Bulletin des Négociations de la Terre

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 Un service d'information sur les négociations en matière d'environnement et de développement

 

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Publié par L'Institut International du Développement Durable (IIDD)

 

Vol. 12 No. 274
Samedi 24 septembre 2005

LES FAITS MARQUANTS DU GROUPE DE TRAVAIL III DU GIEC

VENDREDI 23 SEPTEMBRE 2005

Vendredi, les délégués se sont réunis en plénière toute la journée et jusqu'à une heure tardive de la nuit, pour poursuivre les délibérations autour du projet du Résumé à l'intention des Déci­deurs Politiques (RDP). Un format cohérent a été suivi tout le long des délibérations, les Coprésidents introduisant d'abord le libellé du paragraphe et donnant les raisons pour lesquelles certaines observations émises par les pays et les organisations, y sont ou n'y sont pas intégrées, et les délégués procédant ensuite à une lecture du paragraphe, ligne par ligne.

Au cours des séances du matin et de l'après-midi, les délégués ont examiné le chapitre du RDP, consacré à l'état actuel des tech­nologies de piégeage et de stockage du dioxyde de carbone (PSC). Dans l'après-midi et dans la soirée, les délégués ont également examiné le chapitre consacré au lien géographique entre les sources et les opportunités de stockage offertes pour le dioxyde de carbone. La couverture des débats par le Bulletin des Négociations de la Terre s'est arrêtée à 20 h.

Le groupe de contact établi jeudi pour la révision des deux premiers paragraphes du RDP, s'est réuni une seconde fois. D'autres groupes de contact ont été établis pour l'examen du modèle représentant des liens géographiques entre les sources d'émissions du dioxyde de carbone et le potentiel de stockage, et des questions concernant les coûts du PSC et de son potentiel économique.

EXAMEN DU PROJET DE RESUME A L'INTENTION DES DECIDEURS POLITIQUES

Rappelant que le RDP a déjà été soumis à un examen étendu, le Coprésident Metz a encouragé les délégués à faire avancer le processus d'approbation du projet de texte. Les délégués sont ensuite passés à une lecture, ligne par ligne, du texte.

Quel est l'état actuel des technologies de PSC? La BELGIQUE a déclaré que le modèle représentant les systèmes est peu clair et a proposé d'utiliser plutôt le modèle retenu dans le Rapport Spécial. Le Coprésident Metz a invité la Belgique à travailler avec l'Auteur Principal sur cette question. Au sujet de la corrosivité des pipelines utilisés pour le transport, les délégués se sont accordés sur une proposition avancée par le CANADA de supprimer la référence à l'acide sulfhydrique, compte tenu de sa connotation négative, et de faire référence plutôt aux contami­nants.

Au sujet du stockage souterrain, la BELGIQUE, avec le ROYAUME-UNI, a appelé à l'insertion d'une référence particu­lière à la sûreté des réservoirs. Le DANEMARK, appuyé par le ROYAUME-UNI et les PAYS-BAS, a suggéré de mettre en exergue le "caprock" comme mécanisme de piégeage indispens­able. Après que le Principal Auteur, Peter Cook, ait souligné que le "caprock" est essentiel à moins que l'injection n'ait lieu à une certaine profondeur, un libellé rendant compte de ce point a été inséré.

Au sujet de la question du charbon inexploitable, le ROYAUME-UNI a proposé, et les délégués ont accepté, d'insérer une note en bas de page expliquant que si le charbon devait être un jour extrait, le dioxyde de carbone s'en libérerait. Les délégués ont également convenu d'ajouter une note de bas de page renfermant une référence à la phase dense du dioxyde de carbone dans les profondeurs au-dessous de 800 mètres, comme proposé par le Royaume-Uni, avec l'appui de l'AUTRICHE et des ETATS-UNIS, et que la note de bas de page devrait faire référence à l'extraction du méthane, comme suggéré par la FRANCE. Les délégués ont égale­ment convenu d'insérer un modèle qui fournirait un récapitulatif des options offertes pour les stockages souterrains à la fois offshore et onshore.

Au sujet de la technologie de stockage sous-marin, la discus­sion s'est focalisée sur la question de savoir si les risques environ­nementaux du stockage sous-marin devaient être mentionnés dans ce chapitre et si le stade limité de la mise au point de la technologie du stockage sous-marin était adéquatement reflété dans le projet de texte. Un certain nombre de pays, dont la BELGIQUE, le DANE­MARK, la FRANCE et l'ALLEMAGNE, ont plaidé pour l'inser­tion d'une référence aux risques. Le Coprésident Metz a souligné que le RDP est organisé de manière à ce que tous les risques asso­ciés au PSC s'y trouvent traités dans un chapitre séparé. D'autres pays, dont le JAPON, le KENYA et l'ARABIE SAOUDITE, ont déclaré qu'une référence aux risques dans ce chapitre n'est pas nécessaire. Dans le chapitre stipulant que le stockage sous-marin peut être effectué de deux manières, soit par injection dans une colonne d'eau soit par dépôt sur le fond marin, l'AUSTRALIE, appuyée par la BELGIQUE et le CANADA, a suggéré de souligner que le stockage sous-marin peut “potentiellement” être effectué de deux manière. En dépit des réserves exprimées sur ce point par le JAPON et les PAYS-BAS, la suggestion de l'AUSTRALIE a été acceptée.

Au sujet du lien entre le dioxyde de carbone stocké en mer et le cycle carbonique de la planète, l'Auteur Principal Ken Caldeira a souligné que les conséquences du point d'équilibre entre le dioxyde de carbone en mer et dans l'atmosphère sont nuancées et difficiles à formuler dans le RDP. Après de nouvelles observations présentées par le CHILI, la NOUVELLE ZELANDE et l'ALLEMAGNE, concernant le besoin d'éclaircir le processus et la durée du point d'équilibre, les délégués se sont accordés sur la version d'origine du projet de texte, qui stipule que le dioxyde de carbone parviendrait “éventuellement à un point d'équilibre avec le dioxyde de carbone atmosphérique.” La BELGIQUE a proposé, et les délégués ont accepté, de faire référence au chapitre du Rapport Spécial sur les effets, les risques, et la gestion des risques environnementaux. Le Coprésident Metz a indiqué que le travail sera poursuivi avec le Japon sur l'éclaircissement de l'échelle de mesure utilisée dans le modèle fournissant un récapitulatif des options offertes en matière de stockage sous-marin.

Après le déjeuner, le Coprésident Davidson a introduit le texte concernant la réaction du dioxyde de carbone aux oxydes métal­liques, et a précisé que la technologie est encore au stade de la recherche, certaines applications utilisant les flux de déchets, sont au stade de la démonstration. Les délégués ont approuvé le texte, moyennant quelques amendements mineurs.

Au sujet des utilisations industrielles du dioxyde de carbone, le Coprésident Davidson a souligné que le projet de texte englobait la proposition avancée par le Canada qui a été appuyée par les ETATS-UNIS, de souligner que l'Extraction améliorée du Pétrole (EAP) est exclue de la déclaration stipulant que le potentiel pour les utilisation industrielles du dioxyde de carbone est faible. L'ALLE­MAGNE a souligné que l'insertion d'un tel libellé risque de suggérer de manière contrefaite que l'EAP est une grande opportu­nité. Les délégués ont accepté de supprimer la référence à l'EAP du texte et qu'en place et lieu, les Coprésidents élaborent une note de bas de page pour l'expliquer.

Le Coprésident Davidson a introduit un libellé qui: souligne que les composantes du PSC se trouvent à divers stades de dével­oppement; note qu'en dépit du fait que des systèmes de PSC peuvent être établis ensemble à partir des technologies disponibles qui sont matures ou économiquement faisables sous des conditions spécifiques, la maturité du système global peut être moindre que celle de ses composantes; et fait référence au tableau résumant la maturité actuelle des composantes du système. Les délégués ont approuvé une observation soumise précédemment par l'ALLE­MAGNE pour noter qu'il existe relativement peu d'expériences dans le domaine de l'articulation du piégeage, du transport et du stockage du dioxyde de carbone en un système de PSC pleinement intégré, et que l'utilisation du PSC pour les centrales électriques de grande échelle, reste à être appliquée.

Les délégués ont examiné les révisions proposées dans le tableau illustrant la maturité actuelle des composantes du système de PSC. Plusieurs délégués, dont ceux de l'ALLEMAGNE, de l'AUTRICHE, de l'EGYPTE, du ROYAUME-UNI et des PAYS-BAS, ont proposé l'introduction dans le texte de la légende accompagnant le tableau, un amendement indiquant que davantage de travaux de recherche et développement pourraient réduire les coûts et améliorer la crédibilité et la sécurité. Le délégué des ETATS-UNIS a fait part de ses réserves concernant le risque que ce texte soit normatif. Les délégués ont convenu de supprimer, dans la légende, toute formulation qui va au-delà de l'explication que le tableau illustre la maturit� actuelle des composantes du syst�me de PSC et le niveau de maturit� le plus �lev� relatif � chaque composante d�termin�e dans le tableau. Au sujet du tableau lui-m�me, les d�l�gu�s ont �galement accept� les modifications propos�es par l'ALLEMAGNE et d'autres au sujet de ce que signifie �maturit� du march�,� et le JAPON et la COREE au sujet de l'insertion d'une r�f�rence aux deux types du stockage sous-marin: l'injection directe de �type dissolution� et l'injection directe de �type lacustre.�

Quel est le lien g�ographique entre les sources et les oppor�tunit�s de stockage du dioxyde de carbone? Les d�l�gu�s sont ensuite pass�s � l'examen du chapitre du RDP consacr� aux grandes sources et leur lien g�ographique avec le stockage souterrain et sous-marin. Les discussions autour du stockage souterrain se sont focalis�es sur les types des sources, la distance des sources aux lieux de stockage, et le lieu des sources. Les d�l�gu�s ont accept� les modifications propos�es par l'EGYPTE et d'autres, pr�cisant que le texte se r�f�re aux sources principales. Le KENYA a souhait� avoir un �claircissement de la mani�re dont un mod�le particulier (300km) est utilis�. L'Auteur Principal, John Gale, a expliqu� que le mod�le 300km devrait �tre utilis� comme guide. Les d�l�gu�s ont ensuite approuv� le texte, moyennant quelques amendements mineurs. Apr�s que le d�l�gu� des ETATS-UNIS ait pos� la question de savoir si les sources �taient concentr�es dans les zones urbaines, les d�l�gu�s ont convenu que le texte devrait faire r�f�rence aux �zones industrielles et urbaines.�

Les discussions autour du stockage sous-marin se sont focal�is�es sur sa r�partition r�gionale, sa maturit� et son emplacement, et sur la litt�rature disponible. Le JAPON a soulign� que le stockage sous-marin potentiel varie en fonction des r�gions, et que le Japon dispose d'un potentiel plus important de stockage marin que de stockage souterrain. L'AUTRICHE, l'AUSTRALIE et d'autres ont fait part de leurs r�serves concernant que le libell� impliquant une maturit� technique et analyse scientifique plus importantes du stockage sous-marin, que celles disponibles actu�ellement. Les ETATS-UNIS ont mis en garde que le soutien de la litt�rature scientifique consiste en un seul rapport qui ne devrait pas �tre g�n�ralis�. L'Auteur Principal Ken Caldeira a d�clar� qu'il y a manque de litt�rature sur le processus de d�termination des endroits convenant au stockage sous-marin profond. L'AUSTRALIE, appuy�e par le ROYAUME-UNI, a d�clar� que la satisfaction des crit�res de profondeur uniquement ne devrait pas �tre suffisante pour l'�tablissement des lieux du stockage sous-marin. Le JAPON a r�pondu que les consid�rations environnemen�tales et autres sont trait�es dans divers chapitres du RDP. Le texte convenu englobe une d�claration stipulant que �globalement, une petite partie des grandes sources est pr�s des lieux de stockage sous-marin potentiels.�

La CHINE, appuy�e par le BANGLADESH, l'EGYPTE et l'ARABIE SAOUDITE, et contr�e par l'AUTRICHE, a appel� � la suppression de la r�f�rence aux pays en d�veloppement, comme poss�dant les sites o� la majeure partie de l'accroissement du nombre de sources est susceptible de produire. L'Auteur Principal, John Gale, a expliqu� que la r�f�rence aux pays en d�veloppement est fond�e sur les sc�narios pr�visionnels des �missions futures, figurant dans le Rapport Sp�cial. L'AUTRICHE a appel� � la distinction entre grandes et petites sources, et a sugg�r� de faire r�f�rence aux pr�visions, dans la phrase portant sur les �missions futures des pays en d�veloppement.

Le CANADA, avec les ETATS-UNIS et la NORVEGE, a propos� d'int�grer les donn�es concernant tant le stockage que le pi�geage, lors de l'�nonciation des pourcentages des �missions de dioxyde de carbone �manant des combustibles fossiles utilis�s dans le monde, qui pourraient �tre appropri�e pour le pi�geage. L'Auteur Principal Keywan Riahi a pr�cis�, que dans le RDP, des r�f�rences sont faites au pi�geage uniquement et pas au stockage parce qu'il y a manque de litt�rature concernant le stockage. Le CANADA a propos� d'utiliser les donn�es fournies par les �missions de la production de l'�nergie �lectrique et les ETATS-UNIS ont propos� d'inclure les �missions �manant � la fois de l'industrie et de la production de l'�nergie �lectrique. La MALAISIE et la BELGIQUE ont soulign� que le Rapport Sp�cial fait r�f�rence � 20 - 40% des �missions mondiales du dioxyde de carbone �manant des combustibles fossiles, comme �tant techniquement appropri�es pour le pi�geage, et a propos� de supprimer la r�f�rence � l'appro�priation �conomique. L'AUTRICHE a sugg�r� de s�parer la partie du paragraphe consacr�e aux �missions sc�nario de la partie consacr�e aux �missions susceptibles d'�tre capt�es. Apr�s un certain d�bat et de nouvelles concertations, les d�l�gu�s ont d�cid� de supprimer les r�f�rences aux pays en d�veloppement et � l'appropriation �conomique, et de stipuler que la proximit� des grandes sources futures aux sites de stockage potentiels, "n'a pas �t� �tudi�e", au lieu de "est incertaine".

Au sujet du mod�le indiquant le lien g�ographique entre les sources d'�mission de dioxyde de carbone et les bassins s�dimen�taires avec le stockage souterrain potentiel, la CHINE a propos� de supprimer le mod�le, pr�cisant que beaucoup de donn�es ne sont pas soutenues par des faits scientifiques valides, et qu'elles n'englobent pas les sources d'�mission futures. L'AUTRICHE, la NOUVELLE ZELANDE, les ETATS-UNIS et le CANADA ont plaid� pour le maintien du mod�le parce qu'il contient des donn�es pertinentes. L'Auteur Principal, John Gale, a donn� des �claircisse�ments sur les sources des donn�es utilis�es pour le mod�le. Un groupe de contact, convoqu� pour la r�solution de cette question, s'est r�uni dans la soir�e.

DANS LES COULOIRS

La journ�e de travail s'est �tal�e jusqu'� une heure tardive de la nuit. En d�pit de la quantit� de libell�s qui restaient � examiner et du temps limit� disponible pour ce faire, l'atmosph�re est rest�e optimiste tout le long de la journ�e. Plusieurs v�t�rans du GIEC ont sembl� peu surpris de la longueur de la journ�e et du rythme de la progression des travaux. Quelques d�l�gu�s ont soulign� que la dynamique et la bonne volont� d�gag�e de la s�ance du matin ont commenc� � laisser la place � des divergences de plus en plus s�rieuses au fil de la journ�e, exprimant toutefois l'espoir de voir cette �volution invers�e, samedi.
 

Ce num�ro du Bulletin des N�gociations de la Terre � <enb@iisd.org>, a �t� r�dig� Ingrid Barnsley, Alexis Conrad, Mar�a Guti�rrez et Miquel Mu�oz. Edition num�rique: Francis Dejon. Version fran�aise: Mongi Gadhoum. Editrice en chef: Pamela S. Chasek, Ph.D. <pam@iisd.org>. Directeur du Service Information de l'IIDD: Langston James "Kimo" Goree VI <kimo@iisd.org>. Les principaux bailleurs de fonds du Bulletin sont: Le gouvernement des Etats-Unis (� travers le Bureau des oc�ans et des affaires environnementales et scientifiques internationales, du d�partement d'Etat am�ricain); le gouvernement du Canada (� travers l'ACDI); l�Office F�d�ral de l�Environnement, des For�ts et du Paysage (OFEFP); le Royaume-Uni (� travers le DFID); le minist�re danois des affaires �trang�res; le gouvernement allemand (� travers les minist�res de l'environnement (BMU) et de la coop�ration pour le d�veloppement (BMZ)); le minist�re n�erlandais des affaires �trang�res, la Commission Europ�enne (DG-ENV), et le minist�re italien de l'environnement. Un soutien g�n�ral a �t� accord� au Bulletin, au titre de l'exercice 2005, par: le PNUE; le gouvernement australien; le minist�re f�d�ral autrichien de l'agriculture, des for�ts, de l'environnement et de la gestion des eaux; les minist�res su�dois du d�veloppement durable et des affaires �trang�res; les minist�res norv�giens de l�environnement et des affaires �trang�res; les minist�res finlandais de l�environnement et des affaires �trang�res; SWAN International; le minist�re nippon de l'environnement (� travers l'IGES), et le minist�re nippon de l'�conomie, du commerce et de l'industrie (� travers GISPRI). La version fran�aise est financ�e par le minist�re fran�ais des affaires �trang�res et l'IEPF/OIF. Le Financement de la version espagnole est fourni par le minist�re espagnol de l�environnement. Les opinions exprim�es dans le Bulletin appartiennent � leurs auteurs et ne refl�tent pas n�cessairement les vues de l'IIDD et des bailleurs de fonds. Des extraits du Bulletin peuvent �tre utilis�s uniquement dans des publications non commerciales moyennant une citation appropri�e. Pour tout renseignement, y compris les demandes de couverture d'�v�nements par nos services, contacter le Directeur du Service d'Information de l'IIDD <kimo@iisd.org>, au +1-646-536-7556 ou 212 East 47th St. #21F, New York, NY 10017, USA. L'�quipe du BNT couvrant GIEC-24 est joignable � la Salle 4A, 4e �tage de l'immeuble de l'ICAO ou par courriel � <Ingrid@iisd.org>.