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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 12 No. 179
Mardi 30 Octobre 2001
SEPTIEME CONFERENCE DES
PARTIES DE LA CONVENTION-CADRE SUR LES CHANGEMENTS
CLIMATIQUES:
LUNDI 29 OCTOBRE 2001
La Septième Conférence des
Parties (CdP-7) de la Convention-Cadre sur les Changements
Climatiques (CCCC) a ouvert ses travaux lundi 29 octobre, à
Marrakech, au Maroc. Les délégués se sont réunis, le
matin, en séance Plénière pour entendre un certain nombre
de déclarations et aborder des questions d'ordre
organisationnel. L'après-midi, l'Organe Subsidiaire de Mise
en Application (SBI) et l'Organe Subsidiaire de Conseil
Scientifique et Technologique (SBSTA) se sont réunis
séparément pour entamer leurs travaux respectifs. Le SBI
s'est penché sur les questions organisationnelles,
administratives et financières, les communications des pays
non visés à l'Annexe I, et les points qui lui sont transmis
par la CdP. Pour sa part, le SBSTA a planché sur diverses
questions d'ordre organisationnel, ainsi que sur le Troisième
Rapport d'Evaluation du Groupe Intergouvernemental sur
l'évolution Climatique (GIEC).
LA PLENIERE D'OUVERTURE
C'est le Président de la
CdP-6, Jan Pronk, qui ouvrit les travaux de la CdP-7, lundi
matin. Suggérant que les événements du 11 septembre ont
jeté une nouvelle lumière sur les accords internationaux,
l'orateur indiqua que les Accords de Bonn démontraient
l'efficacité du multilatéralisme et de la coopération
internationale dans la résolution des problèmes mondiaux
dans le cadre des Nations Unies. Il se déclara confiant que
la CdP-7 allait être à même de réussir le parachèvement
du processus de traduction des Accords de Bonn en textes
juridiques et de faire aboutir les travaux menés autour du
Plan d'Action de Buenos Aires (PABA) à une conclusion
probante.
La CdP procéda ensuite à
l'élection de Mohamed Elyazghi, Ministre Marocain de
l'Aménagement du Territoire, de la Gestion Urbaine, de
l'Habitat et de l'Environnement, Président de la CdP-7. Le
Président Elyazghi souhaita aux délégués la Bienvenue au
Maroc et précisa que c'est là, la première CdP de la CCCC
à être organisée en Afrique. Il remercia le Président de
la CdP-6, Pronk, pour sa persévérance et pour la
"marque indélébile" qu'il a laissée sur le
processus.
Abdelaziz Saâdi, Président
du Conseil Départemental de Marrakech, transmit les vœux de
réussite exprimés par le Roi du Maroc, Mohamed VI, à
l'adresse de la conférence, et nota que la CdP-7 venait
offrir l'occasion de réaliser une avancée importante dans la
facilitation d'une action efficace dans le domaine de la lutte
contre les changements climatiques. Omar Jazouli, Président
de la Communauté Urbaine de Marrakech, donna un aperçu sur
les efforts visant à préserver et à protéger le patrimoine
de Marrakech, ainsi que sur les projets visant à la
réduction des gaz à effet de serre dans le secteur du
traitement des déchets et celui des transports.
Michael Zammit Cutajar, le
Secrétaire Exécutif de la CCCC, déclara que les Accords de
Bonn représentaient un progrès significatif dans les
négociations et une percée pour le multilatéralisme.
L'orateur suggéra que les succès attendus à la CdP-7
pourraient inclure un démarrage du MDP sur une base solide et
l'octroi d'une attention particulière aux besoins des pays
africains.
LES QUESTIONS
ORGANISATIONNELLES: Le Président
Elyazghi nota que 42 Parties avaient, jusque là, ratifié le
Protocole et appela le reste des Parties à en faire de même,
à temps pour le Sommet Mondial sur le Développement Durable
(WSSD), prévu à Johannesburg en 2002. Au sujet du règlement
intérieur, la CdP décida de poursuivre l'application des
règles provisoires, à l'exception de la règle 42 (vote).
Les participants adoptèrent ensuite l'ordre du jour, à
l'exception du point consacré à la "seconde évaluation
de l'adéquation de l'Article 4.2(a) et (b)" de la CCCC
(évaluation des engagements) qui doit être traité dans des
consultations informelles. L'élection des membres du Bureau,
autres que le Président, fut reportée en attendant la tenue
de concertations. Au sujet du calendrier des travaux, la CdP
décida que les délégués reprendront le travail dans trois
groupes de négociation consacrés aux thèmes des
mécanismes, du respect des obligations, et des Articles 5
(questions méthodologiques), 7 (communication des données)
et 8 (évaluations des informations) du Protocole, et que des
consultations informelles seront tenues sur le thème de
LULUCF et, au besoin, sur celui des P&M. Le Secrétaire
Exécutif de la CCCC, Cutajar, attira l'attention sur la
proposition avancée par le groupe de l'Asie Centrale, du
Caucase et de la Moldavie, et appelant à remplacer, dans tous
les projets de décisions, le terme "pays en
développement" par "pays en développement et
autres Parties non visées à l'Annexe I."
LES DECLARATIONS D'OUVERTURE
DES PARTIES: Plusieurs Parties
remercièrent le Secrétaire Exécutif de la CCCC, Cutajar, le
Président de la CdP-6, Pronk, et le Secrétariat, pour leurs
précieuses contributions aux avancées réalisées dans les
négociations. Nombre d'orateurs, dont le G-77/CHINE, l'UE et
le GC-11, apportèrent leur appui à l'idée de voir l'entrée
en vigueur du Protocole intervenir à temps pour le SMDD.
L'IRAN, au nom du
G-77/CHINE, apporta son soutien au parachèvement du travail
transmis par la deuxième partie de la CdP-6, ajoutant que ce
n'était pas là le forum approprié pour soulever la question
des engagements nouveaux ou additionnels attendus des pays en
développement. Le BURKINA FASO, au nom du GROUPE AFRICAIN,
mit en relief l'espoir que nourrit la communauté
internationale de voir la CdP-7 aboutir au succès. La SUISSE,
au nom du GROUPE POUR L'INTEGRITE ENVIRONNEMENTALE, déclara
que l'étape actuelle des négociations devait être conclue
à la CdP-7, et souligna la nécessité de l'entrée en
vigueur du Protocole. Le GHANA mit en exergue les besoins de
l'Afrique, notant que le continent était à la fois le plus
petit émetteur de gaz à effet de serre et le plus
vulnérable aux changements climatiques.
Le MALI, au nom des Pays les
Moins Avancés (PMA) souhaita voir les pays en développement,
et notamment les PMA, bénéficier d'une aide significative.
L'AUSTRALIE et le JAPON accueillirent favorablement
l'intention du Président Elyazghi de mener, avant le segment
ministériel, des consultations et de présenter un rapport à
la CdP autour du point de l'ordre du jour consacré à la
"deuxième évaluation de l'adéquation de l'Article 4.2
(a) et (b)," et déclarèrent qu'ils souhaitaient la
tenue d'un débat plein autour de thème, à la CdP-8. L'UE
déclara que la revue des engagements ne devait pas être
débattue à la CdP-7 ou au SMDD, mais seulement après
l'entrée en vigueur du Protocole, possiblement à la CdP-8.
LE SBSTA
LES QUESTIONS
ORGANISATIONNELLES: Le Président du
SBSTA, Harald Dovland (Norvège) ouvrit la première réunion
de la quinzième session du SBSTA. Au sujet de l'ordre du
jour, l'UE requit l'examen de la décision 17/CP.5 qui
renferme les aspects opérationnels concernant la
considération, par les Parties et le SBSTA, des possibilités
de limiter les émissions des HFC et des PFC. L'orateur mit
également en relief la proposition avancée par l'UE au sujet
des termes de référence devant encadrer l'élaboration des
définitions et des modalités de l'inclusion des projets
d'afforestation et de lutte contre la déforestation dans le
cadre du MDP au cours de la première période d'engagement,
pour examen à la SBSTA-15. La MALAISIE, appuyée par l'ARABIE
SAOUDITE, nota que cela était prématuré, étant donné que
les règles et les modalités relatives au MDP étaient en
train d'être examinées de manière séparée et que les
travaux ne sont pas encore terminés. Le Président Dovland
indiqua que la proposition de l'UE allait être distribuée.
LES QUESTIONS TRANSMISES AU
SBSTA PAR LA CdP: Le Troisième Rapport d'Evaluation du GIEC: Le
Président du GIEC, Bob Watson, introduisit le Rapport de
Synthèse du Troisième Rapport d'Evaluation (TRE), notant les
neuf questions réponses de pertinence politique qu'il
renferme, concernant: la contribution apportée par les
analyses scientifiques, techniques et socio-économiques à la
définition des "interférences anthropiques dangereuses
sur le système climatique"; les changements intervenus
dans le climat de la planète depuis l'ère préindustrielle;
les conséquences climatiques, environnementales et
socio-économiques régionales et mondiales associées aux
émissions de gaz à effet de serre émanant des scénarios
prévus par le TRE; les fluctuations climatiques, les
événements extrêmes et les risques de changements abrupts/
non-linéaires; l'inertie et l'échelle temporelle associées
aux changements intervenant dans le climat, dans les systèmes
écologiques et les secteurs socio-économiques; les
implications de la stabilisation des concentrations de gaz à
effet de serre à différents niveaux; le potentiel, le coût
et le bénéfice, et le calendrier des efforts d'atténuation;
et les interactions entre la question des changements
climatiques et les autres questions touchant à
l'environnement et au développement.
Le Président Dovland invita
ensuite les participants à procéder à l'examen des
implications du TRE sur le travail futur du SBSTA et des
requêtes à adresser au GIEC. L'UE, appuyée par le JAPON, le
CANADA, la MALAISIE, l'AOSIS, la NORVEGE, la SUISSE et
l'AUSTRALIE, mais contrée par l'ARABIE SAOUDITE, suggéra la
tenue d'un atelier sur les implications du TRE sur le travail
futur du SBSTA. Avec l'ILE MAURICE, l'OUGANDA et la HONGRIE,
le repr�sentant proposa la consid�ration des possibilit�s
d'�largir la communication du TRE. L'ARABIE SAOUDITE et le
G-77/CHINE insist�rent sur l'inclusion des scientifiques
issus des pays en d�veloppement et sur la n�cessit� de
mettre � disposition des documents dans des langues autres
que l'Anglais.
La MALAISIE mit en exergue
la vuln�rabilit� des pays en d�veloppement et des pays
pauvres et, avec la REPUBLIQUE DE COREE, plaida pour la
consid�ration des possibilit�s de mettre en place des
mesures d'adaptation. Affirmant que les r�cents �v�nements
mettaient en relief le r�le du multilat�ralisme, l'AOSIS
souligna la n�cessit� d'une solution mondiale au ph�nom�ne
des changements climatiques, avec, comme premi�re �tape, la
ratification du Protocole.
Le Pr�sident Dovland nota
les �l�ments d'accord �mergeants quant � la mani�re de
proc�der, notamment, l'organisation d'un atelier avant la
SBSTA-16. Il invita Halldor Thorgeirsson (Islande) � conduire
des consultations informelles autour d'un projet de d�cision
concernant le TRE. L'ARABIE SAOUDITE pr�cisa qu'il n'y avait
pas de consensus autour de l'id�e d'organiser un atelier
appel� � mener � la prise d'une d�cision � la CdP-8.
LE SBI
LES QUESTIONS
ORGANISATIONNELLES: Le Pr�sident du
SBI, John Ashe (Antigua et Barbuda) ouvrit la session et le
SBI adopta son ordre du jour. Au sujet de l'�lection des
membres du Bureau, autres que le Pr�sident, le Pr�sident
Ashe indiqua que des consultations �taient en cours.
LES QUESTIONS
ADMINISTRATIVES ET FINANCIERES: Le
Pr�sident Ashe d�clara qu'il �laborera des conclusions
pr�liminaires sur la performance financi�re int�rimaire des
exercices 2000-2001 et tint des consultations informelles sur
les options �ventuelles visant � r�pondre au retard
enregistr� dans le paiement des contributions. Au sujet de la
mise en application de l'Accord conclu sur la question du
si�ge, l'ALLEMAGNE pr�senta un rapport sur l'�tat
d'avancement des travaux de construction du campus des Nations
Unies, de l'�dification du centre des congr�s et des
questions ayant trait aux effectifs du Secr�tariat et �
leurs familles. Le Pr�sident Ashe indiqua qu'il �laborera un
projet de conclusions.
LES QUESTIONS TRANSMISES AU
SBI PAR LA CdP: Au sujet des
contributions devant �tre apport�es au SMDD, le Pr�sident
Ashe d�clara que ce sujet sera abord� par la CdP le vendredi
2 novembre, apr�s une s�rie de consultations informelles,
plut�t qu'au sein du SBI. Au sujet du rapport adress� par le
FEM � la CdP, l'examen fut report� � la prochaine r�union
du SBI.
Au sujet des propositions
appelant � l'amendement des listes figurant dans les Annexes
I et II de la CCCC, un bref d�bat eut lieu sur la proposition
que la Turquie avait soumise � la premi�re partie de la
CdP-6. Le Pr�sident Ashe annon�a que des consultations
informelles seront tenues autour de cette proposition et sur
celle avanc�e par le Kazakhstan et appelant � ajouter son
nom � l'Annexe I.
LES ARRANGEMENTS CONCERNANT
LES REUNIONS INTERGOUVERNEMENTALES: Au
sujet des date et lieu de la CdP-8, le Secr�taire de
la CdP, Richard Kinley, informa les d�l�gu�s que la CdP-5
avait fix� la tenue de la CdP-8, du 28 octobre au 8 novembre
2002 et que si aucune offre n'�tait re�ue au cours de la
CdP-7, la CdP-8 se tiendra � Bonn. L'ARGENTINE nota la
proximit� des dates de la CdP-8 et du SMDD et sugg�ra de
reporter la CdP-8 � d�but 2003. l'ARABIE SAOUDITE et le
KOWEIT not�rent que la fin de la CdP-8 allait co�ncider avec
le d�but du Ramadan, et proposa de l'avancer d'une semaine.
Au sujet du calendrier des
r�unions des organes de la Convention au cours de la p�riode
2005-2007, Richard Kinley nota les pressions grandissantes
exerc�es sur le calendrier international et souligna
l'importance d'une planification � l'avance pour �viter les
annulations co�teuses. L'ARGENTINE d�clara que le calendrier
devait �tre consid�r� dans le cadre plus large de la
gouvernance environnementale. Le Pr�sident Ashe d�clara que
des consultations informelles seront tenues sur ce sujet et
sur les date et lieu de la CdP-8.
LES COMMUNICATIONS DES PAYS
NON VISES A L'ANNEXE I: Au sujet des
communications nationales des Parties non vis�es � l'Annexe
I, le SBI proc�da � l'examen de la troisi�me compilation et
synth�se des communications initiales. Le d�l�gu� des
ETATS-UNIS proposa que les recommandations du Groupe d'Experts
Consultatif (GEC) soient prises en consid�ration comme
plate-forme pour l'am�lioration des lignes directrices
encadrant l'�laboration des rapports exig�s dans le cadre de
la CCCC. Au sujet du rapport du GEC, le CANADA, avec
l'AUSTRALIE, nota qu'un chevauchement �tait possible entre le
rapport et le paquet de financement de la deuxi�me partie de
la CdP-6, sugg�rant de les harmoniser. L'UE, avec
l'AUSTRALIE, et contr�e par la MALAISIE, la CHINE et
l'ARGENTINE, d�clara que le rapport fournissait une
plate-forme rationnelle pour l'initiation d'une r�vision des
lignes directrices de la CCCC. L'ARGENTINE, le PANAMA et le
BURKINA FASO soulign�rent la n�cessit� d'int�grer
l'�laboration des communications nationales dans le processus
de d�veloppement des pays h�tes. Le Pr�sident Ashe indiqua
que cette question sera examin�e de mani�re approfondie dans
un groupe informel, en m�me temps que celle de la mise �
disposition d'un soutien financier et technique.
DANS LES COULOIRS
A la fin de la premi�re
journ�e de la CdP-7, plusieurs participants ont sembl� �tre
optimistes quant aux chances de voir la conf�rence aboutir �
des r�sultats probants. Certains ont sugg�r� que la
"fatigue de n�gociation" �prouv�e par bon nombre
de v�t�rans, � La Haye et � Bonn, a �t� perceptible tout
au long de cette premi�re journ�e et plusieurs d�l�gu�s
ont relev� la "d�termination tranquille" �
terminer les trois ann�es de n�gociations, � Marrakech, et
� rendre ainsi le Trait� de Kyoto ratifiable. Nombre
d'observateurs ont �galement indiqu� que l'atmosph�re peu
tendue qui r�gnera sans doute sur cette r�union, en
comparaison avec celle qui l'a pr�c�d�e, est capable de
susciter la volont� appropri�e de parachever le travail.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
SBI:
Le SBI se r�unira � 10h, dans la Salle Pl�ni�re I, pour
proc�der � l'examen des questions ayant trait aux PMA, aux
communications nationales des pays vis�s � l'Annexe I, et
aux points divers.
SBSTA: Le
SBSTA se r�unira � 10h puis � 15h dans la Salle Pl�ni�re
II pour proc�der � l'examen des questions m�thodologiques,
de la mise au point et du transfert des technologies, et des
points divers. |