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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 12 No. 170
Vendredi 20 Juillet 2001
LES FAITS MARQUANTS DE LA
DEUXIEME PARTIE DE LA CdP-6
JEUDI 19 JUILLET 2001
Les délégués près de la
session de reprise de la Sixième Conférence des Parties de
la CCCC se sont réunis, le matin, pour traiter des questions
organisationnelles et entendre lecture des rapports des
Coprésidents des groupes de négociation qui se sont réunis
du 16 au 18 juillet. L'après-midi, le segment de haut niveau
de la réunion a commencé par une cérémonie d'ouverture,
suivie par les déclarations d'un certain nombre de Parties.
Le soir, une Plénière informelle de haut niveau est venue
marquer le démarrage des négociations au niveau
ministériel.
LA PLENIERE
LES QUESTIONS
ORGANISATIONNELLES: Les délégués
se réunirent, le matin, en séance Plénière pour traiter
d'un certain nombre de questions organisationnelles et
entendre les rapports des Coprésidents des quatre groupes de
négociation. La CdP nota que la CCCC comptait 186 Parties et
que 34 Etats ont déposé leurs instruments de ratification ou
d'accession au Protocole de Kyoto. Le Président Pronk ajouta
que Vanuatu avait récemment ratifié le Protocole, et
l'ARGENTINE, le SENEGAL, la COLOMBIE, les ILES COOK et le
BANGLADESH annoncèrent avoir entamé des démarches
similaires. Au sujet de l'admission d'observateurs, la CdP
approuva la liste des organisations recommandées par le
Bureau.
LES RAPPORTS DES GROUPES DE
NEGOTIATION: Les Coprésidents des
groupes de négociation devaient ensuite présenter leurs
procès verbaux.
La Finance:
Le Coprésident Ashe présenta un rapport sur l'état
d'avancement des travaux sur les thèmes de renforcement des
capacités, de transfert des technologies, des directives
devant être fournies au FEM et des questions de financement.
L'orateur mit en relief les décisions dépourvues de crochets
concernant le renforcement des capacités dans les pays en
développement et dans les pays en transition économique. Au
sujet des directives à fournir au FEM, il indiqua que le
projet de décision reflétait un accord sur l'ensemble des
questions en suspens. Il précisa qu'aucun accord n'a pu être
réalisé sur les questions ayant trait au financement, mais
qu'un papier officieux sur les niveaux des financements et des
ressources avait tout de même été élaboré. Le
Coprésident Kranjc déclara que les discussions autour de
l'Article 4.8 et 4.9 de la CCCC et autour de l'Article 3.14
(effets adverses) du Protocole n'étaient pas encore
terminées. Il indiqua qu'un papier officieux avait été
élaboré, donnant un aperçu sur les éléments approuvés et
les éléments contestés du texte. Les deux Coprésidents
indiquèrent que les consultations autour des questions en
suspens restantes allaient se poursuivre.
L’Utilisation des Sols,
les modifications survenue dans l'utilisation des sols et la
foresterie (LULUCF): Le Coprésident
Gwage rapporta que le groupe a identifié trois questions
techniques et qu'il a réalisé une avancée sur ces sujets.
S'agissant des définitions, l'orateur affirma qu'elles
pouvaient encore être affectées par le résultat des
décisions politiques. Au sujet des Principes, il suggéra que
les ministres utilisent la proposition du G-77/Chine comme
plate-forme pour leur travaux. Au sujet des règles comptables
devant encadrer les activités éligibles en vertu de
l'Article 3.3 (afforestation, reforestation et déforestation)
et de l'Article 3.4 (activités additionnelles) du protocole,
il indiqua que les questions particulières en considération
portaient sur les forêts à croissance rapide et à
croissance lente. Le Coprésident Gwage devait ensuite
présenter les questions politiques clés, lesquelles
englobaient: l'octroi de crédits aux activités relevant de
l'Article 3.4 durant la première période d'engagement et le
champ d'action des activités relevant de LULUCF dans le cadre
du MDP. L'orateur donna un aperçu sur les nombreuses options
disponibles susceptibles de résoudre ces questions. Le
Coprésident Dovland souligna la nécessité de résoudre les
questions ayant trait à l'Article 3.4, pour pouvoir aller de
l'avant.
Les Mécanismes:
Le Coprésident Estrada présenta une liste des questions
techniques et politiques qui nécessitent d'être résolues.
Parmi les questions d'ordre politique, celles: de l'équité;
de la complémentarité; du nucléaire; du caractère que doit
revêtir la comité de supervision; la composition du Comité
Exécutif; la part des bénéfices au service de l'adaptation;
le niveau de la réserve destinée à la période d'engagement
en matière d'échange de droits d'émission; l'accord sur le
respect des obligations en tant que critère d'éligibilité;
le MDP unilatéral; l'inclusion des puits de fixation de
carbone dans le MDP; l'Article 4 (mise en œuvre concertée)
du Protocole; les besoins particuliers des pays en
développement Parties dans le cadre du MDP; la
complémentarité financière; et la répartition
géographique équitable des projets MDP.
Au sujet des questions
techniques, le Coprésident Estrada nota le bon déroulement
des choses au sein des deux groupes de travail pertinent. Le
G-77/CHINE souligna l'importance de l'équité, de
l'intégrité environnementale, de l'adaptation, de la
complémentarité, du caractère additionnel et de la
répartition des projets de MDP. L'AUSTRALIE et le JAPON
déclarèrent que le libellé figurant dans le texte
concernant les mécanismes et décrivant l'accord sur le
respect des obligations comme un critère d'éligibilité
impliquait qu'un tel accord existait déjà. L'ARABIE SAOUDITE
suggéra de se référer expressément aux pays en
développement Parties particulièrement vulnérables aux
effets adverses. Le JAPON proposa que la référence à l'APD
comme étant en train d'honorer ses obligations financières,
soit examinée dans le chapitre concernant plutôt les
questions financières que les mécanismes.
Le Respect des Obligations:
le Président Slade déclara que le rapport relatif à ce
thème identifiait six questions en suspens. Il suggéra que
la résolution des questions politiques clés – les
sanctions devant être appliquées par les branches et la
composition de ces mêmes branches – puisse bénéficier
d'une priorité. Au sujet de la première, il mit en relief
les options identifiées dans le rapport concernant les taux
applicables par la branche chargée de la mise en application,
et la différentiation entre les Parties visées et celles non
visées à l'Annexe I quant aux sanctions applicables par la
branche chargée de la facilitation.
La CdP pris note des
rapports des Coprésidents devant être transmis aux ministres
à titre de contribution dans leurs travaux. Le Président de
la CdP-6, Pronk, conclut la réunion en indiquant qu'il
comptait tenir avec les Coprésidents des groupes de
négociation et à convoquer une réunion du Bureau étendu
pour le renforcement du processus de gestion.
LE SEGMENT DE HAUT NIVEAU
Le Président de la CdP-6,
Pronk, souhaita la bienvenue aux participants à la
cérémonie d'ouverture du Segment de Haut Niveau de la
conférence. Il affirma que les délégués avaient tous les
outils nécessaires au parachèvement de leur travaux, y
compris le texte consolidé et non crocheté qu'ils avaient
préparé pour faciliter quelque accord. Soulignant que le
Protocole est l'unique option offerte et qu'il était juste et
crédible, il encouragea les Parties à ne pas trop faire
traîner la ratification.
Barbel Dieckmann, Maire de
Bonn, élabora sur la présence du Secrétariat de la CCCC et
d'autres organes et agences, à Bonn. L'oratrice donna un
aperçu sur les plans fixés pour la poursuite de
l'accroissement de la présence des Nations Unies, y compris
les plans de la mise en place d'un nouveau campus des Nations
Unies.
Le Secrétaire Exécutif de
la CCCC, Michael Zammit Cutajar, rappela les objectifs du Plan
d'Action de Buenos Aires(PABA) et mit en exergue les défis
posés aux pays en développement et leurs besoins. Notant les
avancées réalisées dans les pourparlers durant ces trois
derniers jours, l'orateur déclara qu'il serait dommage
"d'abandonner l'investissement" de nombreuses
années de négociations.
Robert Watson, Président du
Groupe intergouvernemental sur le Changement Climatique,
signala que tous les scénarios envisagés pour le siècle à
venir, prédisent une augmentation continue des niveaux de
dioxyde de carbone, des événements météorologiques
extrêmes, une augmentation des températures, des changements
au niveau des précipitations, une élévation du niveau des
mers, et les effets exercés sur la productivité agricole.
L'orateur nota que les technologies efficaces du point de vue
coût, existent et sont en mesure de prendre pour cible les
émissions De gaz à effet de serre. Il indiqua que les coûts
nécessaires à la couverture du changement climatique au
niveau intérieur, sont estimés entre 0.2 et 2 pour cent du
PIB, descendant encore plus bas si la coopération
internationale fonctionne.
Les Représentants de la
récente conférence des Jeunes sur les Changements
Climatiques présentèrent leurs points de vue. Un orateur
exhorta les délégués à ne pas augmenter l'utilisation des
puits de fixation dans le Protocole, et déclara que les
Parties visées à l'Annexe I, se doivent d'honorer au moins
la moitié de leurs engagements, à l'échelle nationale. Un
deuxième orateur déclara aux délégués que les jeunes
étaient "extrêmement déçus par la négligence
manifest�e � l'endroit de notre futur" � La Haye, et
les encouragea � ne pas �chouer � Bonn.
Un certain nombre de Parties
devaient ensuite pr�senter leurs d�clarations d'ordre
g�n�ral. L'IRAN, au nom du G-77/CHINE, fit part de ses
r�serves concernant l'approche unilat�rale des Etats-Unis,
et mit en exergue: sa pr�f�rence pour trois d�cisions
s�par�es concernant les m�canismes; la n�cessit� de
traiter les effets adverses; le soutien de l'id�e de pr�voir
des sanctions juridiques non contraignantes pour les cas de
non respect des obligations; et, le besoin de poursuivre les
n�gociations autour de LULUCF. La BELGIQUE, pour l'UE,
d�clara �tre pr�te � des compromise avec toutes les
Parties, pour parvenir � un accord sur un paquet �quilibr�
qui respecte: l'int�grit� environnementale; l'�quit� et la
solidarit� avec les pays en d�veloppement; et l'efficacit�
�conomique et la souplesse dans la r�alisation des objectifs
agr��s. SAMOA, pour l'AOSIS, souligna la n�cessit� de
fonds additionnels consacr�s � l'entreprise de l'adaptation.
La REPUBLIQUE TCHEQUE, pour le CG-11, exprima ses r�serves
sur le texte de Pronk sur les obligations financi�res
incombant aux Parties incluses dans l'Annexe I et non incluses
dans l'Annexe II, et sur les propositions concernant la mise
en �uvre concert�e et l'�change des droits d'�mission. Le
MAROC exprima l'espoir de voir la CdP-7 susciter un nouvel
�lan avant le Sommet de Johannesburg de 2002.
L'AUSTRALIE d�clara que
l'incertitude concernant la future implication de certains
Etats ne doit pas emp�cher le traitement de questions cl�s,
et mit en relief: des r�gles non discriminatoires en mati�re
de puits de fixation; un syst�me con�u plut�t pour aider
les Parties que pour infliger des punitions en cas de non
conformit�; et l'ouverture d'un dialogue sur l'action avec
les pays en d�veloppement. Le CANADA souligna l'importance
d'avoir des m�canismes de march� efficaces et accessibles,
le r�le des for�ts et de l'agriculture, et le besoin
d'encourager l'action des pays en d�veloppement.
Soulignant l'importance de
la participation am�ricaine, le JAPON d�clara �tre
activement engag� dans des concertations avec les Etats-Unis,
mais que cela ne devait en rien retarder la progression au
cours de cette session. L'oratrice indiqua que son pays
n'�pargnera aucun effort pour faire en sorte que cela soit
possible, pour bon nombre de pays, y compris pour lui-m�me,
de conclure le Protocole, en vue de son entr�e en vigueur en
2002. Le repr�sentant des ETATS-UNIS fit part de son
intention de traiter des changements climatiques "de
mani�re s�rieuse, raisonnable et bas�e sur la science"
et qu'il n'emp�chera personne d'aller de l'avant avec le
Protocole "tant qu'ils ne portent pas pr�judice aux
int�r�ts l�gitimes des Etats-Unis."
La SUISSE, au nom du GROUPE
POUR L'INTEGRITE ENVIRONNEMENTALE, d�clara que le recours aux
puits de fixation de carbone doit s'effectuer � une �chelle
limit�e, que les m�canismes doivent venir en compl�ment �
l'action int�rieure, et un r�gime fort de conformit� aux
obligations assorti de sanctions juridiques contraignantes
avec des sanctions juridiquement contraignantes. La CHINE nota
un document d�crivant ses accomplissements dans le domaine
des changements climatiques. La FEDERATION DE RUSSIE souligna
l'imp�ratif de la simplicit� dans les m�canismes, y compris
les puits de fixation et le nucl�aire, et fit part de ses
r�serves concernant les propositions concernant les questions
financi�res.
LA PLENIERE INFORMELLE DE
HAUT NIVEAU
Le Pr�sident Pronk ouvrit,
jeudi soir, la premi�re r�union de la Pl�ni�re de haut
niveau, en soulignant que les participants �taient l� pour
r�soudre les questions politiques ayant trait au PABA. Il
invita les Copr�sidents des quatre groupes de n�gociation �
pr�senter leurs rapports sur les questions en suspens cl�s
et les options disponibles pour leur r�solution. Il indiqua
que les quatre rapports seront fusionn�s en un seul document
rationalis� qui sera disponible vendredi matin. Au sujet du
la suite du processus, y compris les n�gociations dans des
groupes restreints, le Pr�sident Pronk annon�a que le Bureau
�tendu se r�unira jeudi en nocturne pour prendre les
d�cisions
Au sujet des m�canismes, le
Copr�sident Estrada identifia les principales question
n�cessitant une d�cision requ�rant une d�cision politique.
Le Copr�sident Dovland mit en exergue deux questions cl�s
ayant rapport avec le th�me, � le point de savoir si des
cr�dits pouvaient �tre accord�s au cours de la p�riode
d'engagement, s'il devait y avoir des cr�dits pour les
activit�s relevant de l'Article 3.4, durant cette m�me
p�riode et si des cr�dits sont pr�vus pour les activit�s
de LULUCF dans le cadre des m�canismes. En pr�sentant le
rapport du groupe charg� de la mise en conformit�, le
Copr�sident Slade parla des options disponibles ayant trait
aux sanctions et � la composition des branches. Il indiqua
que la r�solution des deux questions permettra de pr�parer
la voie � un accord sur d'autres questions. Au sujet des
questions financi�res, les Copr�sidents Ashe et Kranjc
pr�sent�rent un aper�u g�n�ral sur les questions et les
options devant �tre pr�sent�es aux ministres.
Le Pr�sident Pronk
encouragea les ministres � appr�hender ces sujets avec
"des yeux politiques," et � ne plus ressasser les
positions d�sormais bien connues, mais � prendre un certain
recul pour consid�rer les options retenues par les autres
groupes et souligna celles d�crites dans son texte. Il
pr�cisa que chaque question doit �tre per�ue comme un
�l�ment �ventuel d'un accord global, et appela les
ministres � r�fl�chir en termes de paquet d'accords.
DANS LES COULOIRS
Beaucoup des discussions qui
avaient lieu dans les couloirs, au cours de la nuit de jeudi,
ont port� sur le processus propos� par le Pr�sident Pronk
pour le segment minist�riel. De nombreux participants ont
exprim� un certain optimisme concernant son approche
consistant � se focaliser sur les th�mes politiques les plus
importants, qui sont articul�s par les ministres � travers
des questions tr�s sp�cifiques et un nombre limit�
d'options. Le sentiment de certaines d�l�gations � cet
�gard, est que cela constitue un moyen logique d'aller de
l'avant, et maximisera les chances de produire un r�sultat �
Bonn, m�me limit� � quelques th�mes seulement. Cela voudra
dire que les probl�mes restants pourront �tre
trait�s soit la semaine prochaine soit � Marrakech.
La strat�gie probable que
l'UE adoptera dans les discussions minist�rielles a
�galement �t� sujet de conversation. Les participants ont,
notamment, �chafaud� des hypoth�ses sur ce que pourrait
�tre le minimum acceptable, et jusqu'� quel point ses
membres iront, pour accommoder les exigences des pays de
Groupe "Umbrella".
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE:
Une Pl�ni�re de haut niveau sera probablement convoqu�e
apr�s la r�union du Bureau �tendu, pr�vue � 10h. Le
Bureau pr�sentera � la Pl�ni�re un rapport sur ses
pourparlers autour de la mani�re d'aller de l'avant. Un
nouveau texte rationalis� sera disponible ce matin. |