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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 12 No. 187
Jeudi, 8 Novembre 2001
LES FAITS MARQUANTS DE LA
CdP-7 DE LA CCCC
MERCREDI 7 NOVEMBRE 2001
La Réunion de Haut Niveau
de CdP-7 s'est ouverte, dans la matinée, avec les
déclarations des représentants des organes et agences
spécialisées des Nations Unies, et une cérémonie de
bienvenue. Elle s'est poursuivie dans l'après-midi et dans la
soirée, par les exposés des représentants des jeunes et les
allocutions de 44 ministres et autres chefs de délégation.
Les négociations se sont poursuivies sur les thèmes des
mécanismes, des Articles 5 (questions méthodologiques), 7
(communication des données) et 8 (évaluation des
informations) du Protocole, et des PMA.
LA REUNION DE HAUT NIVEAU
LES DECLARATIONS DES ORGANES
ET AGENCES SPECIALISEES DES NATIONS UNIES:
Le Segment de Haut Niveau ouvrit ses travaux par les
déclarations des organes et agences spécialisées des
Nations Unies. Le MMO mit en exergue le Troisième Rapport
d'Evaluation du GIEC (TRE), faisant état des preuves
nouvelles et fortes de la contribution des activités humaines
au phénomène du changement climatique. Le PNUE encouragea la
ratification du Protocole avant le Sommet Mondial sur le
Développement Durable (SMDD) et souligna l'impératif de
traiter les deux crises mondiales posées par la dégradation
écologique et la pauvreté extrême. Le FEM: mit en relief
son engagement en faveur du soutien du renforcement des
capacités, le transfert des technologies et l'adaptation;
reconnut la nécessité d'un processus plus consultatif au
sein du Conseil du FEM; et entreprit de traiter les
préoccupations soulevées par la récente évaluation de ses
performances. Soulignant les liens entre le développement et
les changements climatiques, le PNUD nota, entre autres,
que sa présence dans les différents pays est en train
d'être renforcée. L'UNITAR mit l'accent sur ses diverses
activités de formation et de mise en réseau dans le domaine
des changements climatiques. La CCD souligna l'importance
d'une amélioration des synergies entre les Conventions de
Rio. Le GIEC présenta une synthèse des conclusions du TRE,
notant que les effets allaient s'exercer de manière
disproportionnée sur les pays en développement, et mit en
relief l'existence de barrières entravant une mise en œuvre
plus étendue des mesures d'adaptation technologique et des
options offertes en matière d'atténuation.
LA CEREMONIE DE BIENVENUE:
Après ces déclarations, une cérémonie de bienvenue fut
organisée. Le Directeur Exécutif du PNUE, Klaus Töpfer,
donna une allocution au nom du Secrétaire Général de l'ONU,
Kofi Annan, dans laquelle il: mit en relief les éléments
environnementaux et développementaux du phénomène des
changements climatiques; nota la nécessité d'une évolution
significative à long terme des comportements dans les
domaines économique et social; fit part de son appréciation
pour le travail accompli par le Président de la CdP-6, Pronk,
précisant que ce dernier sera son envoyé spécial auprès du
SMDD; et mit en exergue l'importance du multilatéralisme.
Le Prince Héritier du
Maroc, Moulay Rachid, parlant au nom du Roi Mohammed VI,
souligna le besoin de valeurs éthiques internationalement
partagées, et encouragea le fait que "la haine et le
rejet de l'autre ne doivent pas être banalisés par une
vision aveuglée par l'émotion du moment, aboutissant à une
division trop réduite du monde, plaçant les bons d'un côté
et les mauvais de l'autre." Encourageant la solidarité
internationale dans le traitement des préoccupations
environnementales, l'orateur appela à un transfert des
technologies, à des ressources nouvelles et supplémentaires
et à la réduction du fardeau de la dette extérieure.
LES DECLARATIONS DES
REPRESENTANTS DES JEUNES: Mercredi
après-midi, Le PARLEMENT DES ENFANTS DU MAROC, le PARLEMENT
DES JEUNES FRANCOPHONES et l'ORGANISATION MONDIALE DES JEUNES
ACTIFS DANS LE DOMAINE DU CHANGEMENT CLIMATIQUE présentèrent
des exposés, le dernier orateur encourageant le passage à un
avenir avec moins d'émissions de gaz carbonique, l'entrée en
vigueur du Protocole comme début "du long chemin"
qui reste à parcourir dans la lutte contre le changement
climatique, et le parachèvement des projets de textes soumis
à la CdP-7, sans affaiblir les Accords de Bonn.
L'ALLOCUTION DU SECRETAIRE
EXECUTIF DE LA CCCC: Dans ce qui
serait sa dernière adresse à un segment de haut niveau, le
Secrétaire Exécutif de la CCCC, Michael Zammit Cutajar,
félicita les membres du Secrétariat pour leur dynamisme et
leur engagement et remercia les Parties pour leur confiance et
pour le fait de ne s'être jamais immiscés dans la
micro-gestion. Notant que ce traité avait des liens tout
aussi étroits avec le développement durable de l'économie
mondiale qu'avec les changements climatiques, l'orateur
souhaita aux délégués plein succès dans leurs efforts
visant à faire avancer la CCCC. Les délégués le
remercièrent pour sa contribution par une standing ovation.
LES DECLARATIONS DES
PARTIES: Quarante-quatre ministres
et chefs de délégation présentèrent des déclarations.
Plusieurs orateurs soulignèrent l'importance du maintien de
l'intégrité environnementale du Protocole. Les Parties
attirèrent aussi l'attention sur les succès réalisés,
mardi, dans les négociations autour du thème du respect des
dispositions et appelèrent au parachèvement du travail
confié à la CdP-7 dans le cadre du Plan d'Action de Buenos
Aires, plusieurs d'entre eux affirmant que cela viendrait
soutenir la ratification et l'entrée en vigueur, à temps,
pour le SMDD prévu en septembre 2002. De nombreux
intervenants notèrent sue les événements du 11 septembre
ont démontré la nécessité de solutions multilatérales aux
problèmes mondiaux qui ne peuvent être résolus par un pays
à lui seul. Un certain nombre de délégués attirèrent
l'attention sur le TRE du GIEC, qui démontre le besoin d'une
action urgente dans le domaine du changement climatique, et
rendirent hommage à la fois au Président de la CdP-6, Pronk,
et au Secrétaire Exécutif de la CCCC, Michael Zammit
Cutajar.
Au sujet des négociations
en cours à la CdP-7, la SUISSE déclara qu'elle ne pouvait
pas accepter des modifications susceptibles d'affaiblir les
Accords de Bonn, et déclara qu'aucun pays ne pouvait se
permettre de fuir ses responsabilités, en particulier,
lorsqu'il d'agit d'un pays important dans le processus de
ratification. L'IRAN, au nom du G-77/CHINE, mit l'accent sur
l'approche basée sur une "souplesse respectueuse des
principes," et affirma que ni la CdP-7 ni le SMDD ne sont
le forum approprié pour soulever la question d'engagements
nouveaux pour les pays en développement. La BELGIQUE, au nom
de l'UE, mit en relief les questions en suspens concernant les
mécanismes, nécessitant une résolution, y compris celle de
l'élection du Comité Directeur du MDP. La BULGARIE, au nom
du GC-11, CHYPRE et MALTE, nota les circonstances
particulières de ces pays individuels dans la mise en
application de leurs engagements. Le CANADA souligna la
nécessité d'être réactif à ce genre de préoccupations
exprimées par les pays, dont la participation est cruciale
pour l'entrée en vigueur du Protocole. La SUEDE déclara que
la réussite de la réunion de Marrakech constituerait, pour
les Etats-Unis, un appel puissant à reconsidérer sa
décision et à se joindre à la coalition mondiale pour la
lutte contre le changement climatique.
Au sujet des mécanismes, le
JAPON mit en garde contre l'imposition de trop de contraintes
à leur utilisation. La REPUBLIQUE DE COREE déclara que le
plein potentiel des mécanismes doit être réalisé, y
compris celui unilatéral du MDP. L'UKRAINE déclara que la
mise en application concertée (JI) doit bénéficier d'une
priorité et que le principal objectif doit être plutôt, la
réduction, que la redistribution, des émissions. Au sujet du
thème de LULUCF, la CHINE mit en garde contre les brèches.
Au sujet des circonstances
et des besoins particuliers des pays en développement et des
pays les moins avancés (PAM), plusieurs orateurs
soulignèrent le besoin d'un renforcement des capacités, de
l'adaptation et du transfert des technologies. L'IRLANDE et la
NORVEGE mirent en exergue les interconnexions entre
changements climatiques et pauvreté. La CHINE souligna le
principe des responsabilités communes mais différenciées,
et le SENEGAL mit l'accent sur la valeur des PANA et appela à
un engagement plus important en faveur du Fonds pour les PAM.
Au sujet des prochaines
étapes du processus de la lutte contre les changements
climatiques, SAMOA, au nom de l'AOSIS, déclara qu'une fois
terminé le travail autour du PABA, les Parties se doivent de
procéder à une évaluation des engagements dans le cadre de
ce régime, et suggéra de s'assurer que ces derniers soient
plus forts et plus étendus. Le délégué des ETATS-UNIS
déclara que son pays continuera à jouer un rôle leader dans
le traitement des changements climatiques et qu'il est en
train de faire avancer la mise en place de mesures basées sur
la science. Le BRESIL déclara qu'il attendait avec impatience
les négociations autour de la seconde période d'engagement,
en tenant compte de la "proposition brésilienne"
basée sur un partage des responsabilités des changements
climatiques. L'INDE annonça être en train de considérer les
possibilités d'accueillir la CdP-8.
LES GROUPES DE NEGOCIATION
ET LES CONSULTATIONS INFORMELLES
LES ARTICLES 5, 7 ET 8 DU
PROTOCOLE: Le groupe de négociation
sur les Articles 5, 7 et 8 tint des séances de travail dans
l'après-midi et dans la soir�e. Le Pr�sident Dovland
informa les participants qu'il s'est entendu avec le groupe
charg� du th�me des m�canismes, qu'une d�cision s�par�e
devait �tre �mise concernant l'Article 7.4 (quantit�s
assign�es), quelques aspects des travaux en cours autour des
Articles 5, 7 et 8 devant �tre couverts dans le cadre de
cette d�cision.
Faisant �tat de
l'ach�vement des n�gociations autour du th�me du respect
des dispositions, le Pr�sident Dovland pr�senta une
proposition portant sur l'ensemble des questions ayant trait
� l'Article 3.14 (effets adverses), dans laquelle les
probl�mes rencontr�s touchant � l'�laboration des rapports
ne seraient pas � m�me de provoquer la perte de
l'�ligibilit� � utiliser les m�canismes. Le JAPON,
l'AUSTRALIE et le CANADA firent part de leurs r�serves
concernant le caract�re contraignant du libell� propos�
pour la mise en application de l'Article 3.14. Les
Participants ne parvinrent pas � s'accorder sur la
proposition et la question fut d�f�r�e aux ministres.
Au sujet de l'�laboration
des rapports concernant les P&M, conform�ment �
l'Article 2.3 (effets adverses des P&M), dans le projet
des lignes directrices devant encadrer l'Article 7, le
Pr�sident Dovland rappela la proposition avanc�e
pr�c�demment et appelant � la suppression de la r�f�rence
aux d�cisions des futures CdP et CdP/RdP, et les Parties
approuv�rent ce point.
Les d�l�gu�s devaient
ensuite d�battre longuement de trois options offertes pour la
composition de l'�quipe d'experts charg�e de l'�valuation
(EEE). Le Pr�sident Dovland proposa l'adoption de l'option
requ�rant du Secr�tariat, une s�lection des membres de
l'EEE en respectant l'�quilibre entre les experts issus des
pays vis�s � l'Annexe I et ceux issus des pays non vis�s �
cette m�me annexe, sans compromettre les exigences en
mati�re d'aptitudes. Cela fut appuy� par la FEDERATION DE
RUSSIE, l'UE, le JAPON et l'AUSTRALIE. Le G-77/CHINE indiqua
qu'il avait besoin de mener des consultations au sein du
groupe, et aucun accord ne fut r�alis�.
Le JAPON d�clara que la
question de l'�laboration des rapports concernant le
caract�re compl�mentaire rev�tu par les m�canismes, devait
�tre transmise aux ministres pour consid�ration. La CHINE
mit en relief le paragraphe qu'elle a propos� et qui
sp�cifie l'objectif consistant � r�duire les d�calages des
�missions par habitant entre les pays industrialis�s et les
pays en d�veloppement. L'UE fit �tat des probl�mes
rencontr�s dans l'�laboration de ces rapports, notamment
celui du manque de donn�es pertinentes. Le JAPON,
l'AUSTRALIE, le CANADA et les ETATS-UNIS firent objection au
paragraphe, en raison de l'absence du cadre juridique.
Au sujet des rapports
concernant l'Article 4 (mise en application conjointe), les
d�l�gu�s rapport�rent que les consultations �taient en
cours, et la question resta non encore r�solue.
Le JAPON introduisit le
projet de d�cision de la CdP-7 relatif � sa proposition
concernant l'�valuation destin�e au r�tablissement de
l'�ligibilit�, et requit du SBSTA, l'entreprise d'une
nouvelle action. Les d�l�gu�s firent part de leurs
r�serves concernant les �l�ments des lignes directrices
figurant en annexe et concernant le d�lai de dix semaines
imparti au processus d'�valuation. Reprenant, plus tard, le
sujet, le JAPON souligna la grande importance qu'il attache �
la question. Le porte-parole de l'UE, contr�e par le G-77/
CHINE, indiqua qu'il pouvait accepter la proposition,
moyennant quelques amendements mineurs. La proposition fut
int�gralement plac�e entre crochets.
Au sujet de la
confidentialit�, un comit� de r�daction fut convoqu�,
jeudi, pour la r�solution de cette question. Le Pr�sident
Dovland conclut en exprimant sa "profonde
d�ception" quant � l'absence de progr�s enregistr�e
dans le groupe.
LES MECANISMES:
Le Secr�taire d'Etat Philippe Roch (Suisse) et le Ministre
Valli Moosa (Afrique du Sud) mod�r�rent des consultations
avec les divers groupes r�gionaux autour du nouveau papier
officieux des Copr�sidents du groupe de n�gociation sur les
m�canismes. Les discussions se focalis�rent, entre autres,
sur l'�ligibilit� et sur l'�laboration des rapports
concernant les puits de fixation du carbone, et sur le report
des unit�s.
LES PAM:
Lors de la derni�re r�union du groupe de contact, le
Pr�sident Gamede fit �tat des trois projets de proposition
en cours d'examen pour adoption, qui portent sur: les lignes
directrices devant encadrer la pr�paration des PANA et leur
annexe; l'�tablissement du Groupe d'Experts sur les PAM; et
les directives concernant l'op�ration du Fonds pour les PAM.
Le d�l�gu� des ETATS-UNIS mit en exergue l'importance d'un
accord d'ensemble englobant les trois textes, et indiqua que
ces derniers devaient rester crochet�s dans leur int�grit�.
Toutes les autres Parties plaid�rent pour la suppression des
crochets. Le d�l�gu� des ETATS-UNIS d�clara que cette
question devait �tre tranch�e par les ministres, et les
textes enti�rement crochet�s furent renvoy�s au SBI.
Le projet de proposition
concernant l'�tat d'avancement de la mise en application de
l'Article 4.9 (PAM) de la CCCC fut appouv� avec des crochets
autour de la r�f�rence aux trois autres d�cisions
concernant les PAM, et ce, � la requ�te des Etats-Unis. Le
projet de proposition sera envoy� au SBI.
DANS LES COULOIRS
Les d�l�gu�s sont revenus
sur terre, mercredi, au moment o� l'euphorie suscit�e par le
succ�s r�alis� autour du th�me du contr�le du respect des
dispositions, a c�d� la place � la frustration caus�e par
le ratage de l'accord sur l'Article 7.4 et autres questions
ayant trait aux m�canismes. L'un des sujets de pr�occupation
pour certains d�l�gu�s a �t� apparemment le fait que la
derni�re version du texte de l'Article 7.4 n'a pas �t� mis
� leur disposition durant les consultations de haut niveau.
D'autres ont cependant sugg�r� qu'il pouvait s'agir l�,
d'une strat�gie effective � ce moment pr�cis du processus.
Dans l'intervalle, le r�tablissement des conditions
d'�ligibilit� a �merg� en tant que sujet de controverse,
au moment o� cette question, qui constitue d�j� un
�l�ment fondamental du paquet conclu autour du th�me du
contr�le du respect des dispositions, �tait abord�e dans
les pourparlers autour des Articles 5, 7 et 8. Il a �t�
�galement question d'un nouveau document concernant la
contribution � apporter au SMDD, qui serait distribu� jeudi.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
REUNION DE HAUT NIVEAU:
Le Segment de Haut Niveau reprendra � 10h dans la Salle
Pl�ni�re, avec de nouvelles d�clarations de ministres et
autres chefs de d�l�gation, d'observateurs et de
repr�sentants d'OIG et d'ONG.
SBI: Le
SBI se r�unira l'apr�s-midi, dans la Salle Pl�ni�re I,
pour cl�turer ses travaux, apr�s les d�clarations de haut
niveau.
GROUPE DE NEGOCIATION SUR
LES ARTICLES 5, 7 ET 8: Ce groupe se
r�unira � 15h dans la Salle F�s 1, dans un effort de
parachever ses travaux. |