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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 12 No. 188
Vendredi, 9 Novembre 2001
LES FAITS MARQUANTS DE LA
CdP-7 DE LA CCCC
JEUDI 8 NOVEMBRE 2001
La Réunion de Haut Niveau
de CdP-7 a poursuivi ses travaux avec des déclarations
données par 30 ministres et autres chefs de délégation et
par les représentants d'Etats observateurs, d'OIG et d'ONG.
Le SBI s'est réuni pour parachever ses travaux. Des
pourparlers de haut niveau et des discussions techniques ont
eu lieu dans le courant de la journée et jusque tard dans la
soirée et ont porté sur les thèmes des mécanismes, de
LULUCF, des Articles 5 (questions méthodologiques), 7
(communication des données) et 8 (évaluation des
informations) du Protocole, et de la contribution devant être
apportée au SMDD.
LA REUNION DE HAUT NIVEAU
DECLARATIONS DES PARTIES: Les
délégués se réunirent le matin et l'après-midi pour
entendre les déclarations de 30 ministres et chefs de
délégation. Plusieurs Parties apportèrent leur appui à
l'appel en faveur de la ratification du Protocole et de son
entrée en vigueur à temps pour le SMDD prévu à
Johannesburg, et nombre d'entre elles mirent en relief les
preuves scientifiques de plus en plus importantes fournies par
le GIEC, qui viennent soutenir l'impératif d'une action
urgente et forte pour le contrôle des changements
climatiques. Certaines Parties soulignèrent également les
liens étroits entre changements climatiques et pauvreté.
Au sujet des négociations
de la CdP-7, la FEDERATION DE RUSSIE fit part de ses réserves
concernant les discussions autour de l'élaboration des
règles et des modalités devant encadrer la comptabilité des
émissions et des suppressions de gaz, arguant que les
documents de travail étaient devenus surchargés de détails
techniques. L'orateur ajouta que la simplification des
procédures en matière de rapport, était cruciale pour la
ratification. La MALAISIE déclara que les pays se devaient de
veiller à ne pas réouvrir les négociations autour des
Accords de Bonn. Au sujet de la ratification du Protocole, la
NOUVELLE ZELANDE annonça son intention de le ratifier à
temps pour le SMDD, précisant qu'elle était actuellement la
seule Partie du Groupe 'Umbrella' à avoir pris un tel
engagement, mais qu'elle prévoyait qu'elle "sera en
bonne compagnie, sous peu."
Au sujet des mécanismes, le
PAKISTAN encouragea l'adoption de règles fortes, claires et
souples pour encadrer le MDP, basées sur les principes
d'équité et de durabilité. Le représentant ajouta que le
MDP et les autres mécanismes ne devaient pas servir de
substitut aux réductions d'émission devant être effectuées
sur le long terme. La THAÏLANDE déclara qu'elle souhaitait
voir un traitement égalitaire des modalités et des règles
appliquées aux différents mécanismes et un équilibre entre
les activités d'adaptation et celles d'atténuation. Le CHILI
déclara le MDP facilitera l'accès aux technologies et le
traitement des problèmes environnementaux locaux, et
encouragea le GIEC à "accélérer" le travail sur
les procédures concernant l'orientation vers les bonnes
pratiques et leur permanence. La MALAISIE déclara qu'il
appartenait au Comité Directeur de s'assurer de l'intégrité
environnementale de tous les projets. L'URUGUAY fit part de sa
volonté de participer dans les activités inscrites dans le
cadre du MDP et mit en exergue les efforts nationaux fournis
dans le cadre des préparatifs pour le MDP. La FEDERATION DE
RUSSIE insista sur la suppression des limitations imposées à
la prérogative des Parties d'utiliser les mécanismes.
Au sujet du renforcement des
capacités et du transfert des technologies, la JORDANIE
déclara que l'avancée dans la lutte contre les changements
climatiques nécessitait une aide financière, un transfert
des technologies écologiquement rationnelles, et une
extension de l'assistance technique en matière de
renforcement des capacités. L'EGYPTE recommanda
l'établissement de centres d'informations et d'échange de
données, orientés vers le transfert des technologies
écologiquement rationnelles. La MALAISIE, le MOZAMBIQUE, le
PORTUGAL, l'URUGUAY et le KOWEIT soulignèrent également le
besoin d'un transfert des technologies.
Au sujet des circonstances
et des besoins des PMA, la TANZANIE, le BENIN et DJIBOUTI
notèrent qu'ils comptaient parmi les pays plus touchés par
les changements climatiques, qui disposent le moins de
capacités de réagir. Ils encouragèrent la prise de mesures
permettant de s'assurer que les PMA pourront être pleinement
impliqués dans les projets MDP. Le MOZAMBIQUE et le PORTUGAL
notèrent l'importance du projet de décisions concernant les
PMA. Au sujet de l'assistance devant être apportée aux pays
hautement dépendants des exports de carburants fossiles, le
KOWEIT souligna l'importance de cette assistance et proposa:
une suppression des incitations fiscales et des exemptions des
droits et frais, dans tous les secteurs ayant rapport avec les
émissions de gaz; une élimination des incitations en faveur
des technologies écologiquement non rationnelles; une
assistance pour la diversification des économies; et la mise
au point de technologies permettant de réduire les émissions
émanant de l'utilisation des carburants fossiles.
Au sujet de l'adaptation, le
PAKISTAN nota la nécessité d'élargir la focalisation en
passant des mesures d'atténuation à des actions d'adaptation
et de lutte contre la vulnérabilité. Le PEROU souligna
l'absence de recherches dans les domaines de l'adaptation et
la vulnérabilité. L'ALGERIE souligna que les zones arides et
semi-arides sont sur la ligne de front de la vulnérabilité,
et encouragea l'activation des synergies entre la CCD, la CDB
et la CCCC. La NAMIBIE affirma que l'adaptation requérait, entre
autres, l'adoption d'une approche interdisciplinaire et
multi-sectorielle. Le PORTUGAL indiqua que l'adaptation
pouvait promouvoir le développement durable et l'équité à
travers les générations. Le PANAMA, au nom des Parties de
l'Amérique Centrale, attira l'attention sur le nouveau projet
pilote d'adaptation régionale, promu par le FEM, et l'URUGUAY
souligna l'importance du Fonds pour l'Adaptation. Le
BANGLADESH appuya la mise en application rapide des Fonds pour
l'Adaptation et pour les PMA, et mit en relief la
vulnérabilité particulière des petits Etats insulaires à
territoire peu élevé.
AUTRES DECLARATIONS: Les
Etats Observateurs: La TURQUIE
déclara qu'elle attendait avec impatience l'adoption par la
CdP-7 de la décision transmise par le SBI, ôtant la Turquie
de la liste figurant dans l'Annexe II et reconnaissant ses
circonstances particulières en tant que Partie visée à
l'Annexe I.
Les Organisations
Intergouvernementales: L'AGENCE
INTERNATIONALE DE L'ENERGIE déclara être en train de
travailler sur des solutions permettant "d'engager les
forces du marché" à réaliser des objectifs réalistes
dans le domaine du changement climatique. Le représentant mit
en exergue les options offertes par l'énergie renouvelable et
leur importance pour la lutte contre les changements
climatiques, plaidant toutefois qu'aucune solution
technologique possible autre ne devait être exclue et notant
que les options produisant du gaz carbonique pouvaient être
compensées par des projets de fixation de carbone et que les
préoccupations concernant l'option nucléaire pouvaient être
résolues.
L'OPEP mit en exergue les
effets des mesures de réponse aux changements climatiques sur
les économies hautement dépendantes des exportations de
carburants fossiles. Le représentant suggéra que "la
philosophie entière de la taxation de l'énergie" soit
reconsidérée, et affirma que le plus grand défi posé à
l'environnement est la pauvreté.
Les ONG:
Le représentant de CLIMATE ACTION NETWORK SOUTH déclara que
l'engagement des pays industrialisés et le niveau de
concrétisation de leurs obligations "demeuraient
faibles." L'orateur plaida pour un régime vigoureux de
mise en conformité aux dispositions du Protocole, et appela
à des engagements clairs en faveur des fonds approuvés lors
de la deuxième partie de la CdP-6, qualifiant de
"pathétique" le niveau des engagements financiers
actuels." La CHAMBRE INTERNATIONALE DU COMMERCE déclara
que davantage d'attention devait être accordé à
l'élaboration des détails relatifs aux mécanismes, y
compris ceux ayant trait à l'impact du régime de mise en
conformité aux dispositions sur les crédits acquis ou
cédés dans le cadre de l'échange des droits d'émissions,
et sur le transfert et l'utilisation des crédits acquis à
travers l'investissement des projets MDP. L'orateur plaida
pour des négociations précoces autour des deuxième et
troisième périodes d'engagement, et pour la mise en
application de la CCCC d'une manière permettant la pleine
participation du monde des affaires.
La porte-parole des
ORGANISATIONS DES PEUPLES INDIGENES nota qu'il y a 350
millions d'indigènes dans le monde, beaucoup d'entre eux
extrêmement vulnérables aux changements climatiques.
L'oratrice requit une décision de la CdP accordant aux
peuples indigènes un statut particulier dans le processus des
changements climatiques, et déclara qu'un groupe de travail
spécial intersessions devrait être constitué. Le
représentant de l'ORGANISATION MONDIALE DES LEGISLATEURS POUR
UN ENVIRONNEMENT EQUILIBRE plaida en faveur d'un système de
mise en conformité rigoureux, de plafonnements dans
l'utilisation des puits d'absorption de carbone, et un MDP
impliquant autant de pays en développement et de PMA que
possible et englobant des projets de petite échelle.
L'orateur souhaita l'adoption, en matière d'approvisionnement
public, de politiques capables d'amener une baisse des prix
des �nergies renouvelables et appela � la r�alisation d'un
bond dans le domaine des technologies. La repr�sentante de
CLIMATE ACTION NETWORK NORTH �tablit un lien entre le
changement climatique et les questions de sant� et de
pauvret�. L'oratrice d�clara que les Parties ne doivent pas
r�ouvrir la question des plafonnements approuv�s retenus
pour l'utilisation des puits d'absorption et que dans ce
domaine, les cr�dits ne doivent pas �tre prorog�s � la
prochaine p�riode d'engagement. Notant qu'elle est issue
d'une ONG russe, elle ajouta que la F�d�ration de Russie
b�n�ficiera de la participation dans le Protocole, et mit en
exergue une d�claration du Pr�sident Poutine affirmant qu'il
coop�rera avec l'UE en vue d'une ratification et d'une
entr�e en vigueur pr�coces.
Les ETATS-UNIS et l'EUROPEAN
BUSINESS COUNCILS FOR SUSTAINABLE ENERGY plaid�rent pour des
projets MDP rapides, des cr�dits sans d�lais, une pleine
transf�rabilit� des REC et un r�gime de mise en conformit�
contraignant. L'orateur appela �galement � des processus
permettant � la soci�t� civile d'apporter sa contribution
dans le d�bat autour des questions cruciales. La
CONFEDERATION INTERNATIONAL DES SYNDICATS LIBRES, LE COMITE
CONSULTATIF DES SYNDICATS DE L'OCDE et la CONFEDERATION
EUROPEENNE DES SYNDICATS LIBRES mirent l'accent sur les
potentialit�s en mati�re de cr�ation d'emplois offertes par
les mesures n�cessaires � la lutte contre les changements
climatiques et appel�rent � des programmes d'emplois
transitoires.
Le repr�sentant du WORLD
BUSINESS COUNCIL FOR SUSTAINABLE DEVELOPMENT souligna le r�le
du monde des affaires en temps que pourvoyeur de solutions et
d�clara que les m�canismes doivent �tre efficaces et
capables de fonctionner avec de faibles co�ts de transaction.
Le CONSEIL �UCUMENIQUE MONDIAL �voqua le colloque
inter-confessionnel qu'il a organis� en marge de la CdP-7 et
donna un aper�u sur les perspectives des monde Musulman et
Chr�tien dans le domaine de la protection de l'environnement
et de l'�vitement des changements climatiques.
LE SBI
La SBI-15 tint sa derni�re
s�ance de travail pour le traitement des trois points
restants de son ordre du jour: les PMA, le GCE et le proc�s
verbal de la session. Au sujet des PMA, les Parties
adopt�rent des projets de conclusions concernant la
d�termination de l'�tat d'avancement de la mise en
application de l'Article 4.9 (PMA) de la CCCC. Elles
d�cid�rent �galement de transmettre � la CdP des projets
de d�cision non crochet�s portant sur: l'�tablissement du
Fonds pour les PMA; les directives devant �tre fournies au
m�canisme de financement concernant l'op�ration du Fonds
pour les PMA; et les lignes directrices devant encadrer
l'�laboration des PANA. Les Parties adopt�rent �galement le
projet de d�cision concernant le GCE et le rapport de la
session.
LES GROUPES DE NEGOCIATION
ET LES CONSULTATIONS INFORMELLES
LES ARTICLES 5, 7 ET 8 DU
PROTOCOLE: Le groupe de n�gociation
sur les Articles 5, 7 et 8 se r�unit l'apr�s-midi. Le
Pr�sident Dovland rapporta que les ministres et autres
officiels de haut rang �taient en train de mener des
consultations autour d'une proposition de compromis concernant
le th�me de LULUCF, et qu'ils entendaient �galement
consid�rer la question de l'�laboration des rapports
concernant la compl�mentarit� et la r�duction des
d�calages entre les �missions par habitant, des pays
industrialis�s et des pays en d�veloppement, ainsi que les
questions ayant trait � l'�laboration des rapports
d'�valuation de la mise en application de l'Article 3.14
(effets adverses).
Passant aux autres points en
suspens, les d�l�gu�s s'accord�rent sur le libell�
portant sur la confidentialit�, propos� par le comit� de
r�daction qui s'�tait r�uni le matin. Au sujet du projet de
d�cision de la CdP-7, les Parties accept�rent un libell�
requ�rant du Secr�tariat, l'�laboration d'un document
analysant la mani�re dont est abord�e la confidentialit�
par d'autres organisations et organes des trait�s
internationaux. Au sujet de l'Article 4 (mise en �uvre
conjointe), le Pr�sident Dovland nota que l'UE et le Groupe
Umbrella �taient en train de mener des consultations
bilat�rales, et que la question ne serait pas renvoy�e aux
ministres. Le JAPON et le G-77/CHINE d�cid�rent de mener des
consultations bilat�rales autour de la question du
r�tablissement de l'�ligibilit� aux m�canismes.
Le G-77/CHINE introduisit
ensuite une proposition concernant la composition des TER et
la s�lection des Premiers Evaluateurs, bas�e sur une formule
tenant compte � la fois de la repr�sentation r�gionale des
Nations Unies et de l'adh�sion des membres vis�s et des
membres non vis�s � l'Annexe I. Plusieurs d�l�gu�s
exprim�rent une certaine confusion � l'�gard de la
proposition et firent part de leurs r�serves concernant le
risque de la voir rouvrir des paragraphes d�j� approuv�s.
Apr�s la cl�ture de la r�union, les consultations
informelles se poursuivirent.
LES MECANISMES:
Les consultations r�gionales et bilat�rales de haut niveau
se poursuivirent tout au long de la journ�e sous la conduite
de Valli Moosa (Afrique du Sud) et Phillipe Roch (Suisse). Un
nouveau projet de d�cisions concernant le programme de
travail sur les m�canismes, fut distribu� dans la soir�e.
Parmi les points qui restaient � r�soudre, les conditions
devant r�gir l'�ligibilit�, les possibilit�s
d'encaissement et de transfert des unit�s, et l'�mission et
l'annulation des 'RMU'.
DANS LES COULOIRS
Alors que se poursuivaient
les n�gociations, jeudi soir, la r�alisation d'un accord
final autour du paquet propos� en d�but de soir�e par les
mod�rateurs Moosa et Roch, restait al�atoire. Selon les
rapports, � 22h30, tous les groupes r�gionaux, �
l'exception du Groupe Umbrella auraient accept� le march�. A
23h30, les ministres se sont r�unis de nouveau pour voir si
le Groupe Umbrella allait se joindre au consensus. L'accord
n'�tait pas encore r�alis�, peu avant 1h du matin, et les
ministres ont d�cid� de reprendre leur r�union � 9h apr�s
avoir consult� leurs capitales pour savoir si un march� peut
�tre conclu aujourd'hui, vendredi
A SUIVRE AUJOURD'HUI
NEGOCIATIONS DE HAUT NIVEAU:
Les n�gociations de haut niveau
reprendront vers 9h pour poursuivre la recherche d'un accord
autour du paquet propos�.
PLENIERE DE CLOTURE:
Une Pl�ni�re de la CdP consacr�e � l'adoption des
d�cisions et des conclusions en suspens aura lieu � la fin
des n�gociations. Pour les d�tails, consulter les �crans
d'affichage. |