International
Institute for Sustainable Development (IISD)
LES FAITS MARQUANTS DES REUNIONS DES ORGANES SUBSIDIAIRES
DE LA CCCC 22 OCTOBRE 1997
Le Groupe Spécial du Mandat de Berlin a ouvert sa huitième
session (AGBM-8) le 22 Octobre 1997. Les délégués devaient
présenter des déclarations d'ouverture durant la session
Plénière de la matinée. L'après-midi, un groupe officieux
devait discuter des politiques et mesures. Par ailleurs, le
Président de l'AGBM devait tenir une séance d'information
pour les observateurs. L'Organe Subsidiaire de Mise en
Œuvre (SBI) s'est penché sur les arrangements devant
gouverner les réunions intergouvernementales, les questions
administratives et financières, les mécanismes de
consultation avec les ONG et les questions juridiques.
GROUPE SPECIAL DU MANDAT DE BERLIN
Le Président de l'AGBM Raúl Estrada-Oyuela (Argentine)
rappela aux délégués qu'il ne restait plus que dix jours à
l'AGBM pour achever son travail. Il déclara qu'une "bonne
dose" de volonté d'assumer des engagements était requise,
notant toutefois, qu'il n'était pas sûr que cette volonté
sera là pour tous les secteurs. Il ajouta qu'il n'est pas
facile de comprendre des déclarations qui ignorent
l'engagement de premier rang et les contributions réelles
apportées par les pays en développement. Il nota que les
propositions qui forment la plate-forme du travail de
l'AGBM sont bien connues. Cette dernière session ne doit
pas les ressasser mais chercher plutôt à faire avancer les
négociations.
Le Secrétaire Exécutif de la CCCC, Michael Zammit Cutajar,
déclara que l'équité devait rester l'élément central du
résultat de Kyoto. L'économie mondiale en globalisation
produit non seulement des richesses mais également des
inégalités et un stress social. L'évolution climatique
ajoute un nouveau facteur, pesant davantage sur les pauvres
et les vulnérables qui sont les moins capables de
s'adapter. Il nota par ailleurs que des réponses
technologiques étaient en train d'émerger mais se demanda
si elles allaient pouvoir être disponibles pour les pays en
développement si des mesures délibérées n'étaient pas
prises pour stimuler le transfert technologique. Il affirma
que prendre le leadership ne veut pas dire se sacrifier
mais faire l'effort de changer de direction et de tirer
profit des nouvelles opportunités.
La Tanzanie, au nom des G-77/Chine, déclara que les Parties
se trouvaient à un moment crucial et que les membres de son
groupe étaient prêts à assumer leurs responsabilités
différenciées et, en particulier, les engagements
disponibles établis dans l'Article 4.1. Il nota qu'il ne
devait y avoir aucun nouvel engagement pour les pays non
visés à l'Annexe I et rappela les préoccupations du groupe
exigeant l'adoption de politiques et mesures tenant compte
des effets exercés sur les pays en développement. Il
identifia les engagements non honorés dans le cadre des
Articles 4.3, 4.4, 4.5, et 4.7 comme étant autant de
pierres d'achoppement entravant l'avancement des
engagements disponibles des pays en développement. Il mit
sur table la position des G-77/Chine sur les objectifs
quantitatifs de réduction et de limitation des émissions
(QELROS), laquelle propose: des cadres temporels définis
par les horizons 2005, 2010 et 2020; une évaluation
périodique par la CdP; le retour aux niveaux d'émission de
1990, d'ici l'an 2000; la réduction du CO2, du CH4 et du
N2O d'au moins 7.5% par rapport à leurs niveaux de 1990,
d'ici 2005, de 15% d'ici 2010 et encore de 20% d'ici 2020,
réalisant ainsi une réduction totale de 35%; des efforts
visant la suppression progressive des gaz à effet de serre,
y compris des HFC, PFC et SF6; la concrétisation des QELROS
par des mesures nationales; la minimisation des effets
négatifs sur les pays en développement et la mise en place
d'une Caisse de Compensation; et la création d'un Fonds de
Développement Propre pour venir en aide aux Parties pays en
développement, financé par des contributions provenant des
Parties visées à l'Annexe I qui seraient attrapées en
situation de non conformité avec leurs QELROS.
Le Japon appela toutes les Parties à exercer la flexibilité
dans leurs propositions concernant les QELROS et présenta
les détails de la proposition Nippone qui vise à accommoder
les points de vue divergeants. La proposition est pour un
taux de base de réduction égal à 5% assorti d'un objectif
donné pour chacun des pays visés à l'Annexe I, pour les
horizons 2008 et 2012. Elle couvre le CO2, le CH4 et le
N2O. Les objectifs des pays individuels sont différenciés à
travers les émissions par PIB, les émissions par habitant
et la croissance démographique. Elle prévoit aussi les
échanges en matière d'émissions et la mise en œuvre
conjointe. S'agissant des pays en développement, la
proposition prévoit l'amélioration des efforts à travers
l'élaboration des engagements existants et encourage les
pays en développement les plus avancés à assumer des
engagements volontaires. Un nouveau processus pour
approfondir la discussion des engagements de toutes les
Parties est proposé pour l'après-Kyoto.
Le Luxembourg, au nom de l'UE, fit part de ses réserves
concernant les références aux politiques et mesures
figurant dans le texte de négociation du Président et
concernant l'avancement de la mise en application de
l'Article 4.1 et des dispositions financières qui s'y
rapportent. L'orateur appela à l'inclusion d'un objectif de
la Convention exprimé en termes quantitatifs et d'un régime
de mise en conformité bien défini. Il nota que la
Commission Européenne a produit un document démontrant la
faisabilité des objectifs de l'UE qui consistent en une
réduction d'au moins 7.5% d'ici 2005 et 15% d'ici 2010 par
rapport aux niveaux de 1990. Le Royaume-Uni, intervenant
également au nom de l'UE, tenta d'expliquer l'approche
conjointe, dite de "bulle", de l'UE dans les obligations en
matière d'émission et offrit un libellé dans ce sens à
insérer dans le projet de texte de négociation du
Président. Le délégué indiqua, par exemple, que l'objectif
de 15% de réduction proposé par l'UE serait réalisé de
manière conjointe si les Etats membres optaient pour une
mise en œuvre commune. Ces Etats informeraient le
Secrétariat des termes de l'accord sur l'exécution
conjointe, cinq ans avant l'expiration de la période cible,
chacun déclarant sa part dans la contribution générale aux
réductions. Il y aurait aussi des dispositions permettant
d'introduire des modifications ou d'établir une nouvelle
répartition dans l'accord sur le partage du fardeau et de
faire face à toute défaillance au niveau de la réalisation
de l'objectif total.
Samoa, pour l'Alliance des Petits Etats Insulaires (AOSIS),
apporta son appui à la déclaration des G-77/Chine et
précisa que toutes les propositions étaient encore sur la
table, y compris celle de l'AOSIS. L'orateur fit part de sa
profonde déception quant aux propositions avancées par le
Japon, dont la flexibilité donne au plus petit effort un
caractère juridique non contraignant. Il apporta son
soutien au projet d'article permettant aux Parties
d'assumer des engagements à titre volontaire.
Le Zimbabwe, au nom du Groupe Africain, souligna que
l'option des taux d'émission par habitant permettait
d'atteindre l'équité. La représentante qualifia l'objectif
de 15% d'ici 2010 d'objectif minimum et demanda un
leadership de la part de Parties visées à l'Annexe I,
particulièrement, le Japon et les USA. Elle indiqua qu'une
clause de pénalité pour non conformité était indispensable.
Des moyens fiables et prévisibles sont nécessaires pour
l'avancement de la mise en œuvre des engagements existants
relevant de l'Article 4.1.
Le délégué US se déclara extrêmement déçu d'avoir eu à
constater que le texte du Président ait omis sa proposition
appelant toutes les Parties à adopter, d'ici 2005, des
obligations quantifiées en matière d'émissions de gaz à
effet de serre. Kyoto doit faire partie intégrante d'une
série de négociations par roulement et il serait
inacceptable qu'on n'y réussisse pas à amorcer un processus
reconnaissant le caractère global du problème. La
Fédération Russe souligna l'importance de maintenir un
équilibre entre les différents intérêts, y compris ceux des
pays en transition économique. L'Islande parla de la
différenciation des objectifs d'émission et de la nécessité
de tenir compte des décalages entre les points de départ,
les économies et les bases de ressources.
Le Président Estrada introduisit le texte de négociation
consolidé (FCCC/AGBM/1997/7) qu'il souhaita voir servir de
plate-forme pour le parachèvement du protocole ou autre
instrument juridique. Il indiqua avoir élaboré le document
en se basant sur les propositions soumises, les résultats
de l'AGBM-7 et les consultations officieuses menées avec
les différentes Parties. Il signala, par ailleurs, qu'il a
cherché a s'en tenir à l'essentiel et à prendre en
considération les aspects clés des propositions actuelles.
Il nota qu'un petit nombre de crochets figuraient dans le
texte, principalement autour des objectifs annuels ou des
périodes budgétaires, des taux uniformes, des crédits en
matière d'émission, et de deux alternatives posées pour
l'organe de gouvernance du protocole. Il précisa que les
Annexes I et II ont été utilisées en tant que catégories de
pays.
Le représentant des ONG du secteur de Commerce et de
l'Industrie déclara que ce secteur jouait un rôle unique
dans la mise en application de l CCCC. L'orateur ajouta que
plusieurs membres apportaient leur soutien à toute une
variété d'initiatives nationales et internationales jouant
un rôle clé dans la réduction des émissions de gaz à effet
de serre.
Le représentant des US and European Business Councils for a
Sustainable Energy Future déclara que les avantages de
l'innovation en matière d'énergie durable ne sont pas
seulement pertinents à la protection du climat mais aussi à
l'emploi, aux politique économiques et sociales, à la
stabilité géopolitique et à l'intérêt national des pays
importateurs de pétrole.
La représentante du Climate Action Network déclara que le
Japon, et peut-être aussi les USA, étaient en train de
proposer des objectifs et des calendriers qui portent sur
une extension de dix ans des engagements existants. Elle
indiqua que la proposition du Japon réussissait seulement à
baisser le niveau général des négociations en faveur des
positions les plus faibles. Le délégué de l'International
Council for Local Environmental Initiatives (ICLEI) cita
l'exemple de quatre plans d'action locaux qui ont réussi à
réduire les émissions de gaz à effet de serre et signala
que les villes participant à cet effort réalisaient des
rythmes plus rapides que ceux de leurs administrations
nationales.
GROUPE OFFICIEUX SUR LES POLITIQUES ET MESURES
Le groupe officieux chargé des politiques et mesures (P&M)
devait se réunir dans l'après-midi pour débattre de
l'article sur les P&M figurant dans le texte de négociation
consolidé du Président (FCCC/AGBM/1997/7). Des propositions
d'amendement avancées par deux groupes de pays furent
refusées. L'un de ces groupes proposait de supprimer la
référence à l'article portant sur des engagements
volontaires pour les pays non visés à l'Annexe I et
suggérait que des P&M soient adoptées et mises en œuvres
par les Parties aux fins de réaliser leurs QELROS. L'autre
groupe proposait, entre autres, l'institution d'un
processus d'élaboration de directives concernant les
modalités de coordination et de coopération pour la mise en
œuvre des P&M. Il proposait également l'élaboration
d'indicateurs de performance communs pour les P&M.
Une discussion devait avoir lieu sur le point de savoir si
la mise en œuvre des P&M devait prendre en ligne de compte,
atténuer ou éviter les effets négatifs, et sur les types
d'impact et la reconnaissance des cas touchés. Un groupe de
contact fut établi pour débattre du but de l'application
des politiques et mesures: s'agit-il "d'aider à" ou "de
concrétiser" la réalisation des engagements.
BRIEFING DES OBSERVATEURS
Le Président Estrada tint, pour les observateurs de l'AGBM,
une séance d'information sur les efforts déployés pour
produire un texte de négociation, mettant en relief les
aspects difficiles. Il déclara que sa motivation première
consista à raccourcir le texte. Il affirma que l'article
consacré aux P&M représentait un juste milieu. Il indiqua
que l'UE a cherché à intégrer les P&M mais que le groupe
JUSCANZ résistait. Il nota que les définitions faisaient
défaut dans l'article portant sur les QELROS et qu'il a
essayé de laisser toutes les options ouvertes. Il mit en
exergue d'autres sujets encore, tel que celui des échanges
en matière d'émission, d'exécution conjointe, ainsi que la
Réunion des Parties.
Un article, élaboré à partir des propositions de l'AOSIS et
de la Suisse, permettrait aux pays non visés à l'Annexe I
d'assumer des engagements à titre volontaire. Dans
l'article sur la poursuite de l'avancement de l'application
de la Clause 4.1 de la CCCC (engagements existants),
Estrada mit en relief le libellé stipulant qu'aucun nouvel
engagement ne doit être introduit pour les pays non visés à
l'Annexe I. Outre les Annexes, le protocole prévoit un
attachement permettant la flexibilité pour les cas
d'engagements différenciés. Au sujet de l'entrée en
vigueur, son texte requiert une combinaison de critères; le
nombre des Parties et le total des émissions de gaz
carbonique.
ORGANE SUBSIDIAIRE DE MISE EN ŒUVRE
Concernant les arrangements à prévoir pour les réunions, le
Secrétaire Exécutif de la CCCC, Michael Zammit-Cutajar,
déclara que les détails étaient en suspens en attendant la
CdP-3. Evoquant l'organisation de la CdP-3
(FCCC/CP/1997/1), il indiqua qu'un débat général avait été
ajouté à l'ordre du jour provisoire. N'ayant reçu aucune
offre d'accueillir la CdP-4, la réunion se déroulera à Bonn
en Novembre 1998. Le délégué de la Chine et le porte parole
des G-77/Chine firent objection à l'examen de l'évaluation
de l'adéquation du placement des Articles 4.2(a) et 4.2(b)
à l'ordre du jour de la CdP-3, recommandant que cet examen
se déroule à la CdP-4. L'UE et les USA déclarèrent qu'il
serait approprié que la CdP-3 se penche sur l'évaluation.
Les G-77/Chine proposèrent un ordre du jour pour le segment
de haut niveau et firent objection à la référence à ce qui
est appelé "processus post Kyoto" dans l'objectif
d'inclure, dans les engagements, les Parties non visées à
l'Annexe I. Le délégué des Philippines demanda des
éclaircissements sur le processus post Kyoto mentionné dans
le rapport du SBI. Zammit-Cutajar déclara que le processus
post Kyoto d�notait �galement la mise en �uvre d'un
quelconque protocole. Le Vice-Pr�sident sugg�ra de soulever
ces questions � la r�union du Bureau pr�vue Samedi.
Concernant les questions administratives et financi�res
(FCCC/SBI/1997/18, /Inf.2 et /Inf.7), le Secr�tariat fit
�tat des probl�mes de cash flow dus aux retards de
certaines contributions et d'un manque, � hauteur de
US$500.000, au niveau du fonds de participation de la CdP-
3. Le Vice-Pr�sident pr�parera un projet de d�cision
demandant les contributions et couvrant d'autres
consid�rations. Les d�l�gu�s s'accord�rent sur la poursuite
du d�bat sur les m�canismes de consultation avec les ONG
apr�s que le Vice-Pr�sident eut annonc� qu'une d�cision n'a
pas �t� possible � prendre. L'UE proposa de donner aux ONG
des si�ges et l'occasion de prendre la parole comme au sein
du SBSTA. La Malaisie d�clara que les d�l�gations n'avaient
pas eu assez de temps pour les multiples forums. La Suisse
sugg�ra d'�largir la liste des parties prenantes au
principaux groupes sociaux mentionn�s dans le Plan d'Action
21, et se d�clara d�favorable � l'id�e d'�tablir un
m�canisme de consultation sp�cifique au secteur des
affaires. Le Canada proposa de permettre plus d'une
intervention d'ONG, lorsque cela s'av�re appropri�.
DANS LES COULISSES
Le suspens autour de la position tant attendue des USA a
pris fin avec l'annonce faite par le Pr�sident Clinton
quelques heures apr�s la r�union du Mercredi. Il y appela �
la stabilisation des gaz � effet de serre � leurs niveaux
de 1990, d'ici 2008 - 2012 et � r�duire les �missions apr�s
cela. Il appela aussi les pays en d�veloppement �
participer de mani�re significative. M�me avant l'annonce,
on a entendu dans les couloirs, des d�l�gu�s critiquer des
�l�ments de la proposition. Pus tard, on a entendu certains
d'entre eux faire part de leurs critiques en direct sur
CNN.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
Groupes Officieux: Les groupes officieux charg�s des QELROS
et de l'Article 4.1 se r�unissent � 10h. Le groupe
officieux charg� des institutions et des m�canismes est
susceptible de se r�unir � 15h.
SBSTA: Le SBSTA est programm� pour tenir une r�union
conjointe avec le PICC � 15h.
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