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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 12 No. 171
Samedi 21 Juillet 2001
LES FAITS MARQUANTS DE LA
DEUXIEME PARTIE DE LA CdP-6
VENDREDI 20 JUILLET 2001
Les délégués près de la
session de reprise de la CdP-6 se sont réunis en séance
plénière, le matin, pour traiter de questions d'ordre
organisationnel. Dans l'après-midi, les ministres et autres
officiels de haut rang devaient entamer les négociations de
fond, à huis clos, se focalisant sur les questions
financières, les mécanismes et le thème de l'utilisation
des sols, des modifications survenues dans l'utilisation des
sols et de la foresterie (LULUCF). Tard dans la soirée, le
Président Pronk a convoqué une brève séance plénière
consacrée à la mise à jour des participants, quant aux
progrès réalisés jusque-là.
LA PLENIERE
Les délégués se
réunirent, en fin de matinée, en séance plénière pour
recevoir l'information concernant la manière dont doit se
dérouler le segment de haut niveau. Le Président Pronk
présenta un rapport sur les cinq décisions prises par le
Bureau étendu. Il indiqua que le Bureau a décidé que les
négociations de fond se dérouleront sur la base de la Note
élaborée par les Coprésidents des groupes de négociation
(FCCC/CP/2001/CRP.8), un "document rationalisé" qui
présente des options claires concernant toutes les questions
importantes en suspens. Les négociations auront lieu dans une
groupe de négociation principal, à huis-clos, conduit par le
Président Pronk et guidé par la Plénière. Le groupe, qui
se doit de présenter à la Plénière, un rapport quotidien,
sera composé: d'un représentant du Groupe pour l'Intégrité
Environnementale; de trois représentants du CG-11; d'un
représentant d'Asie Centrale et de la Moldavie; de cinq
représentants de l'UE; de six représentants du "Groupe
Umbrella"; et de dix-neuf représentants issus des
Parties non visées à l'Annexe I. Chaque représentant peut
être assisté par deux délégués. Divers groupes chargés
de débloquer les situations ardues pourraient être établis
si nécessaire, et les groupes seront présidés par des
personnes désignées par le groupe de négociation principal.
Le Président Pronk expliqua
que les négociations autour des questions techniques se
poursuivraient vendredi et samedi, au sein des quatre groupes
de négociation établis lundi 16 juillet. En outre, un
nouveau groupe technique de négociation, présidé par Harald
Dovland, fut constitué pour traiter des Articles 5 (questions
méthodologiques), 7 (communication des données) et 8 (revue
des informations) du Protocole.
Le Président Pronk souligna
que tous étaient clairement d'accord sur l'évitement de tout
autre débat sur les questions de procédure. Le G-77/CHINE
appela à l'adoption d'une approche souple quant au processus,
notant l'éventualité d'un besoin de modifier la taille, la
forme ou le fonctionnement du groupe. Il plaida contre l'idée
d'avoir des négociations politiques et techniques, en
parallèle. Le Président Pronk souligna qu'il n'y aura pas de
négociations parallèles, si cela risque d'entraver le
travail du groupe.
LE GROUPE DE NEGOCIATION
PRINCIPAL
Le groupe de négociation
principal des ministres et autres officiels de haut rang
devait entamer ses travaux en début d'après-midi, en
commençant par l'examen des options disponibles concernant
les questions clés établies dans la Note par les
Coprésidents des groupes de négociation. Ce document
regroupe les questions clés dans quatre chapitres: le
financement, le transfert des technologies et les effets
adverses; les mécanismes; le thème de LULUCF; et le respect
des obligations. Les délégués discutèrent des éléments
figurant dans les trois premiers chapitres. Ils plancheront
sur les questions touchant au thème du respect des
obligations, samedi matin.
LES FINANCES:
Les participants commencèrent l'examen du chapitre de la Note
des Coprésidents, consacrée aux finances. Au sujet du
financement et des niveaux de ressources, les délégués
discutèrent des questions traitant du Fonds Spécial pour
l'Adaptation aux Changements Climatiques, proposé par le
Président Pronk. Les options examinées englobent le point de
savoir si les contributions au fonds doivent être volontaires
ou obligatoires et de préciser qui doit contribuer; le point
de savoir si des conséquences doivent être prévues en cas
de non-paiement; et, le point de savoir si c'est le FEM qui
doit établir et gérer le Fonds Spécial pour le Changement
Climatique. Les questions concernant le Fonds Spécial pour le
Changement Climatique traitent également: du point de savoir
si les activités ayant trait à la diversification
économique et aux mesures d'atténuation doivent, oui ou non,
être incluses, et si les Parties non visées à l'Annexe I
doivent être requises de mettre en œuvre des stratégies
nationales pour l'atténuation des effets et la fixation du
carbone, comme condition préalable à l'accès à des
financements nouveaux et supplémentaires provenant du Fonds.
Un accord d'ordre général
fut réalisé sur un certain nombre d'aspects, et un groupe de
consultation, modéré par Philippe Roch (Suisse) fut
convoqué pour un examen plus approfondi de ces questions. Ce
groupe de consultation présentera, demain, son rapport au
groupe de négociation principal. Les sujets qui restent à
examiner englobent le transfert des technologies et les effets
adverses.
LES MECANISMES: Les
négociations commencèrent, en milieu d'après-midi, autour
des quatorze questions ayant trait au thème des mécanismes,
figurant dans la Note des Coprésidents. Au sujet de
l'équité, deux options sont fournies pour la description de
l'objectif consistant à réduire les décalages au niveau des
émissions par habitant, entre les pays en développement et
les pays industrialisés: la première reconnaît que la part
des émissions globales trouvant leur origine dans les pays en
développement continueront à augmenter pour leur permettre
de répondre à leurs besoins en matière de développement,
et affirme que, de leur côté, les pays industrialisés
continueront, à travers des [politiques et mesures] [actions]
domestiques, à réduire leurs émissions en vue de
décroître les inégalités en matière d'émissions par
habitant; La seconde, souligne, entre autres, que
les Parties visées à l'Annexe I se doivent de mettre en
œuvre et/ou de poursuivre l'élaboration des politiques et
mesures, en harmonie avec les circonstances nationales, en vue
de réduire les inégalités en matière d'émissions par
habitant.
Au sujet de la question de
complémentarité, les délégués procédèrent à l'examen
de quatre options: celle où il n'y aura pas d'élaboration;
celle selon laquelle les Parties visées à l'Annexe I,
honoreraient leurs engagements à travers,
"principalement", des actions domestiques mises en
place depuis 1990, le recours aux mécanismes par chaque
Partie ne devant pas dépasser 9% de la quantité qui lui est
assignée; celle préconisant que les Parties visées à
l'Annexe I honorent leurs engagements à travers,
"principalement", des actions domestiques, le
recours aux mécanismes ne devant pas dépasser les
réductions réalisées à travers les actions domestiques
telles que mentionnées dans les communications nationales et
telles que déterminées par la branche chargée de la mise en
application, de la commission sur le respect des obligations;
ou à travers, "surtout", des actions domestiques,
assorties d'une mise en œuvre et/ou l'élaboration de
politiques et mesures, la fourniture de données pertinentes,
la branche chargée de la facilitation traitant des questions
de mise en œuvre idoines.
Au sujet de la suggestion
que les unités de réduction d'émissions (URE) et les
réductions d'émission certifiées (REC) puissent être
engendrées par les projets basés sur l'énergie nucléaire,
les options sont: pas de mention de l'énergie nucléaire ou
la précision que les Parties visées à l'Annexe I doivent
"s'abstenir" de recourir au nucléaire. Au sujet de
l'établissement d'un comité de supervision pour la
vérification des URE, les options sont: pas de comité, la
vérification devant être effectuée par des équipes
constituées par le Secrétariat; ou, un comité dont la
composition serait approuvée de manière séparée.
Au sujet de la composition
du Comité Exécutif, trois options sont présentées: quatre
personnes issues de chacun des groupes régionaux des Nations
Unies et une personne pour représenter les petits Etats
insulaires en développement (PEID); dix Parties, soit une
issue de chacun des groupes régionaux, plus une,
représentant les PEID, et 2 issues des Parties visées et des
Parties non visées de l'Annexe I; ou, huit Parties visées à
l'Annexe I et huit Parties non visées à l'Annexe I, incluant
un représentant des PEID. Alors que, croit-on savoir, les
délégués avaient réalisé quelques avancées sur un
certain nombre d'options, des divergences significatives
demeurent sur bon nombre de questions clés.
Les questions qui restent à
examiner sont: l'application et le niveau de la part des
bénéfices; le niveau de la réserve à prévoir pour la
période d'engagement; l'importance de l'accord sur le respect
des obligations, en tant que condition d'éligibilité; la
considération unilatérale dans le MDP; l'Article 4 (mise en
œuvre concertée); les besoins particuliers des pays en
développement Parties; la complémentarité financière; et,
la répartition géographique équitable des projets inscrits
dans le cadre du MDP.
LULUCF:
Les délégués entamèrent l'examen de ce thème, vendredi
soir. Les questions clés abordées port�rent sur le point de
savoir si des cr�dits doivent oui ou non �tre pr�vus dans
le cadre de l'Article 3.4 (activit�s additionnelles) du
Protocole, durant la premi�re p�riode d'engagement. Si les
cr�dits sont autoris�s, une d�cision doit �tre prise
concernant la hauteur des cr�dits en faveur de la gestion
foresti�re et les activit�s agricoles (gestion des grandes
cultures c�r�ali�res, gestion des parcours, et
r�habilitation de la v�g�tation). Parmi les options
pr�conisant la limitation des cr�dits destin�s � la
gestion foresti�re: l'utilisation de plafonnements n�goci�s
au cas par cas; la d�monstration du caract�re additionnel
des activit�s men�es depuis 1990 par rapport � une ann�e
de r�f�rence utilisant des m�thodologies mutuellement
agr�es, ainsi que des plafonnements n�goci�s; un
plafonnement g�n�ral r�parti entre les Parties; et une
approche bas�e sur une formule comprenant une remise et un
plafonnement. Dans leurs discussions, les d�l�gu�s se
focalis�rent sur les options pr�conisant l'inclusion la
gestion foresti�re, avec certaines indications d'un compromis
�mergeant en faveur de l'option pr�conisant un plafonnement
g�n�ral r�parti entre les Parties. Les questions qui
restent � d�battre sont: l'inclusion des activit�s de
LULUCF dans le cadre des m�canismes du Protocole bas�s sur
les projets, la mise en �uvre concert�e et le MDP.
LA PLENIERE NOCTURNE
Peu apr�s minuit, le
Pr�sident Pronk pr�senta aux participants, un rapport notant
que quelques bons r�sultats ont �t� enregistr�s au cours
de la journ�e de n�gociations minist�rielles. Il indiqua
que les discussions sur le texte consacr� aux finances ont
�t� "fructueuses" sur un certain nombre de sujets.
Il n'y eut pas de consensus autour des besoins en mati�re de
ressources destin�es � l'adaptation et au renforcement des
capacit�s. Il nota l'appui exprim� en faveur de la mise en
place du Fonds pour l'Adaptation propos� et d'un Fonds
Sp�cial pour le Changement Climatique. Toutefois, il y eut
des divergences dans les points de vue sur le point de savoir
si le financement doit �tre li� � la CCCC ou au Protocole,
m�me si un compromis a �t� sugg�r�. Il nota le d�bat
men� autour de l'option appelant au partage des contributions
financi�res sur la base de crit�res qui restent �
d�terminer. Plusieurs questions rest�rent, cependant, non
r�solues, les n�gociations devant se poursuivre, samedi,
dans un groupe de consultation.
Au sujet des discussions
autour du th�me des m�canismes, l'orateur indiqua qu'elles
n'ont pas encore atteint un stade "fructueux". Il
nota par ailleurs les d�bats �tendus men�s autour de
nombreux sujets, dont ceux de l'�quit�, de la
compl�mentarit� et de l'�nergie nucl�aire. Il annon�a que
le ministre n�o-z�landais, Pete Hodgson conduira de nouveaux
pourparlers sur ce sujet.
S'agissant du th�me de
LULUCF, il indiqua que les n�gociateurs se sont focalis�s
sur l'Article 3.4, et que des "mouvements" ont �t�
enregistr�s. Il nota la survenue d'un accord sur la
n�cessit� d'�tablir un ensemble de principes communs ainsi
que la cr�dibilit� et la pr�visibilit� environnementales.
Il annon�a que l'Ambassadeur argentin, Estrada, conduira des
discussions sur le th�me de LULUCF et que le ministre sud
africain, Valli Moosa, mod�rera le groupe sur le respect des
obligations.
Le Pr�sident Pronk termina
la r�union en d�clarant que des progr�s ont �t�
r�alis�s et qu'il restait plein d'espoir de voir les Parties
parvenir � un compromis sur un paquet d'accords, au cours des
deux journ�es restantes.
LE COMITE DE REDACTION
OFFICIEUX SUR LES QUESTIONS TECHNIQUES AYANT TRAIT AU MDP
Pr�sid� par Jose Domingos
Gonzales Miguez (Br�sil), ce comit� paracheva ses
discussions, vendredi. Le comit� avait �t� �tabli mercredi
18 juillet, pour s'accorder sur les libell�s concernant les
sujets suivants: les ann�es de r�f�rence et la
compl�mentarit�; les activit�s li�es aux projets de petite
�chelle dans le cadre du MDP; l'�valuation de l'impact
environnemental; la participation du public; la revue par le
comit� ex�cutif; et la transaction des REC. Les libell�s
furent approuv�s sur une base pr�cisant que lorsque la
d�cision concernant l'inclusion des puits de fixation de
carbone dans le MDP sera prise, ils auront besoin d'�tre
revisit�s. Au sujet des activit�s des petits projets dans le
cadre du MDP, aucun accord n'a pu �tre d�gag� quant �
l'�chelle que doivent rev�tir les activit�s des projets
bas�s sur l'�nergie renouvelable, celles ayant trait �
l'am�lioration de l'efficience �nerg�tique, ou autres
activit�s visant � la fois la r�duction des �missions
anthropiques, par source, et qui �mettent directement moins
qu'une certaine quantit� de kilotonnes de dioxyde de carbone
�quivalente, par an. Une requ�te fut introduite demandant
que les experts des Parties soumettent au Secr�tariat
quelques exemples d'activit�s illustrant les chiffres
mentionn�s. Le texte entier de tous les th�mes sera
revisit� la semaine prochaine lorsque reprendront les
n�gociations au niveau diplomatique.
DANS LES COULOIRS
Les couloirs �taient en
effervescence vendredi � l'heure o� les pourparlers sont
entr�s dans la phase de l'important segment minist�riel de
la deuxi�me partie de la CdP-6. Les participants y ont
discut� des nouvelles provenant des d�bats men�s � huis
clos tout au long de la journ�e du vendredi. Le sentiment
g�n�ral a sembl� �tre que les libell�s des Copr�sidents
pr�sentaient les options de mani�re tr�s claire, m�me si,
par ailleurs, ils rendent compte de divergences significatives
entre les Parties, sur bon nombre de sujets. Le verdict, � la
fin de la premi�re journ�e des pourparlers de fond, a �t�
prudemment optimiste, plusieurs observateurs faisant �tat de
ce qui semble �tre un compromis important impliquant les
puits de fixation de carbone. L'humeur qui a pr�valu �tait
qu'un "r�sultat partiel" avait beaucoup de chance
d'avoir lieu, avec une entente, � Bonn, sur quelques th�mes
cl�s, le reste des points en suspens devant �tre r�solu �
Marrakech.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
LE GROUPE DE NEGOCIATION
PRINCIPAL: Les ministres et autres
officiels de haut rang se r�uniront tout au long de la
journ�e pour la poursuite des n�gociations de fond, � huis
clos. Ils commenceraient par le texte concernant le th�me du
respect des obligations, � 10h, dans la Salle Liszt.
Consultez les tableaux d'affichage officiels pour confirmation
des d�tails. |