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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 12 No. 178
Lundi 29 Octobre 2001
SEPTIEME CONFERENCE DES
PARTIES DE LA CONVENTION-CADRE SUR LES CHANGEMENTS
CLIMATIQUES:
29 OCTOBRE - 9 NOVEMBRE 2001
La Septième Conférence des
Parties (CdP-7) de la Convention-Cadre sur les Changements
Climatiques (CCCC) conclue en 1992 commence aujourd'hui au
Palais des Congrès de Marrakech, au Maroc. Les délégués
s'y focaliseront sur la finalisation d'un accord autour des
détails opérationnels relatifs aux engagements pris en
faveur de la réduction des émissions de gaz à effet de
serre, dans le cadre du Traité de Kyoto en 1997. En vue de
concrétiser l'accord en question, ils poursuivront les
négociations menées tout au long des trois dernières
années et baseront leurs discussions sur les principes
politiques – les Accords de Bonn – approuvés par les
ministres et autres officiels gouvernementaux de haut rang, à
la seconde partie de la CdP-6, en juillet dernier, à Bonn, en
Allemagne.
Les délégués aborderont
l'ensemble des sujets qu'ils auront à examiner, dans des
sessions de la CdP ainsi que des séances des organes
subsidiaires de la CdP et dans des groupes de négociation
formels et informels. En outre, un segment de haut niveau se
tiendra du 7 au 9 novembre. La CdP-7 clôturera ses travaux le
9 novembre, par l'adoption d'un certain nombre de décisions
et de conclusions.
BREF HISTORIQUE DE LA CCCC ET DU TRAITE DE
KYOTO
Le Changement Climatique est
considéré comme étant l’une des menaces les plus
sérieuses pesant sur la durabilité de l’environnement de
la planète, sur la santé et le bien-être humain et sur l’économie
mondiale. Les scientifiques s’accordent en général pour
admettre que le climat de la Terre se trouve affecté par
l'accumulation des gaz à effet de serre, tels que celui du
dioxyde de carbone, causée par les activités anthropiques.
Nonobstant des incertitudes qui perdurent, la majorité des
scientifiques estiment que des mesures de précaution sont à
prendre et qu’une action rapide est nécessaire.
La réponse politique
internationale à cette évolution climatique commença à
prendre forme avec l’élaboration de la Convention-Cadre sur
les Changements Climatiques (CCCC). Conclue en 1992, la CCCC
établit un cadre pour l’action visant à stabiliser les
concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre à un
niveau permettant d’empêcher les activités anthropiques
(induites par l’Homme) de donner lieu à des
"interférences dangereuses" avec le système
climatique. La CCCC est entrée en vigueur le 21 mars 1994.
Elle compte aujourd'hui 186 Parties.
LE PROTOCOLE DE KYOTO:
En 1995 le Groupe Spécial sur le Mandat de Berlin est établi
par la CdP-1 pour la réalisation d’un accord sur de
nouvelles mesures en faveur de la lutte contre les changements
climatiques. Au terme d’intenses négociations, les
délégués près de la CdP-3 qui se déroulait à Kyoto, au
Japon, en décembre 1997, devaient s’entendre sur un
Protocole, relevant de la CCCC, engageant les pays
industrialisés et les pays en transition vers une économie
de marché, à réaliser des objectifs quantifiés de
décroissement de leurs émissions de gaz à effet de serre.
Ces pays, connus comme étant les Parties visées à l’Annexe
I de la CCCC, se sont ainsi engagés à réduire leurs
émissions globales dans six gaz à effet de serre, de
manière à en abaisser le niveau d’au moins 5% par rapport
à ceux de 1990 et ce, au cours de la période s’étalant
entre 2008 et 2012, et cet engagement était assorti d’objectifs
variant d'un pays à l'autre. Le Protocole établit par
ailleurs trois mécanismes destinés à aider les Parties
visées à l’Annexe I à réaliser leurs objectifs nationaux
de manière efficace du point de vue coût. Les mécanismes
incluaient un système d’échange des droits d’émission,
une mise en œuvre concertée (JI) des projets de réduction d’émissions,
entre Parties visées à l’Annexe I, et le Mécanisme pour
un Développement Propre (MDP) visant à encourager les
projets conjoints entre les Parties visées à l’Annexe I et
celles non visées à cette même annexe (les pays en
développement).
On laissa aux réunions qui
devaient suivre le soin de fixer la majeure partie des règles
et d’arrêter les détails opérationnels devant déterminer
la manière dont les coupes en matière d'émission seront
réalisées et la manière dont les efforts consentis par les
pays seront mesurés et évalués. 84 pays ont signé le
Protocole, mais la plupart attendent l’issue des
négociations menées autour de ces détails opérationnels
pour décider de la ratification ou de la non-ratification.
Pour entrer en vigueur, le Protocole doit être ratifié par
55 Parties signataires de la CCCC, notamment des Parties
visées à l’Annexe I représentant au moins 55% du total
des émissions de dioxyde de carbone au titre de l’année
1990. A ce jour, 40 Parties seulement, dont un pays visé à
l'Annexe I, la Roumanie, ont ratifié le Protocole.
LE PLAN D’ACTION DE BUENOS
AIRES: La CdP-4 se réunit à Buenos
Aires, en Argentine, en novembre 1998, pour établir un
programme de travail visant à parvenir à un accord sur les
détails opérationnels du Protocole et le renforcement de la
mise en œuvre de la CCCC elle-même. Ce programme de travail
fut consigné dans un document intitulé Plan d’Action de
Buenos Aires (PABA). La date limite fixée dans le cadre du
Plan d’Action était la CdP-6, au cours de laquelle les
Parties doivent tenter de parvenir à un accord sur un
ensemble de points. Parmi les sujets importants nécessitant
une résolution figurent celui des règles devant encadrer les
mécanismes, celui du régime de suivi devant être appliqué
pour le contrôle de la mise en conformité aux obligations
par les différents pays, et celui des méthodes à suivre
dans la comptabilité des émissions et des réductions d’émissions
aux niveaux nationaux. Les règles appelées à régir les
crédits en matière de suppression du gaz carbonique, par le
biais des puits de fixation du carbone, doivent être
également traitées. Parmi les questions relevant de la CCCC
nécessitant une résolution, celles du renforcement des
capacités, de la mise au point et du transfert des
technologies, et de l’aide devant être apportée aux pays
en développement particulièrement sensibles aux effets
adverses des changements climatiques ou des actions
entreprises par les pays industrialisés dans le cadre de la
lutte contre le changement climatique.
Nombre de réunions et de
consultations formelles et informelles furent tenues au cours
des années 1999 et 2000 pour aider à mettre en place les
fondations de l'accord qui devait être conclu à la CdP-6.
Cependant, avec l'approche de la CdP-6, les positions
politiques autour des thèmes clés restèrent tranchées et
on avait peu de signes de volonté de parvenir à quelque
compromis à réaliser une quelconque avancée notoire.
LA PREMIERE PARTIE DE LA
CdP-6: La CdP-6 et les treizièmes
sessions de reprise des organes subsidiaires de la CdP-6 se
tinrent à La Haye, aux Pays-Bas, su 13 au 25 novembre 2000.
Au cours de la seconde semaine des négociations, le
Président de la CdP-6, Jan Pronk, Ministre néerlandais de
l'Habitat, de l'Aménagement du Territoire et de
l'Environnement, tenta de faciliter la progression sur les
nombreux points politiques et techniques controversés en
convoquant des sessions Plénières informelles de haut niveau
consacrées au traitement des questions politiques clés qu'il
avait regroupées en quatre ensembles, comme suit: (a) le
renforcement des capacités, le transfert des technologies,
les effets adverses, et les directives à fournir au
mécanisme de financement; (b) les mécanismes; (c)
l'utilisation des sols, les changements intervenus dans
l'utilisation des sols et la foresterie (LULUCF); et, (d) la
mise en conformité aux obligations, les politiques et mesures
(P&Ms), et l'estimation, l'élaboration des rapports et
l'évaluation devant être effectuées dans le cadre des
Articles 5 (questions méthodologiques), 7 (communication des
données) et 8 (évaluations des informations) du Protocole.
Le jeudi 23 novembre,
cependant, les négociations se retrouvèrent bloquées, et le
Président Pronk, dans une tentative d'encourager la
réalisation d'une percée, fit circuler une Note contenant
ses propositions concernant les principaux sujets. Après
près de 36 heures d'intenses pourparlers autour des
propositions du Président, les négociateurs ne parvinrent
pas à réaliser un agrément, les questions ayant trait au
financement, au caractère complémentaire que doit revêtir
l'utilisation des mécanismes, au respect des obligations et
au thème de LULUCF, s'avérant particulièrement ardues.
L'après-midi du samedi 25 novembre, le Président Pronk
annonça que les délégués n'avaient pas réussi à
réaliser un accord. Les délégués décidèrent de suspendre
la CdP-6, faisant part de leur volonté de reprendre le
travail en 2001.
LES PREPARATIFS DE LA
DEUXIEME PARTIE DE LA CdP-6: Un
certain nombre de réunions et de consultations furent
convoquées après la première partie de la CdP-6, dans un
effort de remettre les négociations sur la bonne voie. Fin
juin, le Président Pronk présenta un texte de négociation
consolidé aux délégués prenant part aux consultations
informelles de haut niveau tenues à Scheveningen, aux
Pays-Bas. Le texte devait servir à aider les négociateurs à
réaliser un compromis. L'opinion exprimée par certains
participants était que les positions ne semblaient pas avoir
changé depuis la première partie de la CdP-6. D'autres, par
contre, ont jugé que les positions s'étaient possiblement
ouvertes sur les questions ayant trait au LULUCF, à
l'inclusion des puits de fixation du carbone dans le MDP, et
au financement.
Outre les pr�paratifs
officiels de la deuxi�me partie de la CdP-6, il y eut apr�s
la r�union de La Haye, un certain nombre de d�veloppements
politiques. En mars 2001, l'administration am�ricaine a fait
part de son opposition au Protocole, arguant qu'� son avis ce
dernier �tait d�fectueux, dans la mesure o� il risquait
fort de porter pr�judice � son �conomie et qu'il exemptait
les pays en d�veloppement d'y apporter leur pleine
participation.
LA DEUXIEME PARTIE DE LA
CdP-6: La deuxi�me partie de la
CdP-6 et les quatorzi�mes sessions des organes subsidiaires
de la CCCC eurent lieu � Bonn, en Allemagne, du 16 au 27
juillet 2001. Du 16 au 18 juillet, les d�l�gu�s se
r�unirent dans des groupes de n�gociations ferm�s, pour
tenter de r�duire les divergences autour des libell�s des
d�cisions concernant un �ventail de sujets touchant au
Protocole et � la CCCC, dont les questions financi�res, les
m�canismes, le respect des obligations, et le th�me de
LULUCF.
Le jeudi 19 juillet, le
segment de haut niveau de la session de reprise de la CdP-6
fut entam�, les participants s'effor�ant de r�aliser une
perc�e en parvenant � un accord sur une d�cision
"politique" autour des principales questions en
suspens. Le samedi soir, au terme de longues concertations, le
Pr�sident Pronk pr�senta un projet de d�cision politique
comportant un accord sur les principaux �l�ments du PABA.
Cependant, en d�pit de l'annonce faite par plusieurs Parties
qu'ils pouvaient apporter leur appui � la d�cision
politique, des divergences ont fait surface autour du chapitre
consacr� au th�me du respect des obligations.
Le Pr�sident Pronk tint,
autour de ce chapitre, des consultations qui se sont �tal�es
jusqu'au lundi matin, moment o� les ministres ont finalement
d�cid� d'adopter la d�cision politique d'origine, datant du
samedi, moyennant une r�vision du chapitre consacr� au
th�me du respect des obligations. La d�cision politique �
ou "les Accords de Bonn" � fut approuv�e par les
ministres lors de la Pl�ni�re du lundi matin, et fut
formellement adopt�e par la CdP au cours de la soir�e du
mercredi 25 juillet. Des discussions de haut niveau, tenues
durant le week-end, devaient aboutir � une D�claration
Politique r�alis�e par un certain nombre de pays
industrialis�s, dans laquelle ils s'engagent � mettre � la
disposition des pays en d�veloppement un financement
additionnel pour la couverture des activit�s entreprises dans
le domaine du changement climatique.
Durant le reste de la
deuxi�me semaine, les d�l�gu�s tent�rent d'�ter tous les
crochets qui tra�naient depuis la premi�re partie de la
CdP-6, en se basant sur les orientations politiques �tablies
dans le cadre des Accords de Bonn. Bien que des projets de
d�cisions aient �t� approuv�s autour de plusieurs
questions cl�s, les d�l�gu�s ne parvinrent pas � terminer
leur travail sur les th�mes des m�canismes, du respect des
obligations et de LULUCF. Comme les libell�s du
"panier" entier des d�cisions n'ont pas, tous,
�t� compl�t�s, l'ensemble des projets de d�cisions fut
transmis � la CdP-7, durant laquelle les d�l�gu�s devront
tenter de conclure leurs n�gociations.
LES FAITS SAILLANTS DE LA
PERIODE INTERSESSIONS
LES PREPARATIFS DE LA CdP-7:
Un certain nombre de r�unions et de
consultations ont eu lieu depuis la deuxi�me partie de la
CdP-6 dans le cadre des pr�paratifs de la CdP-7, dont de
l'atelier sur le th�me des bonnes pratiques en mati�re de
P&M, tenu du 8 au 10 octobre � Copenhague, et celui sur
les Articles 5, 7 et 8 du Protocole, tenu du 4 au 6 octobre,
� Bonn. Ces ateliers ont offert aux experts gouvernementaux,
l'occasion de consid�rer les questions de mani�re plus
approfondie, notamment les projets de d�cisions en suspens
transmis par la deuxi�me partie de la CdP-6. Par ailleurs, le
Groupe Intergouvernemental sur l'Evolution Climatique (GIEC)
tint sa 18�me Session Pl�ni�re, � Londres, du 24 au 29
septembre, pour l'adoption du Rapport de Synth�se de son
Troisi�me Rapport d'Evaluation.
LES RECENTS DEVELOPPEMENTS:
Ces derni�res semaines, nombre d'officiels gouvernementaux de
haut rang et de repr�sentants des Nations Unies, dont le
Pr�sident de la CdP-6, Jan Pronk, et le Pr�sident d�sign�
de la CdP-7, Mohamed Elyazghi, ont fait part de leur espoir
que la r�ussite de la CdP-7 viendra ouvrir la voie �
l'entr�e en vigueur du Trait� de Kyoto d'ici la date du
Sommet sur le D�veloppement Durable, qui se tiendra �
Johannesburg, en Afrique du Sud, en septembre 2002. De son
c�t�, la Commission Europ�enne a confirm�, fin octobre, sa
position selon laquelle les membres de l'UE se doivent de
parachever sa ratification, � temps pour le Sommet de
Johannesburg.
LES TEXTES DE NEGOCIATION:
Les n�gociations se tiendront sur la base des textes transmis
par la deuxi�me partie de la CdP-6 (voir FCCC/CP/2001/5 et
Add.2). Ces textes englobent les projets de d�cisions encore
en n�gociation, transmis � la CdP-7 pour �laboration,
parach�vement et adoption. Les libell�s en suspens portent
sur le th�me de LULUCF, le programme de travail autour des
m�canismes, le respect des obligations, les P&M, et les
Articles 5, 7 et 8 du Protocole. En outre, nombre de
d�cisions non crochet�es portant sur les th�mes du
renforcement des capacit�s, du transfert des technologies et
le financement inscrit dans le cadre du Trait� de Kyoto, ont
�galement �t� envoy�es � la CdP-7. Bien que les
n�gociations autour de ces th�mes aient �t� compl�t�es
au cours de la deuxi�me partie de la CdP-6, ces derniers font
partie int�grante du "panier" devant �tre adopt�
� la CdP-7, une fois finalis�s et approuv�s tous les
libell�s en suspens.
Parmi d'autres questions
appel�es � �tre examin�es � la CdP-7, celles de la
contribution devant �tre apport�e au Sommet Mondial sur le
D�veloppement Durable et de la seconde �valuation de
l'ad�quation de l'Article 4.2 (a) et (b) de la CCCC
(�valuation des engagements).
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE D'OUVERTURE DE LA
CdP: La CdP-7 ouvrira ses travaux �
10h au Palais des Congr�s par une allocution du Pr�sident de
la CdP-6, Jan Pronk. La CdP proc�dera ensuite � l'�lection
de Mohamed Elyazghi, Ministre Marocain de l'Am�nagement du
Territoire, de la Gestion Urbaine, de l'Habitat et de
l'Environnement, en tant que Pr�sident de la CdP-7, et
entendra un certain nombre de d�clarations d'ouverture et
abordera les questions organisationnelles.
REUNION D'OUVERTURE DES
SB-15: Les quinzi�mes sessions des
organes subsidiaires commenceront leurs travaux apr�s la
Pl�ni�re de la CdP. |