|
Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 12 No. 189
Lindi, 12 Novembre 2001
RESUME DE LA SEPTIEME
CONFERENCE DES PARTIES DE LA CONVENTION-CADRE SUR LES
CHANGEMENTS CLIMATIQUES:
29 OCTOBRE - 10 NOVEMBRE 2001
La Septième Conférence des
Parties (CdP-7) de la Convention-Cadre sur les Changements
Climatiques (CCCC) s'est déroulée à Marrakech, au Maroc, du
29 octobre au 10 novembre 2001. Plus de 4400 participants
venus de 172 gouvernements, 234 organisations
intergouvernementales, non-gouvernementales et autres
observateurs, et 166 représentations de média y étaient
présents. La réunion visait à finaliser un accord autour
des détails opérationnels des engagements pris pour la
réduction des émissions des gaz à effet de serre dans le
cadre du Protocole de Kyoto de 1997. Elle visait également à
réaliser un accord sur les actions susceptibles de renforcer
la mise en application de la CCCC. Dans sa tentative de
concrétiser ces objectifs qui, faut-il le rappeler, avaient
été établis en 1998, dans le Plan d'Action de Buenos Aires
(PABA), la CdP-7 a cherché à boucler trois années de
négociations et à parachever les pourparlers restés en
suspens après les première et deuxième parties de la CdP-6,
tenues respectivement à La Haye et à Bonn. Les délégués
devaient utiliser les Accords de Bonn – une déclaration
politique sur les questions en suspens, adoptée au terme de
la deuxième partie de la CdP-6 en juillet 2001 – comme
plate-forme de travail dans leurs efforts visant à parachever
leur mission.
Du 30 octobre au 6 novembre,
les délégués ont travaillé dans des groupes de
négociation, dans des comités de rédaction fermés et dans
des consultations informelles pour tenter de résoudre les
questions en suspens. Parmi ces dernières, il y a lieu de
citer celles ayant trait aux mécanismes retenus dans le cadre
du Protocole, le système de contrôle du respect des
dispositions, la comptabilité, l'élaboration des rapports et
les évaluations devant être menées dans le cadre des
Articles 5 (questions méthodologiques), 7 (communication des
données) et 8 (revue des informations) du Protocole, et le
thème de l'utilisation des sols, des modifications
intervenues dans l'utilisation des sols et de la foresterie
(LULUCF). Des négociations devaient également être menées
autour de projets de décisions de la CdP concernant les pays
les moins avancés (PMA), le Groupe Consultatif d'Experts
(GCE) et la contribution devant être apportée au Sommet
Mondial sur le Développement Durable (SMDD) prévu en 2002.
Les quinzièmes sessions des
organes subsidiaires de la CdP se sont réunis durant la
CdP-7, du 29 octobre au 8 novembre. Les organes subsidiaires
devaient adopter des projets de conclusions autour d'un
certain nombre de thèmes ayant trait notamment aux
communications nationales, aux questions administratives et
financières, et aux questions méthodologiques.
Le mercredi 7 novembre, le
Segment de Haut Niveau de la CdP-7 devait entamer ses travaux
au cours desquels ministres et autres officiels de haut rang
ont cherché à faire aboutir les négociations à une
conclusion probante. Les consultations informelles étaient
modérées par le ministre Valli Moosa (Afrique du Sud) et le
Secrétaire d'Etat Philippe Roch (Suisse). Après de longs
pourparlers bilatéraux et multilatéraux, un accord
d'ensemble englobant le thème de LULUCF, les mécanismes, les
Articles 5, 7 et 8 du Protocole, et la contribution devant
être apportée au SMDD fut proposé au cours de la soirée du
jeudi 8 novembre. Le paquet fut accepté par la plupart des
groupes régionaux et notamment le G-77/Chine et l'UE, mais le
Groupe 'Umbrella' (une alliance de Parties visées à l'Annexe
I englobant le Canada, l'Australie, le Japon, la Fédération
de Russie et la Nouvelle Zélande) décida de ne pas se
joindre au consensus, les points de divergence portant
principalement sur les conditions exigées pour
l'éligibilité et sur la "bancabilité" permise
dans le cadre des mécanismes.
Toutefois, après de
nouvelles négociations menées tout au long de la journée du
vendredi et qui se sont étalées jusqu'au samedi matin, on
parvint à la conclusion d'un accord incluant la conformité
aux dispositions, comme condition préalable à
l'éligibilité, la prise en considération des Principes
régissant le thème de LULUCF dans l'élaboration des
rapports concernant les données qui en relèvent, et une
possibilité limitée de crédit en matière d'unités
engendrées par les puits d'absorption du carbone mis en place
dans le cadre du Mécanisme pour un Développement Propre
(MDP).
BREF HISTORIQUE DE LA CCCC ET DU PROTOCOLE
DE KYOTO
Le Changement Climatique est
considéré comme étant l’une des menaces les plus
sérieuses pesant sur la durabilité de l’environnement de
la planète, sur la santé et le bien-être humain et sur l’économie
mondiale. Les scientifiques s’accordent en général pour
admettre que le climat de la Terre se trouve affecté par
l'accumulation des gaz à effet de serre, tels que celui du
dioxyde de carbone, causée par les activités anthropiques.
Nonobstant des incertitudes qui perdurent, la majorité des
scientifiques estiment que des mesures de précaution sont à
prendre et qu’une action rapide est nécessaire.
La réponse politique
internationale à cette évolution climatique commença à
prendre forme avec l’élaboration de la Convention-Cadre sur
les Changements Climatiques (CCCC). Conclue en 1992, la CCCC
établit un cadre pour l’action visant à stabiliser les
concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre à un
niveau permettant d’empêcher les activités anthropiques
(induites par l’Homme) de donner lieu à des
"interférences dangereuses" avec le système
climatique. La CCCC est entrée en vigueur le 21 mars 1994.
Elle compte aujourd'hui 186 Parties.
LE PROTOCOLE DE KYOTO:
En 1995 le Groupe Spécial sur le Mandat de Berlin est établi
par la CdP-1 pour la réalisation d’un accord sur de
nouvelles mesures en faveur de la lutte contre les changements
climatiques. Au terme d’intenses négociations, les
délégués près de la CdP-3 qui s'est déroulée à Kyoto,
au Japon, en décembre 1997, devaient s’entendre sur un
Protocole, relevant de la CCCC, engageant les pays
industrialisés et les pays en transition vers une économie
de marché, à réaliser des objectifs quantifiés de
décroissement de leurs émissions de gaz à effet de serre.
Ces pays, connus comme étant les Parties visées à l’Annexe
I de la CCCC, se sont ainsi engagés à réduire leurs
émissions globales dans six gaz à effet de serre, de
manière à en abaisser le niveau d’au moins 5% par rapport
à ceux de 1990 et ce, au cours de la période s’étalant
entre 2008 et 2012, et cet engagement était assorti d’objectifs
variant d'un pays à l'autre. Le Protocole établit par
ailleurs trois mécanismes destinés à aider les Parties
visées à l’Annexe I à réaliser leurs objectifs nationaux
de manière efficace du point de vue coût. Les mécanismes
incluaient un système d’échange des droits d’émission,
une mise en œuvre concertée (JI) des projets de réduction d’émissions,
entre Parties visées à l’Annexe I, et le Mécanisme pour
un Développement Propre (MDP) visant à encourager les
projets conjoints entre les Parties visées à l’Annexe I et
celles non visées à cette même annexe (les pays en
développement).
On laissa aux réunions qui
devaient suivre le soin de fixer la majeure partie des règles
et d’arrêter les détails opérationnels devant déterminer
la manière dont les coupes en matière d'émission seront
réalisées et la manière dont les efforts consentis par les
pays seront mesurés et évalués. 84 pays ont signé le
Protocole, mais la plupart attendent l’issue des
négociations menées autour de ces détails opérationnels
pour décider de la ratification ou de la non-ratification.
Pour entrer en vigueur, le Protocole doit être ratifié par
55 Parties signataires de la CCCC, notamment des Parties
visées à l’Annexe I représentant au moins 55% du total
des émissions de dioxyde de carbone au titre de l’année
1990. A ce jour, 40 Parties seulement, dont un pays visé à
l'Annexe I, la Roumanie, ont ratifié le Protocole.
LE PLAN D’ACTION DE BUENOS
AIRES: La CdP-4 se réunit à Buenos
Aires, en Argentine, en novembre 1998, pour établir un
programme de travail visant à parvenir à un accord sur les
détails opérationnels du Protocole et le renforcement de la
mise en œuvre de la CCCC elle-même. Ce programme de travail
fut consigné dans un document intitulé Plan d’Action de
Buenos Aires (PABA). La date limite fixée dans le cadre du
Plan d’Action était la CdP-6, au cours de laquelle les
Parties doivent tenter de parvenir à un accord sur un
ensemble de points. Parmi les sujets importants nécessitant
une résolution, figurent celui des règles devant encadrer
les mécanismes, celui du régime de suivi devant être
appliqué pour le contrôle de la mise en conformité aux
obligations par les différents pays, et celui des méthodes
à suivre dans la comptabilité des émissions et des
réductions d’émissions aux niveaux nationaux. Les règles
appelées à régir les crédits en matière de suppression du
gaz carbonique, par le biais des puits de fixation du carbone,
doivent être également traitées. Parmi les questions
relevant de la CCCC nécessitant une résolution, celles du
renforcement des capacités, de la mise au point et du
transfert des technologies, et de l’aide devant être
apportée aux pays en développement particulièrement
sensibles aux effets adverses des changements climatiques ou
des actions entreprises par les pays industrialisés dans le
cadre de la lutte contre le changement climatique.
Nombre de réunions et de
consultations formelles et informelles furent tenues au cours
des années 1999 et 2000 pour aider à mettre en place les
fondations de l'accord qui devait être conclu à la CdP-6.
Cependant, avec l'approche de la CdP-6, les positions
politiques autour des thèmes clés restèrent tranchées et
on avait peu de signes de volonté de parvenir à quelque
compromis à réaliser une quelconque avancée notoire.
LA PREMIERE PARTIE DE LA
CdP-6: La CdP-6 et les treizièmes
sessions de reprise des organes subsidiaires de la CdP-6 se
tinrent à La Haye, aux Pays-Bas, su 13 au 25 novembre 2000.
Au cours de la seconde semaine des négociations, le
Président de la CdP-6, Jan Pronk, Ministre néerlandais de
l'Habitat, de l'Aménagement du Territoire et de
l'Environnement, tenta de faciliter la progression sur les
nombreux points politiques et techniques controversés en
convoquant des sessions Plénières informelles de haut niveau
consacrées au traitement des questions politiques clés qu'il
avait regroupées en quatre ensembles, comme suit: (a) le
renforcement des capacités, le transfert des technologies,
les effets adverses, et les directives à fournir au
mécanisme de financement; (b) les mécanismes; (c)
l'utilisation des sols, les changements intervenus dans
l'utilisation des sols et la foresterie (LULUCF); et, (d) la
mise en conformité aux obligations, les politiques et mesures
(P&Ms), et l'estimation, l'élaboration des rapports et
l'évaluation devant être effectuées dans le cadre des
Articles 5 (questions méthodologiques), 7 (communication des
données) et 8 (évaluations des informations) du Protocole.
Le jeudi 23 novembre,
cependant, les négociations se retrouvèrent bloquées, et le
Président Pronk, dans une tentative d'encourager la
réalisation d'une percée, fit circuler une Note contenant
ses propositions concernant les principaux sujets. Après
près de 36 heures d'intenses pourparlers autour des
propositions du Président, les négociateurs ne parvinrent
pas à réaliser un agrément, les questions ayant trait au
financement, au caractère complémentaire que doit revêtir
l'utilisation des mécanismes, au respect des obligations et
au thème de LULUCF, s'avérant particulièrement ardues.
L'après-midi du samedi 25 novembre, le Président Pronk
annonça que les délégués n'avaient pas réussi à
réaliser un accord. Les délégués décidèrent de suspendre
la CdP-6, faisant part de leur volonté de reprendre le
travail en 2001.
Un certain nombre de
réunions et de consultations furent conduites après la
première partie de la CdP-6, dans un effort visant à
remettre les négociations sur les rails. Par ailleurs, en
mars 2001, l'administration américaine a fait part de son
opposition au Protocole, arguant qu'à son avis ce dernier
était défectueux, dans la mesure où il risquait fort de
porter préjudice à son économie et qu'il exemptait les pays
en développement d'y apporter leur pleine participation.
LA DEUXIEME PARTIE DE LA
CdP-6: La deuxième partie de la
CdP-6 et les quatorzièmes sessions des organes subsidiaires
de la CCCC eurent lieu à Bonn, en Allemagne, du 16 au 27
juillet 2001. Le jeudi 19 juillet, le segment de haut niveau
de la session de reprise de la CdP-6 fut entamé, les
participants s'efforçant de réaliser une percée en
parvenant à un accord sur une décision "politique"
autour des principales questions en suspens. Le samedi soir,
au terme de longues concertations, le Président Pronk
présenta un projet de décision politique comportant un
accord sur les principaux éléments du PABA. Cependant, en
dépit de l'annonce faite par plusieurs Parties qu'ils
pouvaient apporter leur appui à la décision politique, des
divergences ont fait surface autour du chapitre consacré au
thème du respect des obligations.
Le Président Pronk tint,
autour de ce chapitre, des consultations qui se sont étalées
jusqu'au lundi matin, moment où les ministres ont finalement
décidé d'adopter la décision politique d'origine, datant du
samedi, moyennant une révision du chapitre consacré au
thème du respect des obligations. La décision politique –
ou "les Accords de Bonn" – fut approuvée par les
ministres lors de la Plénière du lundi matin, et fut
formellement adoptée par la CdP au cours de la soirée du
mercredi 25 juillet. Des discussions de haut niveau, tenues
durant le week-end, devaient aboutir à une Déclaration
Politique réalisée par un certain nombre de pays
industrialisés, dans laquelle ils s'engagent à mettre à la
disposition des pays en développement un financement
additionnel pour la couverture des activités entreprises dans
le domaine du changement climatique.
Durant le reste de la
deuxième semaine, les délégués tentèrent d'ôter tous les
crochets qui traînaient depuis la première partie de la
CdP-6, en se basant sur les orientations politiques établies
dans le cadre des Accords de Bonn. Bien que des projets de
décisions aient été approuvés autour de plusieurs
questions clés, les délégués ne parvinrent pas à terminer
leur travail sur les thèmes des mécanismes, du respect des
obligations et de LULUCF. Comme les libellés du
"panier" entier des décisions n'ont pas, tous,
été complétés, l'ensemble des projets de décisions fut
transmis à la CdP-7, durant laquelle les délégués devront
tenter de conclure leurs négociations.
Des projets de décisions
furent approuvés sur plusieurs questions clés, mais les
délégués ne parvinrent pas à terminer leurs travaux autour
des mécanismes, du contrôle du respect des dispositions et
du thème de LULUCF. Les textes inclus dans "le
paquet" de décisions n'ayant pas tous été parachevés,
l'ensemble des projets de décisions fut transmis à la CdP-7
où les délégués devaient tenter de conclure les
négociations. Les libellés en suspens portaient sur les
thèmes de LULUCF, des mécanismes, du respect des
dispositions, des P&M, et des Articles 5, 7 et 8 du
Protocole.
COMPTE RENDU DE LA CdP-7
La Septième Conférence des
Parties (CdP-7) de la CCCC entama ses travaux le lundi 29
octobre 2001. Le Président de la CdP-6, Jan Pronk, ouvrit les
travaux de la CdP-7 en déclarant que les événements du 11
septembre étaient venus jeter une nouvelle lumière sur les
accords internationaux et en notant que les Accords de Bonn
étaient venus témoigner de l'efficacité du
multilatéralisme et de la coopération internationale dans la
résolution des problèmes mondiaux dans le cadre des Nations
Unies. L'orateur se déclara confiant que la CdP-7 sera à
même de compléter le processus de traduction des Accords de
Bonn en un langage juridique qu'elle parviendra à conduire
les travaux autour du Plan d'Action de Buenos Aires (PABA) à
une conclusion probante.
La CdP élit Mohamed
Elyazghi, Ministre Marocain de l'Aménagement du Territoire,
de la Gestion Urbaine, de l'Habitat et de l'Environnement,
Président de la CdP-7. Le Président Elyazghi souhaita aux
délégués la bienvenue au Maroc et signala que c'était là
la toute première fois qu'une réunion de la CdP de la CCCC
était organisée en Afrique. L'orateur remercia le Président
Pronk pour sa persévérance et pour la "marque
indélébile" qu'il a laissée sur le processus.
Des mots de bienvenue furent
également exprimés par Abdelaziz Saâdi, Président du
Conseil Régional de Marrakech, par Omar Jazouli, Président
de la Communauté Urbaine de Marrakech et par Michael Zammit
Cutajar, Secrétaire Exécutif de la CCCC.
Les délégués devaient
ensuite entendre les déclarations, d'ordre général, d'un
certain nombre de Parties. Plusieurs orateurs remercièrent le
Secrétaire Exécutif de la CCCC, Cutajar, le Président de la
CdP-6, Pronk, et le Secrétariat, pour les précieuses
contributions qu'ils ont apportées aux avancées réalisées
dans les négociations. Plusieurs intervenants, dont le
G-77/Chine, l'UE et le Groupe Central des 11 (GC-11, un groupe
de 11 pays d'Europe centrale et de l'Est), apportèrent leur
appui à l'idée de voir l'entrée en vigueur du Protocole,
survenir à temps pour le SMDD.
L'Iran, au nom du
G-77/Chine, apporta son soutien au parachèvement du travail
transmis par la deuxième partie de la CdP-6, ajoutant que ce
n'était pas là le forum approprié pour soulever la question
des engagements nouveaux ou additionnels attendus des pays en
développement. Le Burkina Faso, au nom du Groupe Africain,
mit en relief l'espoir que nourrit la communauté
internationale de voir la CdP-7 aboutir au succès. La Suisse,
au nom du Groupe pour l'Intégrité Environnementale, déclara
que l'étape actuelle des négociations devait être conclue
à la CdP-7, et souligna la nécessité de l'entrée en
vigueur du Protocole. Le Mali, au nom des Pays les Moins
Avancés (PMA) souhaita voir les pays en développement, et
notamment les PMA, bénéficier d'une aide significative.
L'Australie et le Japon accueillirent favorablement
l'intention du Président Elyazghi de mener des consultations
avant le segment ministériel et de présenter un rapport à
la CdP autour du point de l'ordre du jour consacré à la
"deuxième évaluation de l'adéquation de l'Article 4.2
(a) et (b)," et déclarèrent qu'ils souhaitaient la
tenue d'un débat plein autour de thème, à la CdP-8. La
Belgique, au nom de l'Union Européenne, déclara que
l'évaluation des engagements ne devait être débattue ni à
la CdP-7 ni au SMDD, mais seulement après l'entrée en
vigueur du Protocole, soit possiblement à la CdP-8.
LES QUESTIONS
ORGANISATIONNELLES: Le 29 octobre,
le Président Elyazghi rapporta que 42 Parties avaient, jusque
là, ratifié le Protocole de Kyoto et appela le reste des
Parties à en faire de même, à temps pour le SMDD. Au sujet
du règlement intérieur, la CdP décida de continuer
l'application le règlement provisoire (FCCC/CP/2001/6 et
Add.1), à l'exception de la règle 42 (vote). Les
participants procédèrent ensuite à l'adoption de l'ordre du
jour, à l'exception du point concernant "la deuxième
évaluation de l'adéquation de l'Article 4.2(a) et (b) de la
CCCC" (revue des engagements), qui fut laissé en
suspens. La question fut par la suite prise en charge dans des
consultations informelles. On n'y parvint, toutefois, à aucun
accord à ce sujet et le samedi 10 novembre, le Président
Elyazghi informa la CdP que des consultations intersessions
seront tenues et que le point sera inclus dans l'ordre du jour
provisoire des seizièmes sessions des organes subsidiaires
(SB-16).
Après les consultations,
les membres du Bureau de la CdP-7, autres que le Président
furent élus au cours de la Plénière du 9 novembre. Les
Vice-présidents élus étaient: Mohammed Barkindo (Nigeria),
A. Gopinathan (Inde), Mohamed Al-Maslamani (Qatar), Andrej
Kranjc (Slovénie), Alexandre Bedritsky (Fédération de
Russie), Max Rai (Papoua Nouvelle Guinée) et Karsten Sach
(Allemagne). Gonzalo Menendez (Panama) fut désigné
Rapporteur. Raúl Estrada-Oyuela (Argentine) et Halldor
Thoreirsson (Islande) furent nommés respectivement Président
du SBI et Président du SBSTA. La CdP décida également
l'admission, à titre d'observateurs, de l'ensemble des
organisations listées dans le document FCCC/CP/2001/7.
La CdP procéda à la
considération puis à l'adoption du projet de décision
(FCCC/CP/2001/L.23) transmis par le SBI à la CdP, le 8
novembre, concernant les dates et lieu de la CdP-8. La
décision stipule que la CdP-8 se tiendra du 23 octobre au 1er
novembre 2002 et note l'intérêt exprimé par l'Inde pour
l'accueil de cette conférence. Elle requiert, à cet effet,
la conduite de consultations entre le Secrétaire Exécutif et
l'Inde et une notification des résultats d'ici le 24 novembre
2001, au plus tard. Elle requiert du Bureau une prise de
décision sur le lieu de la tenue de la CdP-8, à sa prochaine
réunion prévue en décembre 2001.
Le projet de conclusions
concernant le calendrier des réunions des organes
subsidiaires de la Convention durant la période 2005-2007
(FCCC/CP/2001/CRP.15) fut adopté par le SBI le 8 Novembre,
puis par la CdP, le 9 novembre 2001. La CdP adopta le rapport
concernant les accréditations (FCCC/CP/2001/9), le vendredi 9
novembre.
LA MISE EN APPLICATION DU
PLAN D'ACTION DE BUENOS AIRES: ADOPTION DES DECISIONS DONNANT
EFFECT AUX ACCORDS DE BONN
Les principales questions
traitées au cours de la CdP-7 portèrent sur la mise en
application du PABA. Le chapitre ci-après de ce compte rendu
commence par un synopsis des décisions financières
parachevées au cours de la deuxième partie de la CdP-6 et
adoptées au cours de la COP-7 (NDLR: les détails des
négociations de la deuxième partie de la CdP-6 qui ont
abouties à ces décisions, sont disponibles dans le Bulletin
des Négociations de la Terre Vol.12, No.176.) Le chapitre
donnera ensuite un aperçu sur les discussions de fond et les
décisions concernant les questions qui avaient eu besoin
d'être négociées davantage et parachevées à la CdP-7.
Parmi ces dernières, il y a lieu de citer celles ayant trait
aux mécanismes du Protocole, au respect des dispositions et
aux systèmes de contrôle nationaux, aux ajustements et aux
lignes directrices relevant des Articles 5, 7 et 8 du
Protocole.
LES DECISIONS COMPLETEES ET
TRANSMISES POUR ADOPTION: Huit
projets de décisions concernant les questions financières
avaient été approuvées lors de la deuxième partie de la
CdP-6 et transmis pour adoption par la Plénière de clôture
de la CdP-7. Transmises également, les décisions déjà
approuvées concernant les activités de mise en œuvre
conjointe (AIJ) et concernant l'impact des émissions émanant
des projets particuliers durant la période d'engagement.
Le Renforcement des
Capacités: Le projet de décision
concernant le renforcement des capacités dans les pays en
développement (FCCC/CP/2001/L.2) requiert du Fonds pour
l'Environnement Mondial (FEM), la présentation d'un rapport
sur l'état d'avancement de son soutien à la mise en place du
cadre nécessaire au renforcement des capacités, et encourage
l'entité chargée de l'opération du mécanisme de
financement, l'adoption d'une approche simplifiée et
expéditive dans les activités financières qui se rapportent
au cadre en question. Il requiert par ailleurs de la CdP,
l'utilisation des informations fournies dans les
communications nationales et dans les rapports émanant du FEM
et d'autres agences, pour l'évaluation des progrès
réalisés dans la mise en œuvre du cadre.
Le projet de décision
concernant le renforcement des capacités dans les pays en
transition économique (PTE) (FCCC/CP/2001/ L.3) établit,
dans une annexe, le cadre nécessaire à ce thème. Il
recommande que la CdP/RdP-1 adopte une décision endossant la
mise en place d'un cadre de renforcement des capacités
relevant de la CCCC, parallèle à celui figurant dans
l'annexe. Les deux projets de décisions confèrent effet
immédiat aux cadres mentionnés.
Les Directives devants être
fournies au FEM: Ce projet de
décision (FCCC/CP/2001/L.4/Rev.1) stipule que le FEM doit
fournir des ressources financières aux pays en développement
Parties et en particulier au PMA et aux Petits Etats
Insulaires en Développement (PEID), notamment pour les
activités d'adaptation prévues dans le cadre de la Deuxième
Etape de la mise en application et pour la mise en place de
projets pilotes ou de démonstration destinés à montrer
comment la planification de mesures d'adaptation peut être
traduite en projets concrets. Le projet de décision encourage
par ailleurs le FEM à adopter une approche simplifiée dans
les activités ayant trait au financement de la mise en place
du cadre nécessaire au renforcement des capacités dans les
pays en développement.
La Mise au Point et le
Transfert des Technologies: Le
projet de décision (FCCC/CP/2001/L.10) établit un groupe
d'experts sur le transfert des technologies et requiert du
FEM, la mise à disposition, à travers le fonds spécial pour
la lutte contre les changements climatiques, d'un soutien pour
la mise en place du cadre figurant dans l'annexe du projet de
décision. Le cadre en question établit les arrangements
institutionnels devant encadrer le transfert des technologies
ainsi que le rôle et la composition du groupe d'experts.
Les Effets Adverses:
Les Parties décidèrent de séparer les décisions concernant
les Articles 4.8 (effets adverses) et 4.9 (PMA) de la CCCC, et
l'Article 3.14 (effets adverses) du Protocole. Le projet de
décision concernant la mise en application des Articles 4.8
et 4.9 de la CCCC (FCCC/CP/2001/L.12) stipule que le FEM doit
apporter son soutien aux activités ayant trait à
l'information et aux méthodologies et à celles concernant la
vulnérabilité et l'adaptation. Il y est par ailleurs
décidé que le fonds spécial pour la lutte contre les
changements climatiques et /ou le fonds pour la mise en place
des mesures d'adaptation et autres sources bilatérales et
multilatérales, doivent financer les activités devant être
entreprises dans le cadre des mesures d'adaptation,
d'amélioration des moyens de lutte et de suivi des maladies
et de leurs vecteurs, et celles devant être menées dans le
cadre du renforcement des capacités. Il y est également
décidé d'établir, pour le thème des PMA, un programme de
travail visant: la mise en place de secrétariats nationaux
chargés de la question des changements climatiques et le
renforcement de ceux existants; la fourniture d'une formation
en matière de négociation; et le soutien de l'élaboration
des Programmes d'Action Nationaux d'Adaptation (PANA). La
décision prévoit, en outre, la mise en place d'un Fonds pour
les PMA. Il y est aussi décidé que le FEM, le fonds spécial
pour la lutte contre les changements climatiques et autres
sources bilatérales et multilatérales, doivent financer les
activités devant être entreprises dans le cadre de
l'assistance prévues en faveur des PMA.
Le projet de décision
concernant l'Article 3.14 du Protocole (FCCC/CP/2001/L.13),
décide l'élaboration de lignes directrices permettant
d'aider à déterminer si les Parties visées à l'Annexe I
sont oui ou non en train de fournir des efforts pour la
minimisation des effets adverses, et que les Parties voisées
à l'Annexe II doivent accorder une priorité à l'assistance
devant être fournie aux pays en développement hautement
dépendant de l'exportation et de la consommation des
combustibles fossiles, pour la diversification de leurs
économies.
Le Financement:
Le projet de décision concernant le financement devant être
mis à disposition dans le cadre de la CCCC
(FCCC/CP/2001/L.14) stipule: qu'il est nécessaire de fournir
un financement nouveau et supplémentaires au FEM et aux fonds
multilatéraux et bilatéraux; qu'un financement prévisible
doit être mis à la disposition des Parties non visées à
l'Annexe I; et qu'un fonds spécial pour la lutte contre les
changements climatiques doit être établit. Le projet de
décision concernant le financement des activités devant
être entreprises dans le cadre du Protocole (FCCC/
CP/2001/L.15) établit un fonds pour les mesures
d''adaptation.
Les délégués adoptèrent
par ailleurs les conclusions du SBSTA concernant les
activités de mise en application conjointe (AIJ)
(FCCC/SBSTA/2001/L.15), selon lesquelles le SBSTA prend note
du cinquième rapport de synthèse annuel concernant les AIJ,
invite les Parties à soumettre leurs points de vues
concernant les expériences vécues dans le cadre de phase
pilote et fixe la date butoir de la soumission du sixième
rapport de synthèse annuel, au 17 juin 2002.
LES PROJETS DE DECISIONS
TRANSMIS POUR ELABORATION, FINITION ET ADOPTION:
Des projets de décisions élaborés dans le cadre du PABA
furent transmis à la CdP-7, par la deuxième partie de la
CdP-6, pour poursuite des négociations et finition. Ces
projets de décision portent sur un certain nombre de thèmes
clés, notamment, ceux des Articles 5, 7 et 8 du Protocole, de
LULUCF, des mécanismes, du respect des dispositions et des
politiques et mesures.
Les Articles 5, 7 et 8 du
Protocole: Le groupe de négociation
chargé du traitement des Articles 5, 7 et 8 du Protocole qui
établissent les lignes directrices devant régir
l'élaboration des rapports et l'évaluation des données
concernant du Protocole, se réunit tout au long des deux
semaines de la CdP-7. Le groupe procéda à l'examen d'un
certain nombre de points figurant dans les projets de texte
des lignes directrices devant encadrer l'élaboration des
informations relevant de l'Article 7 et de celle de
l'évaluation devant être effectuée dans le cadre de
l'Article 8, ainsi que des projets de décisions de la CdP-7
et de la CdP/RdP-1, qui s'y rapportent. Le groupe re-visita
brièvement, aussi, puis s'accorda sur les projets de
décision de la CdP-7 et de la CdP/RdP-1 concernant l'Article
5.1 (systèmes nationaux) et concernant la poursuite de
l'élaboration des lignes directrices de l'Article 5.2
(ajustements).
Le groupe était présidé
par Harald Dovland (Norvège). Deux comités de rédaction
furent constitués, pour la présentation de rapport régulier
au groupe de négociation. Helen Plume (Nouvelle Zélande)
présidait le comité de rédaction sur les questions ayant
trait au thème de LULUCF, et le second comité, chargé du
traitement de toutes les autres questions, était coprésidé
par Festus Luboyera (Afrique du Sud) et Newton Paciornik
(Brésil). Au cours du Segment de Haut Niveau, les ministres
résolurent plusieurs questions en suspens, et le 10 novembre,
la CdP adopta quatre décisions. La synthèse ci-après
résume les discussions menées autour des questions avérées
les plus sujettes à controverse et décrit les décisions
prises.
L'Utilisation des Sols, les
Modifications Intervenues dans l'utilisation des Sols et la
Foresterie: Au sujet des Article 3.3
(afforestation, déforestation et reforestation) et 3.4
(activités additionnelles) du Protocole, le G-77/Chine
introduisit dans les lignes directrices relevant de l'Article
7, des projets de paragraphes requérant des Parties, la
soumission de données sur la manière dont l'élaboration des
rapports concernant ces activités tient compte des Principes
ayant trait au thème de LULUCF, retenus ans les Accords de
Bonn. L'Australie mit en garde contre le risque de voir le
projet de texte des lignes directrices contenir davantage de
détails que les Accords eux- mêmes et souligna la
nécessité de confier la détermination de ces détails, au
GIEC, dans ses lignes directrices consacrées aux bonnes
pratiques.
Au terme d'un long débat,
qui inclut des propositions de compromis émanant d'un certain
nombre de Parties et du Président Dovland, le paquet relatif
au thème de LULUCF concernant les lignes directrices relevant
des Articles 5, 7 et 8 fut transmis aux ministres, pour
résolution. Au cours des négociations, il fut décidé,
comme faisant partie intégrante du paquet, que dans
l'élaboration des rapports concernant les données ayant
trait aux inventaires des gaz à effet de serre, chacune des
Parties doit fournir des informations sur les émissions de
gaz à effet de serre d'origine anthropique, par source et sur
les suppressions réalisées, par puits d'absorption,
relevées dans le cadre du thème de LULUCF en vertu de
l'Article 3.3 et, si retenu, de l'Article 3.4, telles
qu'élaborées dans les lignes directrices régissant les
bonnes pratiques, conformément aux décisions pertinentes de
la CdP/RdP concernant le thème de LULUCF. Les estimations
relatives aux puits d'absorption de carbone doivent inclure,
entre autres, les informations concernant la manière dont les
méthodes d'inventaire ont été appliquées, en tenant compte
des lignes directrices du GIEC, ayant trait aux bonnes
pratiques dans le domaine de LULUCF approuvées par la CdP, et
des Principes régissant le thème de LULUCF, ainsi que les
données permettant de s'assurer que les unités qui s'y
rapportent sont identifiables. Des données doivent également
être fournies pour signaler si, oui ou non, les effets
induits de manière indirecte par l'élément humain sont
exclus, et pour rendre compte, pour ce qui est des activités
relevant respectivement de l'Article 3.3 et de l'Article 3.4,
de la manière dont leurs traits déterminants dégagés du
Protocole et notamment de la référence "depuis
1990," sont démontrés.
L'Eligibilité à
l'Utilisation des Mécanismes: Au
sujet de l'éligibilité à l'utilisation des mécanismes, le
Japon proposa l'insertion d'un libellé prévoyant une
procédure expéditive pour l'évaluation du rétablissement
de l'éligibilité à l'utilisation des mécanismes, la
qualifiant de question d'importance cruciale pour les pays.
Plusieurs Parties firent part de leur préoccupation
concernant le manque de temps pour l'examen de ce sujet. Le
texte de la décision fut approuvé moyennant quelques
amendements mineurs.
Au sujet de la perte de
l'éligibilité à l'utilisation des mécanismes pour motif de
non soumission des rapports dus, les Parties s'accordèrent
sur une proposition d'accord d'ensemble avancée par l'UE et
incluant une perte de l'éligibilité déclenchée par: la non
soumission d'un inventaire; et le dépassement des seuils
spécifiques retenus dans l'Annexe A. Au sujet de
l'élaboration des rapports concernant le thème de LULUCF,
les ministres parvinrent à un compromis en demandant au SBSTA
de déterminer des critères définissant le manquement à la
soumission des données concernant les activités relevant des
Articles 3.3 et 3.4, similaires au critères retenus pour les
diverses catégories de sources dans l'Annexe A, après le
travail sur les bonnes pratiques dans le domaine de LULUCF, en
vue de recommander une décision de la CdP/RdP-1.
La Complémentarité:
Au sujet du caractère complémentaire que doit revêtir
l'utilisation des mécanismes, les délégués exprimèrent
des points de vue divergents sur le point de savoir si, oui ou
non, la fourniture des données devait être obligatoire. La
Chine introduisit une proposition spécifiant l'objectif de la
réduction des disparités entre les émissions par habitant,
des pays industrialisés et des pays en développement. Les
Etats-Unis, appuyés par le Canada, s'opposèrent à la
traduction du libellé du préambule des Accords de Bonn, en
paragraphe opérationnel. L'UE fit état des problèmes posés
à l'élaboration de tels rapports, notamment l'absence de
données pertinentes concernant les pays en développement.
Les ministres décidèrent de renoncer à ce paragraphe et
s'accordèrent sur le fait que les Parties
"présenteront" un rapport sur la complémentarité.
Ils décidèrent, cependant, que le manquement à la
soumission des rapports ne déclencherait pas la perte de
l'éligibilité à l'utilisation des mécanismes.
Les Effets Adverses:
Au sujet de l'Article 3.14 (effets adverses) du Protocole, le
Président Dovland nota que les options offertes impliquaient
la question de savoir si, oui ou non, des problèmes
rencontrés dans l'élaboration des rapports doivent donner
lieu à un non respect des dispositions et à une perte de
l'éligibilité à l'utilisation des mécanismes. Le Japon,
avec un certain nombre d'autres Parties visées à l'Annexe I
mais contré par le G-77/ Chine, indiqua qu'il ne considérait
pas l'élaboration des rapports relevant de l'Article 3.14
comme étant obligatoire, et qu'il ne pouvait accepter
l'établissement d'un lien quelconque avec l'éligibilité à
l'utilisation des mécanismes. Après la conclusion des
négociations autour du thème du contrôle du respect des
dispositions et la décision stipulant que les questions de
mise en application figurant dans l'Article 3.14 doivent être
traitées par la branche chargée de la facilitation, le
Président Dovland avança une proposition portant sur
l'ensemble des questions ayant trait à l'Article 3.14, selon
laquelle les problèmes rencontrés dans l'élaboration des
rapports ne déclencheraient pas une perte de l'éligibilité
à l'utilisation des mécanismes. Le Japon, l'Australie et le
Canada firent part de leurs réserves concernant le caractère
contraignant du libellé concernant l'élaboration des
rapports sur la mise en application de l'Article 3.14. Les
participants ne parvinrent pas à s'accorder sur la
proposition et la question fut déférée aux ministres qui,
plus tard, décidèrent que les conditions contraignantes
exigées dans l'élaboration des rapports ne déclencheront
pas une perte de l'éligibilité à l'utilisation des
mécanismes.
Les Décisions de la CdP:
La CdP adopta quatre décisions concernant les lignes
directrices devant encadrer les systèmes nationaux prévus
dans le cadre de l'Article 5.1, les lignes directrices
régissant les bonnes pratiques et les ajustements relevant de
l'Article 5.2, les lignes directrices retenues pour l'Article
7 et celles retenues pour l'Article 8. Les décisions devaient
englober celles prises par la CdP/RdP-1 et, à l'exception de
l'Article 5.2, les projets de lignes directrices figurant en
annexe.
La décision concernant
l'Article 5.1 (FCCC/CP/2001/L.18) recommande que la CdP/RdP-1
adopte les lignes directrices figurant en annexe, et encourage
les Parties à les mettre en application dans les meilleurs
délais possibles, en vue d'acquérir une expérience et
d'aider les Parties en transition économiques dans la mise en
œuvre de leurs lignes directrices.
La décision concernant
l'Article 5.2 (FCCC/CP/2001/L.19) requiert du Secrétariat,
l'organisation, avant la SBSTA-16, d'un atelier consacré à
l'élaboration du projet des lignes directrices techniques
devant encadrer les méthodologies d'ajustement. Elle requiert
également du SBSTA, de parachever les lignes directrices
techniques, pour considération à la CdP-9, et décide
d'élaborer de telles lignes directrices pour le secteur de
LULUCF, après les travaux pertinents du GIEC, pour
considération à la CdP-10.
La décision concernant
l'Article 7 (FCCC/CP/2001/L.28):
-
requiert du SBSTA,
l'élaboration des critères devant régir le manquement
à la soumission des données concernant les activités
prévues dans le cadre des Articles 3.3 et 3.4, similaires
à ceux retenus pour les diverses catégories de sources
dans l'Annexe A, après les travaux sur les bonnes
pratiques en matière de LULUCF;
-
requiert de la SBSTA-16,
la poursuite de l'élaboration des chapitres consacrés à
l'information concernant les quantités assignées et
celle concernant les registres nationaux (contenus dans un
appendice attaché à la décision), en tenant compte de
la décision de la CdP concernant l'Article 7.4
(quantités assignées); et,
-
encourage les Parties à
présenter leurs rapports d'ici le 1er janvier 2006, pour
permettre l'évaluation des progrès d'ici 2005, et
requiert de la SBSTA-16 à poursuivre l'examen de la
question en vue de recommander une décision à la CdP-8.
La décision concernant
l'Article 8 (FCCC/CP/2001/L.29):
-
requiert de la SBSTA-17,
la détermination des voies et moyens de s'assurer de la
compétence des équipes d'experts d'évaluation (EEE) et
invite les Parties à soumettre leurs points de vue sur ce
sujet;
-
requiert de la SBSTA-17,
l'élaboration des termes de service des principaux
évaluateurs des EEE, et invite les Parties à soumettre
leurs points de vue, et le Secrétariat, à préparer un
document sur les options offertes pour les termes de
service;
-
requiert de la SBSTA-17,
la considération des options offertes quant au traitement
des données confidentielles, et du Secrétariat,
l'élaboration d'une analyse des pratiques en vigueur dans
d'autres organes de traités internationaux, et invite les
Parties à soumettre leurs points de vue;
-
décide qu'il y aura une
procédure expéditive pour l'étude du rétablissement de
l'éligibilité à l'utilisation des mécanismes, et
invite les Parties à soumettre leurs points de vue,
compte tenu des éléments figurant dans l'appendice
attaché à la décision;
-
requiert de la SBSTA-16
de poursuivre l'élaboration des Chapitres III et V des
lignes directrices devant encadrer l'évaluation des
informations concernant les quantités assignées et
celles concernant les registres nationaux (tels que
figurant dans l'appendice attaché à la décision), ainsi
que toute question additionnelle décidée par le SBSTA;
et,
-
requiert de la SBSTA-16,
l'élaboration des procédures, du calendrier et des
éléments devant figurer dans les rapports concernant le
rétablissement de l'éligibilité à l'utilisation des
mécanismes, compte tenu de la décision concernant
l'Article 7.4.
L'Utilisation des Sols, les
Modifications Intervenues dans l'Utilisation des Sols et
Foresterie: Au cours du Segment de
Haut Niveau, les ministres procédèrent à l'examen et la CdP
adopta une proposition avancée par la Fédération de Russie.
Selon la décision (FCCC/CP/2001/L.30), la CdP a décidé que
la quantité assignée à la Fédération de Russie, pour les
activités menées dans le cadre de la gestion forestière, en
vertu de l'Article 3.4 du Protocole, ne dépassera pas les 33
mégatonnes de carbone par an, multipliés par cinq. Au sujet
d'un point en rapport, la CdP prit note de la lettre émanant
de la Croatie concernant l'unité devant être retenue pour la
gestion forestière en vertu de l'Article 3.4 et requiert que
ce point soit examiné aux SB-16.
Les Mécanismes:
Les délégués se réunirent du 30 octobre au 6 novembre,
dans un groupe de négociation coprésidé par Raúl
Estrada-Oyuela (Argentine) et Kok Kee Chow (Malaisie). Le
groupe se réunit pour procéder à l'examen des principales
questions politiques et techniques en suspens, dégagées des
Accords de Bonn et ayant rapport avec l'Article 6 (mise en
application conjointe), l'Article 12 (MDP), l'Article 17
(échange des droits d'émission) et l'Article 7.4 (quantités
assignées). Parmi les questions cruciales abordées touchant
à la fois aux modalités et aux règles devant encadrer les
mécanismes et à l'Article 7.4, il y a lieu de citer celles
concernant: les liens entre le respect des dispositions et
l'éligibilité à l'utilisation des mécanismes; la
soumission de rapports et l'éligibilité aux mécanismes; la
fongibilité et le dépôt en compte des unités; les
principes devant régir les puits d'absorption de carbone et
le MDP. Le groupe de négociation s'appuya sur un papier
officieux des Coprésidents consacré aux questions ayant
trait aux procédures devant encadrer les mécanismes, suivi
d'un nouveau projet de texte intégrant les mécanismes avec
les positions des groupes régionaux concernant l'Article 7.4.
Du 7 au 10 novembre, de longues négociations bilatérales et
multilatérales de haut niveau furent menées en vue de
parvenir à un accord d'ensemble sur ces questions en suspens,
qui restèrent non résolues jusqu'au matin du samedi 10
novembre, moment où un marché put enfin être conclu sur la
question des mécanismes.
La Mise en Application
Conjointe: Durant les négociations
autour de l'Article 6, l'UE, le Groupe 'Umbrella' et le
G-77/Chine avancèrent des positions divergentes à l'égard
des questions concernant:
-
les critères devant
régir les points de référence et le suivi;
-
l'accréditation et les
procédures de vérification;
-
les responsabilités du
Comité de Supervision, sa composition, l'élection de son
Président et de son Vice-président, son processus
décisionnel et la couverture des coûts de la
participation de ses membres issus des pays en
développement Parties;
-
les conditions
d'éligibilité ayant rapport avec les procédures et les
mécanismes devant régir le respect des dispositions;
-
le démarrage précoce
des projets et leur éligibilité aux unités de
réduction des émissions (URE) à partir de 2008; et
-
les coûts
administratifs.
Toutes ces questions furent
transmises aux ministres pour considération, puis résolue
durant les négociations menées du 7 au 10 novembre.
Le Mécanisme pour un
Développement Propre: Avant le
Segment de Haut Niveau, les Parties étaient parvenues à un
accord sur les normes devant être appliquées à
l'accréditation des entités opérationnelles du MDP et sur
une proposition avancée par l'UE appelant à l'élaboration,
avant la SBSTA-16, des définitions et des modalités devant
encadrer l'intégration de l'afforestation et de la
reforestation dans le MDP. Plusieurs points restèrent
cependant non résolus, en raison de la divergence des points
de vue sur les conditions exigées pour l'éligibilité à
l'utilisation du MDP. Le Groupe 'Umbrella' fit part de ses
réserves quant au lien suggéré entre respect des
dispositions et éligibilité à la participation dans les
mécanismes, et requit que le libellé soit maintenu entre
crochets comme figurant dans le procès-verbal du rapport de
la deuxième partie de la CdP-6. Le Coprésident Estrada
précisa que le texte utilisé par les Coprésidents était
tiré directement des Accords de Bonn et que la décision des
ministres devait être retenue. Le Canada mit en relief un
certain nombre d'inconsistances dans le texte des Accords de
Bonn, qualifiées par le Président de la CdP-6, Pronk, de
"clash" entre l'objectif du texte consacré au
thème des mécanismes et celui du texte consacré au thème
du respect des dispositions. Au sujet des questions ayant
trait à l'Annexe consacrée aux modalités et aux procédures
devant encadrer le MDP, les Parties procédèrent à l'examen
des conditions exigées pour l'enregistrement des unités de
réduction d'émission certifiées (REC) dans les comptes en
instance. Les Parties adoptèrent le projet de texte sous
réserve de pouvoir revisiter la question, après la
considération de l'Article 7.4.
Au sujet du projet de
décision de la CdP concernant les principes, le caractère et
la portée des mécanismes, le Canada et le Japon, contrés
par l'UE, le G-77/Chine et l'Alliance des Petits Etats
Insulaires (AOSIS), proposèrent la suppression du libellé
soulignant que l'intégrité environnementale doit être
réalisée à travers l'application de modalités, règles et
lignes directrices rationnelles aux mécanismes, l'encadrement
du LULUCF par des principes et des règles stricts, et
l'adoption d'un régime fort de contrôle du respect des
dispositions. Après un certain débat, le texte d'origine fut
retenu, moyennant le remplacement du terme "stricts"
par les termes "rationnels et rigoureux." Au cours
de l'examen du projet de décision de la CdP/RdP en rapport,
le Coprésident Chow suggéra la suppression du paragraphe
stipulant que les dispositions relatives à l'utilisation des
mécanismes s'appliqueront aux Parties agissant dans le cadre
de l'Article 4 (mise en œuvre conjointe), de manière
individuelle, sachant qu'à Bonn, une certaine souplesse,
concernant le caractère complémentaire qu'ils doivent
revêtir, avait été accordée à quelques pays en échange
de la suppression du libellé portant sur l'Article 4.
L'Australie, le Canada et le Japon s'opposèrent à cette
suppression, arguant, entre autres, que les questions plus
larges de transparence et de bonne gouvernance étaient
impliquées. Ces sujets furent négociés et résolus par les
ministres au cours des pourparlers menés du 7 au 10 novembre.
L'Echange des Droits
d'Emission: Dans les négociations
autour de l'Article 17, les Parties ne parvinrent pas à
s'accorder sur plusieurs éléments ayant trait à la réserve
de la période d'engagement et notamment au point de savoir
s'il fallait, oui ou non, prendre en considération les URE et
les REC, au titre de la première période d'engagement. Le
Groupe 'Umbrella' déclara que, dès l'établissement de leurs
quantités assignées et jusqu'à l'expiration de la période
additionnelle accordée pour la concrétisation des
engagements, les Parties ne "devraient" pas opérer
des transferts aboutissant à des effets en portefeuille
inférieurs au niveau de réserve requis au titre de la
période d'engagement. L'UE, le G-77/ Chine, l'AOSIS et la
Suisse souhaitèrent utiliser plutôt: ne "devront"
pas. La Suisse nota la nécessité de conditions obligatoires
pour le maintien de l'intégrité des Accords de Bonn. Ce
sujet fut transmis aux ministres et résolu durant les
négociations menées du 7 au 10 novembre.
Les Quantités Assignées:
S'agissant de la question des quantités assignées, un papier
officieux des Coprésidents portant sur les modalités et les
lignes directrices devant encadrer l'Article 7.4 et élaboré
suite à la soumission des propositions des Parties, fut
examiné par le comité de rédaction présidé par Murray
Ward (Nouvelle Zélande). Le Coprésident Estrada souligna que
le papier officieux visait à permettre la réalisation d'un
compromis acceptable sur les points de divergence, notamment
ceux concernant les unités de suppression, la fongibilité,
la mise en compte, le report et les conditions
d'éligibilité. Le G-77/Chine fit part de sa volonté
d'utiliser le papier officieux comme plate-forme de travail,
notant toutefois le manque de temps pour son examen
détaillé.
A partir du mardi 6
novembre, les Coprésident menèrent des consultations
informelles bilatérales en vue de produire, sur le thème des
mécanismes, un nouveau texte acceptable à toutes les
Parties. Au cours de ces consultations, des avancées furent
réalisées sur les questions ayant trait à la réserve de la
période d'engagement, au registre des transactions, et à la
définition des unités et notamment des "RMU".
D'important points de divergence étaient encore non résolus,
notamment ceux concernant la mise en compte, le report et les
conditions d'éligibilité. Les Parties décidèrent de
transmettre le nouveau texte des Coprésidents concernant le
thème des mécanismes, aux consultations de haut niveau,
sachant que de nombreux pays n'avaient pas approuvé le projet
de texte.
Le Secrétaire d'Etat
Philippe Roch (Suisse) et le Ministre Valli Moosa (Afrique du
Sud) modérèrent les consultations menées avec les groupes
régionaux, les 8 et 9 novembre, autour du papier officieux
transversal des Coprésidents du groupe chargé du thème des
mécanismes. Le 9 novembre, les Parties étaient parvenues à
réduire le nombre des questions posées à l'éligibilité
dans son rapport au régime de contrôle du respect des
dispositions, à la soumission de données ou d'inventaire
concernant le thème de LULUCF, aux conditions exigées pour
la réserve de la période d'engagement, et au report, à la
mise en compte et à la fongibilité des crédits, le Groupe
'Umbrella' rejetant l'accord d'ensemble potentiel élaboré
par les co-modérateurs. Une solution de compromis accommodant
quelques-unes des positions du Groupe 'Umbrella' fut enfin
approuvée le 10 novembre.
Les Décisions et
Conclusions de la CdP: Un accord
d'ensemble final sur les mécanismes et l'Article 7.4 fut
réalisé le 10 novembre, certaines Parties adoptant les
décisions concernant le programme de travail, les principes,
le caractère et la portée des mécanismes
(FCCC/CP/2001/L.24) qui stipulent, entre autres: que
l'éligibilité d'une Parties donnée visée à l'Annexe I, à
la participation dans les mécanismes, dépendra de son
respect des conditions en matière de méthodologies et
d'élaboration de rapports, exigées en vertu des Articles
5.1, 5.2, 7.1 (inventaires) et de l'Article 7.4 du Protocole,
conformément aux dispositions pertinentes; et de
assujettissement aux procédures régissant le contrôle du
respect des dispositions du Protocole. La CdP adopta
également les lignes directrices devant encadrer la mise en
application de l'Article 6 (FCCC/CP/2001/L.24/Add.1), les
modalités et les procédures régissant le mécanisme pour un
développement propre (FCCC/CP/ 2001/L.24/Add.2) et les
modalités et les lignes directrices devant encadrer
l'échange des droits d'émission (FCCC/CP/2001/L.24/ Add.3).
La CdP adopta par ailleurs
la décision concernant les modalités devant encadrer la
comptabilité des quantités assignées dans le cadre de
l'Article 7.4. (FCCC/CP/2001/L.25), laquelle: requiert du
SBSTA, l'élaboration des normes techniques permettant de
s'assurer d'un échange de données exactes et efficaces entre
les registres nationaux, le registre du MDP et le livre des
transactions, en vue d'établir un registre de transactions
avant la deuxième session de la CdP/RdP; et stipule que
chacune des Parties visées à l'Annexe I soumettra au
Secrétariat des rapports sur le calcul des quantités
assignées, conformément aux dispositions des Articles 3.7
(quantités assignées) et 3.8 (année de référence
utilisée pour les autres gaz à effet de serre), sur les URE,
les REC, les unités de la quantité assignée (UQA) et les
unités de la suppression (RMU), encore valides pour la
période d'engagement additionnelle et pour la publication de
la compilation annuelle finale des émissions des Parties
visées à l'Annexe I. S'agissant de la question des
mécanismes en rapport, la CdP-7 procéda à l'élection du
Comité Exécutif du MDP.
Le Contrôle du Respect des
Dispositions: Les questions en
suspens concernant ce thème furent débattues au sein d'un
groupe de négociation ainsi que dans un comité de rédaction
fermé Coprésidé par Tuiloma Neroni Slade (Samoa) et Harald
Dovland (Norvège). Les délégués se servirent, comme
plate-forme de travail, du papier officieux des Coprésidents
concernant l'état d'avancement des négociations autour des
procédures et des mécanismes devant encadrer le contrôle du
respect des dispositions du Protocole. Le groupe de
négociation se réunit les 30 et 31 octobre puis le 6
novembre. Le comité de rédaction se réunit, quant à lui,
du 1er au 6 novembre. En outre, les délégués
menèrent une série de consultations informelles bilatérales
entre les groupes régionaux, en vue de traiter un certain
nombre de ces questions, et une série de concertations autour
du projet de décision de la CdP-7, modérées par Everton
Vargas (Brésil). Le 6 novembre, un accord d'ensemble conclu
entre l'UE et le Groupe 'Umbrella' forma une plate-forme pour
l'accord général devant être réalisé entre toutes les
Parties. Plus tard, au cours de cette même journée, les
Coprésidents présentèrent à la Plénière, un rapport sur
l'accord conclus. La décision, y compris l'annexe qui lui est
attaché et renfermant les procédures et les mécanismes
devant encadrer le contrôle du respect des dispositions du
Protocole, fut adoptée par la CdP, le 9 novembre.
Le résumé ci-après
présente une synthèse des négociations autour du thème du
contrôle du respect des dispositions, focalisée sur les
questions les plus controversées auxquelles les délégués
furent confrontés, notamment, celles concernant: la décision
de la CdP et les éléments de l'accord d'ensemble conclu
entre l'UE et le Groupe 'Umbrella'.
Les discussions autour de la
décision de la CdP reflétèrent des divergences sur le
caractère juridiques des sanctions applicables par la branche
chargée de la mise en application. Pour le G-77/ Chine, à
Bonn, les ministres s'étaient entendus sur des conséquences
contraignantes, l'unique point déféré à la CdP/RdP-1
étant celui du mode d'adoption. L'UE affirma que le consensus
réalisé au niveau ministériel avait porté sur la
nécessité d'un système contraignant applicable à toutes
les Parties et assorti de conséquences contraignantes. Ce qui
était resté ouvert et déféré à la CdP/RdP-1, fut le
point de savoir si les conséquences devaient, oui ou non,
être juridiquement contraignantes, au titre du droit
international, et que cela allait dépendre du mode d'adoption
qui sera choisi par les Parties signataires du Protocole. Le
Canada, avec l'Australie et la Fédération de Russie,
indiqua, pour sa part, que la question des conséquences
juridiques contraignantes avait été déférée à la
CdP/RdP-1. Plusieurs textes alternatifs à la proposition des
Coprésidents furent avancés par l'UE et le Groupe 'Umbrella'
et débattus au sein du comité de rédaction ainsi que dans
des consultations informelles. Le texte de compromis proposé
par Vargas et approuvé le 6 novembre, comprend un préambule
"notant qu'il revenait à la CdP/RdP de décider de la
forme juridique des procédures et des mécanismes devant
régir le contrôle du respect des dispositions."
Les éléments constitutifs
de l'accord d'ensemble conclus entre l'UE et le Groupe
'Umbrella' étaient axés sur quatre aspects: le
déclenchement de Partie à Partie, le recours en appel, le
rétablissement de l'éligibilité et le plan d'action devant
être adopté pour le contrôle du respect des dispositions.
La nécessité d'un processus menant au rétablissement de
l'éligibilité à l'utilisation des mécanismes fut plaidée
par le Japon, à la fois dans le cadre du mandat de la branche
chargée de la mise en application et celui des dispositions
concernant la procédure expéditive. Le texte approuvé
concernant les procédures et les mécanismes devant régir le
contrôle du respect des dispositions prévoit deux processus
menant au rétablissement de l'éligibilité. Le premier,
applicable dans les circonstances où l'éligibilité est
suspendue pour manquement aux conditions d'éligibilité. Le
second applicable aux cas où la suspension de l'éligibilité
à opérer des transferts dans le cadre de l'Article 17, est
due au dépassement, par une Partie donnée, de la quantité
qui lui est assignée. Dans l'accord final, on décida que les
deux processus pouvaient être déclenchés à travers les
rapports des EEE, ainsi que, de manière directe, par la
Partie concernée.
L'octroi d'une possibilité,
pour le Comité chargé du Contrôle du Respect des
Dispositions, de recevoir d'une Partie donnée, des questions
touchant à la mise en application et concernant une tierce
Partie, fut appuyé par le G-77/Chine et l'UE et contré par
l'Australie et la Fédération de Russie. Les arguments
avancés par ces pays étaient que le déclenchement de Partie
à Partie présentait la potentialité de créer des scissions
entre les Parties et qu'il risquait éventuellement d'être
utilisé à d'autres fins, et que les rapports des EEE
offraient un processus de déclenchement complet. Dans
l'accord d'ensemble conclus, les Parties s'accordèrent sur le
maintien du déclenchement de Partie à Partie.
L'un des éléments du texte
proposé fut contré par l'Australie. Le représentant
suggéra que la décision de la branche chargée de la mise en
application devienne effective dès lors qu'un recours en
appel n'est pas engagé. L'UE, de son côté, proposa que les
décisions restent tributaires du résultat du recours en
appel. Les Parties parvinrent à s'accorder sur un texte
prévoyant à la fois que la décision de la branches chargée
de la mise en application restera tributaire de celle qui
émanera du recours en appel, et qu'elle sera effective si,
après 45 jours, aucun recours en appel n'a été engagé à
son encontre.
Le chapitre consacré aux
conséquences applicables par la branche chargée de la mise
en application, en particulier, celle ayant trait à
l'élaboration d'un plan d'action de mise en conformité
prévue en cas de non-respect des dispositions des Articles
5.1, 5.2, 7.1, et 7.4, constitua également un élément de
l'accord d'ensemble conclus entre l'UE et le Groupe
'Umbrella'. Le Japon déclara avoir des difficultés avec le
concept d'un plan d'action de mise en conformité, et le
Canada déclara avoir des réserves concernant le libellé
stipulant que "d'autres conséquences" pouvaient
être décidées par la branche chargée de la mise en
application. L'accord d'ensemble donne aux Parties davantage
de souplesse quant à la date butoir de la soumission du plan
d'action de mise en conformité et quant au calendrier de la
soumission des rapports sur l'état d'avancement des travaux,
mais ne prévoit plus la possibilité d'autres conséquences,
décidées par la branche chargée de la mise en application.
Au sujet des autres
questions sujettes à controverse débattues à la CdP-7, les
Parties décidèrent que:
-
les questions de mise en
application relevant de l'Article 3.14 (effets adverses)
ainsi que celles concernant le caractère complémentaire
que revêtir l'utilisation des mécanismes sont du ressort
de la branche chargée de la facilitation;
-
le comité chargé du
contrôle du respect des dispositions doit tenir compte
d'un certain "degré de souplesse" pour les
'EIT', et que ces pays peuvent, à l'instar de n'importe
quelle Partie, bénéficier d'une assistance financière
et technique;
-
dans l'exercice de ses
responsabilités, la branche chargée de la facilitation
tiendra compte du principe des responsabilités communes
mais différenciées et des capacités respectives, ainsi
que des circonstances particulières aux cas qui lui est
soumis;
-
les audiences de la
branche chargée de la mise en application seront
publiques et les données examinées par la branche
chargée de la mise en application ou par la branche
chargée de la facilitation seront rendues publiques, à
moins qu'il n'en soit décidé autrement par la branche
concernée; et
-
la durée de la période
additionnelle accordée pour la concrétisation des
engagements est de 100 jours.
La décision de la CdP, y
compris l'annexe consacrée aux procédures et aux mécanismes
devant régir le contrôle du respect des dispositions du
Protocole, fut adoptée lors de la Plénière du 9 novembre.
La Décision de la CdP:
La décision (FCCC/CP/2001/L.21):
-
note qu'il revient à la
CdP/RdP de décider de la forme juridique que doivent
revêtir les procédures et les mécanismes régissant le
contrôle du respect des dispositions;
-
adopte procédures et
les mécanismes régissant le contrôle du respect des
dispositions figurant en annexe; et
-
recommande que la
CdP/RdP-1 adopte ces derniers en vertu de l'Article 18.
L'annexe prévoit:
-
qu'un Comité chargé du
contrôle du respect des dispositions est établi et qu'il
fonctionne à travers une branche chargée de la
facilitation et une branche chargée de la mise en
application;
-
que la branche chargée
de la facilitation a la responsabilité de fournir
conseils et facilitation à toutes les Parties, à travers
la facilitation d'une assistance financière et technique
ou la formulation de recommandations;
-
que la branche chargée
de la mise en application a la responsabilité de
déterminer si, oui ou non, telle ou telle Partie visée
à l'Annexe I est en conformité avec l'Article 3.1
(quantités assignées), les conditions exigées en
matière de méthodologie et d'élaboration de rapports,
dans le cadre des Articles 5.1, 5.2, 7.1 et 7.2, et des
conditions d'éligibilité à l'utilisation des
mécanismes; et,
-
que les sanctions
applicables par la branche chargée de la mise en
application englobent: une déclaration de
non-conformité; la soumission d'un plan d'action de mise
en conformité; la déduction de la quantité assignée à
une Partie donnée, au titre de la deuxième période
d'engagement d'un certain nombre de tonnes, équivalent à
1.3 fois la quantité en tonnes, des émissions en excès;
et la suspension de l'éligibilité à l'utilisation des
mécanismes.
Les Politiques et Mesures:
Au cours de la réunion du SBSTA du 30 octobre, le Président
Dovland nota le récent atelier tenu sur le thème des
P&M, suggéra que les discussions approfondies autour de
cette question soient déférées à la SBSTA-16, et indiqua
qu'il produira un projet de conclusions.
Les conclusions furent
présentées au SBSTA le 6 novembre. L'Arabie Saoudite,
contrée par la Pologne, la Suisse, la République
CentrAfricaine et le Canada, plaida pour la suppression du
paragraphe invitant les Parties à considérer et à soumettre
leurs points de vue concernant l'atelier et concernant
l'action à poursuivre pour l'avancement des travaux sur les
P&M. Après un certain débat, les conclusions proposées
par Dovland furent approuvées et transmises à la CdP, qui
les adopta au cours de la Plénière finale, le 10 novembre.
Les Conclusions:
Dans les conclusions (FCCC/CP/2001/5/ Add.2), le SBSTA prend
note du récent atelier consacré aux P&M, décide de
poursuivre la considération de cette question à la SBSTA-16
et invite les Parties à soumettre leurs points de vue à cet
égard, et requiert du Secrétariat, la compilation des
données concernant les P&M soumises dans les
communications nationales des Parties, pour considération à
la SBSTA-17.
LA CONTRIBUTION A APPORTER
AU SOMMET MONDIAL SUR LE DEVELOPPEMENT DURABLE
Les consultations
Informelles autour de ce thème se déroulèrent tout au long
de la réunion et furent modérées par l'ambassadeur Bo
Kjellén (Suède). Au cours de la Plénière du 2 novembre,
les délégués mirent en exergue: le principe des
responsabilités communes mais différenciées; l'importance
des "trois piliers" du développement durable; les
liens entre la CCCC, la Convention sur la Lutte contre la
Désertification (CCD) et la Convention sur la Diversité
Biologique (CDB); et l'opportunité offerte par le SMDD pour
la considération des progrès réalisés depuis la CNUED de
1992. Un papier renfermant les éléments de discussion
concernant la contribution devant être apportée par la CdP
au SMDD fut distribué plus tard dans la journée. Au cours du
Segment de Haut Niveau, les concertations autour du projet de
déclaration ministérielle furent modérées par le Ministre
Valli Mossa (Afrique du Sud) et Philippe Roch (Suisse). Le
texte de la Déclaration Ministérielle de Marrakech fut
soumis le 8 novembre, comme étant l'un des quatre éléments
de l'accord global devant être conclus à la CdP-7. Tous les
groupes régionaux approuvèrent la proposition, laquelle
proposition fut adoptée par la CdP, le 10 novembre.
LA DECLARATION DE MARRAKECH:
Dans la Déclaration Ministérielle de Marrakech
(FCCC/CP/2001/L.27), les ministres et autres chefs de
délégation, entre autres:
-
se félicitèrent des
Accords de Marrakech qui ouvrent la voie à une entrée en
vigueur opportune du Protocole;
-
reconnurent que les
synergies entre la CCCC, la CCD et la CDB devaient
continuer à être explorées;
-
soulignèrent
l'importance du renforcement des capacités;
-
soulignèrent que les
changements climatiques et leurs effets adverses doivent
être traités à travers la coopération à tous les
niveaux; et,
-
se félicitèrent des
efforts de toutes les Parties en faveur de la mise en
application de la Convention.
LE TROISIEME RAPPORT
D'EVALUATION DU GIEC
Au cours de la réunion du
SBSTA du 29 Octobre, le Président du GIEC, Bob Watson,
introduisit le Rapport de Synthèse du Troisième Rapport
d'Evaluation (TRE), et les délégués procédèrent à
l'examen des implications du TRE sur le travail futur du
SBSTA. L'UE, appuyée par le Japon, le Canada, la Malaisie,
l'AOSIS, la Norvège, la Suisse et l'Australie, mais contrée
par l'Arabie Saoudite, suggéra la tenue d'un atelier
consacré au thème des implications du TRE sur le travail du
SBSTA. L'Arabie Saoudite et le G-77/Chine plaidèrent pour
l'inclusion des scientifiques des pays en développement et
pour la mise à disposition des documents également dans des
langues autres que l'anglais. Le Président Dovland invita
Halldor Thorgeirsson (Islande) à conduire les consultations
informelles autour du projet de décision concernant le TRE.
Le mardi 6 novembre,
Thorgeirsson rapporta qu'en dépit du fait que de nombreuses
Parties eussent été en faveur d'un suivi du TRE, les
délégués ne parvinrent pas réaliser un consensus autour du
projet de conclusions proposé. L'Arabie Saoudite et le
Koweït proposèrent de déférer la question à la SBSTA-16.
Après des consultations informelles additionnelles, un texte
de compromis fut approuvé puis adopté par le SBSTA. Les
références à l'évaluation des "implications" du
TRE furent supprimée, et le champs d'intervention de
l'atelier proposé sur le TRE fut amendé de manière à
inclure une référence aux thèmes de "l'incertitude
scientifique" et des "effets des mesures." La
décision fut adoptée par la Plénière de la CdP, le
vendredi 9 novembre.
La Décision de la CdP:
Dans cette décision (FCCC/SBSTA/ 2001/L.17/Add.1), la CdP
encourage la poursuite du travail du GIEC, y compris
l'élaboration du Quatrième Rapport d'Evaluation, et
encourage également les Parties à faire plein emploi des
données fournies dans le TRE. Elle exhorte les Parties à
continuer à mettre à disposition leur soutien financier au
GIEC et à apporter leurs contributions au fonds fiduciaire du
GIEC pour permettre à davantage d'experts de pays en
développement à participer dans les activités du GIEC.
LE RAPPORT DU FEM
Le rapport du Fonds pour
l'Environnement Mondial, préparé pour la CdP-7, fut
référé par la CdP au SBI qui aborda son examen pour la
première fois, le 30 octobre. Commentant le rapport, le
G-77/Chine émis des réserves sur le délais entre
l'approbation des projets et la mise à disposition des fonds
et sur l'impact des fluctuations monétaires, et souligna la
nécessité d'un financement adéquat pour le soutien des
programmes. Un projet de conclusions fut élaboré par le
Président du SBI, John Ashe. Le 6 novembre, le SBI approuva
ce projet de conclusions et le transmit à la CdP qui l'adopta
au cours de sa séance nocturne du vendredi 9 novembre.
LES CONCLUSIONS:
Les conclusions du Président du SBI (FCCC/SBI/2001/L.7)
prennent note du rapport du FEM et exhortent le FEM à
simplifier ses procédures de manière à réduire les délais
d'attente entre l'approbation des projets et le déboursement
des fonds. Les conclusions encouragent un soutien financier du
FEM en faveur des Parties non visées à l'Annexe I, pour
l'élaboration de leurs deuxièmes communications nationales,
la diffusion du Troisième Rapport d'Evaluation du GIEC, et la
mise en application de l'Article 6 (éducation, formation et
conscientisation du public) de la CCCC. En outre, les
conclusions notent les préoccupation d'un certain nombre de
Parties concernant l'adéquation de l'assistance du FEM en
faveur de l'élaboration des communications des pays non
visés à l'Annexe I.
LES PROPOSITIONS
D'AMENDEMENT DES LISTES FIGURANT DANS LES ANNEXES I ET II DE
LA CCCC
LA PROPOSITION DE LA
TURQUIE: La proposition présentée
par la Turquie à la première partie de la CdP-6, appelant à
la suppression de son nom de la liste contenue dans l'Annexe
II de la Convention, fut adoptée par la Plénière de la CdP
du 9 novembre, après examen par le SBI. La décision
(FCCC/SBI/2001/L.8) note que l'entrée en vigueur de cet
amendement introduit dans la liste figurant dans l'Annexe II
de la CCCC sera assujetti à la même procédure que celle
appliquée à l'entrée en vigueur des annexes de la CCCC,
conformément à l'Article 16.3 (entrée en vigueur de
l'adoption des Annexes), et invite les Parties à reconnaître
les circonstances particulières de la Turquie qui, une fois
devenue Partie, la placent dans une situation différente de
celle des autres Parties visées à l'Annexe I de la CCCC.
LA PROPOSITION DU
KAZAKHSTAN: La proposition du
Kazakhstan appelant à l'adjonction de son nom à la liste
figurant dans l'Annexe I, fut traitée par le SBI puis
adoptée par la CdP le 9 novembre. Les conclusions notent
qu'en vertu des clauses 4.2 (a) et (b) (P&Ms) de la CCCC,
le Kazakhstan deviendra Partie visée à l'Annexe I du
Protocole dès sa ratification et l'entrée en vigueur du
Protocole. Elles notent l'intérêt du Kazakhstan à entamer
des négociations dans l'objectif de déterminer son
engagement en faveur de limitations ou de réductions
quantifiées, dans le cadre de l'Annexe B du Protocole, et
reconnaissent qu'il continuera à être Partie non visée à
l'Annexe I, pour les besoins de la CCCC.
LES COMMUNICATIONS
NATIONALES
LES COMMUNICATIONS DES PAYS
VISES A L'ANNEXE I: Trois sous
articles furent abordés dans le cadre de ce point de l'ordre
du jour: la faisabilité de l'élaboration des lignes
directrices devant encadrer l'évaluation des communications
nationales; les troisièmes communications nationales,
l'évaluation et le fichier d'experts; et l'élaboration des
rapports et l'évaluation des inventaires de gaz à effet de
serre effectués par les Parties visées à l'Annexe I.
Faisabilité de
l'élaboration des lignes directrices devant encadrer
l'évaluation des communications nationales:
Les délégués s'accordèrent sur une proposition avancée
par le Président du SBI, Ashe, préconisant que cette
question soit considérée après l'évaluation des
troisièmes communications nationales. Des conclusions furent
adoptées et consignées dans le rapport du SBI
(FCCC/SBI/2001/L.2). Les conclusions prennent note du
procès-verbal de l'atelier consacré à l'échange des
informations concernant l'élaboration des troisièmes
communications nationales, et note que le SBI reprendra cette
question au cours d'une session future.
L'évaluation et le fichier
d'experts par rapport aux troisièmes communications
nationales: Le Président Ashe nota
que ces communications devaient être remises le 30 novembre
2001, au plus tard. La décision (FCCC/SBI/2001/L.5), adoptée
par la CdP le 9 novembre, requiert du Secrétariat,
l'élaboration d'une compilation et synthèse des
communications nationales à la CdP-8.
L'élaboration des rapports
et l'évaluation des inventaires de gaz à effet de serre
effectués par les Parties visées à l'Annexe I:
Le SBSTA aborda la question des inventaires des Parties
visées à l'Annexe I, le 30 octobre. Le Président Dovland
rappela l'invitation lancée par la SBSTA-12 aux Parties
visées à l'Annexe I, soumettre des rapports sur les
expériences vécues dans l'élaboration des inventaires des
gaz à effet de serre, en utilisant les orientations du GIEC
en matière de bonnes pratiques. Rappelant que la réunion
d'experts consacrée à l'évaluation des inventaires aura
lieu en décembre 2001, l'orateur proposa de reporter
l'évaluation des expériences à la SBSTA-16. La décision
concernant ce sujet (FCCC/SBSTA/2001/L.9/Add.1) fut adoptée
par la CdP, le vendredi 9 novembre. Dans cette décision, la
CdP reporte la révision des lignes directrices devant
encadrer l'évaluation technique des inventaires de gaz à
effet de serre, pour considération par la SBSTA-16 et proroge
la période d'essai de leur étude jusqu'à la CdP-8.
LES COMMUNICATIONS DES PAYS
NON VISES A L'ANNEXE I: S'agissant
des communications des pays non visés à l'Annexe I, les
Parties considérèrent les éléments suivants: la troisième
compilation et synthèse des communications initiales; le
rapport du Groupe Consultatif d'Experts (GCE); et la
fourniture d'un soutien financier et technique. Trois
décisions et un ensemble de conclusions concernant ce sujet
furent adoptées par le SBI et par la CdP. Les conclusions
concernant la mise à disposition d'un soutien financier et
technique furent considérées uniquement par le SBI et sont
résumées dans le chapitre consacré au SBI.
Les communications
Nationales: La décision concernant
ce point de l'ordre du jour fut adoptée par le SBI, le 8
novembre, et par la CdP, le 9 novembre. La décision
concernant la troisième compilation et synthèse des
communications nationales initiales soumises par les Parties
non visées à l'Annexe I (FCCC/SBI/2001/ L.4) requiert du
Secrétariat, la préparation du quatrième rapport de
synthèse, pour la CdP-8; conclut que les Parties non visées
à l'Annexe I sont en train d'honorer les engagements pris
dans le cadre de l'Article 4.1 (communication des données) de
la CCCC; et note les contraintes et les limitations
rencontrées dans l'élaboration des communications
nationales.
Le Groupe Consultatif
d'Experts: Deux projets de
décisions et un ensemble de projets de conclusions concernant
ce sujet furent considérés par le SBI, par un groupe de
contact présidé par Emily Ojoo-Massawa (Kenya) et dans des
consultations informelles. Après leur approbation dans le
SBI, les trois texte furent adoptés par la CdP, le 9
novembre.
Dans le premier débat
consacré à ce sujet au sein du SBI, le délégué des
Etats-Unis proposa que les recommandations du GCE soient
utilisées comme plate-forme pour les améliorations devant
être apportées aux lignes directrices encadrant
l'élaboration des rapport de la CCCC. Au sujet du rapport du
GCE, le Canada, avec l'Australie, signala qu'il risquait d'y
avoir chevauchement entre le rapport et le paquet de
financement de la deuxième partie de la CdP-6, suggérant le
besoin de les harmoniser. L'UE et l'Australie, contrées par
la Malaisie, la Chine et l'Argentine, déclarèrent que le
rapport constituait une bonne plate forme pour l'initiation
d'une révision des lignes directrices. Le Président du SBI,
Ashe, indiqua que cette question sera examinée de manière
plus approfondie dans un groupe de contact, avec celle
concernant la fourniture d'un soutien financier et technique.
Dans le groupe de contact,
les Parties débattirent des termes de référence du GCE et,
en particulier, du libellé figurant dans le document
consacré au pays les moins avancés (PMA). Plusieurs PMA
notèrent que le GCE n'avait pas mandat de traiter du
processus des PANA des PMA. L'UE mit l'accent sur les liens
entre les processus d'élaboration des communications
nationales et des PANA. Le libellé faisant référence aux
PMA fut placé entre crochets et resta ainsi jusqu'à ce qu'un
accord sur les liens entre les PMA et le GCE ait été atteint
au sein du groupe chargé de l'examen des questions ayant
trait aux PMA.
Au sujet de la composition
du GCE, le G-77/Chine requit la suppression de l'expert issu
des Parties européennes non visées à l'Annexe I, proposé
dans les nouveaux termes de référence. L'UE, la Suisse et
l'Australie, apportèrent leur appui à la composition
initiale, et la Suisse et l'Australie déclarèrent qu'un
examen plus approfondi des termes de référence n'était pas
nécessaire.
Au sujet de l'amélioration
des lignes directrices encadrant l'élaboration des
communications des pays non visés à l'Annexe I, plusieurs
Parties apportèrent leur soutien à l'idée d'étendre les
termes de référence actuels, mais le consensus ne fut pas
réalisé. Les délégués abordèrent longuement la question
du calendrier devant être appliqué aux trois sujets suivant:
l'amélioration et l'adoption des lignes directrices;
l'élaboration d'un projet de lignes directrices amélioré et
la tenue d'un atelier consacré à ce travail; et la
soumission, par les Parties, de propositions concernant le
projet des lignes directrices, au Secrétariat. L'Ouganda, au
nom des PMA, plaida pour l'adoption des lignes directrices
améliorées, à la CdP-10, tandis que le G-77/Chine préféra
la CdP-9. Le délégué des Etats-Unis, avec l'Australie,
souhaita voir cela s'accomplir à la CdP-8, rappelant que la
décision pertinente de la CdP-5 l'avait programmé pour la
CdP-7, et affirma qu'il n'était pas acceptable de reporter
cela de plus d'une année. Les Parties décidèrent:
l'adoption à la CdP-8, la tenue d'un atelier avant la SB-16,
et la soumission des propositions des Parties concernant ces
lignes directrices, d'ici le 5 août 2002, pour considération
à la SBI-17. Le délégué des Etats-Unis n'apporta pas son
appui à l'idée de décider, à la CdP-7, de la fréquence
des soumissions des communications nationales des Parties pays
en développement autres que les PMA.
Au sujet des termes de
référence, les participants débattirent: du temps devant
être réservé à l'évaluation des communications nationales
et à leur intégration dans le rapport de synthèse du
Secrétariat; du nombre d'atelier à tenir; et du nombre
d'experts à inviter à ces ateliers. Au sujet des dates des
ateliers et de l'évaluation des termes de référence du GCE,
le G-77/Chine proposa la tenue de deux ateliers en 2002, et
que les termes de référence soient revus à la CdP-8. Les
délégués approuvèrent.
Les Décisions et
Conclusions du GCE: Les conclusions
concernant le rapport du GCE (FCCC/SBI/2001/CRP.4), notent
l'excellent travail accompli par le GCE et recommandent deux
projets de décisions. Ces derniers furent par la suite
adoptés par la CdP.
La décision ayant trait au
procès-verbal du GCE concernant diverses autres questions
ayant rapport avec les communications des Parties non visées
à l'Annexe I (FCCC/CP/2001/L.20) stipule: que le processus de
revue des lignes directrices de l'élaboration des
communications nationales doit se poursuivre en vue de leur
amélioration à la CdP-8; et que l'amélioration des lignes
directrices tiendra compte de l'information concernant
l'utilisation des orientations figurant dans le troisième
rapport de compilation et de synthèse, les communications
nationales, et les recommandations émises par le GCE. Par
ailleurs, la décision prévoit que le Secrétariat préparera
un projet des lignes directrices devant encadrer
l'élaboration des communications nationales, invite les
Parties à soumettre leurs propositions concernant ce sujet
avant le 5 août 2002, et requiert du Secrétariat,
l'élaboration d'un document d'information sur les points de
vue des Parties, pour considération à la SB-17.
La décision concernant le
GCE (FCCC/SBI/2001/L.10/Rev.1) stipule: qu'au moins, un membre
du GCE issu des PMA, et au moins, un membre du GCE issu des
Parties visées à l'Annexe II, doivent être également
membres du Groupe d'Experts sur les PMA, aux fins de permettre
l'établissement d'un lien sur les questions ayant trait à
l'adaptation; que le GCE conduira deux ateliers en 2002; que
dans le courant de l'année 2002, le Secrétariat organisera,
l'une à la suite de l'autre, une réunion du Groupe d'Experts
sur les PMA et une réunion du GCE; et que les termes de
référence du GCE seront revue à la CdP-8.
BUDGET PROGRAMMATIQUE DE LA
BIENNALE 2002-2003
Cette question fut
référée par la CdP au SBI qui l'aborda pour la première
fois le lundi 29 octobre. Le Secrétaire Exécutif de la CCCC,
Cutajar, introduisit le budget programmatique révisé de la
CCCC, produit après la recommendation faite par le SBI à la
SB-14, d'établir le budget de la biennale 2002-2003 à
hauteur de US$32.8 millions. Des consultations furent tenues
autour du projet de décision, lequel devait être adopté par
le SBI, le 8 novembre, et par la CdP, le 9 novembre, moyennant
un amendement invitant les Parties à apporter des
contributions à hauteur de US$6.8 millions au lieu de US$6.5
millions, aux fins de soutenir les activités devant permettre
le "prompt démarrage" du MDP. La décision
(FCCC/CP/ 2001/L.3) approuve le budget programmatique de
US$32,837,100 et approuve un budget complémentaire de
US$5,661,800, pour la couverture des services de conférence.
QUESTIONS DIVERS
LA LETTRE DU GROUPE DES PAYS
D'ASIE CENTRALE, DU CAUCASE, DE L'ALBANIE ET DE MOLDAVIE
(GROUPE ACCA&M) CONCERNANT LEUR SITUATION DANS LE CADRE DE
LA CONVENTION: Ce point de l'ordre
du jour, établi sur la base d'une lettre stipulant que le
groupe ACCA&M estime que les décisions de la CdP-6 et de
la CdP-7 ayant trait aux pays en développement doivent
s'appliquer également aux membres du groupe, fut abordé par
la CdP, le lundi 29 octobre, et référé à des consultations
informelles. Le vendredi 2 novembre, la CdP adopta la
décision (FCCC/CP/2001/L.17) invitant la SBI-16 à poursuivre
l'examen de la requête et de faire des recommandations à la
CdP.
LA PARTICIPATION DES FEMMES:
Le vendredi 9 novembre, la CdP adopta, par acclamation, le
projet de décision (FCCC/CP/2001/L.22) proposé par le
Président de la CdP-7, Elyazghi, concernant l'amélioration
de la participation des femmes dans la représentation des
Parties dans les organes établis dans le cadre de la CCCC et
de son Protocole. La décision invite les Parties à accorder
une considération active à la nomination de femmes pour les
postes à pourvoir dans les organes établis dans le cadre de
la CCCC et du Protocole; requiert du Secrétariat, le port de
cette décision à l'attention des Parties à chaque élection
pour un poste vacant au sein des organes établis dans le
cadre de la CCCC et du Protocole; et requiert également du
Secrétariat, l'entretien des données concernant la présence
féminine dans la composition de chacun des organes, et le
port de cette information à l'attention des Parties, chaque
fois qu'un poste est à pourvoir.
LES RAPPORTS DES ORGANES
SUBSIDIAIRES
Les organes subsidiaires de
la CCCC se réunirent pour leurs quinzièmes sessions du 29
octobre au 8 novembre. Le lundi 29 octobre, l'Organe
Subsidiaire de Mise en Application (SBI) et l'Organe
Subsidiaire de Conseil Scientifique et Technologique (SBSTA)
se réunirent séparément et entamèrent leurs travaux en
traitant la majeure partie des points inscrits à leurs ordres
du jour respectifs. Ces réunions furent suivies par un
certain nombre de consultations informelles tenues durant la
deuxième semaine, qui ont abouti à des projets de
conclusions, lesquels furent adoptés par les deux organes
subsidiaires, au cours des réunions du mardi 6 novembre et du
jeudi 8 novembre. Les thèmes traités englobèrent, pour le
SBI, ceux du budget programmatique de la biennale 2002-2003 et
des communications nationale, et, pour le SBSTA, celles des
questions méthodologiques, du transfert des technologies, et
de l'éducation, conscientisation et formation. Le SBSTA
adopta le procès-verbal de sa session (FCCC/SBSTA/2001/L.6),
le 6 novembre, et le SBI, adopta le sien (FCCC/SBI/2001/L.2),
le 8 novembre. Le chapitre ci-après retrace les thèmes
traités par ces deux organes et que la CdP n'a pas abordé de
manière spécifique ou à propos desquelles elle n'a pas pris
de décision séparée.
L'ORGANE SUBSIDIAIRE DE
CONSEIL SCIENTIFIQUE ET TECHNOLOGIQUE (SBSTA):
La quinzième session du SBSTA, présidée par Harald Dovland
(Norvège), se réunit à cinq reprises entre le 29 octobre et
le 6 novembre. Le 29 octobre, les délégués adoptèrent
l'ordre du jour et s'accordèrent sur le calendrier de ses
travaux. Le 6 novembre, après concertations, les délégués
élirent Philip Weech (Bahamas), Vice-président du SBSTA et
Tatyana Ososkova (Ouzbékistan), Rapporteur du SBSTA.
Au cours de la Plénière de
la CdP du 9 novembre, le Président Dovland présenta un
rapport sur les travaux de la SBSTA-15. L'orateur dressa la
liste des points au sujet desquels le SBSTA y avait adopté
des projets de conclusions et soumit, à la considération de
la CdP, le projet de rapport de la SBSTA-15 (FCCC/SBSTA/
2001/L.6) et le rapport de la SBSTA-14 (FCCC/SBSTA/2001/L.2).
Le Questions
Méthodologiques: les Carburants: Ce
thème fut examiné le mardi 30 october. L'UE réitéra ses
réserves concernant l'accroissement des émissions des gaz à
effet de serre dans le secteur de l'aviation internationale et
appela à des lignes directrices compatibles avec le
Protocole, pour les méthodologies d'allocation des
émissions. Le représentant exhorta l'Organisation Maritime
Internationale (OMI) à travailler sur les activités de
réduction des émissions. La Suisse proposa que le Conseil de
l'Organisation Internationale l'Aviation Civile (ICAO)
continue ses initiatives concernant les lignes directrices
devant encadrer les réductions d'émissions. Le G-77/Chine
proposa que le travail s'effectue dans le cadre de l'Article
2.2 du Protocole, qui stipule que les Parties visées à
l'Annexe I limiteront les émissions provenant des
combustibles utilisés dans les secteurs aérien et maritime,
en travaillant à travers l'ICAO et l'OMI. Des consultations
informelles autour de ce sujet furent convoquées par José
Romero (Suisse). Le 6 novembre, Romero rapporta qu'un accord a
été réalisé.
Les conclusions
(FCCC/SBSTA/2001/L.11) notent avec appréciation, la
présentation du GIEC consacré aux aspects touchant à
l'élaboration des rapports, et la résolution de l'ICAO
concernant les politiques et les pratiques en matière de
protection environnementale. Le Secrétariat y est requis de
poursuivre sa coopération avec l'ICAO et l'OMI, et tous trois
y sont invités à explorer les possibilités d'améliorer la
qualité des rapports et de la comparabilité des données.
Les méthodes et les outils
d'évaluation des effets et des mesures d'adaptation:
Ces thèmes furent examinés le 30 octobre. Le Canada proposa
que les ateliers régionaux consacrés aux évaluations
intégrées englobent la considération des effets des mesures
d'adaptation. La Malaisie et la Thaïlande proposèrent la
mise en place de projets de recherche communs entre les pays
industrialisés et les pays en développement. Les thèmes
furent traités dans des consultations informelles convoquées
par Pierre Giroux (Canada) et Martha Yvette Munguia de Aguilar
(Salvador). Les conclusions furent adoptées le 6 novembre.
Les conclusions
(FCCC/SBSTA/2001/L.10) prennent note de l'atelier tenu
récemment et des soumissions des Parties, fait état de la
nécessité d'un travail plus scientifique dans l'élaboration
des méthodologies d'évaluation des effets des mesures
d'adaptation, et requiert du Secrétariat, la tenue de
consultations avec d'autres organes et organisations des
Nations Unies et l'organisation d'un atelier avant la
SBSTA-17.
Les orientations concernant
les bonnes pratiques et autres informations relatives au
secteur de LULUCF: Ce point fut
examiné le 30 octobre. Le Président du GIEC, Bob Watson,
donna un aperçu sur le travail futur du GIEC et mit en
exergue le programme de travail sur le thème de LULUCF, mis
en place dans le cadre du programme du GIEC concernant les
inventaires nationaux de gaz à effet de serre. L'UE, appuyée
par l'Indonésie, proposa que le SBSTA développe, au cours de
sa présente session, les termes de référence devant
encadrer le travail du GIEC sur les modalités du MDP
applicables au secteur de LULUCF. Les Etats-Unis, la
Fédération de Russie, le Canada et l'Australie mirent en
garde que le projet de décision concernant le thème de
LULUCF restait encore à finaliser. Tuvalu, au nom de l'AOSIS,
souligna que les questions ayant trait aux Articles 5, 7 et 8
du Protocole devaient être résolues avant que de nouvelles
directives soient données aux GIEC, et plaida pour une
consultation élargie. Le sujet fut examiné dans des
consultations informalles convoquées par Margaret
Mukahanana-Sangarwe (Zimbabwe) et Audun Rosland (Norvège). Le
SBSTA adopta les conclusions le 6 novembre.
Dans les conclusions
(FCCC/SBSTA/2001/L.12), le SBSTA:
-
note l'avancement du
travail du GIEC sur le thème de LULUCF;
-
accueille favorablement
son programme de travail proposé pour les orientations en
matière de bonnes pratiques, qui englobe un chapitre
séparé pour les objectifs du Protocole comprenant des
exigences particulières, présenté dans le projet de
décision de la CdP/RdP-1 concernant l'Article 7;
-
prend note du plan du
GIEC concernant la représentation cohérente des secteurs
fonciers;
-
prend note du papier
proposé par le GIEC concernant l'élaboration des
définitions de la dégradation induite directement par
l'intervention humaine et des options méthodologiques
offertes en matière d'établissement des inventaires et
des rapports dans ce domaine;
-
prend note du papier
proposé par le GIEC concernant l'élaborations des
méthodologies de soustraction du facteur des
modifications survenues dans les stocks de carbone,
induites de manière directe par les activités humaines,
de celles dues aux effets induits de manière indirecte
par les activités humaines et aux effets naturels des
pratiques antérieures;
-
se félicite de
l'atelier organisé par la FAO, le GIEC et le Centre de la
Recherche Internationale sur la Foresterie, consacré aux
définitions ayant trait au secteur forestier; et
-
invite le GIEC à
présenter un rapport sur l'état d'avancement des
travaux, à sa prochaine session.
Les questions ayant trait
aux émissions provenant des récoltes forestières et des
produits ligneux: Ce sujet fut
examiné au cours de la réunion du SBSTA du 30 octobre. L'UE,
appuyée par l'AOSIS, la Chine et l'Arabie Saoudite, s'opposa
à l'inclusion des produits ligneux récoltés (PLR) dans la
première période d'engagement. La Nouvelle Zélande fit
état d'une lente progression dans l'élaboration des
méthodologies techniques et, appuyée par le Japon, le Canada
et la Malaisie, proposa de poursuivre l'étude technique. Il
fut décidé que ce sujet soit examiné dans le cadre des
discussions informelles autour des orientations concernant les
bonnes pratiques et autres informations relatives au secteur
de LULUCF. Le 6 novembre, le SBSTA adopta ses conclusions.
Dans ses conclusions
(FCCC/SBSTA/2001/L.12), le SBSTA:
-
fait état de
l'intention du GIEC d'inclure les PLR dans ses directives
en matière de bonnes pratiques;
-
encourage la poursuite
du travail sur les PLR, par les Parties intéressées;
-
invite les Parties à
faire des soumissions, pour considération à la SBSTA-18;
-
requiert du
Secrétariat, l'élaboration d'un papier technique sur la
comptabilité spécifique aux PLR; et
-
décide de reprendre
l'examen de ce thème à la SBSTA-20 et à la SBSTA-21.
La Coopération avec les
Organisations Internationales Pertinentes:
Ce thème fut examiné le mardi 30 octobre. Le représentant
du Global Climate Observing System (GCOS) présenta un rapport
sur le programme de son atelier régional et sa proposition
concernant la deuxième évaluation de l'adéquation des
systèmes d'observation. Plusieurs Parties firent part de
leurs préoccupations concernant l'état de détérioration
des réseaux. Un groupe de contact informel sur cette question
fut convoqué et placé sous la conduite de Sue Barrell
(Australie) et Sok Appadu (Maurices). On y parvint à un
accord sur le projet de conclusions pertinent.
Au sujet de la coopération
avec d'autres accords environnementaux multilatéraux, le GIEC
présenta un rapport sur son papier technique concernant les
interconnexions entre le changement climatique, la
biodiversité et la désertification, et concernant la
pertinence de l'Evaluation Ecosystémique du Millénaire pour
le processus des changements climatiques. Des exposés furent
également présentés par la CDB, la CCD, la Convention de
Ramsar sur les Zones Humides et l'Organisation Mondiale de la
Santé (OMS). Dans le débat qui suivit, les Parties
soulignèrent l'importance de l'impulsion de la coopération
entre les conventions, le renforcement de cette coopération
au niveau national et l'avancement du processus de la
gouvernance environnementale internationale. Des consultations
informelles conduites par Jimena Nieto Carrasco (Colombie) et
Ian Carruthers (Australie) parvinrent à un accord sur le
projet de conclusions pertinent.
Les Conclusions du SBSTA:
Les conclusions (FCCC/SBSTA/ 2001/L.14) adoptées le 6
novembre englobent des chapitres consacrés à la coopération
avec les organisations scientifiques, les autres conventions
et les organes des Nations Unies. Au sujet de la coopération
avec les organisations scientifiques, le SBSTA accueille
favorablement la déclaration du GCOS et l'encourage à
continuer de traiter la détérioration des systèmes
d'observation de la planète. Le SBSTA note la tenue
d'ateliers régionaux consacrés à l'identification des
besoins en matière de renforcement des capacités et
encourage le GCOS à accélérer l'organisation de nouveaux
ateliers.
Au sujet de la coopération
avec d'autres conventions, le SBSTA: réaffirme la nécessité
d'améliorer la collaboration avec la CDB et la CCD; note avec
appréciation le papier technique en train d'être élaboré
par le GIEC concernant les interconnexions entre le changement
climatique, la biodiversité et la désertification; et se
félicite de l'établissement d'une coopération avec la
Convention de Ramsar. Le SBSTA requiert du groupe de liaison
mixte, la collecte des données concernant les programmes de
travail et les opérations des trois conventions et l'examen
des possibilités de tenir un atelier conjoint avant la
SBSTA-18.
La coopération avec les
organes des Nations Unies, le SBSTA note avec appréciation le
travail accompli par l'OMS en rapport avec la question des
changements climatiques, et l'invite à mettre à disposition
davantage d'informations, à la SBSTA-16.
L'Article 6 de la
Convention: L'Education, la Formation et la Conscientisation
du Public: Les délégués
abordèrent ce thème le mercredi 31 octobre. La Malaisie et
la Chine soulignèrent l'importance de la concrétisation du
programme de travail. Le délégué des Etats-Unis suggéra la
tenue d'un atelier consacré au classement prioritaire des
activités et à la mise en place d'un programme de travail.
Le Sénégal et la République CentrAfricaine appelèrent à
la proclamation d'une Journée Internationale des Changements
Climatiques. La Chine suggéra que chacune des Parties se
focalise sur la promotion de la conscientisation du public à
propos du TRE du GIEC, et l'Ile Maurice souhaita voir la mise
en application de l'Article 6 s'effectuer au niveau de la base
communautaire des pays industrialisés et des pays en
développement. Des consultations informelles furent conduites
par Teresa Fogelberg (Pays-Bas) et Gladys Kenabetsho Ramothwa
(Botswana). Le SBSTA adopta les conclusions le 6 novembre.
Les Conclusions du SBSTA:
Dans ses conclusions (FCCC/ SBSTA/2001/L.13), le SBSTA:
-
réaffirme l'importance
du travail devant être accompli dans ce domaine et invite
les Parties à contribuer au financement de sa couverture;
-
encourage le
Secrétariat à faciliter une diffusion des données de
manière efficace du point de vue coût, et à mettre en
place un nouveau site web en guise de centre ressource;
-
requiert du
Secrétariat, l'organisation d'un atelier consacré à
l'élaboration du programme de travail concernant les
activités inscrites dans le cadre de l'Article 6 et
assortie d'une annexe renfermant les termes de
référence;
-
reconnaît la
nécessité de diffuser les résultats du TRE;
-
requiert du
Secrétariat, l'élaboration d'un rapport sur la mise en
application de l'Article 6, basé sur les communications
nationales des Parties visées à l'Annexe I, pour
considération à la SBSTA-17; et
-
note le rôle potentiel
d'une Journée Internationale des Changements Climatiques,
dans l'amélioration de la prise de conscience.
Points divers: La
proposition concernant le recours à une énergie plus propre
ou émettant moins de gaz à effet de serre:
Le 31 octobre, un certain nombre de délégués apportèrent
leur appui à la proposition du Canada de tenir un atelier
consacré au suivi de la récente réunion tenue à Calgary
sur le thème "les échanges dans le domaine de
l'énergie plus propres ou émettant moins de gaz à effet de
serre." Le sujet fut référé à des consultations
informelles conduites par Mohammad Barkindo (Nigeria). Le
SBSTA adopta les conclusions le 6 novembre. Dans les
conclusions (FCCC/SBSTA/2001/L.19), le SBSTA requiert du
Secrétariat, l'organisation d'un atelier sur ce thème, si
possible, avant la SBSTA-16, note l'offre du Canada
d'accueillir l'atelier, et invite les Parties à soumettre
leurs points de vue à son sujet.
Les circonstances
particulières de la Croatie dans le cadre de l'Article 4.6 de
la Convention: Le 31 octobre, la
Croatie souligna l'importance de l'utilisation de l'Article
4.6 de la CCCC (souplesse pour les EIT). Le Mardi 6 novembre,
le SBSTA adopta ses conclusions (FCCC/SBSTA/2001/L.8). Dans ce
document le SBSTA: invite les Parties à faire part de leurs
points de vue d'ici le 15 février 2002, requiert du
Secrétariat, la revue de la communication nationale de la
Croatie, et décide de reprendre l'examen de ce sujet, à sa
seizième session.
Les questions ayant trait
aux HFC et aux PFC: Ce sujet fut
abordé le 31 octobre, l'UE proposant de l'inscrire parmi les
points de l'ordre du jour de la SBSTA-16. Le Président
Dovland entreprit l'élaboration des conclusions sur la base
des résultats des consultations informelles. Le 6 novembre,
le SBSTA adopta les conclusions concernant ces questions. Ces
conclusions furent amendées de manière à accommoder une
proposition introduite par la Chine et appelant à ce que
seules les Parties visées à l'Annexe I soient encouragées
à procéder à la mise à jour de leurs données concernant
les voies et moyens de limiter de telles émissions.
Dans ses conclusions
(FCCC/SBSTA/2001/L.16), le SBSTA rappelle la décision de la
CdP-5 et requiert des Parties visées à l'Annexe I et des
autres entités pertinentes, la mise à jour de leurs données
concernant les voies et les moyens de limiter les émissions,
invite les Parties à soumettre leurs points de vue sur les
aspects mentionnés dans la décision de la CdP-5 et décide
de reprendre l'examen de ce sujet à la SBSTA-16.
L'ORGANE SUBSIDIAIRE DE MISE
EN APPLICATION (SBI): La quinzième
session du SBI tint quatre réunions Plénières présidées
par John Ashe (Antigua et Barbuda), et adopta son ordre du
jour (FCCC/SBI/2001/10) à sa première réunion. Les
délégués élirent Daniela Stoytcheva (Bulgarie) au poste de
Vice-président du SBI et Emily Ojoo-Massawa (Kenya), au poste
de Rapporteur du SBI. Le SBI devait référer un certain
nombre de questions à des groupes de contact et des
consultations informelles, ainsi qu'à la CdP.
Les questions ayant trait
aux pays les moins avancés (PMA):
Ce thème fut abordé par le SBI, le lundi 29 octobre, et
référé à un groupe de contact présidé par Sibusiso
Gamede (Afrique du Sud). Les négociations menées dans ce
groupe et au sein d'un comité de rédaction, aboutirent à
trois projets de décisions et un ensemble de conclusions
préliminaires, lesquels furent adoptés par le SBI le 8
novembre, puis par la CdP, le 10 novembre. Les délégués
traitèrent: de l'établissement du Groupe d'Experts sur les
PMA; du soutien devant être fourni pour l'élaboration des
Programmes d'Action Nationaux d'Adaptation (PANA); et des
directives devant être fournies au Fonds pour les PMA.
Les questions
controversées, relevant de ce point de l'ordre du jour,
englobèrent: celle de savoir si les directives destinées au
Fonds devaient être considérées au cours de la présente
CdP ou lors de la prochaine CdP; le point de savoir s'il
devait y avoir des liens explicites entre le Groupe d'Experts
sur les PMA et le processus des PANA, et le GCE; la
composition du Groupe d'Experts sur les PMA; et l'identité de
l'entité devant servir de mécanisme de financement du Fonds
pour les PMA.
Au sujet du soutien devant
être apporté à l'élaboration des PANA, le Malawi
introduisit une proposition que les délégués examinèrent
tout au long des négociations. Au cours de la réunion du
groupe de contact du 31 octobre, le Président Gamede fit
état d'un certain progrès, signalant toutefois que quelques
Parties souhaitaient voir davantage d'expertise aider à
l'élaboration des directives.
Au sujet du projet de
proposition pour la décision de la CdP concernant
l'établissement du Groupe d'Experts sur les PMA, assortie
d'une annexe renfermant les termes de référence devant
l'encadrer, un certain nombre de Parties visées à l'Annexe I
firent part de leurs réserves. Les Etats-Unis et la Suisse
firent état des discussions similaires en cours au sein du
groupe sur le GGE. L'UE suggéra de fusionner les groupes à
un point donné. Plusieurs pays comptant parmi les PMA mirent
en exergue l'efficacité et la valeur du groupe d'experts dans
l'élaboration et la mise en application des PANA, et
insistèrent sur la distinction entre le processus des PANA et
le travail du GCE.
Les directives devant être
fournies à l'entité appelée à opérer le mécanisme de
financement du Fonds pour les PMA constituèrent la question
restée en suspens dans les consultations, à la fin de la
première semaine. Le Mali, au nom des PMA, souligna la
nécessité d'une procédure opérationnelle simplifiée pour
le Fonds, permettant l'approbation des projets dans un délai
de quatre moins, et plaida pour l'utilisation de l'expertise
locale et régionale. L'UE indiqua qu'à cause des retards
enregistrés dans le processus intergouvernemental,
l'évaluation juridique et technique menée par le
Secrétariat n'a pas pu prendre en considération le document
consacré aux directives devant être fournies au Fonds, et,
avec les Etats-Unis, le Japon et la Norvège, déclara que ces
directives devaient être considérées à la CdP-8. Le
Président Gamede requit des Parties, l'examen de ce sujet de
manière informelle et indiqua que si aucun accord n'était
atteint, la question des directives à fournir au Fonds serait
référée aux ministres. Les consultations se poursuivirent
jusqu'au 7 novembre.
Au cours de la réunion
finale du groupe de contact, le délégué des Etats-Unis mit
en exergue l'accord d'ensemble réalisé sur les trois projets
de décisions, et déclara qu'ils devaient rester entièrement
crochetés au moment de leur transmission au SBI. Toutes les
autres Parties appuyèrent l'idée de supprimer les crochets.
Les projets de conclusions concernant l'état d'avancement de
l'application de l'Article 4.9 (PMA) de la CCCC, furent
approuvés avec des crochets autour de la référence aux
trois décisions concernant les PMA, maintenus à la demande
des Etats-Unis.
Après de nouvelles
consultations informelles menées avant leur adoption formelle
par le SBI, tous les documents furent débarrassés de leurs
crochets. L'accord sur la suppression des crochets fut troqué
en échange de l'insertion d'un paragraphe faisant état des
circonstances uniques des PMA et notant que l'établissement
du Groupe d'Experts sur les PMA "ne constitue pas de
précédent pour l'établissement de groupes similaires pour
d'autres catégories de pays."
Les Décisions et les
Conclusions: Le projet de décision
concernant l'établissement du Groupe d'Experts sur les PMA
(FCCC/CP/2001/L.26) présente les termes de référence dans
une annexe, définissant le groupe comme comportant douze
experts, dont cinq, issus des PMA africains Parties, deux, des
PMA asiatiques Parties, deux, des PEID, et trois, des Parties
visées à l'Annexe II.
Le projet de décision
concernant le Fonds pour les PMA (FCCC/SBI/2001/L.12) requiert
de l'entité devant opérer le Fonds: de répondre à
l'ensemble des coûts de l'élaboration des PANA; d'adopter
des procédures simplifiées et d'accès rapide aux Fonds pour
les PMA; d'encourager l'utilisation des experts nationaux et,
le cas échéants, des experts régionaux; et d'adopter des
procédures rationnelles dans l'opération du Fonds.
Le projet de décisions
concernant les lignes directrices devant encadrer
l'élaboration des PANA (FCCC/SBI/2001/L.14) décide d'adopter
celles incluses dans l'annexe et invite les Parties à faire
des soumissions concernant les lignes directrices, pour
considération à la SBI-17.
Le projet de conclusions
concernant la détermination de l'état d'avancement de
l'application de l'Article 4.9 de la CCCC (FCCC/
SBI/2001/L.11), adopté par le SBI le 8 novembre, puis par la
CdP, le 10 novembre, note que des mesures rapides doivent
être prises pour l'accélération du processus de mise à
disposition de fonds pour le soutien de l'élaboration des
PANA, et qu'il est nécessaire de poursuivre l'évaluation de
l'état d'avancement de l'application de l'Article 4.9, à la
CdP-9.
Le Soutien Financier et
Technique à l'Elaboration des Communications des Pays Non
Visés à Annexe I: Le 6 novembre,
le SBI adopta le projet de conclusions (FCCC/SBI/ 2001/CRP.3),
prenant note des progrès réalisés par les Parties non
visées à l'Annexe I dans l'élaboration de leurs
communications nationales et des projets d'abattement des
niveaux de gaz à effet de serre soumis au financement et
recommandant que ces projets soient portés à l'attention du
FEM et d'autres institutions de financement bilatérales et
multilatérales.
Les Questions
Administratives et Financières:
Trois sous-articles furent considérés dans le cadre de ce
point à l'ordre du jour: la performance financière
intérimaire de l'exercice 2000-2001; les options possibles de
réponse aux retards du paiement des contributions; et la mise
en application de l'Accord concernant le siège du
Secrétariat. Les délégués adoptèrent le projet de
décision concernant la performance financière intérimaire
de l'exercice 2000-2001(FCCC/SBI/2001/L.6), le 6 novembre. La
décision prend note des états financiers intérimaires
établis au 31 décembre 2001, exprime son appréciation aux
Parties ayant apporté leurs contributions indicatives au
budget central, dans les délais fixés, et fait part d'une
préoccupation concernant les retards enregistrés dans le
paiement des contributions.
Au sujet des options
possibles de réponse aux retards de paiement des
contributions, le Président Ashe et Philip Weech (Bahamas)
menèrent des consultations informelles. Le groupe informel
procéda à l'examen du texte en suspens transmis par la
SB-12, concernant les problèmes et les inconvénients
susceptibles de se poser à la CCCC, en résultat des retards
de paiement des contributions au budget central, et les
options additionnelles que le SBI pourrait souhaiter utiliser
comme plate-forme pour les recommandations à faire à la CdP.
Le 6 novembre, cependant, les options possibles de réponse
aux retards de paiement des contributions n'étaient toujours
pas approuvées et les délégués décidèrent de renvoyer la
question à la SBI-16.
Au sujet de la mise en
application de l'Accord concernant le Siège, l'Allemagne
présenta un rapport sur l'état d'avancement de la
construction du campus des Nations Unies, sur le
développement du palais des congrès et sur les questions
ayant trait au personnel du Secrétariat et de leurs familles.
Les consultations informelles menées autour de ce thème ne
furent pas en mesure de donner lieu à de nouvelles avancées.
Les conclusions adoptées figurent dans le procès-verbal de
la session (FCCC/SBI/2001/L.2).
LE SEGMENT DE HAUT NIVEAU
Le Segment de Haut Niveau se
déroula les 7 et 8 novembre en présence de ministres et
autres chefs de délégation de haut rang. Les participants
entendirent les déclarations de 70 Parties, ainsi que des
représentants d'organes des Nations Unies, d'agences
spécialisés, d'Etats observateurs, d'organisations de
jeunes, d'organisations intergouvernementales et d'ONG.
LA CEREMONIE DE BIENVENUE:
Le mercredi 7 novembre, une cérémonie de bienvenue
officielle en l'honneur des participants au Segment de Haut
Niveau eu lieu le matin. Le Directeur Exécutif du PNUE, Klaus
Töpfer, au nom du Secrétaire Général des Nations Unies,
Kofi Annan, mit en exergue les éléments de la CCCC ayant
rapport avec l'environnement et le développement, nota la
nécessité de changements significatifs à long terme dans
les comportements économiques et sociaux, exprima son
appréciation pour le travail accompli par le Président de la
CdP-6, Pronk, indiquant que ce dernier sera son envoyé
spécial auprès du SMDD, et souligna l'importance du
multilatéralisme.
Le Prince Moulay Rachid du
Maroc, intervenant au nom du Roi Mohammed VI, souligna le
besoin de valeurs éthiques partagées par la communauté
internationale et encouragea la réalisation d'une solidarité
mondiale face aux préoccupations environnementales, appelant
à un transfert des technologies, à des ressources
financières nouvelles et supplémentaires et à l'allégement
du fardeau de la dette extérieure.
Dans sa dernière
déclaration adressée au Segment de Haut Niveau, le
Secrétaire Exécutif de la CCCC, Michael Zammit Cutajar,
félicita le personnel du Secrétariat pour leur dynamisme et
leur engagement et remercia les Parties pour leur confiance et
pour le fait de ne s'être pas immiscé dans la micro-gestion.
L'orateur souhaita aux délégués toute la réussite dans
l'avancement de la CCCC. Les délégués le remercièrent pour
sa contribution, par une standing ovation.
LES DECLARATIONS DES
PARTIES: Dans leurs déclarations,
plusieurs Parties soulignèrent l'importance du maintien de
l'intégrité environnementale du Protocole. Elles attirèrent
également l'attention sur le succès enregistré dans les
négociations autour du thème du contrôle du respect des
dispositions, et appelèrent au parachèvement, à la CdP-7,
des travaux sur le PABA, certaines d'entre-elles affirmant que
cela apporterait un soutien à la ratification et à l'entrée
en vigueur du Protocole, à temps, pour le SMDD prévu en
septembre 2002. En outre, nombre d'orateurs notèrent que les
événements du 11 septembre 2001 ont démontré la
nécessité de solutions multilatérales pour les problèmes
mondiaux qui ne sauraient être résolus par un pays, à lui
tout seul. Un certain nombre de délégués attirèrent
l'attention sur le TRE du GIEC qui démontre le besoin d'une
action urgente face au phénomène des changements climatique.
Au sujet des négociations
menées à la CdP-7, la Suisse déclara qu'elle ne pouvait
accepter des modifications susceptibles d'affaiblir les
Accords de Bonn, ajoutant qu'aucun pays ne devait se
soustraire aux responsabilités qui sont les siennes. L'Iran,
au nom du G-77/Chine, affirma que ni la CdP-7 ni le SMDD
n'étaient le forum approprié pour le traitement de la
question des nouveaux engagements des pays en développement.
Le Canada souligna la nécessité d'être réactif à ceux
dont la participation est cruciale pour l'entrée en vigueur
du Protocole. Au sujet de la ratification du Protocole, le
délégué de la Nouvelle Zélande déclara que son pays
était actuellement la seule Partie du Groupe 'Umbrella' à
avoir pris l'engagement de ratifier le Protocole à temps pour
le SMDD, ajoutant, toutefois, qu'il avait des raisons
d'espérer "être en bonne compagnie, sous peu."
Au sujet des mécanismes, la
République de Corée déclara que le plein potentiel des
mécanismes doit être réalisé, y compris un MDP
unilatéral. L'Ukraine déclara que la mise en application
concertée (JI) doit bénéficier d'une certaine priorité et
que le principal objectif doit être plutôt la réduction,
que la redistribution, des émissions.
Au sujet des circonstances
et des besoins des pays en développement et des PMA,
plusieurs orateurs soulignèrent la nécessité d'un
renforcement des capacités, de mesures d'adaptation et d'un
transfert des technologies. La Tanzanie, le Bénin et Djibouti
notèrent que les PMA seront les pays les plus touchés par
les changements climatiques alors même qu'ils disposent le
moins, de capacités d'adaptation. Au sujet de l'assistance
devant être fournie aux pays hautement dépendants des
exportations de combustibles fossiles, le Koweït proposa la
suppression des incitations et des exemptions fiscales ayant
trait aux émissions, et l'octroi d'une aide pour la
diversification de leurs économies.
Au sujet des étapes à
venir du processus des changements climatiques, Samoa, au nom
de l'AOSIS, déclara qu'une fois le PABA parachevé, les
Parties doivent procéder à une évaluation des engagements
pris dans le cadre de ce régime, et suggéra qu'ils soient
plus forts et plus étendus. Le délégué des Etats-Unis
déclara que son pays continuera de jouer un rôle de premier
plan dans le traitement des changements climatiques et qu'il
poursuivra la prise de mesures basées sur la science. Le
Brésil déclara qu'il attendait avec impatience le démarrage
des négociations autour de la seconde période d'engagement,
en tenant compte de la "proposition brésilienne"
basée sur le partage des responsabilités concernant les
changements climatiques. Le Bangladesh apporta son appui à
l'idée d'une application rapide des Fonds pour l'Adaptation
et pour les PMA, et mit en exergue le caractère
particulièrement vulnérable des pays a niveau peu élevé
par rapport à celui de la mer, et des petits Etats
insulaires.
LES DECLARATIONS DES ETATS
OBSERVATEURS, DES ORGANES DES NATIONS UNIES, DES ORGANISATIONS
INTERGOUVERNEMENTALES ET DES ONG: Le
représentant de la Turquie, Etat observateur, déclara qu'il
attendait avec impatience l'adoption par la CdP-7 de la
décision ôtant son pays de la liste figurant dans l'Annexe
II et reconnaissant ses circonstances particulières comme
Partie visée à l'Annexe I.
L'OMM mit l'accent sur le
TRE du GIEC, faisant état des nouvelles preuves concernant la
contribution des activités humaines aux changements
climatiques. Le PNUE souligna la nécessité de traiter les
crises mondiales liées à la dégradation écologique et à
la pauvreté extrême. Le FEM mit l'accent sur son engagement
à apporter un appui au renforcement des capacités, au
transfert des technologies et aux mesures d'adaptation,
reconnut la nécessité d'un processus à caractère plus
consultatif au sein du Conseil du FEM, et s'engagea pour le
traitement des préoccupations soulevées au cours de la
récente évaluation de ses performances. Mettant en exergue
les liens entre le développement et les changements
climatiques, le PNUD nota, entre autres, que sa présence dans
les pays était en train d'être renforcée. Le GIEC présenta
une synthèse des principales conclusions du TRE, notant que
les pays en développement souffriront d'effets
disproportionnés.
Le Parlement des Enfants du
Maroc, le Parlement des Jeunes Francophones et l'Organisation
Mondiale de la Jeunesse pour la Lutte contre les Changements
Climatiques, présentèrent des exposés, le dernier
intervenant plaidant pour un avenir à faible émissions de
carbone, pour l'entrée en vigueur du Protocole comme premier
pas sur "le long chemin" de la lutte contre les
changements climatiques, et le parachèvement, à la CdP-7,
des textes de décision sans affaiblir des Accords de Bonn.
L'Agence Internationale de
l'Energie mit l'accent sur le rôle des solutions basées sur
la loi du marché, pour la réalisation des objectifs de la
CCCC. Le représentant souligna aussi l'importance des options
basées sur le recours à l'énergie renouvelable, tout en
plaidant pour la non exclusion des solutions utilisant
éventuellement la technologie ou les combustibles. L'OPEP mit
en relief l'impact des mesures de réponse aux changements
climatiques sur les économies dépendantes des exportations
des combustibles fossiles, et suggéra une reconsidération de
"toute la philosophie de la taxation de l'énergie."
Le représentant de Climate
Action Network South appela à des engagements clairs pour les
divers fonds approuvés à la deuxième partie de la CdP-6,
qualifiant les engagements financiers actuels de
"pathétiques." Le représentant de la Chambre
Internationale du Commerce plaida pour des négociations
précoces autour des deuxième et troisième périodes
d'engagement, et pour la mise en application de la CCCC d'une
manière permettant la pleine participation du monde des
affaires. Le porte-parole des Organisations des Peuples
Indigènes requit une décision de la CdP accordant aux
peuples indigènes un statut particulier dans le processus de
la CCCC, et se prononça pour la mise en place d'un groupe de
travail spécial intersessions, à composition non limitée.
L'Organisation Mondiale des Législateurs pour un
Environnement Equilibré plaida pour un système rigoureux de
contrôle du respect des dispositions, pour des plafonnements
dans l'utilisation des puits d'absorption de carbone, et pour
un MDP impliquant autant de pays en développement et de PMA
que possible et incluant des projets de petite échelle. Le
délégué de Climate Action Network North établit un lien
entre les questions de changement climatique et celles de
santé et de pauvreté.
Les porte-parole des US and
European Business Councils For Sustainable Energy plaidèrent
pour la prévision d'une voie expresse pour les projets MDP,
pour des crédits précoces, pour une pleine transférabilité
des REC, et pour un régime juridique contraignant pour le
contrôle du respect des dispositions. La Confédération
Internationale des Syndicats Libres, le Comité Consultatif
Syndical auprès de l'OCDE et la Confédération Européenne
des Syndicats Libres mirent en exergue les potentialités de
création d'emplois offertes par les mesures devant être
prises dans le cadre de la lutte contre les changements
climatiques et appelèrent à la mise en place de programmes
de transition en matière d'emplois.
LA PLENIERE DE CLOTURE
Le Président de la CdP-7,
Elyazghi, ouvrit la Plénière finale le matin du samedi 10
novembre 2001, après une longue nuit de négociations. La CdP
adopta des décisions portant sur un certain nombre de points
de l'ordre du jour, notamment ceux concernant la mise en
application du Plan d'Action de Buenos Aires et la
contribution devant être apportée au Sommet Mondial sur le
Développement Durable.
Dans leurs déclarations de
clôture, plusieurs Parties firent part de leur satisfaction
que le consensus ait été réalisé sur l'ensemble des
questions en suspens relevant du PABA, permettant de clôturer
ainsi cette étape des négociations et d'ouvrir la voie à la
ratification et à l'entrée en vigueur du Protocole. Les
Parties devaient également noter que la CdP-7 était la
première CdP tenue en Afrique, région de pays en
développement hautement vulnérable aux changements
climatiques. L'Arabie Saoudite, le Koweït, les Emirats Arabes
Unis et le Nigeria attirèrent l'attention sur l'Article 2.3
(effets adverses des P&M) du Protocole et déclarèrent
que ce sujet devait être inscrit à l'ordre du jour de la
SB-16. Le Canada, l'UE et le Japon déclarèrent qu'à leur
avis, cette question ne nécessitait pas un processus
séparé, étant donné qu'elle sera examinée dans le cadre
d'autres points pertinents de l'ordre du jour.
L'UE déclara que la CdP-7
venait de marquer un jalon important qui rendait le processus
de Kyoto irréversible. La Fédération de Russie affirma que
la CdP-7 a ouvert la voie à la ratification du Protocole par
tous les pays. La République de Corée déclara que la
décision concernant le MDP n'excluait aucun projet
particulier, y compris les projets unilatéraux. Le G-77/Chine
déclara que l'accord venait marquer la "fin du long
cheminement" ouvrant sur la réalisation de la
ratification du Protocole, indiquant que bien des sacrifices
ont été consentis pour la concrétisation de ce résultat,
en particulier, de la part des pays en développement. Le
délégué du Japon déclara que les négociations allaient
désormais entrer dans une nouvelle étape et que son pays
attendait avec impatience la considération des prochaines
mesures à prendre, à la CdP-8. Le délégué de l'Australie
déclara que son pays n'avait pas l'intention de faire usage
de l'Article 3.4, estimant qu'il peut s'adosser sur les
activités pertinentes relevant de l'Article 3.3. Evoquant les
événements du 11 septembre, l'Argentine fit observer que le
travail sur le PABA a été parachevé à un moment jugé peu
favorable, par certains, et se réjouit d'avoir eu à
constater que le terrorisme n'est pas parvenu à briser la
dynamique du parachèvement ce cycle des négociations.
La CdP adopta ensuite le
procés-verbal de la session (FCCC/ CP/2001/L.16 Adds.1-3),
ainsi qu'une décision exprimant une grande appréciation à
l'endroit du Secrétaire Exécutif de la CCCC, Michael Zammit
Cutajar, pour ses dix années "d'excellent service"
rendu au processus des changements climatiques. La décision
fut adoptée par une standing ovation. La CdP adopta
également une résolution remerciant le Maroc et la ville de
Marrakech pour avoir accueilli la CdP-7.
Dans ses remarques de
clôture, le Président Elyazghi indiqua que la CdP-7 a
envoyé un message d'espoir à la lutte contre le changement
climatique et au SMDD, et clôtura la réunion à 6h45 du
matin.
LE COMITE EXECUTIF DU MDP
Après la clôture de la
CdP-7, le Comité Exécutif du Mécanisme pour un
Développement Propre, nouvellement élu, tint sa première
réunion. Le Comité élit John Ashe (Antigua et Barbuda),
premier Président, et Sozaburo Okamatsu (Japon),
Vice-président. Il établit également l'ordre du jour de sa
deuxième réunion, prévue du 21au 23 janvier 2002, à Bonn.
BREVE ANALYSE DE LA CdP-7
LA CARAVANE DES CHANGEMENTS
CLIMATIQUES ARRIVE A MARRAKECH
Non loin du Palais des
Congrès de Marrakech, site des négociations de la CdP-7, se
trouve Jemaa el-Fna, la place du marché veille de quelques
siècles, qui forme le cœur de Marrakech. C'est l'endroit où
commerçant et artistes, conteurs et acrobates, marchands de
tapis et charmeurs de serpents, viennent de toutes parts pour
s'adonner à leurs arts et pour conclure – avec force
gesticulations de mains et de têtes – bien des marchés.
Les acteurs fougueux et les marchands futés qui régnaient,
seuls, sur cette place historique, ont dû, ces deux
dernières semaines, partager l'attention qu'ils accaparaient,
avec les négociateurs chevronnés de la caravane des
changements climatiques. Bien que pas aussi accessibles - ni
aussi amusantes – au grand public, les bouffonneries de nos
négociateurs ont, tout de même, administré une leçon de
maître à ceux qui cherchaient à se familiariser avec l'art
du marchandage.
MARCHE ARRACHE...
Les délégués sont venus
à Marrakech avec le but de conforter l'accord politique
historique – paraissant parfois bien fragile – conclu à
Bonn, et de résoudre les questions "techniques" en
suspens ayant trait à la structure du Protocole de Kyoto,
pour ouvrir la voie à son entrée en vigueur, "en temps
opportun." Contrairement à ce qui semble avoir été
colporté par les médias, la conclusion des accords de Bonn
ne signifiait pas que toutes les questions politiques étaient
entièrement résolues. En effet, dans les derniers jours des
négociations de Bonn, on s'était rendu compte que non
seulement certaines Parties étaient en train de chercher à
ré-interpréter les Accords, mais aussi que parmi les
questions "techniques" qui restaient à boucler, bon
nombre avaient une connotation politique importante. Ainsi les
enjeux, à Marrakech, étaient de taille, et les risques
d'échec étaient loin d'être totalement écartés.
Conscients de ces
préoccupations, l'UE et le G-77/Chine sont arrivés à
Marrakech déterminés à parvenir à la conclusion d'un
marché garantissant assez de ratifications pour l'entrée en
vigueur du Protocole, de préférence, à temps, pour le
Sommet Johannesburg prévu en septembre 2002. Dans les
premières heures du matin du samedi 10 novembre, ce marché a
pu enfin être arraché, et grâce à lui la ratification du
Protocole devenait désormais une possibilité réaliste. Il
était clair, cependant que pour la conclusion de cet accord,
l'UE et le G-77/Chine ont été obligés de faire concession
à beaucoup de demandes des pays membres influents du Groupe
'Umbrella.' Le marché conclu pour la ratification du
Protocole de Kyoto a été vraiment un accord de marchands de
tapis.
...MAIS A QUEL PRIX?
Sachant que leur
participation était essentielle pour l'entrée en vigueur du
Protocole, la Fédération de Russie, le Japon, l'Australie et
le Canada ont utilisé ce levier – de manière à la fois
collective et individuelle – pour faire baisser le
"prix" de la ratification. Jouant la carte de la
ratification à plus d'une occasion, ils sont parvenus à
affaiblir le système de contrôle du respect des
dispositions, à réduire les conditions d'éligibilité à
l'utilisation des mécanismes, à miner les considérations de
transparence et participation du public et à minimiser les
exigences de mise à disposition des données concernant les
puits de fixation de carbone.
La vrai étendue de leur
pouvoir de marchandage et la force de leur détermination à
protéger les intérêts nationaux se sont dévoilées peu à
peu, à mesure que les trois années de négociations autour
de la mise en œuvre du Plan d'Action de Buenos Aires venaient
à leur point culminant. Tard dans la soirée du jeudi 8
novembre, les ministres Moosa et Roch ont présenté un accord
d'ensemble visant à sortir de l'impasse dans laquelle se
trouvaient les négociations. L'accord qui s'est avéré
acceptable à toutes les autres Parties, a été rejeté par
les membres du Groupe Umbrella, les cinq points d'achoppement
étant:
-
la question de savoir si
l'utilisation des mécanismes par les Parties visées à
l'Annexe I devait, oui ou non, être " assujettie aux
procédures et mécanismes régissant le contrôle du
respect des dispositions";
-
la question de savoir si
l'utilisation des mécanismes par les Parties visées à
l'Annexe I devait, oui ou non, être tributaire de la
soumission des données concernant le thème de LULUCF;
-
la question de savoir si
le compte des "unités de suppression"
nouvellement crées pouvait être reporté aux périodes
d'engagement suivantes;
-
la question de savoir
dans quelle mesure les Parties devaient être requises de
présenter des rapports sur la mise en application de
l'Article 3.14 (effets adverses); et,
-
la question de savoir,
si jugés nécessaires, de quelle manière les principes
devant régir l'utilisation des puits de fixation de
carbone devaient être mis en opération.
Les ministres et autres
négociateurs de haut rang ont passé la majeure partie de la
journée du vendredi, et les premières heures de la journée
du samedi, dans des réunions à huis-clos, s'efforçant à
parvenir à des solutions de compromis autours de ces
questions et d'autres points en rapport. Le caractère que ces
discussions ont pu revêtir n'est pas clair (la transparence
n'ayant pas été un trait distinctif des échanges de
Marrakech), mais les résultats suggèrent que certaines
parties y ont probablement exhibé un certain degré
d'intransigeance, notamment, la Fédération de Russie, le
Japon et le Canada, qui semblent avoir tous imposé les termes
qui leur sont les plus favorables, comme préalable à leur
ratification.
UN MARCHANDAGE AGRESSIF
Tout au long des deux
semaines de la réunion de Marrakech, plusieurs observateurs
se sont déclarés désespérés par le style intransigeant
des négociations menées par les Russes. En dépit de
l'insistance, de pratiquement toutes les Parties, que les
Accords de Bonn étaient sacro-saints, la Fédération de
Russie a réussi – avec agressivité – à renégocier son
"Appendice Z" et à faire passer ses propres quotas
en matière de puits de fixation de carbone, de 17 à 33
mégatonnes. Elle a été persistante, aussi, dans sa volonté
de supprimer deux des principales conditions d'éligibilité
à l'utilisation des mécanismes (soumission des inventaires
des puits de fixation de carbone, et adoption du régime de
contrôle du respect des dispositions), et dans ses efforts
visant à limiter la participation et le droit de regard du
public.
La tactique de négociation
de la délégation Japonaise – qui comptait pas moins de 80
membres – a également donné lieu à bien des commentaires.
Dans le groupe de négociation sur les Articles 5, 7 et 8, par
exemple, elle a fait preuve d'un entêtement particulier. A un
certain moment, le G-77/Chine s'est vu obligé de répondre à
une requête nipponne par cette phrase qui semblait sortir de
son cœur "c'est une blague, n'est-ce pas?!" Mais ce
n'en n'était pas une, et leur entêtement a fini par payer,
au vu des résultats et en particulier de leur réussite à
obtenir la mise en place d'une procédure expéditive pour le
rétablissement de l'éligibilité à l'utilisation des
mécanismes.
L'Australie et le Canada,
outre l'appui apporté aux diverses interventions du Japon et
de la Fédération de Russie, ont également donné de la voix
sur un certain nombre de questions importantes. L'Australie,
par exemple, a été le fer de lance de l'effort visant à
supprimer la référence au mode de déclenchement
"Partie à Partie" dans le régime du contrôle du
respect des dispositions, et le Canada a cherché à affaiblir
les exigences applicables à l'élaboration des rapports
concernant les puits de fixation de carbone.
La frustration suscitée par
les tactiques de négociation employées par différentes
Parties s'est étendue aux Présidents des groupes de
négociation. Le Président Dovland, par exemple, n'a pas
manqué de faire part de son "extrême déception"
quant à l'absence de progression au sein du groupe chargé
des Articles 5, 7 et 8 et, dans un même ordre d'idée, le
Coprésident du groupe chargé des mécanismes, Raúl Estrada,
s'est vu obligé de lancer une interjection au cours des
délibérations de son groupe. A une requête du Japon et du
Canada appelant à la clarification du sens du terme
"rationnelles" qualifiant les règles, il les a
priés de définir le terme "obstruction."
UNE MAUVAISE AFFAIRE VAUT
MIEUX QUE PAS D’AFFAIRE DU TOUT
L'accord final laissera
plusieurs observateurs assez déçus, mais cela ne les a pas
empêchés de laisser entendre qu'il y restait néanmoins de
la place pour un optimisme prudent, à tempérer en
particulier, par une dose salutaire de réalisme, en phase
avec ce qui est faisable au plan politique et au plan
économique. Nonobstant la ferme obstination dont ont fait
montre les pays du Groupe Umbrella dans le cheminement vers
l'accord final, des progrès ont été réalisés sur un
certain nombre de questions clés.
Le Cameroun, au nom du
Groupe Africain, a rendu compte de certains accomplissements
positifs au moment où il s'est déclaré fier des résultats,
arguant que les Accords de Marrakech ouvrait la voie à une
prompte mise en application du Protocole, et faisant part de
ses espoirs concernant l'accès aux financements réservés
aux PMA et aux fruits des projets relevant du MDP. Les
démarches importantes entreprises, à cet égard, englobent
l'élection du Comité Exécutif du MDP et la conclusion d'un
accord sur le prompt démarrage d'un certain nombre de projets
MDP. (Reste à voir, maintenant, quel sera l'importance de
l'impact des projets MDP en Afrique).
Dans la question du
contrôle du respect des dispositions, également, des
progrès significatifs ont été réalisés. C'était là la
seule question importante à être résolue au plan technique,
fait chaleureusement accueilli par les observateurs qui se
sont déclarés agréablement surpris non seulement par le
déroulement sans heurt des négociations autour de ce thème,
mais également par leurs résultat, à savoir, l'adoption
d'une procédure des plus innovantes et des plus élaborée
pour les cas de non respect des disposition, jamais réalisée
pour un accord environnemental multilatérale. L'accord conclu
sur le texte concernant le respect des dispositions donne des
motifs de satisfaction à toutes les Parties, mais c'est l'UE
et le G-77/ Chine qui y ont le plus gagné, quasiment toutes
leurs demandes ayant été adoptées. L'un des sujets capable
de faire ou de défaire le régime du contrôle du respect des
dispositions – et qui a posé difficultés dans les
négociations – a intéressé le caractère juridique que
devaient revêtir les décisions adoptées par la branche
chargée de la mise en application. Nombre d'observateurs ont
fait part de leur appui au résultat réalisé à Marrakech,
arguant qu'il constituait un échafaudage sophistiqué
garantissant que les conséquences seront, de fait,
juridiquement contraignantes. Deux raisons ont été avancées
à cet effet. La première est que les Parties de la CCCC se
sont accordées pour stipuler que seules les Parties
signataires du Protocole de Kyoto décideront du mode
d'adoption, ce qui suggère, compte tenu du fait que
l'écrasante majorité des Parties favorables à des
conséquences juridiques contraignantes, que cette adoption se
fera probablement par l'introduction d'un amendement donnant
à la branche chargée de la mise en application la
prérogative de prendre des sanctions juridiquement
contraignantes. La seconde est que pourvu que l'éligibilité
d'une Partie donnée à utiliser les mécanismes reste
tributaire de "son assujettissement aux procédures
applicables dans le domaine du contrôle du respect des
dispositions," l'accord prévoit des mesures
d'encouragement claires de la ratification de l'amendement
introduit. Dans une perspective plus large, il ne faut pas
oublier que la force du régime de contrôle du respect des
dispositions dépendra en définitive de la solidité des
exigences en matière d'élaboration des rapports.
Parmi d'autres
développements positifs et innovants: la considération de
parité des sexes dans l'organigramme des futurs organes
devant être établis dans le cadre de la CCCC; l'intégration
des Principes régissant le thème de LULUCF dans les lignes
directrices relatives à l'Article 7; et l'établissement
d'une nouvelle "unité de suppression" (RMU) sur la
base d'une proposition introduite par le G-77/Chine.
LA CdP-7: SAGESSE ET
MODERATION DANS LE MARCHANDAGE?
Dans son adresse à la
plénière, le Prince Moulay Rachid, intervenant au nom du Roi
Mohammed VI, a exprimé l'espoir de voir "émerger de
votre conférence bénie, un message d'optimisme, de sagesse,
de modération et d'espérance, le message dont l'humanité a
tant besoin, aujourd'hui." Dans le monde des âpres
marchandages des négociateurs, en particulier lorsque les
enjeux sont d'importance, espérer voir la modération
présider aux échanges était sans doute trop demander.
N'empêche, le fait d'avoir réussi à conclure un marché –
même si plus d'un le jugent décevant – permet d'espérer
que l'étape de Marrakech pourrait servir de fondement à une
approche multilatérale globalisante. Pour de nombreux
observateurs, la vraie valeur du Protocole de Kyoto réside,
non dans l'impact direct sur la limitation des niveaux
d'émission de gaz à effet de serre, mais dans le précédent
qu'il établit à travers l'action mondiale concertée et
coordonnée réalisée dans le domaine de la lutte contre les
changements climatiques. De ce point de vue, le résultat des
négociations de la CdP-7 est de bonne augure, étant donné
que peu de Parties ont maintenant une excuse pour ne ratifier
le Protocole. En outre, comme certains ont cru entendre dans
la bouche de Jan Pronk, � la fin de la r�union, "la
CdP-7 offre d�sormais aux Etats-Unis une structure juridique
convenable pour se joindre au processus de la lutte contre les
changements climatiques."
Reste � voir si on se
rappellera de Marrakech, pour sa sagesse et sa mod�ration
dans l'�laboration des premi�res mesures de la r�ponse
multilat�rale aux probl�me des changements climatiques ou si
on s'en rappellera pour les tactiques de marchandages
agressives d�ploy�es par certains et que beaucoup jugent
comme ayant ind�ment min� l'int�grit� du Protocole de
Kyoto.
A SUIVRE D'ICI LA CdP-8
CONGRES MONDIAL DE LA
SOCIETE INTERNATIONALE DE L'ENERGIE SOLAIRE:
Ce congr�s se tiendra du 25 novembre au 2 d�cembre 2001, �
Adelaide, en Australie. Le programme technique couvrira divers
aspects de l'�nergie renouvelable et de la durabilit�
�nerg�tique. Pour de plus amples renseignements, contacter:
ISES 2001; tel: +61-8-8363-4399; fax: +61-8-8363-4577; e-mail:
ises2001@hartleymgt.com.au;
Internet: http://www.unisa.edu.au/ises2001congress/home.html
REUNION DE L'ORGANE EXECUTIF
DE LA CONVENTION SUR LA POLLUTION ATMOSPHERIQUE
TRANSFRONTALIERE DE LONGUE PORTEE:
Cette r�union aura lieu du 26 au 30 novembre 2001, �
Gen�ve. Pour plus d'informations, contacter: Yves Berthelot,
UNECE; tel: +41-22-917-2670; fax: +41-22-917-0107; e-mail: yves.berthelot@unece.org;
Internet: http://www.unece.org/env/lrtap/
SYMPOSIUM INTERNATIONAL SUR
LA GESTION ET LES TECHNOLOGIES DE L'ENERGIE ET DE
L'ENVIRONNEMENT: Cette r�union se
d�roulera les 7 et 8 d�cembre 2001, � Vancouver, BC, au
Canada. Elle sera consacr�e au traitement des questions
d'�nergie, de gestion environnementale et des technologies,
et servira de forum pour des �changes d'informations entre
les repr�sentants des secteurs industriel, gouvernemental et
acad�mique. Pour d'autres d�tails, contacter ICEEE: tel. and
fax: +1-714-898-8416; e-mail: inquiries@iceee.org;
Internet: http://www.iceee.org
CONFERENCE INTERNATIONALE
SUR L'ENERGIE RENOUVELABLE AU SERVICE DU DEVELOPPEMENT RURAL:
Cette conf�rence est pr�vue du 19 au 21 janvier 2002, �
Dhaka, au Bangladesh et sera ax�e sur l'examen de la port�e
technique de la production �lectrique � partir des sources
�oliennes, des vagues marines, des courants et des mar�es.
La conf�rence se penchera �galement sur les technologies �
moyen et � long termes et sur les d�fis techniques pos�s au
d�veloppement des sources d'�nergie renouvelables. Pour de
plus amples informations, contacter: A.K.M. Sadrul Islam; fax:
+880-2-861-3046; e-mail: sadrul@me.buet.edu
TROISIEME SYMPOSIUM
INTERNATIONAL SUR LES GAZ A EFFET DE SERRE:
Ce symposium se tiendra du 21 au 23 janvier 2002, �
Maastricht, aux Pays-Bas. Pour d'autres d�tails, contacter:
Symposium Secretariat; tel: +31-73-621-5985; fax:
+31-73-621-6985; e-mail: vvm@wxs.nl;
Internet: http://www.milieukundigen.nl
FORUM SUR LES TECHNOLOGIES
TERRESTRES: Cette conf�rence et
l'exposition sur les technologies et les politiques de lutte
contre les changements climatiques et la protection de la
couche d'ozone, sont pr�vues du 25 au 27 mars 2002, �
Washington, DC. La conf�rence est parrain�e par
l'International Climate Change Partnership et l'Alliance for
Responsible Atmospheric Policy. Les participants y discuteront
des technologies actuelles et des efforts fournis pour leur
mise sur le march�. Pour plus de renseignement, contacter:
tel: +1-703-807-4052; fax: +1-703- 528-1734; e-mail: earthforum@alcalde-fay.com;
Internet: http://www.earthforum.com
16EME SESSION DES ORGANES
SUBSIDIAIRES DE LA CCCC: La SB-16
est provisoirement programm�e pour se tenir � Bonn, en
Allemagne, du 3 au 14 juin 2002. Pour plus de d�tails,
contacter: UNFCCC Secretariat; tel: +49-228-815-1000; fax:
+49-228-815-1999; e-mail: secretariat@unfccc.de;
Internet: http://www.unfccc.de
SOMMET MONDIAL DE 2002 SUR
LE DEVELOPPEMENT DURABLE (SMDD): Le
Sommet Mondial sur le D�veloppement Durable aura lieu dix ans
apr�s le Sommet de la Terre de Rio (CNUED, � Johannesburg,
en Afrique du Sud, du 2 au 11 septembre 2002. Le PrepCom se
r�unira du 28 janvier au 8 f�vrier et du 25 mars au 5 avril
2002, au si�ge des Nations Unies � New York, et du 27 mai au
7 juin 2002, en Indon�sie. Pour plus d'informations,
contacter: Andrey Vasilyev, DESA, New York; tel:
+1-212-963-5949; fax: +1-212-963-4260; e-mail: vasilyev@un.org;
Concernant la participation des groupes sociaux, contacter:
Zehra Aydin-Sipos, DESA; tel: +1-212-963-8811; fax:
+1-212-963-1267; e-mail: aydin@un.org;
Internet: http://www.johannesburgsummit.org/
HUITIEME CONFERENCE DES
PARTIES DE LA CCCC: La CdP-8 est
provisoirement pr�vue du 23 octobre au 1er
novembre 2002, le lieu restant � d�terminer. Pour d'autres
renseignements, contacter: the UNFCCC Secretariat, Bonn,
Germany; tel: +49-228-815-1000; fax: +49-228-815-1999; e-mail:
secretariat@unfccc.int;
Internet: http://www.unfccc.int/ |