International
Institute for Sustainable Development (IISD)
LES FAITS MARQUANTS DES REUNIONS DES ORGANES SUBSIDIAIRES
DE LA CCCC 20 0CTOBRE 1997
Les septièmes sessions de l'Organe Subsidiaire d'Exécution
(SBI-7) et de l'Organe Subsidiaire de Conseil Scientifique
et Technologique (SBSTA-7) de la Convention-Cadre sur les
changements Climatiques (CCCC) se sont ouvertes lundi 20
Octobre à Bonn, en Allemagne. Les délégués au SBI devaient
se pencher sur les communications nationales des Parties
non visées à l'Annexe I et les activités exécutées
conjointement (AIJ). Le SBSTA-7 devait, pour sa part,
discuter des AIJ, des questions méthodologiques, des
communications nationales des Parties non visées à l'Annexe
I et du fichier d'experts.
ORGANE SUBSIDIAIRE D'EXECUTION
Le Vice-Président du SBI, José Romero (Suisse), au nom du
Président du SBI, Mohamed Ould El Ghaouth (Mauritanie),
rappela aux délégués le peu de temps accordé aux
négociations du SBI à cette session et les encouragea à
conclure ces négociations dans les délais impartis.
Le Secrétaire Exécutif de la CCCC, Michael Zammit-Cutajar,
parla de la nécessité de soutenir l'élaboration des
premières communications nationales et de renforcer les
capacités nationales dans ce domaine. Il nota que les
projets mis en place dans le cadre des communications
nationales pouvaient "amorcer la pompe" pour les
investissements futurs et servir en même temps de projets
pilotes pour la réduction des émissions. Concernant le
budget central de la CCCC, l'orateur indiqua qu'un certain
nombre de contributions n'étaient toujours pas honorées et
que de nouvelles contributions au fonds fiduciaire, pour la
participation, étaient nécessaires.
Les délégués acceptèrent la proposition du Vice-Président
d'établir un comité de rédaction conjoint SBI/SBSTA sur le
mécanisme de financement, qui sera présidé par John Ashe
(Antigua et Barboude). Un groupe de contact sur la mise en
place d'un mécanisme de consultation pour les ONG pourrait
être établi ultérieurement.
Le Secrétariat présenta un résumé du rapport d'avancement
(FCCC/SBI/1997/Inf.3) incluant une mise à jour sur les
préparatifs des premières communications nationales des
Parties non visées à l'Annexe I. Neuf Parties n'ont
présenté aucun rapport d'activité dans leurs
communications, et aucune information n'est disponible pour
15 autres. Les conclusions englobèrent des recommandations,
entre autres, pour l'accélération des soumissions; le
respect des directives de la CdP; la mise en place de
mécanismes institutionnels appropriés; la simplification
des procédures du FEM; la prise d'une disposition pour la
reproduction et la diffusion des rapports; la mise en place
d'une stratégie coordonnée pour le transfert et le
développement des technologies; et la tenue d'ateliers
régionaux.
Le Président nota que les Parties plancheront également sur
l'apport du FEM et sur le processus d'examen des
communications non visées à l'Annexe I. Concernant ce
dernier point, il invita les USA et la Malaisie à présider
une nouvelle réunion officieuse pour, entre autres, la
considération des soumissions de l'UE et de l'Ouzbékistan
(FCCC/SBI/1997/MISC.8). L'UE déclara que le travail
d'évaluation effectué sur les communications a suscité une
certaine confiance et aidé dans l'élaboration des secondes
communications nationales. Le Brésil présenta un rapport
sur les conclusion d'un récent atelier pour faire partager
l'expérience de l'Amérique Latine dans l'élaboration des
communications nationales. Les participants y évoquaient,
entre autres, les problèmes rencontrés dans le
développement de méthodologies, ainsi que la nécessité du
soutien financier.
Le Sénégal accueillit un atelier régional Africain qui a
rassemblé plus d'une centaine de participants. Les USA se
félicitèrent du rapport d'avancement présenté par le
Secrétariat mais mirent en garde que certaines
recommandations ne doivent être prises en considération
qu'après les soumissions d'un échantillon plus large de
Parties non visées à l'Annexe I. Le Mexique annonça son
plan d'organiser un atelier régional sur les préparatifs
des communications nationales en Amérique Centrale. Le
Japon fit part de sa volonté de coopérer avec les pays en
développement dans la préparation des communications
nationales et fit état de ses récentes contributions dans
ce domaine. Le Zimbabwe appela à une assistance en faveur
de la région Africaine dans la mise à disposition de
l'information digitale.
La Malaisie encouragea le Secrétariat à poursuivre son rôle
de coordination des activités régionales et suggéra que la
CdP donne au FEM des directive dans ce sens. Le Canada
souligna le caractère crucial du renforcement des
capacités, souhaita voir la célérité empreindre les
dispositions financières du FEM et nota l'importance de
l'évaluation approfondie des communications dans le cadre
des engagements de l'Article 4.1. La Jamaïque appela le FEM
à parrainer un atelier régional pour les pays du Groupe
CARICOM en Novembre prochain. La République Démocratique du
Congo annonça avoir reçu des fonds pour l'élaboration de sa
communication nationale qui sera soumise avant Octobre
1998.
S'agissant des activités exécutées conjointement (AIJ), le
Vice-Président indiqua que Diego Malpede (Argentine)
présidera un groupe de travail chargé d'élaborer les
recommandations à la fois du SBI et du SBSTA. Le
représentant US déclara que les délégués pourraient
reconnaître que la phase pilote est toujours en cours mais
accepta que les Parties puissent contracter des crédits sur
le compte des AIJ pour des engagements intéressant l'après
2000, en conformité avec les décisions prises sur les
questions méthodologiques. La question est de savoir
comment le crédit a été pris. Il suggéra d'adopter des
procédures uniformes pour le rapport et les programmes de
travail sur les questions méthodologiques, le financement
et les fonds supplémentaires. Le Luxembourg, au nom de
l'UE, déclara que les rapports sur les AIJ avaient besoin
d'être élaborés davantage. Les seuils minimum des projets,
les scénarios et les réductions des émissions qui s'y
rapportent doivent être plus détaillés. Le Canada fit état
des progrès réalisés au niveau des méthodologies et des
avantages acquis. La représentante affirma que l'absence
d'incitations favorisant l'engagement du secteur privé et
de méthodologie permettant d'assurer la transparence et la
consistance a ralenti la progression dans certains
domaines. Elle déclara qu'elle attendait de voir le projet
de décision des USA, particulièrement sur les crédits et
les méthodologies.
Le Brésil déclara que compte tenue des négociations
parallèles sur les objectifs de limitation et réduction des
émissions et sur les questions méthodologiques qui y ont
trait, l'évaluation doit s'effectuer mais qu'à la CdP-3, il
n'appuiera aucune décision pouvant porter préjudice au
travail sur les méthodologies nécessaires à la
détermination des réductions d'émission. La Malaisie
déclara que l'expérience amassée à ce jour n'est pas
suffisamment complète pour permettre une évaluation des
AIJ. Ce n'est qu'après avoir traité des rapports, des
seuils minimum et des méthodologies que les délégués
pourront se pencher sur la question des crédits. La Chine
affirma que la participation des pays en développement, les
résultats de l'abattement des gaz à effet de serre et
l'investissement dans les AIJ ont été limités, et que par
conséquent il serait prématuré pour la CdP-3 de prendre
quelque décision basée sur des estimations étriquées et une
analyse incomplète. Les partenaires doivent mettre a
disposition des financements sûrs. L'Arabie Saoudite
déclara que la question des crédits se trouvait au cœur du
concept AIJ et qu'elle devrait être écartée pour la CdP-3.
Le Zimbabwe nota un seul projet parmi ceux des 53
gouvernements Africains et déclara qu'il était prématuré de
parler d'échange et de crédit.
Concernant le transfert technologique, le Vice-Président
suggéra l'établissement d'un groupe de contact. Le
représentant US indiqua qu'il soumettra un projet de
décision demandant que le Secrétariat continue à divulguer
l'information et à élargir l'étude sur les besoins en
matière de technologies, que le SBSTA examine les activités
des secteur gouvernemental et privé, et que les Parties
encouragent les politiques de marché par la promotion du
commerce et de l'investissement dans les technologies qui
ne posent pas de risques pour le climat et par
l'amélioration des rapports sur les besoins en matière de
technologies et les arrangements qui s'y rapportent.
ORGANE SUBSIDIAIRE DE CONSEIL SCENTIFIQUE ET TECHNOLOGIQUE
Le Président Tibor Faragó (Hongrie) encouragea les
délégations à progresser sur les questions en suspens
compte tenu du fait que c'est là la dernière session du
SBSTA avant la CdP-3. Il proposa l'établissement de groupes
de contact officieux sur les AIJ et le Transfert
technologique. Il les invita par ailleurs à se focaliser
sur les questions méthodologiques ayant trait aux
inventaires devant être établis par les Parties non visées
à l'Annexe I de la Convention, tel que stipulés dans
l'annexe du document FCCC/SBI/1997/19.
S'agissant des questions méthodologiques, le Luxembourg, au
nom de l'UE, nota que le Secrétariat a dressé une liste de
questions diverses qui ont besoin d'être étudiées
davantage, en signalant toutefois que cette liste n'était
probablement pas complète. L'orateur indiqua que d'autres
questions étaient susceptibles d'émerger dans un futur
proche, compte tenu des nouvelles communications nationales
des Parties visées à l'Annexe I et de l'expérience acquise
durant l'exercice les évaluations approfondies. Il précisa
que les directives de la CCCC concernant les dites
communications nécessiteraient un entretien régulier et, le
cas échéant, l'introduction des améliorations jugées
nécessaires. L'Inde souleva des points sur les types de gaz
à inclure dans les inventaires et sur les critères
permettant d'assurer la transparence et l'étude
comparative.
Le délégué US appela à des recommandations sur la manière
d'utiliser les méthodes prônées par le PICC et nota par
ailleurs que la méthode des Potentialités de Réchauffement
de la Planète (GWP), bien qu'imparfaite, pourrait servir à
l'étude comparative. Il demanda au Secrétariat de préparer
une liste des questions qui pourraient être abordées par le
SBSTA dans l'élaboration des règles. La Malaisie mit en
question le fondement scientifique justifiant l'utilisation
des GWP et affirma que ces dernières ne fournissaient pas
d'inventaires de gaz à effet de serre clairs. Le
représentant des Iles Marshall appela à l'inclusion
d'experts issus des pays en développement dans les équipes
d'évaluation. Le Président demanda au Secrétariat
d'élaborer un texte sur cette question et de le soumettre à
la considération du groupe de contact conjoint SBI/SBSTA.
Concernant les communications nationales des Parties non
visées à l'Annexe I, le Président nota qu'une discussion
sur la disposition ayant trait au soutien des Parties pays
en développement a eu lieu au sein du SBI et que les
conclusions seront présentées au SBSTA.
Concernant les AIJ, le Secrétariat introduisit un rapport
de synthèse sur la phase pilote des AIJ
((FCCC/SBSTA/1997/12, Add.1, Corr.1 et Corr.2). L'orateur
indiqua qu'il y a eu 67 projets AIJ durant la phase pilote
et que des offres pour d'autres projets figuraient dans le
document FCCC/SBSTA/1997/Inf.3.
Les G-77/Chine notèrent l'étendue limitée des projets et
laissèrent entendre que la CdP-3 ne serait pas en mesure de
parvenir à des conclusions sur l'exercice. Le porte-parole
appuya la mise en place d'un groupe de contact conjoint.
L'UE appela à des directives claires concernant la
définition d'un certain nombre d'éléments d'information
requis durant la phase pilote. Parmi ces éléments: la
comparabilité; le soutien au développement économique
national et aux priorités socio-économiques et
environnementales; le calcul de la réduction des émissions;
la durée du projet; les incertitudes dans les estimations
et les mesures; la définition minimum; et l'estimation des
coûts de l'atténuation des émissions. Il appela aussi à de
nouveaux types de projets. Le Zimbabwe appela à une bonne
répartition des projets AIJ, par secteur, par pays et par
région. Il était d'avis que l'information disponible ne
pouvait pas servir de plate-forme à des décisions durant la
CdP-3. L'Inde nota l'absence d'informations précises sur
les réductions de gaz à effet de serre et sur les coûts
impliqués et se déclara d'accord pour dire que les données
actuelles étaient insuffisantes pour permettre de porter un
jugement sur la phase pilote. La Malaisie exprima sa
préoccupation du fait que des problèmes subsistent en
termes d'évaluation de la phase pilote et souligna
l'importance des questions méthodologiques. L'Ouzbékistan
appela à l'inclusion d'un point méthodologique concernant
la détermination des avantages socio-économiques et indiqua
qu'il n'y a eu quasiment aucun projet AIJ dans sa région.
Le délégué du Sri Lanka nota le faible écho qu'ont trouvé
les tentatives menées par son pays visant à trouver, parmi
les pays industrialisés, un partenaire pour des AIJ,
nonobstant l'intérêt manifesté par plusieurs Parties à
l'égard de son pays. Le Venezuela appuya l'idée d'établir
un groupe de contact pour discuter de ce sujet.
Le délégué US déclara que la CdP doit endosser les progrès
réalisés au niveau des AIJ. Il ajouta que les délégués
devraient garder à l'esprit que bon nombre de projets
attendent encore de recevoir l'approbation du pays
d'accueil, dont certains pourtant répondent à tous les
critères et n'ont pas besoin de crédits. Il encouragea le
SBSTA à traiter de la complexité des directives et souhaita
le voir classer les exigences en fonction des priorités, au
lieu d'attendre que toutes ces difficultés soient résolues.
L'Ile Maurice déclara qu'on devrait donner aux AIJ la
chance de s'élargir à davantage de pays et de secteurs.
La Suisse appuya l'idée d'avoir un programme de travail
établi en fonction des priorités pouvant être endossées par
la CdP. L'oratrice nota que l'absence de capacités dans le
pays hôte potentiel, dresse une barrière devant la
progression des AIJ. La République Centrafricaine se
déclara favorable à un report des décisions sur les AIJ à
des réunions ultérieures en attendant une répartition plus
équitable des projets. Le porte-parole du PNUE/IEA présenta
un rapport sur le récent atelier consacré aux AIJ, tenu à
Paris, et dans lequel les participants ont noté, entre
autres, que les AIJ ne doivent pas être perçues uniquement
dans le contexte de l'abattement des gaz � effet de serre
mais comme faisant partie int�grante du d�veloppement.
Le Bhutan d�clara qu'en d�pit de ses tr�s faibles
capacit�s, il esp�rait voir les d�l�gu�s maintenir une
ouverture d'esprit concernant les questions
m�thodologiques. Le Burkina Faso d�clara que la CdP-3
devrait �tendre le processus. Le N�pal d�clara que les AIJ
pouvaient �tre restreintes et constituer tout de m�me un
outil indispensable pour les programmes nationaux et la
formation technique qui s'y rapporte. La F�d�ration Russe
d�clara que la CdP-3 pourrait prendre des d�cisions sur des
questions telles que les nouvelles formes des AIJ. Le Costa
Rica d�clara que la possibilit� des cr�dits engendrera le
nombre et le type de nouveaux projets souhait�s.
Le Secr�tariat introduisit le document FCCC/SBSTA/1997/11
qui porte sur l'exp�rience avec le fichier d'experts. Les
d�l�gu�s discuteront de ce sujet lors de la prochaine
r�union du SBSTA.
CONFERENCE DE PRESSE
Dans une conf�rence de presse tenue l'apr�s-midi, le
Secr�taire Ex�cutif Michael Zammit-Cutajar mit en exergue
le r�le crucial de l'AGBM-8 dans le succ�s de la r�union de
Kyoto. Il s'attend � ce que le "texte du Pr�sident" produit
par le Pr�sident de l'AGBM, Ra�l Estrada-Oyuela serve de
plate-forme � la n�gociation d'un instrument comprenant des
objectifs et des calendriers juridiquement contraignants en
mati�re de r�duction d'�mission. Il fit remarquer que le
texte tentait de couvrir toutes les propositions
actuellement sur la table, y compris la r�cente proposition
du Japon.
Le Secr�taire Ex�cutif nota que la proposition Nippone
�tait fond�e sur une approche diff�renci�e et tentait
d'engager autant de Parties que possible. Il exprima son
espoir de voir les USA avancer une proposition durant la
pr�sente session. R�pondant � une question sur les
implications d'un �chec � Tokyo, le Secr�taire Ex�cutif
d�clara que l'absence de progr�s entraverait les tentatives
visant � traiter le probl�me des changements climatiques
dans le futur. Pour lui, l'�chec serait l'incapacit� des
pays industrialis�s � prendre les devants dans la lutte
contre le r�chauffement du globe.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
SBI: Le SBI se r�unira � 10h dans la Grosser Saal.
SBSTA: Le SBSTA se r�unira � 15h dans la Grosser Saal.
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