|
Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 12 No. 168
Mercredi 18 Juillet 2001
LES FAITS MARQUANTS DE LA
PARTIE II DE LA CdP-6 DE LA CCCC
MARDI 17 JUILLET 2001
Les délégués près de la
session de reprise de la Sixième Conférence des Parties de
la CCCC se sont réunis dans les groupes de négociation, le
matin, l'après-midi et le soir, pour débattre du thème du
respect des obligations, des mécanismes, des questions
financières, et du thème de l'utilisation des sols, des
modifications survenues dans l'utilisation des sols et de la
foresterie (LULUCF).
LES GROUPES DE NEGOCIATION
RESPECT DES OBLIGATIONS:
Le Coprésident Slade suggéra aux délégués de se focaliser
sur les cinq thèmes suivants: les sanctions applicables par
la branche chargée de la mise en application; la composition;
les recours en appel; la relation entre la Commission chargée
du respect des obligations et la CdP/RdP; et les principes.
Les pays en développement indiquèrent également que parmi
les questions non résolues figuraient celle de l'opération
de la branche chargée de la facilitation, telle que proposée
dans le texte de Pronk.
Au sujet des sanctions, les
délégués discutèrent du caractère qu'elles doivent
revêtir et du point de savoir si elle doivent être
juridiquement contraignantes. Un groupe de Parties visées à
l'Annexe I se déclara en faveur d'un système juridiquement
contraignant assorti de sanctions "plutôt dures,"
capable de décourager les Parties de rouler à leur guise.
Les pays non visés à l'Annexe I, appuyés par d'autres
Etats, déclarèrent que des sanctions juridiquement
contraignantes sont nécessaires pour aboutir à des
engagements juridiquement contraignants. Ils souhaitèrent
voir les sanctions être conçues de manière à réaliser
trois objectifs: la dissuasion, la restitution et la garantie
que les Parties continueront à assumer leurs responsabilités
au cours des prochaines périodes d'engagement. Un délégué
déclara que le sens du caractère "punitif" variait
en fonction de l'interprétation que chacun des pays donnait
à ce terme. Quelques pays industrialisés apportèrent leur
appui à l'idée d'avoir des sanctions politiquement
acceptables et à caractère non punitif. D'autres
favorisaient un régime juridiquement contraignant inscrit
dans une approche de facilitation, non punitive. Un pays
industrialisé, contré par plusieurs pays en développement,
se prononça contre toute restriction du droit de transfert
d'unités des quantités assignées, et suggéra que le taux
de restitution du tonnage en excédent soit une tonne pour une
tonne. Un groupe de consultation, présidé par José Romero
(Suisse), fut établi pour assurer le suivi de cette question.
Ce groupe se réunit en fin d'après-midi et dressa une liste
des questions non résolues et présentant plusieurs options
possibles pouvant être soumises à la considération des
ministres. Il présentera un rapport aux Coprésidents d'ici
le mercredi 17 juillet, minuit.
Au sujet de la composition
des organes chargés du respect des obligations, de nombreuses
Parties s'opposèrent au type de formule unique proposé dans
le texte de Pronk. Les Pays en développement Parties
déclarèrent que le critère de la composition doit être une
représentation géographique équitable des cinq groupes
régionaux des Nations Unies, en tenant compte des groupes
d'intérêt tels que reflété dans la pratique actuelle au
sein du Bureau de la CCCC. Un pays en développement expliqua
que la composition doit refléter le fait que la communauté
entière des Etats a intérêt à ce que le respect des
obligations soit garanti. Un certain nombre de Parties visées
à l'Annexe I déclarèrent que la composition doit être en
phase avec le mandat assigné à la branche et avec le type
d'engagements pris en considération. Un pays industrialisé
suggéra que compte tenu des fonctions quasi-judiciaires de la
branche chargée de la mise en application, il y aurait lieu
de s'abstenir de chercher à établir des analogies avec des
organes politiques, et que seules les Parties visées à
l'Annexe I doivent siéger au sein de cette branche. Un autre
pays industrialisé annonça qu'il soumettra, plus tard, une
proposition concernant ce sujet.
Au sujet des principes, les
Parties non visées à l'Annexe I exprimèrent leur opposition
à l'approche préconisée dans le texte de Pronk. Ils
déclarèrent que la branche chargée de la facilitation doit
traiter de manière différente les Parties visées et celles
non visées à l'Annexe I et appliquer des sanctions
différentes à ces deux groupes distincts. Plusieurs Parties
visées à l'Annexe I apportèrent leur appui au texte de
Pronk, certains arguant que le principe de responsabilités
communes mais différenciées ne s'appliquait pas uniquement
entre les Parties visées et celles non visées à l'Annexe I.
Au sujet des recours en
appel, les délégués exprimèrent des points de vue
divergents. Au sujet de la relation entre la Commission
chargée du Respect des Obligations et de la CdP/RdP, les pays
en développement déclarèrent que le sujet était
étroitement lié à la possibilité des recours en appel et
de la mise en place d'un comité chargé de l'examen des
rapports des équipes d'experts de l'évaluation.
MECANISMES:
Le groupe de négociation sur les mécanismes se réunit le
matin pour terminer son premier examen des textes de
négociation. Les délégués procédèrent à une étude
comparative du texte de Pronk et du texte de négociation
ramené de La Haye, et identifièrent les points contentieux
à soumettre à la considération des ministres, lors du
Segment de Haut Niveau. Au cours des discussions, nombre de
délégués exprimèrent leur soutien général en faveur du
texte de Pronk, moyennant l'introduction de quelques
éclaircissements sur un certain nombre de points techniques.
Au sujet de la participation
dans les activités des projets inscrits dans le cadre du MDP,
plusieurs pays en développement accueillirent favorablement
l'idée de supprimer dans le texte de Pronk, l'exigence de la
soumission des communications nationales. Au sujet des
réductions d'émission certifiées (REC), un pays en
développement remis en question l'implication des
institutions du MDP dans les activités de répartition, et
affirma que le délai de 15 jours prévu pour l'émission des
REC était trop court. Un autre pays en développement fit
part de ses réserves concernant les dispositions figurant
dans le texte de Pronk concernant le fonds pour les mesures
d'adaptation. Au sujet de la complémentarité et de
l'intégrité environnementale, un pays en développement
appela à de nouvelles propositions, et fit état d'une
proposition avancée auparavant par une Partie visée à
l'Annexe I, concernant la manière de traiter le surplus des
quantités assignées.
Au sujet de la mise en
oeuvre concertée (JI), la plupart des Parties visées à
l'Annexe I apportèrent leur soutien à l'approche à deux
volets retenue dans le texte de Pronk, mais exprimèrent des
points de vue divergents sur l'idée d'établir un comité de
supervision chargé de la vérification des unités de
réduction des émissions. Un certain nombre de pays en
transition économique, contrés par divers pays en
développement, appelèrent à l'élaboration d'appendices sur
les éléments procéduraux nécessaires aux JI, au cours de
la présente réunion. Au sujet de l'échange des droits
d'émission, les délégués ne parvinrent pas à s'accorder
sur le niveau de la réserve prévue pour la période
d'engagement. Les pays en développement soulignèrent leurs
préoccupations concernant la complémentarité et les
prélèvements devant être effectués dans le cadre de
l'adaptation, et concernant les règles inégales régissant
le MDP et l'échange des droits d'émission. Au sujet de la
complémentarité, un groupe de Parties visées à l'Annexe I
firent part de leur volonté de parvenir à un compromis en
faveur de la proposition de Pronk.
Les Coprésidents
déclarèrent qu'ils élaboreront un nouveau texte de
négociation contenant des options clairement définies à
soumettre à la considération des ministres durant le Segment
de Haut Niveau. Le groupe de négociation procédera à
l'examen de ce projet de texte, mercredi.
LULUCF:
Le groupe chargé de ce thème se réunit dans l'après-midi
puis de nouveau dans la soirée. Au cours de la séance de
l'après-midi, les délégués se virent présenter une
proposition élaborée conjointement par le Canada,
l'Australie et le Japon, sur la question de l'échelle à
retenir dans l'Article 3.4 (gestion forestière) et une
proposition avancée par la Nouvelle Zélande, traitant des
questions de l'échelle et de complémentarité. La première
proposition s'appui sur les niveaux maximum négociés de
crédits allouables à la gestion forestière, pour les pays
pris individuellement, par opposition à l'approche
préconisée dans le texte de Pronk, qui comprend des
plafonnements et des taux de remises. L'approche fut
présentée comme étant claire et transparente, avec un
ensemble de niveaux tenant compte: des circonstances
nationales des Parties; du degré d'effort requis par les
Parties pour la réalisation de la limitation de leurs
émissions; des mesures de gestion forestière mises en place
ou prévues par les Parties; et du point de savoir ce qu'elles
encourent, en terme de source d'émission, dans le cadre de
l'Article 3.3. Il fut également noté que la proposition
cherchait à remplacer quelques parties seulement du texte de
Pronk et quelle devait être perçue comme étant de concert
avec ce dernier. Elle s'applique uniquement à la première
période d'engagement. Un pays en transition économique joint
sa voix à celles qui s'étaient déclarée en faveur de la
proposition.
Un certain nombre de pays en
développement déclarèrent qu'aucune activité additionnelle
ne devaient être poursuivie dans le cadre de l'Article 3.4
durant la première période d'engagement. Un délégué
déclara que la proposition constituait une renégociation des
objectifs du Protocole. Une autre Partie souligna la
nécessité de veiller à la crédibilité du processus et de
s'assurer de la protection à long terme du climat, et
souhaita être édifiée quant à l'échelle des crédits
allouables. Un délégué nota que les négociations autour de
la question des crédits allouables doivent avoir lieu durant
le segment ministériel en vue de préparer le terrain pour la
ratification. Quelques Parties soulignèrent qu'un compromis
sur l'Article 3.4 est crucial pour la ratification.
La proposition de la
Nouvelle Zélande fut présentée comme s'appuyant sur les
incitations offertes par le marché pour l'amélioration de la
gestion forestière et des activités inscrites dans le cadre
du MDP. Elle suggère que les Parties incluant des activités
relevant de l'Article 3.4, durant la première période
d'engagement puissent être en mesure, soit de démontrer,
selon des critères spécifiques, que les pratiques
additionnelles ou améliorées depuis 1990 ont donné lieu à
des avantages marginaux pour l'atmosphère par rapport à ce
qui serait arrivé s'il en était autrement; soit de rendre
compte d'augmentations nettes des stocks de carbone et de
suppressions nettes des gaz à effet de serre dus aux
activités humaines, à l'aide de puits de fixation, à un
niveau à négocier au cas par cas. Une proposition
préliminaire avancée par l'UE fut également présentée.
Elle est favorable au texte de Pronk mais réduit l'échelle
des activités prévues dans le cadre de l'Article 3.4.
Au cours de la séance
nocturne, les délégués devaient entendre les premières
réactions aux trois nouvelles propositions. Les Parties non
visées à l'Annexe I, appuyées par plusieurs autres Parties,
soulignèrent un certain nombre de lacunes techniques et
juridiques et déclarèrent que les activités inscrites dans
le cadre de l'Article 3.4 doivent répondre à l'ensemble des
principes proposés, comme précisé dans le texte de La Haye,
en vue de s'assurer de l'intégrité du Protocole.
Plusieurs Parties mirent en
exergue la nécessité d'une première étape pratique et
pragmatique qui reste un élément essentiel pour la réussite
de la deuxième partie de la CdP-6 et qui préparera le
terrain pour la ratification du Protocole. Le Coprésident
Dovland déclara que le Secrétariat élaborera pour les
ministres, un papier conceptuel concernant les activités
relevant de l'Article 3.4 durant la première période
d'engagement et reflétant les options offertes allant de
celle où il n'y aurait pas d'activités, à celle
préconisée dans le texte de Pronk, en passant par celles
défendues dans les nouvelles propositions, y compris celle
axée sur l'inclusion de crédits négociés. Ce sujet sera
discuté par les délégués, le mercredi. Le groupe devait
ensuite procéder à une première lecture des définitions
contenues dans les clauses 3.3 et 3.4.
QUESTIONS FINANCIERES:
Le groupe en charge de ce thème se réunit dans l'après-midi
et dans la soirée. Lors de la séance de l'après-midi, les
délégués discutèrent de la mise au point et du transfert
des technologies. Les participants examinèrent également
l'Annexe, ôtant un certain nombre de crochets. Dans le
chapitre consacré au renforcement des capacités, les
délégués débattirent du libellé portant sur les mesures
devant être entreprises par les pays industrialisés pour la
mise en œuvre du renforcement des capacités. Après de
brèves consultations, ils s'accordèrent sur un texte de
compromis dans lequel le terme crocheté
"additionnelles" fut remplacé par
"adéquates" dans la référence à la mise à
disposition de ressources financières et techniques.
Au sujet des paragraphes du
préambule du projet de décision, les Parties s'accordèrent
sur l'utilisation de trois paragraphes proposés dans le texte
du Président Pronk. A la demande des pays en développement,
ils ajoutèrent un quatrième paragraphe tiré du texte de La
Haye et stipulant que la CdP a examiné le cadre recommandé,
présenté par le Président du SBSTA comme faisant partie
intégrante du processus consultatif, pour des actions
significatives et efficaces visant à l'amélioration de la
mise en application de l'Article 4.5 (transfert des
technologies) de la CCCC.
En fin d'après-midi, les
Parties se réunirent dans un comité de rédaction restreint
pour examiner les arrangements institutionnels nécessaires au
transfert des technologies. Les délégués décidèrent de se
référer plutôt à un "groupe" qu'à un
"panel" d'experts. Ils exprimèrent cependant des
points de vue divergents sur le point de savoir si ce groupe
devait être consultatif ou intergouvernemental, sur sa
composition, et sur la question de savoir s'il devait
"procéder à l'évaluation" ou simplement
"faciliter" la progression du transfert des
technologies.
Le groupe de négociation se
réunit de nouveau dans la soirée pour débattre des
libellés ayant trait aux clauses 4.8 et 4.9 de la CCCC et des
Articles 2.3 et 3.14 (effets adverses) du Protocole. Avançant
à travers le texte ramené de La Haye, les délégués furent
en mesure d'ôter plusieurs crochets, dont un certain nombre
dans le chapitre consacré aux effets adverses du changement
climatique. Les accords devaient porter entre autres sur le
timing de la requête à adresser au SBSTA et au SBI
concernant l'évaluation de la progression des activités
ayant trait au thème des effets adverses décrits dans ce
chapitre, les délégués ayant décidé que ce travail devait
aboutir à des recommandations à présenter à la CdP-8. Un
certain nombre de crochets ont été laissés en place.
Les délégués devaient
ensuite débattre des besoins particuliers des pays les moins
avancés (PMA), y compris les libellés appelant à
l'établissement d'un fonds/programme de développement
réservé au changement climatique dans les PMA. Au terme d'un
long débat, les délégués s'accordèrent sur une suggestion
avancée par le Coprésident Dechen Tsering (Bhutan) les
appelant à mener des consultations informelles sur ce sujet
et sur d'autres libellés ayant trait à la question du
financement.
Au sujet de l'impact de la
mise en application des mesures de réponse, plusieurs Parties
visées à l'Annexe I firent part de leurs réserves quant à
la préférence exprimée par les pays en développement pour
la suppression du libellé stipulant que l'identification des
actions initiales à mener doit être basée sur une
information suffisante et une analyse inscrite dans le cadre
d'un processus clairement défini. Les Parties exprimèrent
des points de vue divergents également sur l'emplacement le
plus approprié de ce libellé et sur la question de savoir
s'il fallait oui ou non utiliser le texte de Pronk. Ce
paragraphe, et deux autres consacrés à l'information et aux
méthodologies, restèrent crochetés.
DANS LES COULOIRS
Avec l'arrivée des
ministres, prévue jeudi, les délégués se sont trouvés
soumis à des pressions pour le dégagement de résultats
concrets dès les trois premiers jours de leurs travaux. Bien
que plusieurs d'entre eux se soient félicités des premières
avancées réalisées, mardi, dans les groupes de négociation
et pensent que les ministres seront en mesure de se pencher
sur un ensemble d'options limité à des questions clefs,
d'autres ont mis en garde que le processus risquait encore
d'aboutir à la même impasse que celle où il s'est retrouvé
durant les discussions ministérielle à La Haye.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
LES GROUPES DE NEGOCIATION: Les
groupes de négociation tiendront des séances de travail au
cours de la matinée, de l'après-midi et dans la soirée. Les
horaires et les salles des réunions sont assujettis à
d'éventuelles modifications. Consultez le tableau d'affichage
officiel pour confirmation.
Finance:
Ce groupe se réunirait de 10h à 13 dans la Salle Schumann,
puis de 19h à 21h dans la Salle des Plénières I. Au cours
de sa séance du matin il se focaliserait sur les questions
financières et dans la soirée, il est susceptible d'axer ses
discussions sur l'4.8 et 4.9 de la CCCC. Un groupe officieux
pourrait également se réunir de 15h à 18h dans le Salon
Mann pour traiter de l'Article 3.14 du Protocole.
Mécanismes: Les
Parties se réuniront de 10h à 13h et de 15h à 18h dans la
Salle des Plénières II. Elles procéderont probablement à
l'examen du nouveau texte des Coprésidents.
Respect des Obligations: Ce
groupe se réunirait à partir de 15h dans la Salle Schumann
pour l'examen du texte des Coprésident qui sera soumis à la
considération des ministres, où sont décrites les options
concernant les questions en suspens les plus importantes.
LULUCF: Les
délégués se réuniraient de 19h à 21h dans la Salle des
Plénières II. Plus tôt dans la journée, les Coprésidents
feront circuler un papier conceptuel renfermant les options
qui seront soumises à la considération des ministres, lequel
sera débattu au cours de la séance nocturne prévue pour ce
groupe. |