observateurs des pays en
développement a noté que, cherchant à promouvoir ses
politiques de contrôle de la situation, les USA ont joué,
sur le tard, plusieurs cartes unilatérales à travers le
monde et leurs spéculations les amènent à penser que
"l'infléxibilité" dans ce forum risque de mener à l'échec.
Un autre affirme qu'il vaut mieux ne pas avoir de protocole
du tout qu'un protocole assorti de nouveaux engagements
pour les pays en développement.
Les ONG du secteur de l'environnement ont commencé à
préparer leur réponse stratégique, déterminées comme elles
peuvent l'être, à "sauver" le processus de l'AGBM et
assureent que la "célébration" de l'événement, mercredi
soir, par le lobby du monde des affaires, était prématurée.
Compte tenu du caractère de haut niveau de l'annonce US,
les ONG focaliseront leurs efforts à tenter de convaincre
d'autres Chefs d'Etats, tels que le Premier Ministre
Britannique, Blair, et le Chancelier Allemand, Kohl, à
engager la Maison Blanche.
Le Japon sera également confronté à une pression intense,
certaines ONG ayant suggéré que c'est le gouvernement hôte
de la CdP-3 qui a préparé le terrain à l'annonce des USA
avec sa propre position "extrémiste". Le Processus de
l'AGBM est parti pour se poursuivre dans des voies de
négociation parallèles, avec une "diplomatie de mégaphone"
ponctuant les pourparlers officiels de Bonn et de l'après
Bonn. Un représentant d'ONG a souligné la détermination de
ses collègues à amener les négociateurs à leurs derniers
retranchements en Décembre, avec l'idée qu'il n'y aura pas
de répit avant d'avoir obtenu des résultats.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
BRIEFING DES OBSERVATEURS: La séance d'information des
observateurs se tiendra à partir de 9h30.
GROUPE OFFICIEUX SUR LES QELROs-2: Ce groupe officieux se
réunira ce matin à partir de 10h.
SBSTA: Le SBSTA se réunit à partir de 10h.
GROUPE OFFICIEUX SUR LES P&M: Le groupe officieux sur les
politiques et mesures se réunira cet après-midi à partir de
15h.
QELROs-1: Ce groupe officieux se réunira à 15h.
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