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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 12 No. 221
Lundi 1er Décembre 2003
NEUVIEME CONFERENCE DES PARTIES DE LA
CONVENTION-CADRE SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES:
1-12 DECEMBRE 2003
La neuvième conférence des Parties (CdP-9)
de la Convention-cadre sur les changements climatiques (CCCC)
et les dix-neuvièmes sessions de l'organe subsidiaire de mise
en œuvre (SBI) et de l'organe subsidiaire de conseil
scientifique et technologique (SBSTA), s'ouvrent aujourd'hui,
au Centre des Congrès "Fiera Milano", à Milan, en Italie.
Plus de 4000 participants sont attendus à
cette session, durant laquelle les délégués poursuivront le
traitement d'un certain nombre de sujets. Les participants s'y
pencheront sur les questions financières, notamment celles
concernant le budget programmatique 2004-5 du Secrétariat et
le Fonds spécial changements climatiques, ainsi que sur
d'autres questions ayant trait à l'évaluation de la mise en
œuvre des engagements et des dispositions de la CCCC. Les
questions intéressant les préparatifs de la première session
de la CdP, servant de réunion des Parties du Traité de Kyoto (CdP/
RdP-1) y seront également traitées, y compris celle des
activités en rapport avec l'utilisation des terres, les
modifications survenues dans l'utilisation des terres et la
foresterie (LULUCF), relevant de l'Article 12 du traité (Mécanisme
pour un développement propre). Une réunion de haut-niveau
incluant des discussions de table-ronde, est prévue les 10 et
11 décembre.
BREF HISTORIQUE DE LA CCCC ET DU TRAITE DE
KYOTO
Le changement climatique est considéré
comme l'une des menaces les plus graves posées au
développement durable, avec des effets négatifs attendus sur:
la santé humaine, la sécurité alimentaire, l'activité
économique, les ressources en eau et autres ressources
naturelles, et l'infrastructure physique. Le climat de la
planète a des variations naturelles, mais les scientifiques
s'accordent pour dire que les concentrations accrues de rejets
anthropiques de gaz à effet de serre, dans l'atmosphère, sont
en train de causer des changements dans le climat. Selon le
Groupe Intergouvernemental sur l'Evolution Climatique (GIEC),
les effets de ces changements climatiques ont déjà été
observés. En dépit des incertitudes qui subsistent, la
majorité des scientifiques climatologues estiment que de
promptes mesures de précaution sont indispensables.
La réponse politique internationale aux
changements climatiques a commencé par la mise en place de la
Convention-cadre sur les Changements Climatiques (CCCC) en
1992. La CCCC établit le cadre de l'action visant à stabiliser
les concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre, aux
fins d'éviter "les interférences anthropiques dangereuses"
avec le système climatique. Les gaz à effet de serre devant
être limités englobent: le méthane, l'oxyde nitrique et, de
manière particulière, le dioxyde de carbone. La CCCC est
entrée en vigueur le 21 mars 1994 et compte actuellement 188
Parties.
LE PROTOCOLE DE KYOTO: En 1995 le
Groupe spécial sur le mandat de Berlin est établi par la
CdP-1, pour la réalisation d’un accord sur de mesures de
renforcement des efforts fournis dans le domaine de la lutte
contre les changements climatiques. Au terme d’intenses
négociations, culminant à la CdP-3, à Kyoto, au Japon, en
décembre 1997, les délégués devaient se sont accordés sur un
Protocole, relevant de la CCCC, engageant les pays
industrialisés et les pays en transition économique (PTE), à
réaliser des objectifs quantifiés, dans la réduction de leurs
rejets de gaz à effet de serre. Ces pays, connus comme étant
les Parties visées à l’Annexe I de la CCCC, se sont ainsi
engagées à réduire leurs émissions globales dans six gaz à
effet de serre, de manière à en abaisser les niveaux, d’au
moins 5% par rapport à ceux de 1990 et ce, au cours de la
période entre 2008 et 2012 (première période de l'engagement).
Cet engagement est assorti d’objectifs particuliers variant
d'un pays à l'autre. Le Protocole établit, par ailleurs, trois
mécanismes destinés à aider les Parties visées à l’Annexe I à
réaliser leurs objectifs nationaux de manière efficace du
point de vue coût. Les mécanismes englobent: un système
d’échange des droits d’émission, la mise en œuvre concertée (JI)
des projets de réduction d’émissions, entre Parties visées à
l’Annexe I, et le mécanisme pour un développement propre (MDP)
qui vise à encourager les projets conjoints entre les Parties
visées à l’Annexe I et celles non visées à cette même annexe
(les pays en développement).
Dans les réunions qui ont suivi, les
Parties ont négocié le gros des règles et des détails
opérationnels déterminant la manière dont les pays allaient
réduire leurs émissions, et la manière dont ils allaient s'y
prendre pour mesurer et pour évaluer les coupes. Pour entrer
en vigueur, le Protocole doit être ratifié par 55 Parties
signataires de la CCCC, notamment des Parties visées à
l’Annexe I représentant au moins 55% du total des émissions de
dioxyde de carbone, au titre de l’année 1990. A ce jour, 120
Parties ont ratifié le Traité, parmi lesquelles figurent 32
Parties visées à l'Annexe I, représentant un total de 44,2%
des émissions de dioxyde de carbone.
LE PLAN D’ACTION DE BUENOS AIRES: En
novembre 1998, les Parties se sont réunis, pour la CdP-4, à
Buenos Aires, Argentine. Ils y ont pris un ensemble de
décisions, formant le Plan d’action de Buenos Aires (PABA). Le
PABA fixait la CdP-6 comme date butoir pour la conclusion d'un
accord sur les détails opérationnels et sur le renforcement de
la mise en œuvre de la CCCC. Les sujets qui devaient être
traités, englobaient: les règles devant régir les mécanismes,
le régime de suivi devant être appliqué pour le contrôle de la
mise en conformité aux obligations par les différents pays,
les méthodes à suivre dans la comptabilisation des émissions
et des réductions d’émissions effectuées aux niveaux nationaux,
et les règles devant régir les crédits des suppressions du gaz
carbonique effectuées par le biais des puits de fixation du
carbone. Parmi les questions relevant de la CCCC nécessitant
une résolution, figuraient, entre autres, celles du
renforcement des capacités, de la mise au point et du
transfert des technologies, et de l’aide devant être apportée
aux pays en développement particulièrement sensibles aux
effets adverses des changements climatiques ou aux actions
entreprises par les pays industrialisés dans le cadre de la
lutte contre les changements climatiques.
PREMIERE PARTIE DE LA CdP-6: La CdP-6
et les treizièmes sessions de reprise des organes subsidiaires
de la CdP-6 se sont déroulées à La Haye, aux Pays-Bas, du 13
au 25 novembre 2000. La seconde semaine des négociations, le
Président Jan Pronk (Pays-Bas), a tenté de faciliter les
négociations autour de nombreux points politiques et
techniques controversés, en convoquant des sessions Plénières
informelles de haut niveau. Les deux derniers jours, au terme
de près de 36 heures d'intenses pourparlers, les négociateurs
ne sont parvenus à aucun accord sur un certain nombre de
sujets importants et notamment sur les questions ayant trait:
au financement, au caractère complémentaire que devait revêtir
les mécanismes, au respect des obligations et à LULUCF. Le
samedi 25 novembre, dans l'après-midi, le Président Pronk a
annoncé que les délégués n'ont pas réussi à parvenir à un
accord. Les délégués ont décidé de suspendre la CdP-6 et ont
fait part de leur volonté de reprendre les travaux en 2001.
DEUXIEME PARTIE DE LA CdP-6: En mars
2001, l'administration américaine a répudié le Traité, les
responsables déclarant qu'ils le considéraient comme étant "fatalement
défectueux" en ce sens qu'il risquait de causer préjudice à
leur économie et qu'il exemptait les pays en développement
d'avoir des objectifs à atteindre en matière d'émission. Les
Parties se sont réunis, de nouveau, à la deuxième partie de la
CdP-6 et quatorzièmes sessions des organes subsidiaires, du 16
au 27 juillet 2001, à tenues à Bonn, en Allemagne. Après de
longues consultations, le Président Pronk a présenté sa
proposition de projet de décision politique. En dépit de
l'appui exprimé par plusieurs Parties, des désaccords ont fait
surface autour de la question du caractère que devait revêtir
le régime de mise en conformité aux obligations. Au terme de
plusieurs journées de concertations, les ministres ont décidé,
le 25 juillet 2001, d'adopter la décision politique d'origine,
englobant une version révisée du chapitre consacré au respect
des obligations. La décision politique - ou "Accords de Bonn"-
devait être rendue opérationnelle, à travers les décisions de
la CdP. Ces décisions étaient considérées comme formant un "paquet,"
et comme aucun accord n'a pu être réalisé sur les questions
des mécanismes, du respect des obligations et de LULUCF, tous
les projets de décisions ont été renvoyés à la CdP-7.
La CdP-7: Les délégués ont poursuivi
leurs discussions autour des "accords de Bonn" à la CdP-7 et
quinzièmes sessions des organes subsidiaires, à Marrakech, au
Maroc, du 29 octobre au 10 novembre 2001. Au terme de longues
négociations, un paquet à été proposé sur les questions ayant
trait au LULUCF, aux mécanismes, aux Clauses 5 (questions
méthodologiques), 7 (communication des informations) et 8 (évaluation
des données) du Traité, et à la contribution devant être
apportée au SMDD. Le marché a été accepté par la plupart des
groupes régionaux, mais certaines Parties visées à l'Annexe I,
notamment l'Australie, le Canada, le Japon, la Nouvelle
Zélande et la Fédération de Russie, ne se sont pas joint au
consensus, remettant en question, entre autres: les conditions
d'éligibilité et caractère bancable des réalisations accomplis
dans le cadre des mécanismes. Au terme de longues négociations,
toutefois, les Accords de Marrakech ont �t� approuv�s.
SB-16: Les Parties se sont r�unies aux
seizi�mes sessions des organes subsidiaires, du 5 au 14 juin
2002, � Bonn. Les participants y ont proc�d� � l'examen d'un
ensemble de questions qui avaient �t� laiss�es en marge de
l'ordre du jour, en raison de la n�gociation press�e du PABA.
Les points de vue concernant la direction devant �tre prise
par le processus climatique diff�raient grandement, certaines
Parties portant l'attention sur les d�bats tenus r�cemment et
d'autres, � l'oppos�, mettant l'accent sur la prochaine
p�riode d'engagement. Plusieurs participants ont exprim� leur
souhait de voir le Trait� entrer en vigueur avant le Sommet
Mondial pour le D�veloppement Durable (SMDD), pr�vu en ao�t
2002. L'UE et le Japon ont annonc� que leurs ratifications
seront accomplies juste avant le SMDD.
CdP-8: Les d�l�gu�s prenant pr�s de la
CdP-8 et SB-17 se sont r�unis du 23 octobre au 1er
novembre 2002, � New Delhi, en Inde. Le dernier jour de la
CdP-8, ils ont adopt� la D�claration de Delhi concernant
les changements climatiques et le d�veloppement durable.
La D�claration r�affirme le d�veloppement et l'�radication de
la pauvret� comme �tant les grandes priorit�s des pays en
d�veloppement, et reconna�t, dans la mise en �uvre des
engagements relevant de la CCCC, � la fois, les
responsabilit�s communes mais diff�renci�es des Parties et
l'importance des priorit�s de d�veloppement et des
circonstances nationales. A la CdP-8, les Parties ont
�galement consid�r� les questions institutionnelles et
proc�durales relevant du Trait� et ont adopt� plusieurs
d�cisions, notamment sur le r�glement int�rieur du Comit�
Ex�cutif (CE) du MDP.
SB-18: Les d�l�gu�s pr�s des SB-18 se
sont r�unis � Bonn, du 4 au 13 juin 2003. Ils y ont poursuivi
le traitement des questions en n�gociation depuis la CdP-8 et
s'y sont pr�par�s � l'entr�e en vigueur du Trait� de Kyoto.
Des conclusions ont �t� approuv�es sur nombre de sujets, mais
les questions du budget programmatique 2004-5 du Secr�tariat
et du Fonds sp�cial changements climatiques se sont av�r�es
particuli�rement ardues, et ont �t� renvoy�es � la CdP-9.
LES FAITS MARQUANTS DE LA PERIODE
INTERSESSIONS
ATELIERS SUR LES SYNERGIES ET LA
COOPERATION AVEC D'AUTRES CONVENTIONS: Deux ateliers
mandat�s l'un, par la SBI-15, l'autre, par la SBSTA-17, ont
�t� organis�s l'un � la suite de l'autre, � Espoo, en Finlande,
du 2 au 4 juillet 2003. Les participants y ont d�battus des
diff�rentes approches pouvant �tre adopt�es dans le traitement
des synergies entre les AEM, se focalisant sur un certain
nombre de d�fis � relever, notamment: les principes appel�s �
encadrer les efforts visant � r�aliser les synergies; Les
voies pratiques permettant de r�aliser les synergies �
l'�chelon national; le r�le de la communaut� internationale
dans l'impulsion de la r�alisation des synergies; et
l'am�lioration des synergies et des liaisons au niveau de la
convention, par la communaut� internationale. Les participants
y ont �galement entendu des expos�s sur les exp�riences
nationales dans le domaine de la r�alisation des synergies et
y ont d�battu des domaines transversaux relevant tout � la
fois de la CCCC, de la CCD et de la CDB.
CONFERENCE MONDIALE SUR LES CHANGEMENTS
CLIMATIQUES: La Conf�rence mondiale sur les changements
climatiques s'est d�roul�e du 29 septembre au 3 octobre 2003,
� Moscou, en F�d�ration de Russie. Elle ciblait principalement
la communaut� scientifique pour le traitement des divergences
de vues sur les conclusions scientifiques disponibles, y
compris celles refl�t�es dans le troisi�me rapport
d'�valuation (TRE) du GIEC.
ATELIER SUR LA DIVERSIFICATION ECONOMIQUE:
Cet atelier, mandat� en vertu de la d�cision 5/ CP.7 (effets
adverses), s'est tenu les 18 et 19 octobre 2003, � T�h�ran, en
Iran. Les participants y ont d�battu des options offertes et
des besoins des Parties non-vis�es � l'Annexe I, dans le
traitement de la question de la diversification �conomique
dans les contextes des effets adverses des changements
climatiques et de l'impact de la mise en �uvre des mesures de
r�activit�. Les participants ont �galement consid�r� les
programmes de soutien possibles pouvant �tre mis en place par
les Parties vis�es � l'Annexe II pour le traitement des
besoins des pays en d�veloppement en mati�re de
diversification �conomique.
ATELIER D'EXPERTS SUR LES STRATEGIES ET LES
TECHNOLOGIES D'ADAPTATION LOCALES: Cet atelier s'est
d�roul� � New Delhi, en Inde, les 12 et 13 novembre 2003, en
conjonction avec les conf�rences et le Bazar des technologies
climatiques, organis�s par le gouvernement indien. Les
participants y ont trait� des strat�gies d'adaptation locales
dans le contexte de la science et des m�thodes d'adaptation
aux changements climatiques. Ils y ont �galement proc�d� � des
�changes d'exp�riences dans les domaines des strat�gies et des
technologies d'adaptation, du traitement des th�mes
transversaux, de la s�cheresse et de l'aridit�, et des
inondations, des cyclones et des temp�tes tropicales.
REUNIONS DES CORPS CONSTITUES:
Plusieurs r�unions des corps constitu�s de la CCCC ont eu lieu
depuis les SB-18: Le CE du MDP a tenu sa dixi�me r�union les
28 et 29 juillet 2003, � Bonn, et sa onzi�me r�union les 16 et
17 octobre 2003, �galement � Bonn. Le Groupe d'experts sur les
pays les moins avanc�s (PMA) a tenu sa quatri�me r�union �
Thimpu, au Bhutan, le 8 et les 12 et 13 septembre. Le Groupe
d'experts Consultatif sur les communications national des
Parties non-vis�es � l'Annexe I s'est r�uni les 23 et 24
septembre 2003, � Mexico City, au Mexique. La r�union
extraordinaire du Groupe d'experts sur le transfert des
technologies (GETT) s'est tenue les 11 et 12 novembre 2003, �
New Delhi, en Inde.
CONSULTATIONS PRE-SESSION: Des
consultations pr�-session ont �t� tenues � Milan, dans les
quelques jours pr�c�dant la CdP-9, autour: du TRE du CIEC; des
syst�mes d'enregistrement; des d�finitions et des modalit�s
d'inclusion des activit�s d'afforestation et de reforestation
relevant du MDP; et de la mise en application de l'Article 4.8
et 4.9 (effets adverses) de la CCCC et des progr�s r�alis�s
dans la mise en �uvre des activit�s relevant de la d�cision
5/CP.7 qui s'y rapporte. La douzi�me r�union du CE du MDP
s'est d�roul�e les 27 et 28 novembre, et le GETT a convoqu� sa
quatri�me r�union les 28 et 29 novembre.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE D'OUVERTURE DE LA CDP-9: La CdP-9
s'ouvrira � 10h dans la Salle Pl�ni�re I.
PLENIERE D'OUVERTURE:DE LA SBI-19: La
SBI-19 s'ouvrira � 15h dans la Salle Pl�ni�re II. Les Parties
y adopteront l'ordre du jour de la SBI-19 et y traiteront des
communications nationales des Parties non-vis�es � l'Annexe I.
PLENIERE D'OUVERTURE DE LA SBSTA-19: La
SBSTA-19 s'ouvrira � 15h dans la Salle Pl�ni�re I. Les
participants y adopteront l'ordre du jour de la SBSTA-19 et y
d�battront du TRE du GIEC et des th�mes m�thodologiques. |