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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 12 No. 172
Mardi 24 Juillet 2001
LES FAITS MARQUANTS DE LA
DEUXIEME PARTIE DE LA CDP-6
SAMEDI 21 - LUNDI 23 JUILLET 2001
Les délégués près de la
session de reprise de la CdP-6 se sont réunis tout au long du
week-end et jusqu'au matin du lundi, dans des négociations à
haut niveau. Après les pourparlers étendus, ministres et
autres officiels de haut rang se sont réunis, lundi, en fin
de matinée, en séance plénière, au cours de laquelle ils
procédèrent à l'approbation du projet de décision produit
par le Président Pronk. La décision établit un texte
politique présentant les éléments centraux de la mise en
application du Plan d'Action de Buenos Aires (PABA).
LE COMITE DU PRESIDENT
SAMEDI – PREMIERE REUNION:
Au cours de la réunion du comité du Président, tenue en
milieu d'après-midi – plénière principale unique des
ministres et autres officiels de haut rang – le Président
Pronk informa les participants des progrès enregistrés dans
les consultations tenues peu auparavant , ce même samedi, sur
les questions ayant trait au financement, aux mécanismes, au
thème de LULUCF et à celui du respect des obligations.
Le Secrétaire d'Etat
Philippe Roch (Suisse) présenta le rapport concernant les
consultations sur les finances. Il mit en relief les diverses
positions exprimées quant aux aspects fondamentaux du
financement et évoqua la possibilité d'une progression dans
quatre éléments: la nécessité d'établir une claire
séparation entre la mise en application de la CCCC et celle
du Protocole, en vue de permettre aux Parties qui ne
souhaitent pas ratifier le Protocole, de continuer de
participer dans les travaux d'atténuation entrepris dans le
cadre de la CCCC; le besoin d'un financement additionnel pour
la mise en œuvre de la CCCC et du Protocole; la nécessité
de faire en sorte que le financement soit prévisible; et le
besoin de quantifier le financement. L'orateur expliqua que ce
dernier élément constituait le résultat le plus faible des
consultations qu'il a conduites.
Le ministre Peter Hodgson
(Nouvelle Zélande) présenta un rapport sur les consultations
qu'il a présidées autour du thème des mécanismes. Il
déclara que bien qu'aucun accord explicite n'ait été
atteint, une avancée a été enregistrée sur un certain
nombre de points, en particulier, avec l'introduction d'un
nouveau texte. Au sujet de la complémentarité, l'orateur
indiqua que l'UE "a fait du chemin." Il rapporta par
ailleurs qu'il a proposé un libellé: comprenant une
référence au terme "significatif" à titre
d'élaboration pour le terme "supplémentaire";
requérant des Parties visées à l'Annexe I, la fourniture
des données pertinentes concernant l'action domestique; et de
prévoir que ce soit la branche chargée de la facilitation,
relevant du Comité sur le respect des obligations, qui traite
des questions de mise en œuvre ayant trait à ce thème. Au
sujet du nucléaire, l'orateur suggéra un ajout au libellé
figurant dans le texte de Pronk, octroyant au pays hôte, un
rôle d'évaluation quant à la durabilité du projet.
S'agissant du Comité chargé de la Supervision, le ministre
Hodgson déclara que "la balle est dans le camp" de
la Fédération de Russie et de l'Ukraine.
Concernant le thème de
LULUCF, l'ambassadeur Raul Estrada (Argentine) déclara que
les consultations autour de ce thème se sont focalisées sur
la question des plafonnements d'ordre individuel et d'ordre
collectifs. Il souligna que le problème principal était le
"Grand Absent" des négociations, et que des efforts
ont été fournis pour protéger les intérêts de ce pays
"absent," afin de faciliter son adhésion au
Protocole, à un stade ultérieur.
Le ministre Valli Moosa
(Afrique du Sud) présenta le rapport sur les consultations
autour du thème du respect des obligations. Il indiqua que
compte tenu du caractère juridique contraignant du Protocole,
son mécanisme de mise en conformité aux obligations doit
aller bien au delà du simple "gentlemen’s
agreement." Il suggéra l'adoption d'une approche par
étape pour le système de la mise en conformité aux
obligations, avec un accent placé sur l'aspect facilitation.
La première étape serait celle d'un système d'un
avertissement précoce signifié à travers les équipes
d'évaluation, mettant en place un processus de facilitation
visant à aider les Parties lorsqu'elles sont en situation de
non respect des obligations. Durant la période de mise en
conformité elle-même, les sanctions juridiques
contraignantes doivent viser plutôt à s'assurer de la
"restauration environnementale" qu'à punir la
Partie concernée. L'orateur évoqua également la nécessité
de la certitude pour les mécanismes du marché.
Le Président Pronk
présenta ensuite le rapport concernant les consultations
qu'il a menées sur le thème du transfert des technologies.
Il signala qu'on s'est entendu sur l'appellation de l'organe
et qu'il y avait de la "souplesse dans l'air" quant
à sa composition. Au sujet des effets adverses des politiques
et mesures, l'orateur suggéra, entre autres, le
passage vers une approche "globale, efficace au point de
vue du coût," pour minimiser les frais pour l'ensemble
des pays. Il clôtura la séance en annonçant que suite à la
requête du G-77/Chine et d'autres Parties, il entendait
élaborer une proposition qui sera soumise plus tard dans la
journée.
SAMEDI – DEUXIEME REUNION:
Tard dans la soirée du samedi, le Président Pronk présenta,
de nouveau, au groupe, un rapport observant l'avènement
"d'un consensus grandissant," suite aux discussions
de haut niveau tenues vendredi et samedi. Il présenta ensuite
une proposition pour projet de décision décrivant les
accords politiques portant sur les éléments centraux du
PABA.
La proposition des
éléments centraux de Pronk: Parmi
les traits notables de la proposition, la mise en application
des sanctions visant à la restauration du respect des
obligations et la réparation du préjudice causé à
l'environnement dans les situation de non conformité.
S'agissant du thème de LULUCF, le texte propose l'inclusion
des activités relevant de l'Article 3.4 (activités
additionnelles) du Protocole, durant la première période
d'engagement, assortie de plafonnements individuels
applicables aux crédits de la gestion forestière. Aspect
finance, une déclaration politique "invite" à des
financements provenant des Parties visées à l'Annexe II. Les
principales propositions concernant les mécanismes englobent:
des projets de création de forêts et de reboisement, dans le
cadre du MDP, durant la première période d'engagement;
l'abstention des Partie visées à l'Annexe I de recourir au
nucléaire dans le cadre du MDP et de la mise en œuvre
concertée (JI); l'action domestique constituant un
"élément significatif" des efforts des Parties
visées à l'Annexe I dans la concrétisation de leurs
engagements; et la prévision d'une disposition concernant la
complémentarité financière. La proposition est disponible
en ligne à: http://www.unfccc.int/cop6_2/index.html
Le
Président Pronk fit part de son espoir de voir les
délégués parvenir à s'accorder sur son texte, dimanche. Il
indiqua qu'à cette fin, il conduira des consultations
bilatérales avec les différents groupes politiques/
régionaux, tout au long de la nuit et jusqu'à dimanche,
début d'après-midi.
LA REUNION
DU DIMANCHE: Dans un
briefing donné au groupe, dimanche à 17h, le Président
Pronk déclara qu'en dépit de nombreuses expressions de
préoccupation, l'UE, le Groupe Transcaucasien, le CG-11 et le
Groupe pour l'Intégrité Environnementale ont fait part de
leur volonté d'accepter la proposition, telle quelle, pourvu
que d'autres pays ne demandent pas d'amendements.
Le
Président Pronk nota que plusieurs membres du Groupe
"Umbrella" ont exprimé des réserves, en
particulier, sur les questions ayant trait au financement et
au respect des obligations. Trois membres du groupe ont
indiqué qu'ils pouvaient accéder au compromis et accepter le
texte. D'autres membres du Groupe "Umbrella",
toutefois, ont souhaité "une amélioration" du
texte. Le G-77/Chine a signalé qu'il ne pouvait accepter le
texte, à ce stade.
Le
Président Pronk nota que des discussions étaient en cours
entre l'UE et le G-77/Chine sur une possible déclaration
concernant le financement. Il conclut en disant qu'il
poursuivra les consultations avec les délégués, y compris
séparément avec les membres individuels du groupe
"Umbrella". Il espéra pouvoir sortir avec une
proposition précise permettant d'assurer la conclusion d'un
accord avant dimanche soir.
LA REUNION
DU LUNDI: Lundi 23
juillet, à 12h30, le Président Pronk re-convoqua le Groupe.
Il rapporta qu'il n'a pas produit de nouveau texte parce qu'il
a estimé qu'un accord restait possible autour de sa
proposition sur les "éléments centraux". Il
indiqua qu'en dépit du fait que les consultations aient
réussi à répondre à quelques-unes des préoccupations
soulevées par les Parties, tous les problèmes ne sont pas
résolus. Suggérant que le reste des préoccupations majeures
du Groupe intéressait le chapitre du respect des obligations,
l'orateur précisa que les nouvelles consultations porteront
sur ce chapitre uniquement. Il ajouta que si les d�l�gu�s
ne parvenaient pas � un accord, il re-soumettra le texte tel
quel, pour adoption, � la Pl�ni�re.
LA PLENIERE
Lundi 23
juillet, � 11h55, les d�l�gu�s se r�unirent en s�ance
Pl�ni�re de la CdP. Le Pr�sident Pronk rapporta que
d'intenses n�gociations se sont d�roul�s, toute la nuit,
autour du chapitre sur le respect des obligations et qu'elles
se sont termin�es vers 10h du matin.
Il
introduisit le projet de d�cision auquel ont abouti les
n�gociations, qui se trouvait contenu dans deux papiers
officieux intitul�s "�l�ments centraux de la mise en
�uvre du PABA." Le premier, dat� du 21 juillet, fut
circul� samedi soir (voir la proposition de Pronk concernant
"les �l�ments centraux" en page une). Le second,
dat� du 23 juillet, contient le texte r�vis� concernant le
th�me du respect des obligations. Le texte consacr� au
respect des obligation fut amend� dans trois domaines cl�s:
les sanctions devant �tre ex�cut�es par la branche charg�e
de la mise en application viseront plut�t � s'assurer de
"l'int�grit� environnementale" qu'� s'assurer de
la "r�paration du pr�judice caus� �
l'environnement"; la stipulation que les paiements
doivent servir � "r�parer le pr�judice caus� �
l'environnement" est supprim�e; et la CdP-6 adopte le
r�gime de mise en conformit� aux obligations et recommande
� la CdP/RdP-1, l'adoption, en vertu de l'Article 18 (respect
des obligations), des proc�dures et des m�canismes li�s au
respect des obligations.
Commentant
le projet de d�cision, le Pr�sident Pronk nota qu'un certain
nombre de points juridiques et techniques doivent �galement
�tre r�gl�s dans le texte. Il proposa ensuite que la CdP
approuve le projet de d�cision, entendu que l'adoption
officielle suivra, � sa prochaine r�union Pl�ni�re,
lorsque le texte sera �mis en tant que papier officiel de la
conf�rence. La CdP adopta la d�cision, avec ovation debout.
Remerciant
tous les d�l�gu�s et l'ensemble du personnel pour l'esprit
de collaboration et la d�votion dont ils ont fait montre au
fins de faire aboutir les efforts, le Pr�sident Pronk
d�clara que ce r�sultat �tait indispensable non seulement
pour le climat mais �galement pour rendre compte de la valeur
des n�gociations multilat�rales au sein des Nations Unies.
Le
Secr�taire Ex�cutif de la CCCC, Michael Zammit Cutajar
remercia le Pr�sident Pronk, toutes les Parties, le
Secr�tariat de la CCCC et ses coll�gues de la famille
�largie des Nations Unies, pour ce "moment si brillant
et si plein d'espoir" qu'ils lui ont offert.
Dans leurs
d�clarations g�n�rales, plusieurs Parties exprim�rent leur
satisfaction quant � l'adoption de la d�cision. L'IRAN, au
nom du G-77/CHINE, affirma qu'il s'agissait l� d'un
"accord honorable" repr�sentant un accomplissement
historique et "le triomphe des n�gociations
multilat�rales sur l'unilat�ralisme ."
L'UE
d�clara que l'accord rev�tait un caract�re historique et,
avec le GROUPE POUR L'INTEGRITE ENVIRONNEMENTALE, souligna
qu'il �tait tr�s positif pour la communaut� internationale.
Il ajouta que la porte est rest�e ouverte pour permettre au
pays qui consid�re que le Protocole n'est pas le meilleur
outil pour le traitement du changement climatique, � s'y
joindre � un stade ult�rieur. Il devait proc�der, ensuite,
� une lecture du texte de la D�claration Politique soumise
par l'UE, le Canada, l'Islande, la Norv�ge, la Nouvelle
Z�lande et la Suisse, concernant le financement devant �tre
fourni aux pays en d�veloppement, laquelle incluait un
engagement � mettre � disposition une contribution annuelle
de US$ 410 millions d'ici 2005.
L'AUSTRALIE
affirma que le Groupe "Umbrella" sera � la hauteur
des responsabilit�s qui sont les siennes. Le CANADA annon�a
qu'il accordera dix millions de dollars, pour assurer un bon
d�marrage au fonds destin� � r�pondre aux besoins des PMA
en mati�re d'adaptation. La CHINE remercia l'UE et les autres
Etats pour leur D�claration Politique et affirma que l'accord
a d�montr�, qu'en temps de crise, la communaut�
internationale continue � se mouvoir dans la bonne direction.
Le JAPON exprima le plaisir �prouv� � se joindre � un
consensus constituant une �tape vitale vers la r�alisation
de l'entr�e en vigueur du Protocole en 2002. L'oratrice
ajouta qu'un effort mondial �tait n�cessaire pour la
concr�tisation des objectifs du Protocole. Le CG-11 d�clara
que ses membres ont promis de faire de leur mieux pour engager
le processus de ratification du Protocole et esp�ra voir les
pays "sceptiques" se joindre � l'effort global.
La
repr�sentante des ETATS-UNIS nota que la CdP reconna�t la
s�gr�gation entre le financement fourni dans le cadre de la
CCCC et celui fourni dans le cadre du Protocole. Elle ajouta
que le fait que son pays n'ait pas cherch� � bloquer le
consensus ne changeait en rien son point de vue que le
Protocole n'est pas "une politique rationnelle." Le
d�l�gu� de la FEDERATION DE RUSSIE d�clara que bien que
son pays ne soit pas pour le moment en mesure de se joindre �
l'aide financi�re devant �tre fournie aux pays en
d�veloppement, il pense qu'il le sera � un moment ou � un
autre dans le futur. Le repr�sentant de l'ARABIE SAOUDITE
d�clara qu'en d�pit de certaines r�serves, il a accept� de
se joindre au consensus. La r�union fut cl�tur�e � 14h05.
DANS LES
COULOIRS
Un profond
sentiment de soulagement a balay� les couloirs, lundi, en fin
de matin�e, au moment o� on apprenait enfin que les
ministres et autres officiels de haut rang venaient de
parvenir, � Bonn, � des r�sultats sur des questions
politiques cl�s, apr�s des pourparlers "marathon".
Un certain nombre d'observateurs aux yeux troubles, par manque
de sommeil, ont not� que ce texte impliquait de nombreux
compromis, en particulier de la part de l'UE et du G-77/Chine,
mais la plupart d'entre eux semblaient exalt�s par le fait
qu'un accord ait pu �tre conclu, m�me si la perception
g�n�rale est que ce dernier n'est pas aussi fort qu'il
aurait pu l'�tre. Quelques participants ont not� que les
Etats-Unis �tant hors du coup, le reste des membres du Groupe
"Umbrella" ont tenu seuls toutes les cartes de ces
pourparlers, ce qui signifiait qu'un r�sultat en g�n�ral
favorable � leurs positions concernant les questions cl�s
telles que celles des puits de fixation du carbone, du respect
des obligations et du financement �tait toujours possible si
un accord devait jamais survenir. Nombre de participants ont
�galement sugg�r� que le r�sultat obtenu est une
"victoire pour le multilat�ralisme."
A SUIVRE AUJOURD�HUI
LES ORGANES
SUBSIDIAIRES: Le SBI
se r�unira � 10h et le SBSTA, � 11h.
LA PLENIERE:
Les d�l�gu�s se
r�uniront � 15h dans la Salle Pl�ni�re I pour l'adoption
officielle de la D�cision concernant le texte propos� par
Pronk pour les "�l�ments centraux". |