|
Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 12 No. 202
Jeudi 24 Octobre 2002
LES FAITS MARQUANTS DE LA CdP-8 de la CCCC
MERCREDI 23 OCTOBRE 2002
La Huitième Session de la Conférence des
Parties de la CCCC (CdP-8) et les Septièmes Sessions de
l'Organe Subsidiaire de Mise en Œuvre (SBI) et de l'Organe
Subsidiaire de Conseil Scientifique et Technologique (SBSTA)
de la CdP, ont ouvert leurs travaux mercredi 23 octobre, à New
Delhi, en Inde. La Plénière de la CdP a entendu nombre de
déclarations d'ouverture et traité nombre de questions
d'organisation. Au cours de sa première réunion, le SBSTA
devait aborder un ensemble de questions organisationnelles et
de thèmes méthodologiques, y compris: la revue du travail
méthodologique; les directives relevant des Articles 5 (thèmes
méthodologiques), 7 (communication des données) et 8 (évaluation
des données) du Protocole; les directives concernant
l'établissement des rapports et l'évaluation des inventaires
de GES fournis par les Parties visées à l'Annexe I; les
circonstances particulières de la Croatie au titre de
l'Article 4.6 (souplesse en faveur des pays en transition
économique); et le transfert des technologies. Le SBI procéda
à l'examen de quatre thèmes inscrits dans le cadre des
communications nationales émanant des Parties non visées à
l'Annexe I, à savoir: l'amélioration des directives; le
travail du Groupe Consultatif d'Experts (GCE); la
considération de la quatrième compilation-synthèse des
communications nationales initiales; et la fourniture d'un
soutien financier et technique. Des groupes de contact ont été
convoqués pour débattre des Articles 5, 7 et 8, et du GCE.
LA PLENIERE DE LA CdP
LA SEANCE D'OUVERTURE: Le Président de
la CdP-7, Mohamed Elyazghi (Maroc), déclara ouverte la CdP-8.
Il attira l'attention sur l'importance des Accords de
Marrakech, notant que le processus en était désormais au stade
de la mise en application.
La CdP élit T.R. Baalu, Ministre Indien de
l'Environnement et des Forêts, Président de la CdP-8, par
acclamation. Le Président de la CdP-8, Baalu, souhaita la
bienvenue aux participants et nota que les effets des
changements climatiques se faisaient déjà sentir. Il mit en
exergue l'importance de la mise en application et parla des
pays les plus vulnérables aux changements climatiques et de la
nécessité de mesures d'adaptation. Il indiqua qu'une "Déclaration
de Delhi" basée sur le consensus et traitant des changements
climatiques et du développement durable constituait le
résultat important attendu de la CdP-8.
Le Secrétaire Exécutif de la CCCC, Joke
Waller-Hunter, mit l'accent sur le lien entre pauvreté et
environnement établi au SMDD. Au sujet de l'échange
d'informations entre les Parties, l'oratrice expliqua que le
Secrétariat y contribuera en accueillant les bases de données
concernant les émissions, ainsi que les politiques et mesures
(P&M).
LES QUESTIONS D'ORGANISATION: Le
Secrétariat nota que 185 Etats et 1 organisation régionale ont
ratifié la CCCC. L'orateur indiqua que l'Afghanistan a déposé
son instrument de ratification, le 19 septembre. S'agissant de
l'ordre du jour provisoire (FCCC/ CP/2002/1, Add.1 et Add.2),
le G-77/CHINE demanda l'exclusion de la proposition canadienne
appelant à une décision sur les modalités devant encadrer la
comptabilisation des quantités attribuées en vertu de
l'Article 7.4 (registres) du Protocole, en matière
d'exportation de l'énergie propre. L'UE déclara que ce sujet
devait être traité par le SBI. Le représentant s'opposa, par
ailleurs, à la requête de l'ARABIE SAOUDITE d'inclure dans
l'ordre du jour, un débat sur la mise en œuvre de l'Article
2.3 (effets adverses des P&M) du Protocole. L'ARABIE SAOUDITE
précisa que la question constituait un travail non achevé
relevant du PABA et mit en relief l'intérêt de l'élaboration
d'une d'un projet de décision pour la CdP/MdP-1. Le CANADA mit
en exergue la proposition appelant à une énergie propre comme
étant prioritaire pour la réussite future du Protocole.
L'ordre du jour fut adopté avec ces points, et la question de
la deuxième évaluation de l'adéquation des engagements resta
en suspens.
Le Président Baalu nota que les
consultations se poursuivaient pour l'élection des membres du
bureau, autres que le Président. Il indiqua que la réunion de
haut niveau était prévue sous forme de trois tables rondes
consécutives, les 30 et 31 octobre, sur le thème des
changements climatiques et du développement durable.
Le G-77/CHINE fit part de sa déception
quant à la faiblesse du niveau des ressources financières
fournies par les Parties visées à l'Annexe I, soulignant que
l'action entreprise jusqu'ici a été symbolique. Appuyé par
l'AUSTRALIE, au nom du Groupe 'Umbrella', l'orateur souligna
l'importance du lien entre le développement durable et les
changements climatiques. Mettant en exergue le principe des
responsabilités communes mais différenciées, la CHINE déclara
que le régime climatique devait tenir compte des demandes
grandissantes en matière d'énergie qui se produiront au fur et
à mesure de l'amélioration de la qualité de vie dans les pays
en développement. Le ZIMBABWE, au nom du Groupe Africain,
appela à un soutien accru en faveur des projets d'adaptation.
LE SBSTA
LA SEANCE D'OUVERTURE: Le Président du
SBSTA, Halldór Thorgeirsson (Islande) procéda à l'ouverture de
la session. Evoquant la démission du vice-président du SBSTA,
l'orateur indiqua qu'une nomination était attendue du GRULAC,
pour son remplacement. Tatyana Osokova (Ouzbékistan) servira
en qualité de rapporteur. Le SBSTA adopta l'ordre du jour
provisoire (FCCC/ SBSTA/2002/7).
LES THEMES METHODOLOGIQUES: Evaluation du
travail méthodologique effectué dans le cadre de la CCCC et du
Protocole: Le Secrétariat introduisit le rapport établi
sur ce nouveau point de l'ordre du jour, mettant en exergue
cinq thèmes prioritaires ayant trait: aux inventaires de GES;
aux émissions et aux suppressions effectuées à travers les
puits de fixation du gaz carbonique; aux P&M; aux technologies
d'atténuation et d'adaptation; et aux effets, à la
vulnérabilité et à l'adaptation aux changements climatiques.
L'UE, la NORVEGE, l'ARABIE SAOUDITE et la
NOUVELLE ZELANDE apportèrent leur appui à la considération de
ce point après la SBSTA-17. L'INDE parla d'un récent atelier
consacré à l'amélioration des capacités des pays en
développement. Le délégué des ETATS-UNIS mit en garde contre
le risque de voir le Secrétariat aller au delà de son mandat.
Harald Dovland (Norvège) mènera des consultations.
Les Directives relevant des Articles 5, 7
et 8 du Protocole: Au sujet de la préparation des données
requises dans le cadre de l'Article 7, de l'évaluation prévue
en vertu de l'Article 8 et des lignes directrices devant
encadrer les bonnes pratiques en vertu de l'Article 5.2 (ajustements),
le Président Thorgeirsson mit en relief les questions devant
être traitées, notamment: les options offertes dans le
traitement des données confidentielles durant l'évaluation; la
formation et le renforcement des capacités des équipes
d'experts chargées de l'évaluation; les normes techniques à
observer dans le domaine des échanges d'informations entre les
registres nationaux, le registre du MDP et le livre des
transactions; et l'établissement des rapports et l'évaluation
des données relatives aux quantités attribuées et aux
registres nationaux. L'UE se félicita des progrès réalisés
quant aux options dégagées en matière de description des
tâches des évaluateurs et de la formation des experts. Le
représentant appuya une proposition appelant à l'élaboration
d'études de cas dans le domaine du calcul des ajustements
devant être apportés en vertu de l'Article 5.2. Le délégué des
ETATS-UNIS souligna l'importance des options dégagées pour le
traitement des données confidentielles et encouragea la
transparence des données des inventaires. L'ARABIE SAOUDITE
déclara que la formation des experts d'évaluation devait
englober les experts des pays en développement. Le Président
Thorgeirsson convoqua un groupe de contact présidé par
Helen Plume (Nouvelle Zélande) et Festus Leboyera (Afrique du
Sud).
Au sujet des normes techniques devant être
observées dans la mise en place des registres relevant de
l'Article 7.4, Murray Ward (Nouvelle Zélande) présenta un
rapport sur les résultats des consultations intersessions
tenues à New Delhi, les 19 et 20 octobre 2002. L'orateur mit
l'accent sur les accords conclu sur: la nécessité d'avoir un
cadre normatif commun; le besoin d'engager des experts
techniques; une focalisation sur les détails de la conception
des registres; et la poursuite de la collaboration avec le
Secrétariat de la CCCC. Le Président Thorgeirsson invita Ward
à mener de nouvelles consultations.
Les directives concernant l'établissement
des rapports et l'évaluation des inventaires de GES: Le
Secrétariat présenta un rapport sur les dernières données
relatives aux inventaires de GES émanant des Parties visées à
l'Annexe I au titre de la période 1990 - 2000. L'orateur
indiqua que des données concernant les émissions et les
suppressions de GES ont été fournies par 39 Parties visées à
l'Annexe I, sur les 40 listées.
Les circonstances particulières de la
Croatie relevant de l'Article 4.6 de la CCCC: La CROATIE
introduisit un nouveau papier technique. La YOUGOSLAVIE,
contrée par l'UE, indiqua qu'elle ne pouvait apporter son
appui à la proposition croate fixant 1990, année de référence.
Le Président Thorgeirsson demanda à Jim Penman (Royaume-Uni)
de convoquer un groupe de contact officieux.
LE TRANSFERT DES TECHNOLOGIES: Le
Pr�sident Thorgeirsson mit en relief le rapport annuel sur
l'�tat d'avancement du Groupe d'Experts sur le Transfert des
Technologies (GETT) et le rapport sur l'ex�cution des
activit�s relevant de la d�cision 4/CP.7. Il nota �galement le
nouveau programme de travail du GETT annex� au rapport de la
SBSTA-16. Le Pr�sident du GETT, Jukka Uosukainen (Finlande),
pr�senta aux Parties un rapport sur la r�union du Groupe qui a
pr�c�d� la CdP-8. Il indiqua que les discussions y avaient
port� sur la d�termination des besoins technologiques,
l'�change des donn�es technologiques, le renforcement des
capacit�s, l'instauration d'environnements favorables et le
soutien financier. Il se f�licita par ailleurs de l'�lection
du nouveau Pr�sident du GETT, en la personne de William Bonsu
(Ghana) et du vice-pr�sident William Bradley (Etats-Unis). La
Belgique apporta son appui � la tenue d'un atelier du GETT
consacr� � la question de l'instauration des environnements
favorables, en 2003. Le G-77/ CHINE affirma que le transfert
des technologies aux pays en d�veloppement a �t� peu efficace.
Le porte-parole accueillit favorablement les nouvelles
initiatives, telle que l'Initiative en mati�re de Technologies
Climatiques et encouragea la fourniture d'une assistance dans
les domaines de l'att�nuation des effets et de l'adaptation.
L'INDE souligna que les approches par bribes n'�taient pas
satisfaisantes et appuya la consid�ration des questions de
l'acc�s aux ressources, du renforcement des capacit�s
institutionnelles et de la participation de la communaut� du
commerce et de l'industrie.
LE SBI
LA SEANCE D'OUVERTURE: Le Pr�sident du
SBI, Ra�l Estrada-Oyuela (Argentine) ouvrit la premi�re
r�union de la SBI-17. L'ordre du jour y fut adopt�.
LES COMMUNICATIONS NATIONALES DES PARTIES
NON VISEES A L'ANNEXE I:
L'am�lioration des directives: Le
Secr�tariat introduisit les directives am�lior�es propos�es
pour les communications nationales des Parties non vis�es �
l'Annexe I et la compilation-synth�se des soumissions des
Parties. Pr�sentant un aper�u g�n�ral sur le financement des
communications nationales initiales, le FEM nota que 137 pays
ont per�u ensemble 80 millions de dollars, soit 8% du
financement total r�serv� aux changements climatiques. Le FEM
fit part de ses r�serves concernant les conditions � remplir
retenues dans les directives propos�es pour l'�laboration des
facteurs d'�mission locaux et pour l'�valuation de la
vuln�rabilit� et de l'adaptation, et fit remarquer que sans
ces directives, le niveau des conditions requises ne serait
plus �lev� que de mani�re marginale par rapport � celui des
conditions actuelles.
L'UE d�clara que les programmes d'action
nationaux en mati�re d'adaptation des pays les moins avanc�s (PMA)
doivent �tre pris en consid�ration dans les communications
nationales. La REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE, avec le BANGLADESH
et l'ERYTHREE, mit l'accent sur les difficult�s rencontr�es
par les PMA dans l'�laboration des communications nationales
et appela le SBSTA � aborder la question du soutien financier
en leur faveur. L'INDE, appuy�e par la THAILANDE et l'IRAN,
nota que les directives am�lior�es ne doivent pas aller au
del� des conditions requises pour l'�laboration des rapports
de la CCCC. Le CANADA, avec l'UE, mit en relief la n�cessit�
d'avoir un financement adapt� � la demande. TUVALU attira
l'attention sur les implications n�gatives �ventuelles pouvant
d�couler du rattachement du financement des mesures
d'adaptation � l'ach�vement des communications nationales. Le
JAPON souhaita voir le texte du Pr�sident refl�ter un
�quilibre entre les conditions requises dans l'�laboration des
rapports concernant les mesures d'att�nuation et les mesures
d'adaptation.
LE GCE: Le Secr�tariat introduisit les
soumissions des Parties. Le Pr�sident du GCE, Mahendra Kumar (Fidji)
pr�senta le rapport final du GCE, soulignant que le processus
du GCE jouait un r�le important dans le domaine du
renforcement des capacit�s, � travers l'�change d'exp�riences
et la d�termination des probl�mes et des contraintes
techniques. Le GCE formula plusieurs recommandations, y
compris celles appelant � faire en sorte que des ressources
financi�res et techniques additionnelles soient mobilis�es et
que le GIEC �labore des m�thodes et des outils d'�valuation
d'impact � des �chelles temporelles pertinentes pour les
d�cideurs politiques. Le Pr�sident du SBI, Estrada, indiqua
qu'un groupe de contact pr�sid� par Jos� Romero (Suisse)
proc�dera � l'examen de ce point de l'ordre du jour.
La compilation-synth�se: Au sujet de
l'examen de la quatri�me compilation-synth�se des
communications nationales initiales des Parties non vis�es �
l'Annexe I, le Pr�sident Estrada indiqua que le Secr�tariat
�laborera un rapport qui sera examin� � la SBI-18.
COMMUNICATIONS NATIONALES DES PARTIES
VISEES A L'ANNEXE I: Le Secr�tariat introduisit le rapport
sur l'�tat d'avancement de l'�valuation des troisi�mes
communications nationales. Le Pr�sident Estrada d�clara que
les Parties aborderont, entre autres sujets, la question des
dates �ventuelles de la soumission des quatri�mes
communications nationales.
LES GROUPES DE CONTACT
LES ARTICLES 5, 7 ET 8: Un groupe de
contact, convoqu� par Helen Plume et Festus Luboyera, se
r�unit dans le courant de l'apr�s-midi. Le G-77/CHINE requit
un d�lai pour l'examen des documents pertinents. Les d�l�gu�s
discut�rent du timing des proc�dures d'�valuation exp�ditive
permettant le retour � l'�ligibilit� � l'utilisation des
m�canismes. Au sujet des parties en suspens des directives
relevant des Articles 7 et 8, l'UE fit circuler un papier sur
la pr�vention et la r�solution des probl�mes techniques et des
d�calages dans les normes techniques et dans les textes des
rapports d'�valuation. Les d�l�gu�s endoss�rent la proposition
appelant � l'�laboration d'�tudes de cas dans le cadre de
Article 5.2 du Protocole. Retournant � la question de la
formation des experts membres des �quipes d'�valuation, le
Secr�tariat mit en relief les plans d'ex�cution du programme
de formation pilote. Au sujet du traitement devant �tre
r�serv� aux donn�es confidentielles, les d�l�gu�s proc�d�rent
� un �change pr�liminaire de points de vue, et d�cid�rent de
renvoyer la question � la SBSTA-18.
LE GCE: Tard dans la soir�e, les
Parties d�battirent du soutien apport� par le FEM aux
communications nationales initiales et des implications
financi�res des directives am�lior�es propos�es.
DANS LES COULOIRS
Le pr�sident sortant et le nouveau
pr�sident de la CdP ayant tous deux soulign� que le processus
des changements climatiques �tait en train de passer de sa
phase d'�laboration � celle de l'ex�cution, l'absence de
bruits dans les salles de r�union de 'Vigyan Bhawan' semble
confirmer que l'action se d�roule ailleurs. Nombre de
participants ont fait remarquer que cette CdP se r�duirait �
la r�union des organes subsidiaires. D'autres observateurs ont,
toutefois, affirm� �tre heureux de rencontrer une multitude
d'ONG du Sud qui ne sont pas normalement pr�sentes aux
r�unions de la CdP.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
SBSTA: Le SBSTA se r�unira � 10h en Salle 5. Les
d�l�gu�s poursuivront leurs travaux � 15h dans la Salle des
R�unions Pl�ni�res.
SBI: Le SBI se r�unira � 10h dans la Salle des R�unions
Pl�ni�res, � 15h, en Salle 5 et � 20h, dans la Salle des
R�unions Pl�ni�res.
ARTICLES 5, 7 ET 8: Un groupe de contact sera convoqu�
� 15h en Salle 4. |