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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 12 No. 207
Jeudi 31 Octobre 2002
LES FAITS MARQUANTS DE LA CdP-8 DE LA CCCC
MERCREDI 30 OCTOBRE 2002
Au cours de la séance du matin, les Parties
prés de la CdP-8 ont entendu les déclarations des agences des
Nations Unies et des organisations intergouvernementales et
non gouvernementales. Le débat de haut niveau a été inauguré
par une cérémonie "d'allumage de la lampe," conduite par le
Premier ministre indien, Atal Bihari Vajpayee. La première des
trois Tables Rondes Ministérielles s'est tenue dans l'après-midi,
se focalisant sur le thème de "la mise au point." Les délégués
ont également poursuivi leurs délibérations autour des
questions non incluses à l'Annexe I, dans un groupe de contact
qui s'est réuni tout au long de la journée.
LE DEBAT DE HAUT NIVEAU
Le Président de la CdP-8, Baalu, ouvrit le
débat de haut niveau.
LES DECLARATIONS DES CHEFS DES AGENCES DES
NATIONS UNIES: Le Secrétaire Général de l'Organisation
Météorologique Mondiale, G. O. P. Obasi, appela les Parties à
poursuivre leur soutien en faveur de l'observation
systématique de l'atmosphère et des différentes activités
visant à réduire les incertitudes scientifiques. Le Directeur
Exécutif du PNUE, Klaus Töpfer, nota que ceux qui vivaient
dans la pauvreté étaient ceux qui allaient souffrir le plus,
des effets adverses des changements climatiques. Il appela à
une action concrète en matière d'adaptation et d'atténuation.
LES DECLARATIONS DES ORGANISATIONS
INTERGOUVERNEMENTALES: Le Président du GIEK, Rajendra
Pachauri, encouragea les Parties à faire un usage optimal du
Troisième Rapport d'Evaluation du GIEK (TRE) dans leurs
délibérations, et nota que le Quatrième Rapport d'Evaluation
allait se focaliser davantage sur les coûts et les avantages
des options offertes en matière d'atténuation et inclure des
analyses de dimension régionales. L'orateur indiqua aussi que
le GIEC se préparait à intensifier son programme de
communication. Le Directeur Général Adjoint du FEM, Kenneth
King, parla de la troisième reconstitution de fonds, qui
permettra au FEM d'accroître le financement des activités
ayant trait aux domaine des changements climatiques, et nota
que le FEM allait procéder aux premiers déboursements destinés
au Fonds de la CCCC pour les PMA, dans les semaines à venir.
La Directrice du Département Environnement de la Banque
Mondiale, Kristalina Georgieva, déclara que la Banque était
engagée au soutien du financement des projets de captation du
carbone. Elle nota la croissance enregistrée dans les
investissements consacrés aux ressources énergétiques
renouvelables, qui représentent actuellement 64% du
portefeuille des prêts de la Banque réservés au secteur de
l'énergie.
Le Secrétaire Général de l'OPEP, Alvaro
Calderón, fit remarquer que les technologies d'énergie
renouvelables en étaient à leurs premiers pas et que les
avancées technologiques étaient en train de faire du gaz et du
pétrole, "des combustibles propres." Il rappela également aux
délégués, la nécessité de réduire au minimum, les effets
adverses des politiques et mesures visant à faire face au défi
des changements climatiques et indiqua que des dispositions
adéquates devaient être prises pour le transfert des
technologies vers les pays en développement. Le Secrétaire
Général de l'Organisation Juridique Consultative Afro-Asiatique,
Wafik Kamil, souligna que le principe des responsabilités
communes mais différenciées devait rester la base du processus
de la CCCC. Mettant en exergue divers projets, le Directeur
Général Adjoint de la Banque de Développement Asiatique, Rolf
Zelius, indiqua que la Banque fournissait aux pays en
développement, une aide consacrée à l'adaptation à coup
modérée et au renforcement des capacités.
LES DECLARATIONS DES ORGANISATIONS NON
GOUVERNEMENTALES: Nasimul Haque, au nom du RESEAU 'CLIMATE
ACTION', appela à des transferts financiers substantiels des
pays industrialisés vers les pays en développement, pour le
soutien de l'adaptation et des mesures visant à maintenir
l'évolution de la température de la surface de la planète, au-dessous
de 2 degrés Celsius, tout en s'assurant de la poursuite du
développement. L'orateur demanda aussi une ratification
immédiate du Protocole par l'Australie, le Canada, la Russie
et les Etats-Unis. William Kyte, au nom des ONG de l'INDUSTRIE
ET DES MILIEUX D'AFFAIRES, parla du rôle que l'industrie et
les milieux d'affaires devaient jouer dans l'allégement de la
pauvreté, au moyen du développement durable. Il appela à des
règles et des procédures claires, en particulier, pour ce qui
est du MDP.
LA PRESENTATION DE LA CHARTE DES ENFANTS AU
PRESIDENT: Deux représentants des jeunes présentèrent au
Président de la CdP-8, Baalu, la Charte des Enfants. La Charte
fait état de nombre de préoccupations des jeunes de l'Inde, y
compris celles concernant l'augmentation des concentrations de
GES, l'élévation du niveau des mers et la menace que posent
les changements climatiques à la flore et à la faune. Elle
appelle à une action de remède, englobant l'accroissement de
l'efficience énergétique et l'utilisation de l'énergie
renouvelable dans les transports publics.
L'INAUGURATION DU DEBAT DE HAUT NIVEAU:
Le Premier Ministre Indien, Atal Bihari Vajpayee, inaugura la
réunion de haut niveau par une cérémonie "d'allumage de la
lampe". Le Président de la CdP-8, Baalu, affirma que l'Inde
est engagée dans la lutte exigée par les changements
climatiques et le développement durable. Il nota la
participation de plus de 4000 délégués issus de 169 pays, à la
CdP-8. Il fit part de son espoir de voir la Déclaration de
Delhi devenir un jalon historique du processus de la CCCC.
Le Secrétaire Exécutif de la CCCC, Joke
Waller-Hunter, nota les accomplissements réalisés depuis la
CdP-7, y compris les résultats du SMDD. Evoquant les
événements météorologiques extrêmes survenus un peu partout
dans le monde ces derniers mois, l'oratrice mit en exergue le
rôle important de la lutte contre la pauvreté et contre les
changements climatiques. Soulignant l'importance de la phase
d'exécution, elle plaida pour l'adoption d'approches pratiques
englobant: des actions en faveur de l'adaptation et contre la
vulnérabilité; le développement des communications nationales;
et l'utilisation du MDP.
Le Sous-secrétaire Général de l'ONU, chargé
des Affaires Economiques et Sociales, Nitin Desai, présenta le
message adressé à la réunion par le Secrétaire Général, Kofi
Annan. Il déclara que l'un des défis à relever par la CdP,
consistait à considérer dans quelle mesure, les approches, les
objectifs et les méthodes approuvés au SMDD pouvaient servir
de plate-forme à la coopération au sein de ce forum. En
conclusion, il appela à un sens plus profond de la nécessité
d'une responsabilité mondiale partagée.
Le Premier Ministre Indien, Atal Bihari
Vajpayee, décrivit l'engagement de l'Inde en faveur de la
lutte contre les changements climatiques, évoquant à titre
d'exemple, le développement de son secteur d'énergie
renouvelable et sa ratification du Protocole de Kyoto. Il
souligna l'importance des considérations d'adaptation, de
vulnérabilité et de renforcement des capacités pour les pays
en développement, et affirma que la considération des
engagements des pays en développement est prématurée en
raison, entre autres, de l'inégalité des droits d'émissions
par habitant et des décalages du revenu par habitant, entre
les pays industrialisés et les pays en développement.
LA TABLE RONDE
Le Président de la CdP, Baalu, présenta aux
délégués ses vœux de bienvenue à la première Table Ronde
Ministérielle sur le thème de "la mise au point," coprésidée
par la Ministre Margaret Beckett (Royaume-Uni). La
Coprésidente Beckett indiqua que la session était destinée à
préparer le terrain aux tables rondes qui allait suivre.
Evoquant le cadre général mis en place pour l'atténuation des
changements climatiques, l'oratrice expliqua qu'il n'y avait
pas de place pour la complaisance.
Plusieurs délégués mirent l'accent sur
leurs circonstances nationales et sur les actions et les
expériences menées dans leurs pays respectifs. TONGA, au nom
de l'AOSIS, nota que les petits Etats insulaires en
développement comptaient parmi les pays les plus touchés par
le problème des changements climatiques. NIUE affirma que sa
vulnérabilité était due à la limitation de ses capacités dans
le domaine. PANAMA nota que sa biodiversité était en train
d'être touchée par le changement climatique et le BHUTAN mit
en exergue la vulnérabilité de son écosystème montagneux
fragile. La FINLANDE souligna les efforts fournis par l'UE
pour la réalisation de résultats tangibles et de progrès
vérifiables, d'ici 2005.
Au sujet de la concrétisation de l'objectif
ultime de la CCCC, consistant en la stabilisation des GES à un
niveau permettant de prévenir une interférence anthropique
dangereuse avec le système climatique, la NOUVELLE ZELANDE
affirma que les progrès réalisés dans ce sens n'étaient pas
suffisants. L'UE appela à l'ouverture d'un dialogue, y compris
sur la détermination du niveau des concentrations d'émission
non dangereuses. L'AOSIS plaida pour une réduction immédiate
des émissions, de l'ordre de 50 à 80%. Le RESEAU 'CLIMATE
ACTION' encouragea la CdP à entamer des discussions sur
l'établissement des limites permettant la prévention d'une
évolution climatique dangereuse. L'IRLANDE proposa l'ouverture
d'un débat sur la répartition juste et équitable des objectifs
en matière d'émission.
Au sujet de l'action future, la NOUVELLE
ZELANDE appela � une approche �largie � l'ensemble des pays.
L'AOSIS et le JAPON indiqu�rent que tous les pays devaient
�tre impliqu�s dans l'att�nuation. Reconnaissant que les pays
devaient avoir des fardeaux diff�rents en mati�re
d'att�nuation, la SUISSE souligna l'importance de la
coop�ration et des partenariats. La NORVEGE appela � la mise
en place d'un r�gime climatique mondial ambitieux et � long
terme et souligna l'imp�ratif d'une r�ponse politique au TRE
du GIEC. La POLOGNE d�clara que l'adaptation et le financement
doivent aller ensemble avec l'att�nuation et les strat�gies �
long terme.
L'AOSIS, le MEXIQUE et l'OUGANDA not�rent
que les pays vis�s � l'Annexe I n'�taient pas en train
d'honorer leurs engagements et que leurs �missions allaient en
augmentant. Compte tenu de cette r�alit�, la MALAISIE se
demanda comment certains pays vis�s � l'Annexe I, pouvaient
proposer aux pays en d�veloppement de s'engager pour des
r�ductions d'�mission. La THAILANDE, le VENEZUELA, la TANZANIE
et l'ARABIE SAOUDITE s'oppos�rent � l'ouverture d'une
discussion sur des engagements de r�duction pour les pays en
d�veloppement. L'UE souligna la n�cessit� de l'ouverture d'un
dialogue sur ce sujet.
L'AOSIS, le PANAMA et SAMOA appel�rent au
renforcement des mesures d'adaptation. L'OUGANDA, l'IRAN et la
MALAISIE encourag�rent la fourniture davantage d'efforts dans
les domaines du transfert des technologies, de la mise �
disposition de ressources financi�res et du renforcement des
capacit�s. Le NEPAL souligna l'importance du renforcement des
capacit�s et de la poursuite de la recherche en mati�re
d'att�nuation des effets des changements climatiques. Le
BRESIL encouragea la mise en place de mesures concr�tes et
l'adoption de technologies ad�quates.
L'ETHIOPIE d�clara que le d�veloppement
�conomique �tait crucial pour l'adaptation � l'�volution
climatique, et encouragea le renforcement du soutien
financier. Le MEXIQUE appela � la mise � disposition de
ressources pour l'adaptation.
L'IRAN souligna la n�cessit� de r�duire au
minimum les pertes d�coulant des effets adverses et de
l'impact des mesures de r�ponse sur les pays en d�veloppement
dont l'�conomie repose sur les combustibles fossiles. L'ARABIE
SAOUDITE fit part de ses r�serves concernant le peu de progr�s
r�alis� sur la question de l'Article 4.8 et 4.9 (effets
adverses) de la CCCC.
La FINLANDE et le DANEMARK s'engag�rent
pour le soutien du Fonds consacr� aux PMA. Le KENYA et
l'OUGANDA appel�rent � la cr�ation d'un fonds sp�cial pour les
pays en d�veloppement autres que les PMA.
Au sujet du MDP, la COLOMBIE apporta son
appui � la promotion des projets de captation du carbone. Le
MEXIQUE d�clara que des r�gles complexes �taient difficiles �
appliquer, et le CONSEIL INTERNATIONAL POUR LES INITIATIVES
ENVIRONNEMENTALES LOCALES plaida pour des proc�dures
simplifi�es. L'URUGUAY indiqua que le manque de capacit�s
institutionnelles et juridiques constituait une barri�re pour
la mise en application du MDP.
Au sujet de la ratification du Trait� de
Kyoto, la REPUBLIQUE DE COREE annon�a sa ratification. Le
d�l�gu� de la NOUVELLE ZELANDE d�clara qu'il est "quasiment
certain" que son pays ratifiera le Protocole, le mois prochain.
Le JAPON, la BULGARIE, l'ETHIOPIE, le KENYA, l'UE et le BRESIL
encourag�rent les pays � ratifier le Protocole. La CHINE
d�clara que les pays industrialis�s avaient "le devoir" de
r�duire les �missions de GES et fit part de sa d�ception de
voir que le Protocole n'est pas encore entr� en vigueur.
Au sujet de la D�claration de Delhi, le
JAPON plaida pour l'inclusion de la n�cessit� de traiter des
r�ductions au del� de la premi�re p�riode d'engagement.
L'OUGANDA indiqua que la D�claration devait appeler � la
ratification du Protocole. La SUISSE apporta son appui �
l'insertion d'une r�f�rence � une approche ouverte sur le
futur et adapt�e � l'objectif ultime de la CCCC. L'AUSTRALIE
souhaita la voir appeler � la mise en place d'un processus
pour les arrangements devant encadrer les futures r�ductions
d'�mission mondiales. La REPUBLIQUE DE COREE apporta son
soutien � une D�claration prenant en consid�ration la
dimension humaine de la question des changements climatiques.
La Copr�sidente Beckett pr�senta une
synth�se des principaux th�mes d�velopp�s au cours de la
s�ance de travail et cl�tura la session.
LE GROUPE DE CONTACT
LES QUESTIONS AYANT TRAIT AUX PARTIES NON
VISEES A L'ANNEXE I: Pr�sid� par Jos� Romero (Suisse), le
groupe de contact sur ce th�me se r�unit tout au long de la
journ�e. Les Parties travaill�rent sur la base du texte
portant sur les directives am�lior�es concernant les
communications nationales des Parties non vis�es � l'Annexe I,
proc�dant � la suppression de nombreux crochets. La discussion
se focalisa sur la meilleure mani�re de structurer les
paragraphes, pour faire en sorte qu'ils puissent rendre avec
pr�cision, les id�es approuv�es. Dans plusieurs cas, les
d�l�gu�s soulev�rent la question de savoir s'il ne fallait
utiliser le terme "doivent" � la place et lieu du terme "sont
encourag�s �." Au cours de la s�ance de l'apr�s-midi, les
Parties retourn�rent au d�but du texte, dans un effort d'y
supprimer le reste des crochets. Les Parties ne parvinrent pas
� s'entendre sur le point de savoir si les directives devaient
se r�f�rer � des paragraphes particuliers des Articles 4
(engagements) et 12 (communication des donn�es) de la CCCC,
aux Articles, dans leur int�grit� ou ne pas comporter de
r�f�rence aux articles.
Les points de vue sur la question de
l'utilisation d'�l�ments tir�s des directives adress�es aux
communications nationales des Parties vis�es � l'Annexe I,
�taient vari�s, et aucun accord ne put �tre atteint ni sur les
ann�es devant �tre pris en compte dans les inventaires ni sur
le point de savoir si les Parties "devraient" ou "doivent"
utiliser les Directives R�vis�es du GIEC de 1996 concernant
l'�laboration des inventaires. Les d�l�gu�s abord�rent de
nouveau, sans parvenir � un accord, la question de savoir s'il
faillait retenir les termes "mettre au point et utiliser" ou
seulement le terme "utiliser" les facteurs nationaux et
r�gionaux. Ils d�battirent ensuite du point de savoir s'il
fallait "fournir les donn�es concernant" ou "consid�rer
l'identification" des principales cat�gories sources telles
que d�crites dans les Directives du GIEC concernant les Bonnes
Pratique, sans r�ussir � s'accorder. Les discussions se
poursuivirent jusque tard dans la nuit.
DANS LES COULOIRS
Les d�l�gu�s n'�taient visibles nulle part,
mercredi soir, avec l'arriv�e des ministres et avec le
d�roulement de d�bats prolong�s autour de la question des
directives relatives aux communications des Parties non vis�es
� l'Annexe I. Quelques participants ont fait �tat d'avanc�es
lentes mais fermes. D'autres ont �voqu� le risque de voir ce
sujet amener la CdP � pr�voir une journ�e de n�gociations
suppl�mentaire. Des observateurs ont parl� d'un changement
int�ressant survenu sur la question des futurs engagements des
pays en d�veloppement, certains ministres ayant abord� le
sujet avec une franchise dont n'avait pas fait montre tous les
n�gociateurs, la semaine derni�re.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
TABLES RONDES MINISTERIELLES: Les
Parties se r�uniront � 10h dans la Salle des Pl�ni�res pour
tenir le d�bat de la deuxi�me table ronde, consacr�e au th�me
"Changements Climatiques et D�veloppement Durable." La
derni�re table ronde, consacr�e aux "Conclusions," aura lieu �
partir de 15h.
SBI: Le SBI se r�unira apr�s la fin de la
derni�re table ronde, dans la Salle des Pl�ni�res.
QUESTIONS AYANT TRAIT AUX PARTIES NON VISEES A
L'ANNEXE I: Ce groupe de contact se r�unira � 10h en Salle
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