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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 12 No. 201
Mercredi 23 Octobre 2002
HUITIEME CONFERENCE DES PARTIES DE LA
CONVENTION-CADRE SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES:
23 OCTOBRE - 1 NOVEMBRE 2002
La Huitième Conférence des Parties (CdP-8)
de la Convention-Cadre de 1992 sur les Changements Climatiques
(CCCC) et les Dix-septièmes Sessions des Organes Subsidiaires
de Mise en Œuvre et de Conseil Scientifique et Technologique (SBSTA)
de la CdP ouvrent leurs travaux, aujourd'hui, au Centre des
Conférences de Vigyan Bhawan, à New Delhi, en Inde. Près de
3000 participants y prendront part. Il s'agit là de la
première réunion de la CdP depuis novembre 2001, date à
laquelle les délégués avaient achevé trois années de
négociations autour des détails opérationnels du Traité de
Kyoto et conclu les Accords de Marrakech.
Les Parties auront à se pencher, entre
autres, sur: les communications nationales des Parties visées
et non visées à l'Annexe I, leurs lignes directrices et les
nouveaux mandats et termes de référence du Groupe d'Experts
Consultatif sur les Communications Nationales des Parties non
visées à l'Annexe I (GEC); le mécanisme de financement; le
renforcement des capacités; la mise en application des clauses
4.8 et 4.9 (effets adverses) de la CCCC; le Troisième Rapport
d'Evaluation (TRE) du Groupe Intergouvernemental sur
l'Evolution Climatique (GIEC); "les bonnes pratiques" en
matière de politiques et mesures (P&M); la recherche et
l'observation systématique (ROS); la coopération avec les
organisations internationales pertinentes; la Clause 6 de la
CCCC (éducation, formation et conscientisation du public); la
mise au point et le transfert des technologies; et les
questions ayant trait aux hydrofluoro-carbones et au
perfluoro-carbone.
Les Parties auront à examiner également les
questions méthodologiques, notamment: les lignes directrices
relevant des Articles 5 (questions méthodologiques), 7
(communication des données) et 8 (évaluation des données); les
directives ayant trait à l'élaboration des rapports et à
l'évaluation des inventaires de GES des Parties visées à
l'Annexe I; les activités de mise en œuvre concertée (AIJ);
l'utilisation des sols, les changements intervenus dans
l'utilisation des sols et la foresterie (LULUCF); et la
détermination scientifique et méthodologique des contributions
aux changements climatiques.
Les autres sujets qui devront être abordés,
englobent: le recours à une énergie propre ou moins émettrice
de gaz à effet de serre; la mise en application de la Clause
2.3 du Traité (effets adverses des P&M); les circonstances
particulières de la Croatie dans le cadre de la Clause 4.6 de
la CCCC (souplesse en faveur des pays en transition économique);
la proposition croate concernant les activités de gestion
forestière, dans le cadre de la Clause 3.4 du Traité (activités
additionnelles); la proposition canadienne concernant les
modalités devant régir la comptabilisation des quantités
assignées, dans le cadre de la Clause 7.4 du Traité (registres),
dans le domaine des exportations d'énergies propres; la
requête émanant du groupe de pays d'Asie Centrale et du
Caucase, de l'Albanie et de la République de Moldavie (CACAM)
pour la clarification du terme "pays en développement," dans
le contexte des décisions de la CCCC; la revue de l'adéquation
des engagements pris dans le cadre de la CCCC; et, une série
de questions administratives et organisationnelles.
BREF HISTORIQUE DE LA CCCC ET DU TRAITE DE
KYOTO
Le Changement Climatique est considéré
comme l’une des menaces les plus sérieuses posées à
l’environnement de la planète, avec des effets négatifs sur la
santé humaine, la sécurité alimentaire, l'activité économique,
l'eau et autres ressources naturelles, et l'infrastructure
physique. Le climat de la planète varie naturellement, mais
les scientifiques s’accordent pour dire que l'augmentation des
concentrations des émissions anthropiques de gaz à effet de
serre dans l'atmosphère sont derrières les changements
survenus dans le climat. Selon le GIEC, les effets des
changements climatiques sont déjà observables. Nonobstant des
incertitudes qui perdurent, la majorité des scientifiques
estiment que des mesures de précaution sont à prendre et
qu’une action rapide est nécessaire.
La réponse politique internationale à cette
évolution climatique commença à prendre forme avec
l’élaboration de la Convention-Cadre sur les Changements
Climatiques (CCCC). Adoptée en 1992, la CCCC vint établir le
cadre devant régir l’action qui vise à éviter la survenue "d'interférences
dangereuses" avec le système climatique. Les GES à limiter
englobent le méthane, l'oxyde nitrique et de manière plus
particulière, le dioxyde de carbone. La CCCC est entrée en
vigueur le 21 mars 1994. Elle compte aujourd'hui 186 Parties.
LE TRAITE DE KYOTO: En 1995 le Groupe
Spécial sur le Mandat de Berlin est établi par la CdP-1 pour
la réalisation d’un accord sur de nouvelles mesures en faveur
de la lutte contre les changements climatiques. Au terme
d’intenses négociations, les délégués près de la CdP-3 qui
s'est déroulée à Kyoto, au Japon, en décembre 1997, devaient
s’entendre sur un Protocole, relevant de la CCCC, engageant
les pays industrialisés et les pays en transition vers une
économie de marché, à réaliser des objectifs quantifiés de
décroissement de leurs émissions de gaz à effet de serre. Ces
pays, connus comme étant les Parties visées à l’Annexe I de la
CCCC, se sont ainsi engagés à réduire leurs émissions globales
dans six gaz à effet de serre, de manière à en abaisser le
niveau d’au moins 5% par rapport à ceux de 1990 et ce, au
cours de la période s’étalant entre 2008 et 2012, et cet
engagement était assorti d’objectifs variant d'un pays à
l'autre. Le Protocole établit par ailleurs trois mécanismes
destinés à aider les Parties visées à l’Annexe I à réaliser
leurs objectifs nationaux de manière efficace du point de vue
coût. Les mécanismes incluaient un système d’échange des
droits d’émission, une mise en œuvre concertée (JI) des
projets de réduction d’émissions, entre Parties visées à
l’Annexe I, et le Mécanisme pour un Développement Propre (MDP)
visant à encourager les projets conjoints entre les Parties
visées à l’Annexe I et celles non visées à cette même annexe
(les pays en développement).
On laissa aux réunions qui devaient suivre
le soin de fixer la majeure partie des règles et d’arrêter les
détails opérationnels devant déterminer la manière dont les
coupes en matière d'émission seront réalisées et la manière
dont les efforts consentis par les pays seront mesurés et
évalués. Pour entrer en vigueur, le Protocole doit être
ratifié par 55 Parties signataires de la CCCC, notamment des
Parties visées à l’Annexe I représentant au moins 55% du total
des émissions de dioxyde de carbone au titre de l’année 1990.
A ce jour, 96 Parties ont ratifié le Traité, dont 26 Parties
visées à l'Annexe I, représentant un total de 37,4% des
émissions de GES.
LE PLAN D’ACTION DE BUENOS AIRES: Au
cours de la CdP-4 qui se réunit à Buenos Aires, en Argentine,
en novembre 1998, les Parties établirent un programme de
travail visant à la réalisation d'un accord sur les détails
opérationnels du Protocole et le renforcement des mesures de
mise en œuvre de la CCCC elle-même. Dans une décision réputée
comme étant le Plan d’Action de Buenos Aires (PABA), les
délégués s'accordèrent sur une date limite, fixée à la CdP-6,
pour la conclusion de cet accord. Parmi les sujets importants
nécessitant une résolution, figuraient alors celui des règles
devant encadrer les mécanismes, celui du régime de suivi
devant être appliqué pour le contrôle de la mise en conformité
aux obligations par les différents pays, et celui des méthodes
à suivre dans la comptabilité des émissions et des réductions
d’émissions aux niveaux nationaux. Les règles appelées à régir
les crédits en matière de suppression du gaz carbonique, par
le biais des puits de fixation du carbone, devaient être
également traitées. Parmi les questions relevant de la CCCC
nécessitant une résolution, figuraient, entre autres, celles
du renforcement des capacités, de la mise au point et du
transfert des technologies, et de l’aide devant être apportée
aux pays en développement particulièrement sensibles aux
effets adverses des changements climatiques ou des actions
entreprises par les pays industrialisés dans le cadre de la
lutte contre le changement climatique.
LA PREMIERE PARTIE DE LA CdP-6: La
CdP-6 et les treizièmes sessions de reprise des organes
subsidiaires de la CdP-6 se tinrent à La Haye, aux Pays-Bas,
du 13 au 25 novembre 2000. Les positions politiques concernant
les principales questions restèrent tranchées, avec peu de
signes de volonté de compromis. La seconde semaine des
négociations, le Président Jan Pronk (Pays-Bas), tenta de
faciliter la progression sur les nombreux points politiques et
techniques controversés en convoquant des sessions Plénières
informelles de haut niveau. Il regroupa les questions devant
être abordées en quatre ensembles: (a) le renforcement des
capacités, le transfert des technologies, les effets adverses,
et les directives à fournir au mécanisme de financement; (b)
les mécanismes; (c) l'utilisation des sols, les changements
intervenus dans l'utilisation des sols et la foresterie (LULUCF);
et, (d) la mise en conformité aux obligations, les politiques
et mesures (P&Ms), et le travail d'estimation, l'élaboration
des rapports et l'évaluation devant être effectuées dans le
cadre des Articles 5, 7 et 8. Après près de 36 heures
d'intenses pourparlers, les deux derniers jours, les
négociateurs ne parvinrent à aucun accord, les questions ayant
trait au financement, au caractère complémentaire de
l'utilisation des mécanismes, au respect des obligations et au
LULUCF, s'étant avéré particulièrement dures à résoudre. Le
samedi 25 novembre, dans l'apr�s-midi, le Pr�sident Pronk
annon�a que les d�l�gu�s n'ont pas r�ussi � parvenir � un
accord. Les d�l�gu�s d�cid�rent de suspendre la CdP-6 et
firent part de leur volont� de reprendre les travaux au cours
de l'ann�e 2001.
LA DEUXIEME PARTIE DE LA CdP-6: En mars
2001, l'administration am�ricaine r�pudia le Trait�, les
responsables d�clarant qu'ils le consid�raient comme �tant "fatalement
d�fectueux" en ce sens qu'il risquait de causer pr�judice �
leur �conomie et qu'il exemptait les pays en d�veloppement
d'avoir des objectifs � atteindre en mati�re d'�mission. Les
d�l�gu�s se r�unirent de nouveau pour la deuxi�me partie de la
CdP-6 et les quatorzi�mes sessions des organes subsidiaires,
tenues � Bonn, en Allemagne, du 16 au 27 juillet 2001. Au
terme de longues concertations, le Pr�sident Pronk pr�senta sa
proposition de projet de d�cision politique. Plusieurs Parties
annonc�rent qu'elles pouvaient y apporter leur appui, mais des
d�saccords survinrent sur le caract�re que devait rev�tir le
r�gime de mise en conformit� aux obligations. Apr�s plusieurs
journ�es de consultations, les ministres d�cid�rent finalement
d'adopter la d�cision politique d'origine, avec une version
r�vision du chapitre consacr� au th�me de la conformit� aux
obligations. La d�cision politique ou "les Accords de Bonn" �
fut adopt�e officiellement par la CdP, le 25 juillet 2001.
Bien que des projets de d�cisions aient �t�
approuv�s autour de plusieurs questions cl�s, aucun accord ne
put �tre conclu autour des m�canismes, du respect des
obligations et de LULUCF. Comme les libell�s figurant dans le
"paquet" des d�cisions n'ont pas tous �t� parachev�s,
l'ensemble des projets de d�cisions furent transmis � la
CdP-7.
La CdP-7: Les d�l�gu�s se r�unirent
pour la CdP-7 et les quinzi�mes sessions des organes
subsidiaires, � Marrakech, au Maroc, du 29 octobre au 10
novembre 2001. Le principal objectif �tait de terminer les
t�ches non achev�es durant les premi�re et deuxi�me parties de
la CdP-6, et de clore ainsi, le travail accompli durant ces
trois ann�es de n�gociations. Les Accords de Bonn servirent de
plate-forme aux travaux.
Au terme de longs pourparlers bilat�raux et
multilat�raux, un paquet fut propos� sur les LULUCF, les
m�canismes, les Clauses 5, 7 et 8 du Trait�, et sur la
contribution devant �tre apport�e au SMDD, au cours de la
soir�e du jeudi 8 novembre. Le march� fut accept� par la
plupart des groupes r�gionaux, y compris par le G-77/Chine et
l'UE, mais le Groupe 'Umbrella' (alliance informelle de
Parties vis�es � l'Annexe I, comprenant l'Australie, le
Canada, le Japon, la Nouvelle Z�lande et la F�d�ration de
Russie) ne se joint pas au consensus. Ils remirent en
question, entre autres, les conditions d'�ligibilit� et la "bancabilit�"
dans le cadre des m�canismes. Au terme de longues n�gociations,
toutefois, les Accords de Marrakech furent approuv�s, les
principaux traits incluant la consid�ration des Principes
r�gissant LULUCF et la limite de la bancabilit� des unit�s
engendr�es par les puits d'absorption de gaz carbonique, dans
le cadre du MDP.
LES SB-16: Les Parties se r�unirent
pour les seizi�mes sessions des organes subsidiaires, du 5 au
14 juin 2002, � Bonn. La r�union proc�da � l'examen d'un
ensemble de questions laiss�es en dehors de l'ordre du jour,
en raison des n�gociations press�es du PABA. Les points de vue
concernant la direction devant �tre prise par le processus
climatique diff�raient grandement, certaines Parties portant
l'attention sur les d�bats tenus r�cemment et d'autres, �
l'oppos�, mettant l'accent sur la prochaine p�riode
d'engagement. Plusieurs participants firent part de leur
espoir de voir le Trait� entrer en vigueur avant le Sommet
Mondial pour le D�veloppement Durable (SMDD), pr�vu en ao�t
2002, l'UE et le Japon annon�ant leurs ratifications juste
avant le Sommet. Plusieurs projets de d�cisions furent
approuv�s et transmis � la CdP-8 pour examen et adoption.
LES FAITS MARQUANTS DE LA PERIODE
INTERSESSIONS
LE SMDD: Le SMDD se tint du 26 ao�t au
4 septembre 2002, � Johannesburg, en Afrique du Sud. Le SMDD
adopta un texte identifiant la CCCC comme �tant le "principal"
instrument du traitement de la question des changements
climatiques, r�affirmant l'objectif ultime de la CCCC, et
soulignant l'importance de la mise au point de technologies
propres, dans les secteurs cl�s, tels que celui de l'�nergie.
Le Plan de Mise en �uvre de Johannesburg fait �galement
r�f�rence � l'importance de la ratification du Trait� en temps
opportun par les pays qui ne l'ont pas encore fait. Les
d�l�gu�s s'accord�rent aussi sur un libell� identifiant les
actions � entreprendre dans le cadre du traitement des
changements climatiques, telles que celle consistant � fournir
une assistance financi�re et technique aux pays en
d�veloppement et aux pays en transition �conomique.
LES RECENTS DEVELOPPEMENTS: La question
du terrorisme occupant une bonne place dans l'ordre du jour
international, celle de la menace pos�e par les changements
climatiques risque de ne pas �tre la priorit� de l'attention
politique mondiale. Cependant, beaucoup attendent avec
impatience l'entr�e en vigueur du Trait�. Le Canada, la Chine
et la F�d�ration de Russie firent part de leurs intentions de
ratifier le Trait� durant le SMDD et, depuis juin 2002, 22
Parties additionnelles ont ratifi� le Trait�. Avec la
ratification de la Russie, le pourcentage total des �missions
des pays vis�s � l'Annexe I, atteindra 54,8%, soit 0,2% moins
que les 55% requis. Estimant que le Trait� entrera en vigueur
d'ici d�but 2003, les Parties vis�es � l'Annexe I, disposeront
de moins de dix ans pour la concr�tisation de leurs objectifs
en mati�re d'�mission, �tablis pour la premi�re p�riode
d'engagement. La question des futurs engagements fait d�j�
planer une menace sur les n�gociations.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE D'OUVERTURE DE LA CdP: La premi�re r�union de
la Pl�ni�re de la CdP se tiendra ce matin.
REUNION D'OUVERTURE DES SB-17: L'ouverture des travaux
des organes subsidiaires est pr�vue l'apr�s-midi.
Consultez le programme de la journ�e et les tableaux
d'affichage pour les lieux des r�unions. |