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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 12 No. 211
Mercredi 4 Juin 2003
LES DIX-HUITIEMES SESSIONS DES
ORGANES SUBSIDIAIRES DE LA CONVENTION-CADRE SUR LES
CHANGEMENTS CLIMATIQUES:
4-13 JUIN 2003
Les dix-huitièmes sessions des Organes
Subsidiaires (SB-18) de la Convention-Cadre sur les
Changements Climatiques (CCCC) s'ouvrent aujourd'hui au 'Maritim
Hotel' à Bonn, en Allemagne. Les délégués y poursuivront le
traitement des questions en négociation depuis la CdP-8, et
procéderont aux derniers préparatifs de l'entrée en vigueur du
Traité de Kyoto.
L'Organe Subsidiaire de Conseil
Scientifique et Technologique (SBSTA) et l'Organe Subsidiaire
de la Mise en Œuvre (SBI) aborderont probablement entre autres
sujets inscrits à l'ordre du jour: les questions
méthodologiques, telles que celles des définitions et des
modalités devant encadrer l'intégration des activités
d'afforestation et de reforestation dans le cadre de l'Article
12 du Traité (Mécanisme pour un développement propre); et les
questions financières ayant trait aux Parties non-visées à
l'Annexe I de la CCCC, y compris celle du Fonds Spécial pour
les Changements Climatiques.
BREF HISTORIQUE DE LA CCCC ET DU TRAITÉ DE
KYOTO
Le phénomène des Changements Climatiques
est considéré comme l’une des menaces les plus sérieuses
posées à l’environnement de la planète, avec des effets
négatifs sur la santé humaine, la sécurité alimentaire,
l'activité économique, l'eau et autres ressources naturelles,
et l'infrastructure physique. Le climat de la planète varie
naturellement, mais les scientifiques s’accordent pour dire
que l'augmentation des concentrations des émissions
anthropiques de gaz à effet de serre dans l'atmosphère sont
derrière les changements survenus dans le climat. Selon le
GIEC, les effets des changements climatiques sont déjà
observables. Nonobstant des incertitudes qui perdurent, la
majorité des scientifiques estime que des mesures de
précaution sont à prendre et qu’une action rapide est
nécessaire.
La réponse politique internationale à cette
évolution climatique a commencé à prendre forme avec
l’élaboration de la Convention-Cadre sur les Changements
Climatiques (CCCC) adoptée en 1992. La CCCC est venue établir
le cadre devant régir l’action qui vise à stabiliser les
concentrations atmosphériques des gaz à effet de serre, aux
fins d'éviter la survenue "d'interférences dangereuses" avec
le système climatique, lesquelles englobent le méthane,
l'oxyde nitrique et, de manière plus particulière, le dioxyde
de carbone. La CCCC est entrée en vigueur le 21 mars 1994.
Elle compte aujourd'hui 188 Parties.
LE TRAITÉ DE KYOTO: En 1995, la
première réunion de la Conférence des Parties (CdP-1), a
établi le Groupe Spécial sur le Mandat de Berlin et l'a chargé
de parvenir à un accord sur le renforcement de la lutte contre
les changements climatiques. Au terme d’intenses négociations,
les délégués près de la CdP-3 qui s'est déroulée à Kyoto, au
Japon, en décembre 1997, devaient s’entendre sur un Traité,
relevant de la CCCC, engageant les pays industrialisés et les
pays en transition vers une économie de marché (PTE), à se
fixer des objectifs quantitatifs pour la baisse de leurs
rejets de gaz à effet de serre. Ces pays, connus comme étant
les Parties visées à l’Annexe I de la CCCC, ont ainsi pris un
engagement à réduire leurs émissions globales dans six gaz à
effet de serre, de manière à en abaisser le niveau d’au moins
5% par rapport à ceux de 1990, au cours de la période
s’étalant entre 2008 et 2012 (première période de l'engagement),
assorti d’objectifs variant d'un pays à l'autre. Le Traité a
établi, par ailleurs, trois mécanismes destinés à aider les
Parties visées à l’Annexe I à réaliser leurs objectifs
nationaux de manière efficace du point de vue coût – un
système d'échange des droits d'émission, une mise en œuvre
concertée (JI) des projets de réduction d’émissions, entre les
Parties visées à l’Annexe I, et le Mécanisme pour un
Développement Propre (MDP) visant à encourager les projets
dans les pays des Parties non-visées à l’Annexe I (les pays en
développement).
Au cours des réunions qui ont suivi, les
délégués ont négocié la majeure partie des règles et ont
arrêté les détails opérationnels devant déterminer la manière
dont les pays opéreront leurs coupes en matière d'émission, et
la manière dont les réductions d'émission seront mesurées et
évaluées. Pour entrer en vigueur, le Traité doit être ratifié
par 55 Parties signataires de la CCCC, notamment parmi celles
visées à l’Annexe I, représentant au moins 55% du total des
émissions de dioxyde de carbone enregistrées en 1990. A ce
jour, 106 Parties ont ratifié le Traité, dont 31 Parties
visées à l'Annexe I, représentant un total de 43,9% des
émissions de dioxyde de carbone.
LE PLAN D’ACTION DE BUENOS AIRES: En
novembre 1998, les Parties se sont réunies pour la CdP-4, à
Buenos Aires, en Argentine, et ont pris une décision, baptisée
le Plan d’Action de Buenos Aires (PABA). Le PABA a fixé la
CdP-6, comme date butoir, pour la conclusion d'un accord sur
les détails opérationnels du Traité et sur le renforcement de
la mise en application de la CCCC. Le PABA englobe les règles
devant encadrer les mécanismes, le régime de suivi devant être
appliqué pour le contrôle de la mise en conformité aux
obligations par les différents pays, et les méthodes à suivre
dans la comptabilisation des émissions nationales et des
réductions opérées. Les règles appelées à régir le crédit des
pays en matière de fixation de carbone, devaient être
également traitées. Parmi les questions relevant de la CCCC
nécessitant une résolution, figuraient, celles du renforcement
des capacités, de la mise au point et du transfert des
technologies, et de l’aide devant être apportée aux pays en
développement particulièrement sensibles aux effets adverses
des changements climatiques ou des actions entreprises par les
pays industrialisés dans le cadre de la lutte contre les
changements climatiques.
LA PREMIERE PARTIE DE LA CdP-6: La
CdP-6 et les treizièmes sessions de reprise des organes
subsidiaires de la CdP-6 ont eu lieu à La Haye, aux Pays-Bas,
du 13 au 25 novembre 2000. Les positions politiques sur les
principales questions sont restées tranchées, avec peu de
signes de volonté de compromis. La seconde semaine des
négociations, le Président Jan Pronk (Pays-Bas), a tenté de
faire avancer le débat sur nombre de points politiques et
techniques controversés, en convoquant des sessions Plénières
officieuses de haut niveau. Après près de 36 heures d'intenses
tractations durant les deux derniers jours de la CdP-6, les
négociateurs ne sont pas parvenus à s'accorder sur toute une
gamme de sujets, en particulier les questions ayant trait au
financement, au caractère complémentaire des mécanismes, au
respect des obligations, à l'occupation des sols et aux
changements survenus dans ce domaine et celui de la foresterie
(LULUCF). Le samedi 25 novembre, dans l'après-midi, le
Président Pronk a annoncé que les délégués n'ont pas réussi à
conclure un accord. Les délégués ont alors décidé de suspendre
la CdP-6 et de reprendre les travaux en 2001.
LA DEUXIEME PARTIE DE LA CdP-6: En mars
2001, l'administration américaine a répudié le Traité, les
responsables déclarant qu'ils estiment que ce dernier présente
"une défectuosité fatale," du fait qu'il risque de s'avérer
préjudiciable à leur économie, et que les pays en
développement y sont exemptés d'objectifs à atteindre en
matière de réduction d'émission. Les Parties se sont réunies,
de nouveau, pour la deuxième partie de la CdP-6 et les SB-14,
du 16 au 27 juillet 2001, à Bonn, en Allemagne. Au terme de
longues concertations, le Président Pronk a présenté sa
proposition de projet de décision politique. Alors que nombre
de Parties ont annoncé qu'elles pouvaient y apporter leur
appui, des désaccords sont survenus sur le caractère que
devait revêtir le régime de mise en conformité aux
obligations. Après plusieurs journées de consultations, les
ministres ont décidé finalement d'adopter la décision
politique du Président Pronk, avec une version révisée du
chapitre consacré au thème de la conformité aux obligations,
le 25 juillet 2001. La décision politique - appelée aussi,
"les Accords de Bonn"- avait besoin d'être traduite au plan
opérationnel, à travers des décisions de la CdP. Ces décisions
ont été considérées comme étant un "paquet" et comme aucun
accord n'a pu être réalisé, l'ensemble des projets de
décisions a été transmis à la CdP-7.
LA CdP-7: Les délégués ont poursuivi
les discussions sur les Accords de Bonn à la CdP-7 et aux
SB-15, à Marrakech, au Maroc, du 29 octobre au 10 novembre
2001. Au terme de longues négociations, un paquet comprenant
les questions de LULUCF, des mécanismes, des Clauses 5, 7 et 8
du Traité, et de la contribution à apporter au SMDD, a été
proposé le 8 novembre. Le marché a été accepté par la plupart
des groupes régionaux, certaines Parties visées à l'Annexe I,
dont l'Australie, le Canada, le Japon, la Nouvelle Zélande et
la Fédération de Russie ne se sont pas jointes au consensus.
Elles ont contesté, entre autres, les conditions d'éligibilité
et la "bancabilité" des crédits relevant des mécanismes. Au
terme de longues négociations, toutefois, les Accords de
Marrakech ont été approuvés, avec entre autres: une prise en
considération des principes régissant le thème de LULUCF, et
une bancabilité limitée des unités engendrées par les puits de
fixation de carbone, dans le cadre du MDP.
LES SB-16: Les Parties se sont réunies
aux SB-16, à Bonn, du 5 au 14 juin 2002. Les participants y
ont proc�d� � l'examen d'un ensemble de questions non
inscrites � l'ordre du jour, en raison de la h�te qui a
caract�ris� les n�gociations du PABA. Les points de vue
concernant la direction devant �tre prise par le processus
climatique ont diff�r� grandement, certaines Parties regardant
vers les d�bats tenus r�cemment, et d'autres, vers la p�riode
d'engagement � venir. Bon nombre de participants ont fait
part, tout de m�me, de leur espoir de voir le Trait� entrer en
vigueur avant le SMDD, pr�vu en ao�t 2002. L'UE et le Japon
ont annonc� leurs ratifications juste avant le SMDD.
LA CdP-8: Les d�l�gu�s pr�s de la CdP-8
et des SB-17 se sont r�unis du 23 octobre au 1er
novembre 2002, � New Delhi, en Inde. Le dernier jour de la
CdP-8, ils ont adopt� la D�claration de Delhi sur les
Changements Climatiques et le D�veloppement Durable. La
D�claration r�affirme le d�veloppement et l'�radication de la
pauvret� comme �tant des priorit�s globalisantes des pays en
d�veloppement, et reconna�t les responsabilit�s communes mais
diff�renci�es des Parties et les priorit�s du d�veloppement et
les circonstances nationales dans la mise en �uvre des
engagements de la CCCC. Les Parties, � la CdP-8, ont proc�d� �
l'examen des questions institutionnelles et de proc�dure,
relevant du Trait�, et ont adopt� plusieurs d�cisions, y
compris sur le r�glement int�rieur et le MDP.
LES FAITS SAILLANTS DE LA PERIODE
INTERSESSIONS
ATELIER SUR LES DEFINITIONS ET LES
MODALIT�S DEVANT ENCADRER L'INTEGRATION DES ACTIVITES
D'AFFORESTATION ET DE REFORESTATION DANS L'ARTICLE 12 DU
TRAITE: Cet atelier s'est tenu du 12 au 14 f�vrier 2003 �
Foz do Igua�u, au Br�sil. L'atelier a trait� des questions
associ�es � l'afforestation et � la reforestation effectu�es
dans le cadre du MDP, et � l'assistance devant �tre fournie
aux gouvernements dans l'�laboration du projet de texte des
modalit�s devant encadrer l'int�gration des activit�s
d'afforestation et de reforestation dans le cadre des projets
MDP, au cours de la premi�re p�riode de l'engagement. Parmi
les th�mes cl�s abord�s: la non-permanence, les seuils de
r�f�rence, le caract�re compl�mentaire des m�canismes, les
br�ches; les effets socio-�conomiques et environnementaux, y
compris l'impact sur la biodiversit� et sur les �cosyst�mes
naturels; et les th�mes transversaux.
ATELIER SUR LES AJUSTEMENTS DANS LE CADRE
DE L'ARTICLE 5.2 DU TRAITE: Cet atelier s'est d�roul� du 7
au 9 avril 2003, � Lisbonne, au Portugal, et a proc�d� �
l'�valuation des �tudes de cas entreprises par le Secr�tariat
de la CCCC dans le cadre de la simulation du calcul des
ajustements relevant de l'Article 5.2. Le r�sultat a �t� un
projet affin� de directives techniques concernant les m�thodes
d'ajustements relevant de l'Article 5.2. La SBSTA-18
parach�vera probablement le travail sur ces directives
techniques.
ATELIER SUR L'UTILISATION DES LIGNES
DIRECTRICES ENCADRANT L'ELABORATION DES COMMUNICATIONS
NATIONALES DES PAYS NON-VISES A L'ANNEXE I: Cet atelier,
qui s'est tenu � Port Luis, sur l'Ile Maurice, du 8 au 11
avril 2003, a proc�d� � l'examen des directives, relatives �
l'�laboration des communications nationales des pays non-vis�s
� l'Annexe I, approuv�es � la CdP-8. Les participants ont
entendu plusieurs expos�s sur les lignes directrices, le GIEC,
le Cadre de l'Adaptation des Politiques, du PNUD, et d'autres
pr�sentations sur les programmes de facilitation de
l'�laboration des communications nationales des Parties non-vis�es
� l'Annexe I.
ATELIER SUR LES ENVIRONNEMENTS FAVORABLES
AU TRANSFERT DES TECHNOLOGIES: Cet atelier a �t� organis�
les 9 et 10 avril 2003, � Gand, en Belgique. Il a fourni une
vue d'ensemble sur le transfert des technologies, a revu le
projet de papier technique concernant l'instauration
d'environnements favorables au transfert des technologies
�cologiquement rationnelles, pour consid�ration par le Groupe
d'Experts sur le Transfert des Technologies (GETT), � sa
troisi�me r�union, et a examin� les barri�res et les
opportunit�s dans le domaine du transfert des technologies.
Les groupes de travail ont d�battu: des voies et moyens
susceptibles de permettre aux gouvernements d'identifier et de
supprimer les barri�res dress�es devant le transfert des
technologies; et de la mani�re dont les institutions
multilat�rales de cr�dit, les programmes bilat�raux et le
secteur priv� pourraient aider les gouvernements.
ATELIERS SUR L'ASSURANCE ET L'EVALUATION
DES RISQUES DANS LE CONTEXTE DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES ET
DES EVENEMENTS METEOROLOGIQUES EXTREMES, ET SUR LES ACTIONS
LIEES A L'ASSURANCE VISANT A TRAITER LES EFFETS ADVERSES:
Ces deux ateliers ont �t� tenus, l'un � la suite de l'autre,
respectivement, les 12 et 13 mai et les 14 et 15 mai 2003, �
Bonn. Le premier atelier a entendu des pr�sentations �manant
de compagnies d'assurance, de chercheurs et d'organes
multilat�raux, sur les r�les �ventuels de l'assurance et de
l'�valuation des risques dans la r�ponse au changements
climatiques. Le deuxi�me, s'est focalis� sur les actions li�es
� l'assurance, visant � traiter les effets adverses des
changements climatiques et de l'impact de la mise en �uvre des
mesures de r�ponse.
REUNIONS DES CORPS CONSTITUES: Les
corps constitu�s suivant de la CCCC ont tenu des r�unions,
depuis la CdP-8. Le Groupe d'Experts sur Pays les Moins
Avanc�s a tenu sa troisi�me r�union du 3 au 5 mars 2003, �
Samoa. Le Comit� Ex�cutif du MDP a tenu ses septi�me et
huiti�me r�unions � Bonn, respectivement, les 20 et 21 janvier
2003 et les 20 et 21 mars 2003. Le GETT a tenu sa troisi�me
r�union les 30 et 31 mai 2003. Par ailleurs, des consultations
pr�-session ont �t� tenues le 2 juin, pour d�battre des
registres et du deuxi�me rapport sur l'ad�quation du Syst�me
Mondial d'Observation Climatique.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE D'OUVERTURE DE LA SBSTA-18: Le
SBSTA se r�unira � 10h et, de nouveau, � 19h, pour d�battre
des questions m�thodologiques, y compris la revue des travaux
men�s sur ce sujet, dans les cadres de la CCCC et du Trait�;
les questions ayant trait aux Articles 5, 7 et 8 du Trait�;
les questions ayant trait � l'�laboration des rapports et � la
revue des inventaires de gaz � effet de serre, soumis par les
Parties vis�es � l'Annexe I; la question de LULUCF; et les
questions relatives aux �missions d�coulant des combustibles
utilis�s dans l'aviation internationale et le transport
maritime. Les d�l�gu�s traiteront �galement du Troisi�me
rapport d'Evaluation du GIEC et des "bonnes pratiques" en
mati�re de Politiques et de Mesures.
PLENIERE D'OUVERTURE DE LA SBI-18: Le
SBI ouvrira ses travaux � 15h pour se pencher sur les
questions d'organisation; les questions de financement ayant
trait aux Parties non-vis�es � l'Annexe I; la mise en �uvre de
Article 4.8 et 4.9 (effets adverses) de la CCCC; les questions
administratives et financi�res; et les arrangements devant
r�gir les r�unions intergouvernementales. |