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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 12 No. 169
Jeudi 19 Juillet 2001
LES FAITS MARQUANTS DE LA
DEUXIEME PARTIE DE LA CdP-6
MERCREDI 18 JUILLET 2001
Les délégués près de la
session de reprise de la Sixième Conférence des Parties de
la CCCC se sont réunis dans des groupes de négociation, le
matin, l'après-midi et le soir pour la poursuite de leurs
discussions autour: des questions financières; des
mécanismes; du thème de l'utilisation des sols,
modifications survenues dans l'utilisation des sols et
foresterie (LULUCF); et du respect des obligations.
NDLR:
Lorsque la demande lui en est faite officiellement, le
Bulletin des Négociations de la Terre ne désigne pas
nommément les gouvernements auteurs des déclarations
présentées dans les séances informelles ou privées.
LES GROUPES DE NEGOCIATION
MECANISMES:
Le groupe des mécanismes se réunit dans la matinée et dans
l'après-midi pour l'identification et la discussion des
questions techniques et politiques non résolues. Le
Coprésident Estrada souleva la possibilité de laisser la
finalisation de l'accord sur les appendices (ayant trait aux
divers éléments "administratifs" nécessaires à
la mise en place des mécanismes), aux négociations de la
CdP-7. Un certain nombre de pays en développement et de pays
industrialisés s'y opposèrent, soulignant l'importance de
ces appendices pour des sujets tels que celui du prompt
démarrage du MDP.
Le Coprésident Estrada
identifia six "questions techniques" qui
nécessitent d'être résolues par le groupe de négociation,
à savoir: les évaluations de l'impact environnemental; la
participation du public; les points de référence; les
projets de petite échelle dans le MDP; les transactions des
réductions d'émission certifiées (REC); et l'éligibilité
aux mécanismes et la vérification des procédures
susceptibles d'être utilisées pour la deuxième voie des
projets de mise en œuvre concertée (JI). Des groupes
informels furent établis pour le traitement de ces sujets.
Leurs conclusions seront reflétées dans le rapport des
Coprésidents qui sera présenté à la Plénière, jeudi.
Le Coprésident Estrada
identifia également une liste non-exhaustive de dix
"questions politiques" nécessitant d'être
résolues par les ministres: l'équité; la complémentarité;
le nucléaire dans le MDP et les JI; l'établissement et la
composition de la commission de supervision chargée de la
vérification des REC; la composition du Comité Exécutif du
MDP; le niveau de la réserve à prévoir pour la période
d'engagement; l'application des parts de bénéfice à
l'ensemble des trois mécanismes; l'exigence que l'utilisation
des REC par les Parties visées à l'Annexe I dépende du leur
adhésion à l'Accord concernant le Respect des Obligations;
l'application unilatérale du MDP; et les puits de fixation de
carbone dans le MDP. Pour chacun de ces thèmes, l'orateur
proposa une courte liste d'options à présenter aux
ministres, établie sur la base des textes de La Haye et de
Pronk.
Les délégués
présentèrent leurs points de vue sur les diverses options,
exprimant des opinions divergentes, en particulier sur celles
ayant trait au nucléaire dans les MDP et les JI;
L'établissement et la composition de la commission de
supervision; le niveau de la réserve à prévoir pour la
période d'engagement; et les puits de fixation de carbone
dans le MDP. Au sujet de cette dernière question, le
Coprésident Estrada décida de ne pas prendre en compte une
requête émanant d'un groupe de pays visés à l'Annexe I,
d'inclure une option applicable à tous les projets ayant
rapport avec la fixation de carbone, dans le MDP.
L'après-midi, les
délégués procédèrent à l'examen des questions politiques
suivantes, identifiées par les pays en développement:
l'absence de parité, dans le cadre de l'Article 4 (mise en
œuvre concertée) entre les Partie visées à l'Annexe et les
autres Parties; la nécessité d'une considération
particulière des besoins des pays les moins avancés (PMA);
la complémentarité financière; et une répartition
géographique équitable des projets relevant du MDP. Le
Coprésident Estrada proposa que des options claires soient
présentées aux ministres, concernant l'Article 4, et que les
autres questions soient traitées dans le rapport que les
Coprésidents doivent soumettre à la Plénière. L'orateur
décida de ne pas prendre en considération une requête
formulée par un certain nombre de pays en développement,
d'insérer dans le rapport, une référence à un fonds
consacré à la répartition équitable, mais s'engagea à
soulever oralement cette question dans la présentation qu'il
fera à la Plénière.
RESPECT DES OBLIGATIONS:
Mercredi après-midi, les délégués devaient entendre
lecture du rapport du Président Romero qui a conduit les
travaux du groupe de travail sur les sanctions applicables par
la branche chargée de la mise en application et la question
qui s'y rapporte de la plate-forme juridique nécessaire à
leur adoption. L'orateur indiqua que le groupe a identifié et
approuvé une liste de questions concises et précises à
l'intention des ministres. Le Coprésident Slade soumit
ensuite la Note des Coprésidents, établie sur la base d'un
format similaire et identifiant les questions qui restent
posées sur les points en suspens. Il expliqua que les
chapitres portant sur les sanctions et sur la plate-forme
juridique de leur adoption, étaient principalement basés sur
les conclusions du groupe de travail.
Au sujet des sanctions
applicables par la branche chargée de la mise en application,
un certain nombre de Parties remit en question les décalages
entre la Note et le texte approuvé dans le groupe de travail.
Elles suggérèrent que ne soient retenus que les libellés
approuvés. Au sujet de la plate-forme juridique nécessaire
à l'adoption, les délégués discutèrent du point de savoir
qui de la CdP ou de la CdP/RdP doit procéder à l'adoption de
la décision.
Au sujet de l'adhésion,
plusieurs Parties visées à l'Annexe I affirmèrent que les
questions proposées étaient mal élaborées, qu'elles ne
respectaient pas la distinction entre les deux branches et
qu'elles ne présentaient pas les différentes options
disponibles, de manière claire. Ces mêmes Parties
déclarèrent que la première option présumait que la
composition de la Commission sur le Respect des Obligations
sera basée sur les pratiques en vigueur au sein de la CCCC,
et notamment celles appliquées à son bureau, et remirent en
question le fait que cela risquait d'établir un antécédent.
Au sujet de la seconde option proposée, quelques Parties
visées à l'Annexe I déclarèrent que l'adhésion doit être
basée plutôt sur les fonctions et sur le mandat de la
branche, que sur les seuls engagements des groupes de Parties.
Un groupe de pays en développement répondit que le texte
proposé constituait une approche minimaliste. Les pays en
développement et un groupe de pays industrialisés
suggérèrent que les règles devant régir le vote au sein
des organes chargés du respect des obligation, doivent être
également abordées dans le questionnaire.
Au sujet des Principes, les
Parties non visées à l'Annexe I et plusieurs Parties visées
à l'Annexe I proposèrent l'inclusion d'une question traitant
du point de savoir si les Principes doivent être
expressément insérés dans le texte. Une Partie visée à
l'Annexe I ajouta une question demandant si, plutôt que
comment, le principe de responsabilités communes mais
différenciées doit être reflété dans les sanctions
applicables par la branche chargée de la facilitation.
Plusieurs Parties visées à l'Annexe I suggérèrent d'y
ajouter "et les capacités respectives."
Au sujet des recours en
appel, quelques Parties visées à l'Annexe I déclarèrent
que les questions doivent être présentées de manière
claire et neutre et qu'elles doivent procéder par étape.
Elles suggérèrent que la première question demande d'abord
si, oui ou non, il doit y avoir une possibilité d'appel.
Les Coprésidents
s'engagèrent à amender leur Note sur la base de ces
commentaires et des discussions menées la journée
précédente, et à présenter les thèmes et les positions de
manière équilibrée et neutre. La Note révisée sera
transmise à la Plénière sous la responsabilité des
Coprésidents.
QUESTIONS FINANCIERES: Ce
groupe se réunit dans la matinée puis dans la soirée. Au
cours de la séance du matin, les délégués procédèrent à
l'examen des propositions concernant le financement et les
niveaux de ressources, figurant dans le texte de Pronk,
plusieurs d'entre eux ayant fait part de leurs réserves. La
plupart des Parties visées à l'Annexe I, contrées par les
pays en développement, apportèrent leur appui à des niveaux
de contribution plutôt volontaires qu'obligatoires, et firent
objection à toute idée de sanctions/pénalités en rapport
avec la non conformité aux obligations
Un pays industrialisé
ajouta que les niveaux des contributions doivent être
établis pour les pays de manière collective et non
individuelle, et réfuta la formule préconisant le partage du
fardeau, qui calcule les contributions des Parties visées à
l'Annexe I sur la base de la part qui est la leur dans les
émissions de dioxyde de carbone enregistrées en 1990. Les
Parties visées à l'Annexe I préférèrent également
s'adosser sur les institutions existantes, avec une
focalisation sur le FEM. Ces mêmes délégués soulignèrent
que toute nouvelle institution doit apporter une valeur
ajoutée et non faire double emploi avec le travail ou le
mandat du FEM.
Une Parties vis�e �
l'Annexe I d�clara que la discussion autour du financement
additionnel avait lieu parce que certaines Parties ont
souhait� aller au del� de la CCCC. L'orateur ajouta que cela
ne devait pas impliquer les Parties qui n'ont pas l'intention
de ratifier le Protocole. Un autre groupe de Parties vis�es
� l'Annexe I d�clara que la mise en application � la fois
de la CCCC et du Protocole n�cessitait des fonds
additionnels, et insista sur l'implication de toutes les
Parties vis�es � l'Annexe II.
Les pays en d�veloppement
soulign�rent le besoin de s�parer les questions touchant �
la CCCC de celles int�ressant le Protocole. Ils d�clar�rent
que la proposition du Pr�sident Pronk concernant le fonds
pour les mesures d'adaptation, a trait au Protocole. Mettant
en exergue le principe "pollueurs payeurs", ils
signal�rent que les engagements relevant de la CCCC n'ont pas
�t� pleinement honor�s. Ils firent part de leurs r�serves
concernant la suggestion pr�conisant la mise en place d'une
commission sur les ressources destin�es au domaine
climatique. Un groupe de pays en transition �conomique (PTE)
s'opposa aux propositions figurant dans le texte concernant le
financement provenant des PTE.
Les Parties proc�d�rent
ensuite � l'examen du texte de Pronk, paragraphe par
paragraphe. Dans le pr�ambule, plusieurs Parties vis�es �
l'Annexe I appel�rent � la suppression de la r�f�rence �
des financements "nouveaux et suppl�mentaires."
Plusieurs PTE propos�rent de se r�f�rer plut�t aux Parties
vis�es � l'Annexe II qu'� celles vis�es � l'Annexe I. Le
Copr�sident Ashe d�clara qu'un texte des Copr�sidents
renfermant les positions des pays et les diverses options
disponibles sera �labor� pour la Pl�ni�re.
Le groupe sur les finances
se r�unit de nouveau dans la soir�e pour l'examen du texte
de La Haye sur l'impact de la mise en �uvre des mesures de r�ponse.
Le Copr�sident Tsering nota qu'avec l'ach�vement anticip�
des libell�s relatifs � l'Article 3.14 et aux PMA, seules
les questions li�es au th�me du financement resteront en
suspens dans le libell� consacr� aux effets adverses. Au
sujet du soutien devant �tre apport� au d�veloppement des
sources d'�nergie, les Parties discut�rent longuement de la
note de bas de page qui se r�f�re � la d�finition retenue
dans le Plan d'action 21, "�cologiquement
rationnelles." Les Parties non vis�es � l'Annexe I,
contr�es par plusieurs pays industrialis�s, plaid�rent pour
son maintien. Un pays industrialis� d�clara que le terme est
usit� normalement au sein des Nations Unies et que le
caract�re sensible de la question exige qu'il doit figurer
dans ce texte, sans note de bas de page.
Les d�l�gu�s se
r�unirent �galement, tout au long de la journ�e, dans
divers groupes informels, r�alisant des avanc�es dans les
libell�s de plusieurs sujets pertinents. Le libell� portant
sur l'Article 4.9 (PMA) de la CCCC fut examin� dans un groupe
mod�r� par Mamadou Honadia (Burkina Faso). Les pourparlers
autour de l'Article 3.14 du protocole, furent pr�sid�s par
Leon Charles (Grenade). Des progr�s furent enregistr�s dans
les deux groupes, avec suppression d'un certain nombre de
crochets. Le groupe sur l'Article 3.14 examina �galement un
certain nombre de paragraphes du chapitre consacr� aux effets
de la mise en place des mesures de r�ponse.
Le groupe informel sur le
transfert des technologies s'accorda sur l'intitul�
"Groupe d'Experts sur le Transfert des
Technologies." Parmi les questions en suspens non
r�solues, l'objectif et la fonction du groupe, ses termes de
r�f�rence et sa composition. Le Copr�sident Ashe �laborera
un papier officieux sur ce sujet qu'il fera circuler jeudi.
LULUCF:
Les d�l�gu�s examin�rent les Principes devant r�gir les
activit�s inscrites dans le cadre de LULUCF. Il fut not� que
les Principes sugg�r�s par le G-77/Chine et d'autres Etats,
qui figurent dans le texte de La Haye, ont bien �t�
int�gr�s dans les paragraphes op�rationnels du texte de
Pronk. Plusieurs Parties argu�rent que les Principes doivent
�tre explicites et former un pr�ambule. Il fut d�cid� que
les ministres seront inform�s que les Principes, tels que
figurant dans le texte de La Haye, ont �t� largement
approuv�s et qu'ils doivent leur servir de guide dans leur
travaux futurs.
Dans le d�bat autour des
r�gles comptables relevant de l'Article 3.3 qui figurent dans
le texte de Pronk, deux Parties vis�es � l'Annexe I remirent
en question l'absence de toute r�f�rence � l'anomalie
comptable due aux for�ts � rotation courte.
L'UE pr�senta sa
proposition concernant les activit�s relevant de LULUCF, qui
vise � r�duire son �chelle globale en fixant un plafond aux
activit�s inscrites respectivement dans le cadre de l'Article
3.4 et des m�canismes. La proposition ne permet pas
l'insertion des activit�s relevant de LULUCF, dans le MDP,
point sur lequel plusieurs Parties ont fait des r�serves.
Quelques Parties vis�es � l'Annexe I s'oppos�rent �
l'id�e d'utiliser un taux de remise et un plafonnement dans
les m�canismes, qui sont d�j�, devaient-elles affirmer,
"lourdement contraints." Un groupe de PTE apporta
son appui � l'id�e de parvenir � un compromis pratique
bas� sur une limitation relative n�goci�e, repr�sentant un
pourcentage des �missions enregistr�es dans les ann�es de
r�f�rence, pour ce qui est des activit�s relevant de
l'Article 3.4. Les Parties pr�sent�rent ensuite de brefs
commentaires sur la Synth�se des d�bats �labor�e par les
Copr�sidents et qui sera pr�sent�e � la Pl�ni�re.
DANS LES COULOIRS
La r�union des ministres
d�marrant jeudi, les participants ont consid�r� les
strat�gies probables qui seront adopt�es par les principaux
groupes de n�gociation. Certains ont sp�cul� que les
Parties souhaitant avoir un Protocole "fort," auront
grandement besoin d'un compromis permettant de garder le
trait� en vie, et certains participants du milieu non
gouvernemental estiment que ces Parties risquent d'adopter une
approche plus �pre pour "pr�server l'int�grit�
environnementale du Protocole" et s'arrangeront pour
amener certains � se joindre � eux. Mais m�me les
v�t�rans du processus admettent qu'il est difficile de dire
quelle strat�gie sera la plus efficace.
Dans l'intervalle, plusieurs
observateurs ont observ� une radicalisation des positions aux
sein de certains groupes, avec la r�surrection de sujets tels
que celui de l'inclusion ou non des projets bas�s sur
l'�nergie nucl�aire dans le MDP, que beaucoup croyaient
avoir �t� r�solu � La Haye. Les commentateurs les plus
optimistes refusent d'y croire estimant qu'il s'agit d'une
simple man�uvre visant � cr�er un "capital de
n�gociation" plus important avant les pourparlers de
haut niveau. Eux qui se disent "r�alistes" ont
sugg�r�, pour leur part, que certaines Parties ont gard�
"leurs cartes ma�tresses" pour la CdP-7.
Un autre sujet de
conversation, la question de savoir quel impact les
pourparlers du G-8 � Gen�ve risquent d'avoir sur les
n�gociations de Bonn.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE: Une
r�union pl�ni�re consacr�e � la r�ception des rapports
des groupes de n�gociation est pr�vue � 11h dans la Salle
Pl�ni�re 1.
LULUCF:
Des consultations entre les Parties int�ress�es sont
pr�vues de 10h � 13h dans la Salle Mann.
SEGMENT DE HAUT NIVEAU:
La r�union de haut niveau de la session de reprise de la
CdP-6 commencera par une c�r�monie officielle, � 15h, dans
la Salle Pl�ni�re 1. Les ministres et autres officiels de
haut niveau entameront leurs n�gociations � 19h, �galement
dans la Salle Pl�ni�re 1. Leurs travaux se poursuivront
jusqu'au dimanche 22 juillet. |