International
Institute for Sustainable Development (IISD)
LES FAITS MARQUANTS DES REUNIONS DES ORGANES SUBSIDIAIRES
DE LA CCCC 21 0CTOBRE 1997
Les délégués à la septième session de l'Organe Subsidiaire
d'Exécution (SBI-7) devaient discuter des communications
des Parties visées à l'Annexe I, du processus d'évaluation
du mécanisme de financement, des amendements proposés dans
la Convention et des mécanismes de consultations avec les
ONG. Les débats de la septième session de l'Organe
Subsidiaire de Conseil Scientifique et Technologique
devaient se focaliser, quant à eux, sur le fichier
d'experts, le développement et le transfert des
technologies et sur les questions méthodologiques.
L'Organe Subsidiaire d'Exécution
Le Vice-Président du SBI, José Romero (Suisse), invita les
Parties à poursuivre la discussion de la phase pilote des
activités exécutées conjointement (AIJ) et rappela que le
groupe de contact conjoint SBI/SBSTA devait sous peu
entamer des travaux sur ce point. Le Sri Lanka fit état des
entraves posées par le principe d'additionalité qui figure
parmi les critères des AIJ et accueillit favorablement la
décision de la France de supprimer cette disposition de ses
directives concernant les AIJ. L'orateur appela les autres
Parties de l'Annexe I à suivre cet exemple. L'Inde, appuyée
par le Venezuela, parla des limites de la portée et de
l'actuelle répartition géographique des projets et de
l'étroitesse de la base d'information disponible pour le
travail d'évaluation. Le délégué affirma qu'une évaluation
complète de la phase pilote telle qu'envisagée par la CdP
n'est pas réalisable. Il appela à davantage de projets
utilisant les technologies de pointe et à des données
claires concernant les réductions de gaz à effet de serre
(GES), les rapports coût-efficacité et les contributions au
renforcement des capacités. L' Australie déclara que les
Parties doivent saisir les avantages liés au rapport coût-
efficacité et les profits sur le plan environnemental. Le
délégué nota 'importance de la flexibilité dans le
financement des AIJ et annonça le démarrage d'une
initiative Australienne, dans le domaine des AIJ, avec
trois pays en développement.
Au chapitre des communications nationales des Parties
visées à l'Annexe I, le Secrétariat introduisit la première
compilation-synthèse (FCCC/SBI/1997/19) et l'additif
renfermant les tableaux d'inventaires des émissions et des
suppressions anthropiques (Add.1); et procéda à la mise à
jour de l'information sur les émissions de GES et les
projections qui s'y rapportent (INF.4). Les USA apportèrent
leur appui au développement d'un programme électronique
d'établissement des rapports et demandèrent un rapport basé
sur les suggestions des Parties quant aux améliorations. Le
délégué nota que bon nombre de Parties ne s'étaient pas
conformées aux directives concernant l'établissement des
rapports sur les politiques et mesures. L'UE nota: que
certaines Parties ont eu des difficultés à se conformer aux
directives; que des experts n'appartenant pas à l'Annexe I
doivent participer dans le processus d'évaluation; et que
ses communications sont en passe d'être parachevées. Les
USA et l'UE notèrent tous deux l'inadéquation des mesures
qui président à l'établissement des rapports sur les HFC,
les SFC et les SF6.
La Chine déclara que les rapports devraient se focaliser
sur le CO2,que les politiques et mesures doivent prendre en
ligne de compte les différentes situations des pays et que
le rapport ne traitait pas, de manière adéquate, du
transfert technologique. La Nouvelle Zélande déclara que
les Parties devraient désigner une gamme d'experts pour
l'évaluation des rapports. Avec l'UE, la représentante
n'apportait pas son appui à la proposition du Secrétariat
d'interrompre la distribution des résumés analytiques tirés
des communications. L'Ouzbékistan indiqua que la
participation d'experts issus de pays en transition
économique et de pays en développement pouvait leur fournir
une bonne formation. L'Uruguay annonça qu'il venait de
présenter sa première communication nationale et appela à
une mise en œuvre étendue de la CCCC par les Parties
auxquelles incombent les plus grandes responsabilités.
Au chapitre de l'évaluation du mécanisme de financement, le
Vice-Président informa les délégations qu'un projet de
décision du Président avait été élaboré et qu'il figurait
sous forme d'Appendice III du document FCCC/SBI/1997/16. Le
FEM introduisit son rapport à la CdP-3 qui traite de la
manière dont il a mis en application les directives
fournies par les CdP antérieures. La représentante nota que
durant la période de 13 mois couverte par le rapport, le
financement total des projets liés aux changements
climatiques a dépassé US$570 millions, dont près de US$155
millions ont été accordés par le FEM à titre de
subventions. Elle précisa que le rapport décrivait les
activités entreprises par le FEM pour l'amélioration de sa
performance et incluait un rapport sur l'application du
concept du coût marginal global.
Le délégué de l'UE déclara que l'évaluation du mécanisme de
financement doit être considérée comme une activité
permanente de la CdP, que les membres de l'UE avaient déjà
exercé des pressions pour le réapprovisionnement du FEM et
qu'il espérait voir cette réunion se mettre d'accord sur le
FEM comme mécanisme de financement. La Tanzanie, au nom des
G-77/Chine, réitéra sa position quant à la nécessité de la
poursuite du dialogue sur la désignation du FEM comme
mécanisme de financement de la CCCC. L'Inde parla du besoin
d'élargir les paramètres utilisés sur le terrain par le FEM
dans le cadre des préparatifs des premières communications.
Un comité de rédaction fut établi pour approfondir l'examen
de la question.
Les délégués devaient se pencher également sur les
propositions d'amendements. Le Vice-Président déclara que
la question consiste à savoir si le SBI doit ou pas
présenter à la CdP des recommandations concernant les
amendements. L'amendement soumis par le Pakistan et
l'Azerbaïdjan enlève la Turquie des Annexes I et II. Le
Pakistan déclara que la Turquie a un statut de pays
industrialisé moyen et que sa part d'émission, comparée à
celles des pays visés à l'Annexe I, est moyenne. La Turquie
déclara qu'elle a l'intention de devenir Partie sauf que le
fardeau est disproportionné, compte tenu des circonstances
économiques.
L'UE déclara que les membres de l'OCDE devraient adopter
des engagements dans le cadre d'un protocole. L'orateur
s'opposa à l'amendement en attendant un possible régime
spécial pour la Turquie, le Mexique et la Corée, ou
l'indication par la Turquie de l'objectif qu'elle doit
assumer. La Corée établit une distinction entre le statut
qu'elle partage avec le Mexique, en tant que Partie non
visée à l'Annexe I, et celui de la Turquie. L'orateur
ajouta que la question de savoir si la Corée était prête à
assumer volontairement des réductions d'émission est tout à
fait autre chose. Le Mexique affirma que rien ne justifiait
l'inclusion du Mexique et de la Corée dans d'éventuelles
annexes du protocole. Le délégué rejeta les tentatives
d'établir un lien entre l'adhésion à quelque organisation
et les obligations vis-à-vis de la Convention.
Le Japon et le Canada déclarèrent que tous les cas, y
compris celui de la Turquie, doivent entrer dans le cadre
de l'évaluation globale des Annexes requise d'ici Décembre
1998. Les USA déclarèrent que l'élaboration d'une
recommandation sera plus aisée lorsque le régime de l'après
2000 et le rôle des divers pays seront clarifiés.
L'amendement proposé par l'UE permettrait l'adoption du
protocole par une majorité des 3/4 des voies si le
consensus n'était pas réalisé, ainsi que l'application des
dispositions du protocole en attendant son entrée en
vigueur. L'UE déclara que l'amendement permettrait de
satisfaire le désir de la majorité d'entreprendre une
action urgente. La représentante recommanda de laisser
l'amendement sur la table pour la CdP-3.
L'Arabie Saoudite déclara que l'amendement ouvrait une
porte à davantage de choses et qu'une application
provisoire serait en violation avec la Convention. Le
Venezuela déclara que l'application provisoire relèverait
de "l'absurde" et ne saurait constituer amendement au sens
propre. Les USA et la Chine exprimèrent des réserves quant
à l'application provisoire. L'Australie déclara qu'elle ne
pouvait accepter un protocole, avec des implications
économiques, adopté par vote majoritaire. La Corée s'opposa
à l'amendement.
L'Amendement proposé par le Koweït appelle les Parties
visées à l'Annexe I à fournir les ressources financières,
incluant le transfert technologique, déterminées par la CdP
pour la couverture du coût marginal global des obligations
des pays en développement. L'Arabie Saoudite affirma que
l'amendement représente l'unique moyen de s'assurer de la
mise à disposition des fonds. Le Royaume-Uni, les USA,
l'Australie, le Japon et la Suisse s'opposèrent à
l'amendement. Le Vice-Président suggéra une conclusion
notant que les propositions d'amendements sont transmises à
la CdP-3 et recommandant à la CdP de tenir compte des vues
exprimées durant le SBI.
L'ORGANE SUBSIDIAIRE DE CONSEIL SCIENTIFIQUE ET
TECHNOLOGIQUE
Au sujet du fichier d'experts, l'UE nota que les Parties
devraient être requises de procéder à une évaluation de
l'information concernant le fichier disponible et de
soumettre au Secrétariat, les nominations supplémentaires,
en particulier, d'experts se prévalant d'une formation dans
l'aspect économique et financier du transfert des
technologies et savoir faire. S'agissant des Panels
Consultatifs Techniques Intergouvernementaux (PCTI),
l'oratrice fit remarquer qu'à ce jour, le SBSTA n'a pas été
en mesure d'établir des panels, principalement en raison
des difficultés à s'accorder sur la structure. Elle
indiqua que la structure doit faciliter une approche
flexible et efficace et qu'un certain nombre de petits
groupes de travail pourraient être mis en place pour le
traitement des questions scientifiques et méthodologiques
du SBSTA. Les G-77/Chine réitérèrent que l'établissement
des PCTI restait essentiel pour le travail du SBSTA, en
particulier, celui sur le transfert des technologies et
savoir faire.
Concernant les problèmes procéduraux rencontrés dans
l'utilisation du fichier, les USA affirmèrent que ces
derniers ne seront pas résolus par l'établissement
d'organes permanents. Le délégué ajouta qu'il serait
prématuré de prendre une décision sur les PCTI et
encouragea une meilleure utilisation du fichier à travers
une participation accrue des experts. Au sujet de la
proposition de l'UE, le délégué US affirma que rien
n'empêchait sa mise en application immédiate.
Le Japon et le Zimbabwe s'accordèrent pour dire que bien
qu'étant un outil utile, le fichier péchait par l'absence
de l'équilibre géographique, due sans doute à
l'inadéquation de la diffusion des informations concernant
le fichier dans certaines régions. La Malaisie et l'Inde
notèrent le consensus émergeant que les questions avaient
besoin d'être étudiées par des groupes d'experts.
Les délégués devaient par ailleurs passer en revue les
activités des Parties visées à l'Annexe II, liées au
transfert technologique (FCCC/SBSTA/1997/13) et le rapport
sur les centres d'informations technologiques (CRP.3). Le
délégué US déclara que le rapport rendait compte de
l'énorme travail en cours mais indiqua que plusieurs pays
ne peuvent pas fournir l'information requise par les
directives. L'UE appela les pays non visés à l'Annexe I à
présenter l'état de leurs besoins en matière de technologie
et, avec la Malaisie, apporta son appui à la proposition du
Secrétariat préconisant une révision des directives. Le Sri
Lanka déclara que les actions du SBSTA doivent refléter
l'esprit du libellé adopté à la SE/AGNU sur le transfert de
technologies écologiquement rationnelles.
Les délégués discutèrent également: le rapport d'avancement
du développement et transfert des technologies
(FCCC/SBSTA/1997/10); un papier technique sur les
techniques d'adaptation (FCCC/SBSTA/1997/3); et l'étude de
l'Initiative Technologique Climatique (ITC) des centres
d'information technologique.
Le Japon parla des récents ateliers CTI tenus aux échelles
nationale et régionale, et, avec l'UE, nota la nécessité
d'une meilleure utilisation des institutions et programmes
disponibles. L'UE souligna aussi l'importance de l'étude
des besoins technologiques pour les Parties non visées à
l'Annexe I et encouragea les Parties visées à l'Annexe I à
fournir l'information qui s'y rapporte dont elles
pourraient disposer.
Quelques pays en développement parlèrent des difficultés
rencontrées dans l'identification des technologies
d'adaptation et au niveau des questionnaires et des
enquêtes. Ils affirmèrent qu'il leur était difficile de
déterminer leurs propres besoins technologiques et
suggérèrent la conduite d'une étude. L'Inde décrivit ses
récentes avancées technologiques , y compris dans le
domaine des systèmes du réseau électronique et des centres
régionaux de recherche. La Malaisie déclara que le
Secrétariat doit promouvoir des outils de prise de décision
et développer un centre d'information technologique. Les
USA déclarèrent que la technologie constituait un élément
clé de la solution de la menace posée par les changements
climatiques et que l'instauration d'un climat favorable et
attractif pour les financements restait un élément critique
pour la résolution de la question du transfert
technologique.
Concernant les méthodologies, le Président nota que l'AGBM
avait requis des recommandations pour l'estimation des
émissions et puits d'absorption et de l'utilisation des
Potentialités du Réchauffement à Effet de Serre (GWP). Il
suggéra que le Secrétariat élabore un texte basé sur les
décisions et conclusions antérieures du SBSTA. Le délégué
US proposa de se focaliser sur les incertitudes intéressant
les sources d'émission et les puits d'absorption. Il
précisa que l'examen des GWP doit inclure leur légitimité
technique et juridique ainsi que l'horizon à utiliser.
Le Secrétariat introduisit ensuite le document
FCCC/SBSTA/1997/9 qui concerne les questions
méthodologiques, et un papier technique (FCCC/SBSTA/1997/2)
sur les ajustements de température et les mesures prises
par les Parties. L'UE déclara que les Parties doivent
choisir d'appliquer ou pas des ajustements et la manière de
le faire, mais qu'elles doivent décrire leurs approches
dans le détail. Les Parties doivent individuellement
présenter des rapports d'inventaire sans ajustements. Le
délégué US déclara que l'établissement attentif des points
de d�part et des objectifs compensera les fluctuations de
temp�ratures et autres. La moyenne pluriannuelle compensera
les fluctuations du court ternme et ne n�cessiteront aucun
ajustement.
La Tanzanie pr�senta un projet de d�cision appelant le
SBSTA � identifier les �carts auxquels sont confront�s les
pays en d�veloppement au niveau de la recherche et de
l'�laboration des m�thodologies, des capacit�s en mati�re
de suivi et d'�valuation, et des r�seaux d'observation. Le
SBI y est appel� � r�duire ces �carts et � fournir un
soutien financier et technique.
DANS LES COULISSES
De grands espoirs devaient remplir les espaces hors
enceinte officielle, lorsque les participants apprirent �
Bonn l'annonce du Pr�sident Bill Clinton signalant que son
administration s'engageait avec une offre dans les
n�gociations d'un objectif contraignant pour l'AGBM.
Certains pensent que le Pr�sident Clinton a d�j� r�ussi �
s'assurer une bonne isolation politique lui permettant de
se prot�ger de ses d�tracteurs - qu'ils appartiennent aux
lobbies �cologiques ou industriels. Apr�s sa d�claration au
"Sommet de la Terre II" en Juin dernier, le Pr�sident a
travaill� avec force et rapidit� pour la cr�ation d'une
vague d'opinions et d'un climat o� la presse et le public
aux USA ont pu s'�chauffer � l'id�e d'un accord
international. Au m�me moment, son administration
r�ussissait � amortir les attentes des environnementalistes
en faisant circuler des notes sugg�rant que n'importe
quelle option au-del� de celle des objectifs de
stabilisation repr�sentera un acquis - � l'actif du
Pr�sident en personne. Dans l'intervalle, les G-77/Chine
sont parvenus � un accord sur leur contre offre. Le Groupe
s'appr�te, croit-on savoir, � proposer des objectifs de
r�duction n�goci�s par gaz, en plusieurs �tapes � partir de
2010.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
AGBM: L'AGBM se r�unit � 10h dans la Grosser Saal.
BRIEFING: Le Pr�sident de l'AGBM tiendra � 14h30, dans la
Grosser Saal, une r�union d'information sur les travaux de
l'AGBM.
|