Bulletin des Négociations de la Terre

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 Un service d'information sur les négociations en matière d'environnement et de développement

 

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Publié par L'Institut International du Développement Durable (iidd)

 

Vol. 12 No. 247
Jeudi 11 novembre 2004
 

LES FAITS MARQUANTS DE LA GIEC-22:

MERCREDI 10 NOVEMBRE 2004

La 22e session du Groupe Intergouvernemental sur l'Evolution Climatique (GIEC) s'est réunie pour sa deuxième journée, mercredi. Le matin, les délégués ont poursuivi leurs discussions sur la portée, le contenu et le processus du Rapport de Synthèse du RE4. L'après-midi, les délégués se sont penchés sur les produits du RE4 et sur le travail de communication du GIEC. Des groupes de contact sur la portée, le contenu et le processus du Rapport de Synthèse et sur les programme et budget du GIEC, se sont également réunis.

PORTEE, CONTENU ET PROCESSUS DU RAPPORT DE SYNTHESE DU RE4

Dahe Qin, Coprésident du Group de Travail I, a mis en exergue le lien étroit entre timing et qualité. Martin Manning, de l'Unité d'Appui Technique du Groupe I, a décrit les ingrédients nécessaires à la réalisation de qualité, notamment: une souplesse dans la sélection des auteurs, assortie d'une prise en considération attentive de l'expertise et de la disponibilité, et un processus d'évaluation juste et transparent. Il a recommandé d'emprunter la voie d'un processus rédactionnel séquentiel, soulignant que le programme du Groupe de Travail I pourrait être révisé pour prévenir les chevauchements avec l'élaboration du Rapport de Synthèse. Martin Parry, Coprésident du Groupe de Travail II, s'est déclaré en faveur d'un Rapport de Synthèse concis, ne dépassant pas 30 pages, tirant ses éléments en particulier des Résumés à l'intention des décideurs politiques, élaborés par les Groupes de Travail, et établissant des liens sur lesquels l'attention des lecteurs n'a pas été attirée. Il a suggéré que le travail sur le Rapport de Synthèse commence plus tôt que prévu, pour donner aux rédacteurs l'occasion d'avoir un brainstorming sur les questions clés et de suivre leur élaboration dans les résumés à l'intention des décideurs politiques.

Faisant état de problèmes posés par les décalages dans l'interprétation, la MOLDAVIE, appuyée par la FINLANDE, CUBA, les PAYS-BAS, la REPUBLIQUE TCHEQUE et d'autres, a déclaré que le Rapport de Synthèse doit être court et concis. Le CANADA a déclaré qu'il doit indiquer les domaines où des progrès son enregistrés et où les incertitudes ont été réduites depuis le TRE. CUBA, le COSTA RICA, le PEROU et d'autres ont souligné que le Rapport de Synthèse doit utiliser les contributions des meilleurs experts, avec une représentation géographique équilibrée et, avec le SRI LANKA, Le SALVADOR et d'autres, a déclaré que les thèmes transversaux devraient être intégrés dans les éléments de fond du rapport.

La MALAISIE et la ROUMANIE ont apporté leur appui au sujet, plutôt que de mettre en question la forme du Rapport de Synthèse. La MALAISIE et d'autres ont souligné que le Rapport de Synthèse ne devrait pas contenir de nouvelles données, et doit refléter une vraie synthèse des rapports des Groupes de Travail, ainsi que des rapports spéciaux. L'INDE a déclaré que l'adaptation et l'atténuation devraient être traités séparément, et, avec le NIGERIA, a souligné l'importance du Rapport de Synthèse, en particulier, pour les pays en développement. MAURICE et d'autres ont souligné la valeur du Rapport de Synthèse dans l'amélioration de la prise de conscience du public.

Le délégué des PAYS-BAS, avec le MEXIQUE, a noté la nécessité d'un chevauchement entre les processus de rédaction du Rapport de Synthèse du Groupe de Travail, pour permettre le réexamen, par les Groupes de Travail, des incohérences éventuelles identifiées par le processus du Rapport de Synthèse. Le délégué des ETATS-UNIS a déclaré que les travaux sur le Rapport de Synthèse ne devraient commencer qu'après l'achèvement de l'évaluation des rapports des Groupes de Travail par les experts, y compris l'intégration de leurs commentaires dans les rapports. La CHINE a remis en question la valeur ajoutée pouvant être apportée par le Rapport de Synthèse et a précisé que si ce dernier venait à être élaboré, il devrait donner une explication complète des incertitudes, pour éviter de tromper les décideurs politiques. Il a proposé l'établissement d'un groupe de contact pour la poursuite des consultations.

Le MALAWI, l'OUGANDA, les PAYS-BAS, l'ESPAGNE, le PEROU et d'autres ont souligné la nécessité de produire le Rapport de Synthèse d'ici la CdP-13 de l'UNFCCC, prévue en 2007. Le délégué des ETATS-UNIS a fait part de ses réserves quant au risque de voir les contraintes de temps compromettre l'élaboration d'un rapport de grande qualité. La BELGIQUE a déclaré que la production du Rapport de Synthèse d'ici la CdP-13 ne devrait pas compromettre la qualité, et a fait objection à l'idée d'en reporter la livraison.

L'ESPAGNE, la SUEDE, l'ARGENTINE, le KENYA, le JAPON et d'autres ont plaidé pour la prise d'une décision sur le Rapport de Synthèse, à cette session. Le délégué des ETATS-UNIS a suggéré de reporter la décision, en attendant de voir le calendrier de la production, et la portée et le contenu de ce Rapport de Synthèse, adéquatement traités. L'ARABIE SAOUDITE a souligné l'importance d'un accord sur le contenu et sur le fond du rapport et du traitement des effets régionaux des mesures d'atténuation.

Le président Pachauri a établi un groupe de contact pour l'examen du contenu et de la longueur du Rapport de Synthèse. Les ETATS-UNIS, le ROYAUME-UNIS et la CHINE ont suggéré que le groupe doit examiner également, les questions de timing. La FEDERATION DE RUSSIE a recommandé que le groupe considère la possibilité d'insérer des données quantitatives dans le Rapport de Synthèse.

PRODUITS DU RE4

Le Secrétaire du GIEC, Christ, a introduit le document consacré aux Produits du RE4 (IPCC.XXII/Doc.6), indiquant qu'il rend compte des points soulevés par le groupe de contact convoqué à la 31e Session du Bureau du GIEC, en avril 2004.

De nombreux délégués ont apporté leur appui à l'élaboration de graphiques pour le Rapport de Synthèse et pour les rapports des Groupes de Travail, mais la SUISSE et la BELGIQUE ont remis en question l'estimation des coûts.

La NOUVELLE ZELANDE a souligné l'importance de la fourniture des renseignements et des ensembles de données, régionalement pertinents. L'ARABIE SAOUDITE a appelé au traitement des questions régionales dans les rapports de Groupe de Travail. Le Coprésident du Groupe de Travail II, Parry, a décrit des approches possibles pour l'indexation des données régionales. Il a expliqué que le premier est basé sur l'analyse du contenu du libellé final, et que le second, implique des auteurs faisant état du sujet et de la région concernés par chaque référence figurant dans le rapport. Au sujet de cette dernière option, il a souligné le besoin de débattre d'abord de cette approche, avec les auteurs. Ne s'opposant pas à l'idée d'utiliser les centres régionaux pour la divulgation des données, la SUISSE a souligné la nécessité d'une intégrité dans le processus de sélection des données devant être divulguées. L'AUSTRALIE ont déclaré que l'indexation exhaustive et la référence croisée des produits, améliorent l'utilité des rapports du Groupe de Travail et a souligné la valeur de la mise en place d'un dispositif de recherche électronique. Le CANADA a souligné le besoin d'explorer la faisabilité de l'introduction d'un indexe, indiquant que le GIEC n'est pas l'organe au sein duquel la manière dont il est effectué, pourrait être examinée. Jean Palutikof, de l'Unité d'Appui Technique du Groupe de Travail II, a déclaré que le processus du RE4 est trop avancé pour demander aux Auteurs d'indexer leurs travaux, étant donné que leurs mandats ont déjà été convenus. L'ALLEMAGNE a souligné l'urgence qu'il y a à indexer les données régionales et le besoin d'une prise d'une décision sur le travail de communication, à cette session.

Au sujet de l'idée de faire des modèles, des ensembles de données, des scénarios et d'étiquetage de la visualisation, des outils disponibles, le délégué des PAYS-BAS a remis en question les ensembles de données ou les modèles tels “qu'approuvés par le GIEC” mais a reconnu l'utilité de la mise à disposition des matériels de soutien des graphiques, faisant référence aux pratiques similaires dans les journaux scientifiques. Le DANEMARK, avec la BELGIQUE, ont appelé à un accès aux graphiques et aux tableaux figurant dans le rapport final, et a demandé de faciliter la traduction des libellés figurés. Evoquant le besoin d'une transparence et d'une imputabilité, la BELGIQUE et le DANEMARK ont appelé à une simplification du modèle utilisé dans la production des graphiques disponibles avec son code sources et ses paramètres. La BELGIQUE a déclaré que les conditions d'emploi des papiers techniques doivent être déterminées.

TRAVAIL DE COMMUNICATION

John Stone, Coprésident du Groupe de Travail sur la Communication, a présenté un rapport sur les progrès accomplis dans le Groupe de Travail, expliquant que les discussions s'y sont focalisées sur les papiers d'information, avec un large accord qu'elles doivent être traduites dans les six langues des Nations Unies et transmises formellement aux gouvernements. Il a indiqué que certains participants ont suggéré que des papiers d'information devraient être produits en guise de guides ou feuille de route pour les nouveaux rapports. D'autres participants ont proposé que les papiers d'information englobent une déclaration clarifiant que les matériels qu'ils comprennent, sont d�riv�s des documents du GIEC approuv�s pr�c�demment. Il a indiqu� que le groupe se r�unira de nouveau, jeudi.

Le Secr�taire du GIEC, Christ, a introduit le document concernant le travail de communication (IPCC-XXII/Doc.7), mettant en relief les sections consacr�es � l'interaction avec les media et � la distribution des publications du GIEC.

Plusieurs pays ont mis l'accent sur le besoin urgent d'�laborer une strat�gie de communication. Le CANADA a attir� l'attention sur la n�cessit� de r�pondre aux besoins des parties prenantes. La CHINE a sugg�r� que les gouvernements et les institutions de recherche y jouent un r�le actif. L'AUSTRALIE, appuy�e par l'ALLEMAGNE, a appel� � l'examen des besoins en mati�re de proc�dures formelles. La FEDERATION DE RUSSIE a soulign� l'importance du travail d'une am�lioration de la prise de conscience sur les activit�s du GIEC, par le biais des mass media. La BELGIQUE a not� le besoin d'un sp�cialiste en communication au sein du Secr�tariat.

Les PAYS-BAS, avec les ETATS-UNIS, ont soulign� l'importance de l'examen des papiers d'information. Au sujet de la production de la liste des orateurs, l'AUTRICHE et la BELGIQUE ont d�clar� que les experts doivent �tre clairs sur la question de savoir � quel titre ils interviennent. Soulignant le besoin d'am�liorer la communication dans sa r�gion, l'IRAN, appuy� par l'AFGHANISTAN, a propos� que le GIEC organise des ateliers ax�s sur l'Asie et le Moyen-Orient.

La SUISSE et la BELGIQUE ont recommand� d'explorer les synergies avec les activit�s men�es dans le cadre de l'Article 6 de l'UNFCCC (�ducation, formation et conscientisation du public).

Le Copr�sident du Groupe de Travail III, Bert Metz, a mis en garde contre la prise d'une d�cision sur le travail de communication, signalant que les deux Rapports Sp�ciaux attendus seront finalis�s avant la GIEC-24.

GROUPES DE CONTACT

COMITE SUR LES FINANCES: Copr�sid� par Marc Gillet, ce comit� s'est r�uni d'abord le matin puis de nouveau dans l'apr�s-midi. Le matin, les participants ont examin� les options offertes pour l'am�lioration de la souplesse du budget, de mani�re � ce que les frais de voyage non utilis�s d'une r�union puissent servir � la couverture des frais de voyage de participants suppl�mentaires � d'autres r�unions. Les participants ont �galement d�battu de la n�cessit� d'une augmentation budg�taire pour la couverture du travail de communication.

Le soir, le comit� a poursuivi l'examen de la proposition de budget pour la p�riode 2005-8. Les participants ont d�battu longuement, en particulier, de la faisabilit� d'un parrainage de la participation des Auteurs chefs de file, aux r�unions autres que celles du GIEC, et ont d�battu du co-parrainage des ateliers et des dispositions disponibles du GIEC et de ses exp�riences pass�es, avec ces questions. Les participants sont ensuite pass�s au projet de d�cision sur le programme et budget du Secr�tariat pour la p�riode 2005-8, examinant la mani�re et la question de savoir si oui ou non il fallait y mentionner refl�ter le montant annuel report� de 4 millions de francs suisses, et les implications que cette r�f�rence pourrait avoir sur les contributions apport�es par les gouvernements. Certains ont plaid� pour une claire d�finition de la logique du report.

PORTEE, CONTENU ET PROCESSUS DU RAPPORT DE SYNTHESE DU RE4: Ce groupe de contact, copr�sid� par Geoff Love (Australie) et Ismail Elgizouli (Soudan), s'est r�uni en session de l'apr�s-midi et du soir. Le groupe a planch� sur la proc�dure, le contenu, la longueur et le timing du Rapport de Synth�se. S'agissant du contenu, les d�l�gu�s ont soulign� que les sujets ne devraient pas contraindre les auteurs mais fournir des lignes directrices, certains pr�cisant que le d�bat �tait pr�liminaire et que le contenu ne devrait pas �tre finalis� � ce stade. Parmi d'autres sujets �voqu�s: l'int�gration du concept de d�veloppement durable et de principes cadres; l'insertion d'une r�f�rence aux co�ts et aux avantages; l'int�gration de th�mes transversaux dans le rapport; et l'insertion d'un chapitre consacr� aux conclusions solides et aux principales incertitudes. Aucun consensus n'a pu �tre atteint sur les d�tails des th�mes devant �tre abord�s. Au sujet de la longueur, plusieurs pays �taient d'accord pour dire qu'un rapport de pr�s de 30 pages, serait peu appropri�, mais ont exprim� des vues divergente sur le point de savoir s'il devait englober aussi un R�sum�, plus court, � l'intention des d�cideurs politiques. Au sujet du programme d'�laboration du Rapport de Synth�se, plusieurs participants ont fait part de leurs r�serves quant � l'�troitesse de ce programme, soulignant en particulier qu'il appelle � son approbation par le GIEC, une semaine avant la CdP-13.

DANS LES COULOIRS

Alors que les discussions sur la port�e, le timing, la longueur et le contenu du Rapport de Synth�se continuaient � dominer la session, mercredi, des marmonnements ont �t� entendus dans les couloirs, sur la logique qui sous-tend les propositions de reporter la publication du Rapport de Synth�se au-del� de la CdP-13 de l'UNFCCC pr�vue en novembre 2007. Selon certains, le souhait d'accommoder le processus de l'UNFCCC est en train de causer un malaise, avec les craintes de voir la qualit� du rapport, risquer d'�tre affaiblie par le timing. D'autres se sont d�clar�s plus optimistes quant � la r�alisation d'un consensus � New Delhi, notant que les r�serves exprim�es au sujet de la qualit� pourraient �tre trait�es � travers une gestion attentive du calendrier.

Le compte-rendu final du ENB sur la GIEC-22 sera disponible � partir du Samedi 13 novembre � http://www.iisd.ca/climate/ipcc22/

Ce num�ro du Bulletin des N�gociations de la Terre � <enb@iisd.org> a �t� r�dig� par Pia Kohler; Leila Mead; Lisa Schipper, Ph.D.; and Hugh Wilkins. Edition num�rique: Dan Birchall. Version fran�aise: Mongi Gadhoum. Editrice en chef: Pamela S. Chasek, Ph.D. <pam@iisd.org>. Directeur du Service Information de l'IIDD: Langston James "Kimo" Goree VI <kimo@iisd.org>. Les principaux bailleurs de fonds du Bulletin sont: Le gouvernement des Etats-Unis (� travers le Bureau des oc�ans et des affaires environnementales et scientifiques internationales, du d�partement d'Etat am�ricain); le gouvernement du Canada (� travers l'ACDI); l�Office F�d�ral de l�Environnement, des For�ts et du Paysage (OFEFP); le Royaume-Uni (� travers le DFID); le minist�re danois des affaires �trang�res; le gouvernement allemand (� travers les minist�res de l'environnement (BMU) et de la coop�ration pour le d�veloppement (BMZ)); et le minist�re n�erlandais des affaires �trang�res. Un soutien g�n�ral a �t� accord� au Bulletin, au titre de l'exercice 2004, par: le PNUE; le gouvernement australien; le minist�re f�d�ral autrichien de l'agriculture, des for�ts, de l'environnement et de la gestion des eaux; les minist�res su�dois de l'environnement et des affaires �trang�res; les minist�res norv�giens de l�environnement et des affaires �trang�res; les minist�res finlandais de l�environnement et des affaires �trang�res; Swan International; le minist�re nippon de l'environnement (� travers l'IGES), le minist�re nippon de l'�conomie, du commerce et de l'industrie (� travers GISPRI). La version fran�aise est financ�e par le minist�re fran�ais des affaires �trang�res et l'IEPF/OIF. Les opinions exprim�es dans le Bulletin appartiennent � leurs auteurs et ne refl�tent pas n�cessairement les vues de l'IIDD et des bailleurs de fonds. Des extraits du Bulletin peuvent �tre utilis�s uniquement dans des publications non commerciales moyennant une citation appropri�e. Pour tout renseignement, y compris les demandes de couverture d'�v�nements par nos services, contacter le Directeur du Service d'Information de l'IIDD, <kimo@iisd.org>, au +1-212-644-0217 ou 212 East 47th St. #21F, New York, NY 10017, USA.