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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 12 No. 166
Lundi 16 Juillet 2001
DEUXIEME PARTIE DE LA SIXIEME
CONFERENCE DES PARTIES DE LA CONVENTION-CADRE SUR LES
CHANGEMENTS CLIMATIQUES:
16-27 JUILLET 2001
Les consultations
officieuses précédant la session de reprise de la
Conférence des Parties (Partie II de la CdP-6) de la
Convention-Cadre sur les Changements Climatiques (CCCC)
commencent aujourd'hui au "Maritim Hotel", à Bonn,
en Allemagne. Ces consultations se termineront la matinée du
jeudi 19 juillet et seront suivies de l'ouverture officielle
de la deuxième partie de la CdP-6, jeudi après-midi. Un
segment de haut niveau débutera le jeudi soir et sera
clôturé dimanche 22 juillet. La conférence se poursuivra au
niveau diplomatique du 23 au 27 juillet et englobera des
réunions de l'Organe Subsidiaire de la CdP chargé de la Mise
en Application (SBI) et de l'Organe Subsidiaire de Conseil
Scientifique et Technologique (SBSTA).
La deuxième partie de la
CdP-6 vise à garantir un accord sur les détails
opérationnels des engagements concernant la réduction des
émissions de gaz à effet de serre pris en vertu du Protocole
de Kyoto de 1997. Les délégués chercheront également à
parvenir à un accord sur les actions susceptibles de
renforcer la mise en application de la CCCC elle-même. Le
résultat de la deuxième partie de la CdP-6 est perçu comme
étant crucial pour l'avancement de la mise en œuvre de la
CCCC et la détermination du statut du Protocole dans le
futur.
BREF HISTORIQUE DE LA CCCC
INTRODUCTION A LA CCCC:
L’Evolution Climatique est tenue pour l’une des menaces
les plus sérieuses pesant sur la durabilité de l’environnement
de la planète, sur la santé et le bien-être humain et sur l’économie
mondiale. Les scientifiques s’accordent en général pour
admettre que le climat de la Terre se trouve affecté par
l'accumulation des gaz à effet de serre, tels que celui du
dioxyde de carbone, causée par les activités anthropiques,
comme dans les domaines de la génération de l’électricité,
de l’agriculture et des transports. Nonobstant des
incertitudes qui perdurent, la majorité des scientifiques
estiment que des mesures de précaution sont à prendre et qu’une
action rapide est nécessaire.
La réponse internationale
à l’évolution climatique commença à prendre forme avec l’élaboration
de la Convention-Cadre sur les Changements Climatiques (CCCC).
Conclue en 1992, la CCCC établit un cadre pour l’action
visant à stabiliser les concentrations atmosphériques de gaz
à effet de serre à un niveau permettant d’empêcher les
activités anthropiques (induites par l’Homme) de donner
lieu à des "interférences dangereuses" avec le
système climatique. La CCCC est entrée en vigueur le 21 mars
1994. Elle compte aujourd'hui 186 Parties. Six réunions de la
Conférence des Parties (CdP) ont eu lieu depuis, ainsi que de
nombreux ateliers et de réunions des organes subsidiaires de
la CdP.
LE PROTOCOLE DE KYOTO:
En 1995 le Groupe Spécial sur le Mandat de Berlin est établi
par la CdP-1 pour la réalisation d’un accord sur de
nouvelles mesures en faveur de la lutte contre les changements
climatiques. Au terme d’intenses négociations, les
délégués près de la CdP-3 qui se déroulait à Kyoto, au
Japon, en décembre 1997, devaient s’entendre sur un
Protocole, relevant de la CCCC, engageant les pays
industrialisés et les pays en transition vers une économie
de marché, à réaliser des objectifs quantifiés de
décroissement de leurs émissions de gaz à effet de serre.
Ces pays, connus comme étant les Parties visées à l’Annexe
I de la CCCC, se sont ainsi engagés à réduire leurs
émissions globales dans six gaz à effet de serre, de
manière à en abaisser le niveau d’au moins 5% par rapport
à ceux de 1990 et ce, au cours de la période s’étalant
entre 2008 et 2012, et cet engagement était assorti d’objectifs
variant d'un pays à l'autre. Le Protocole établit par
ailleurs trois mécanismes destinés à aider les Parties
visées à l’Annexe I à réaliser leurs objectifs nationaux
de manière efficace du point de vue coût. Les mécanismes
incluaient un système d’échange des droits d’émission,
une mise en œuvre concertée (JI) des projets de réduction d’émissions,
entre Parties visées à l’Annexe I, et le Mécanisme pour
un Développement Propre (MDP) visant à encourager les
projets conjoints entre les Parties visées à l’Annexe I et
celles non visées à cette même annexe. On laissa aux
réunions qui devaient suivre le soin de fixer la majeure
partie des règles et d’arrêter les détails opérationnels
devant déterminer la manière dont les coupes en matière
d'émission seront réalisées et la manière dont les efforts
consentis par les pays seront mesurés et évalués. De
nombreux pays ont signé le Protocole, mais une majorité
attend l’issue des négociations menées autour de ces
détails opérationnels pour décider de la ratification ou de
la non-ratification. Pour entrer en vigueur, le Protocole doit
être ratifié par 55 Parties signataires de la CCCC,
notamment des Parties visées à l’Annexe I représentant au
moins 55% du total des émissions de dioxyde de carbone au
titre de l’année 1990. A ce jour, 34 Parties seulement ont
ratifié le Protocole.
LE PLAN D’ACTION DE BUENOS
AIRES: La Quatrième Conférence des
Parties (CdP-4) se réunit à Buenos Aires, en Argentine, en
novembre 1998, pour établir un programme de travail visant à
parvenir à un accord sur les détails opérationnels du
Protocole et le renforcement de la mise en œuvre de la CCCC
elle-même. Ce programme de travail fut consigné dans un
document intitulé Plan d’Action de Buenos Aires. La date
limite fixée dans le cadre du Plan d’Action est la CdP-6qui
doit marquer le point culminant du processus, au cours de
laquelle les Parties doivent tenter de parvenir à un accord
sur un paquet d'ensemble. Parmi les sujets critiques
nécessitant une résolution, figurent celui des règles
devant encadrer les mécanismes, celui du régime de suivi
devant être appliqué dans le contrôle du respect des
obligations par les différents pays, et celui des méthodes
à suivre dans la comptabilité des émissions et des
réductions d’émissions aux niveaux nationaux. Les règles
devant régir le crédit dont doivent bénéficier les pays en
matière de suppression du gaz carbonique de l’atmosphère
par le biais des puits de fixation du carbone, seront
également traitées. Parmi les questions relevant de la CCCC
nécessitant une résolution, celles du renforcement des
capacités, de la mise au point et du transfert des
technologies, et de l’aide devant être apportée aux pays
en développement particulièrement sensibles aux effets
adverses des changements climatiques ou des actions
entreprises par les pays industrialisés dans le cadre de la
lutte contre l’évolution climatique.
LES PREPARATIFS DE LA CdP-6:
De nombreuses réunions et de consultations formelles et
informelles furent tenues au cours des années 1999 et 2000
pour aider à jeter les fondations de l'accord qui devait
être conclu à la CdP-6. Au cours des treizièmes sessions
des organes subsidiaires – qui débutèrent en septembre
2000 à Lyon, en France, et qui furent les dernières sessions
formelles avant la CdP-6 - les positions politiques autour des
questions clés demeurèrent fermement ancrées, avec peu de
signes quant à la volonté de parvenir à un compromis et
d'aller de l'avant. Même si les réunions et les
consultations informelles tenues en octobre et début novembre
2000 ont abouti à quelques nouveaux progrès, beaucoup de
points de divergence restent à résoudre.
LA PREMIERE PARTIE DE LA
CdP-6: La CdP-6 et la session de
reprise des treizièmes réunions des organes subsidiaires de
la CCCC se déroulèrent à La Haye, aux Pays-Bas, du 13 au 25
novembre 2000. Au cours de la deuxième semaine des
négociations, le Président de la CdP-6, Jan Pronk (Pays-Bas)
tenta de faciliter la progression sur plusieurs questions
politiques et techniques sujettes à controverses, en
convoquant des séances Plénières officieuses de haut niveau
consacrées au traitement des questions politiques
importantes, qu'il avait pris soin de regrouper dans quatre
"ensembles" ou "boites," comme suit: (a)
le renforcement des capacités, le transfert des technologies,
les effets adverses et les directives devant être fournies au
mécanisme de financement; (b) les mécanismes; (c)
l'utilisation des sols, les modifications survenues dans
l'utilisation des sols et la foresterie (LULUCF); et (d) le
respect des obligations, des politiques et des mesures et, la
comptabilité, l'élaboration des rapports et l'évaluation
relevant des Articles 5 (questions méthodologiques), 7
(communication des informations) et 8 (évaluation des
informations) de la CCCC. Les ministres et autres
négociateurs de haut rang se sont répartis en quatre groupes
pour procéder à la négociation de ces ensembles, dans une
tentative de parvenir à un consensus.
Le jeudi 23 novembre, les
négociations s'étaient bloquées et le Président Pronk fit
circuler une Note contenant ses propositions concernant les
questions clés, dans une tentative d'encourager la survenue
d'une percée dans les négociations. Après presque 36 heures
d'intenses pourparlers autour des propositions du Président,
les négociateurs ne parvinrent à aucun accord, les questions
financières, la complémentarité dans l'utilisation des
mécanismes, la conformité aux obligations et la question de
LULUCF s'avérant particulièrement polémiques. L'après-midi
du samedi 25 novembre, le Président Pronk convoqua la
dernière Plénière informelle de haut niveau, au cours de
laquelle il devait annoncer que les délégués n'ont pas
réussi à réaliser un accord. Les délégués acceptèrent
de suspendre la CdP-6 et firent part de leur volonté de
reprendre les travaux en 2001.
LES PREPARATIONS DE LA
DEUXIEME PARTIE DE LA CdP-6: Un
certain nombre de r�unions et de consultations ont eu lieu
depuis la premi�re partie de la CdP-6, dans un effort de
remettre les n�gociations sur les rails. Des Consultations
Informelles de Haut Niveau, conduites par le Pr�sident Pronk,
ont �t� tenues � Scheveningen, aux Pays-Bas, les 27 et 28
juin 2001. Plus de 350 d�l�gu�s de 130 Parties y ont
particip�, dont un certain nombre de ministres et de
ministres adjoints. Les consultations avaient pour objectif de
permettre aux Parties de pr�senter au Pr�sident Pronk leurs
vues concernant son texte de n�gociation consolid� du mois
de juin, qu'il a pr�sent� comme un outil visant � aider les
n�gociateurs � parvenir � un compromis. Les Parties
�taient, en particulier, encourag�es � indiquer si ces
textes constituaient un paquet �quilibr� avec suffisamment
de "gains" pour toutes les Parties, et s'ils leur
permettaient de faire des recommandations concernant
l'organisation des travaux au cours de la session de reprise
de la CdP-6.
Bien que quelques
participants aient exprim� l'opinion que les positions ne
semblaient pas avoir boug� depuis la premi�re partie de la
CdP-6, d'autres ont soulign� que les positions se sont
probablement �largies. Ils ont �galement not� des signes de
radicalisation chez certaines Parties, en particulier sur le
sujet de LULUCF, de la prise en consid�ration des puits de
fixation de carbone, dans le MDP, et celui de l'utilisation de
l'�nergie nucl�aire, pour la r�alisation de leurs
engagements. La question du financement se posa �galement
comme une barri�re potentielle susceptible de cr�er des
probl�mes. De nouveaux remous ont �t� caus�s par
l'ambigu�t� du Japon quant � ses intentions de ratifier le
Protocole. Les participants ont �galement fait part de leur
espoir de voir le Pr�sident Pronk jouer un r�le leader fort
et plut�t fournir davantage de directives que d'encourager,
par exc�s, les discussions sur les sujets ardus.
LA DEUXIEME PARTIE DE LA
CdP-6
LES RECENTS DEVELOPPEMENTS:
En mars 2001, l'administration am�ricaine a fait part de son
opposition au Protocole, affirmant qu'elle estimait qu'il
contenait des "imperfections fatales", capables de
porter pr�judices � son �conomie tout en exemptant les pays
en d�veloppement de leur pleine participation.
Depuis l'annonce
am�ricaine, l'UE a envoy� des missions diplomatiques �
nombre de Parties, dont le Japon, l'Australie, le Canada, la
F�d�ration de Russie et l'Iran, dans un effort de maintenir
le soutien en faveur du Protocole et de son entr�e en vigueur
en 2002. Dans une tentative de persuader les Etats-Unis de
changer leur position, le Royaume-Uni, certains autres membres
de l'UE et le Japon ont r�cemment essay� de faire montre de
bonne volont� pour ce qui est de la r�alisation d'un
compromis, en laissant la porte ouverte � un �ventuel
amendement du Protocole. Une suggestion avanc�e, d�but
juillet, par le Pr�sident Pronk et d'autres, porte sur un
�ventuel report, de deux ans, du d�marrage de la premi�re
p�riode d'engagement. Les Etats-Unis ont affirm� qu'ils
participeront, � la deuxi�me partie de la CdP-6, dans les
n�gociations autour du Protocole, pour faire en sorte que les
pourparlers n'aboutissent pas � des conclusions susceptibles
d'affecter son commerce international et que les n�gociations
n'�tablissent pas un ant�c�dent pour d'autres accords
internationaux. Les Etats-Unis seront pleinement impliqu�s
dans toutes les discussions ayant trait � leurs engagements
pris dans le cadre de la CCCC
LES TEXTES DE NEGOCIATION:
Les n�gociations auront pour plate-forme les textes de
n�gociation ramen�s de la premi�re partie de la CdP-6 (voir
FCCC/CP/2000/5/Add.3, "Partie III: Textes transmis � la
session de reprise par la premi�re partie de la 6�me
session de la CdP", Volumes I - V). Ces textes couvent
tous les th�mes soumis � la n�gociation, m�me si plusieurs
paragraphes y sont encore lourdement crochet�s.
En outre, le texte de
n�gociation consolid�, d�pourvu de crochets, propos� en
juin par le Pr�sident Pronk pourrait
servir"d'outil" important pour le soutien des
n�gociations. Ce texte traite de domaines critiques, o� des
d�saccords demeurent, et tente d'�tablir un paquet de
d�cisions �quilibr� sur toutes les questions couvertes par
le Plan d'Action de Buenos Aires. Le texte aborde �galement
les questions ayant trait: au financement, au transfert des
technologies, � l'adaptation, au renforcement des capacit�s,
� l'Article 4.8 et 4.9 de la CCCC et � l'Article 3.14
(effets adverses) du Protocole, aux m�canismes, au th�me de
LULUCF, au respect des obligations et � la gouvernance des
nouveaux organes.
Les Questions Financi�res:
Le texte de n�gociation consolid� traite ici de la
proc�dure devant �tre suivie dans l'affectation des
ressources destin�es au financement des activit�s
entreprises par les Parties non vis�es � l'Annexe I. Une
proposition cl� dans le texte pr�conise que les Parties
vis�es � l'Annexe I contribuent � raison d�un milliard de
dollars, par an, � partir de 2005, au plus tard, sur la base
de la part relative qui �tait celle de chacun de ces pays
dans le total des �missions de dioxyde de carbone en 1990,
avec une remise de 50% pour les pays en transition
�conomique.
Les M�canismes:
Le texte de n�gociation consolid� traite ici des questions
sujettes � controverse telles que celles de la
compl�mentarit� et de l'�ligibilit� � participer dans les
m�canismes. Le texte r�pond � la question de savoir quels
projets relevant du domaine de LULUCF pourraient �tre
autoris�s dans le cadre du MDP durant la premi�re p�riode
d'engagement, en sugg�rant que cela doit �tre limit� aux
projets d'afforestation et de reforestation.
LULUCF:
Le texte ici d�crit un paquet de "compromis"
complexe, englobant un libell� portant sur les r�gles devant
encadrer les activit�s �ligibles relevant de Article 3.4
(activit�s humaines additionnelles, telles que la gestion
foresti�re et la gestion des terres agricoles) du Protocole,
qui impliquent: la compensation des d�bits �ventuels li�s
� l'Article 3.3 (afforestation, reforestation et
d�forestation), � travers la prise en compte, dans le cadre
de la gestion foresti�re, de 8.2 m�gatonnes de carbone, par
an et par Partie, avec aucune remise applicable, jusqu'� ce
niveau, aux cr�dits relevant de l'Article 3.4; un rabais de
85% sur les activit�s de gestion foresti�re, au del� du
premier �tage; et une prise en compte "d'une
comptabilit� bas�e sur le net" pour la gestion
agricole.
Le Respect des Obligations:
Le texte consolid� traite ici de questions telles que celle
des r�les respectifs des branches charg�es de la mise en
application et du respect des obligations, ainsi que celle des
sanctions juridiquement contraignantes applicables aux cas de
non respect des obligations.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
LES CONSULTATIONS
INFORMELLES: Les d�l�gu�s se
r�uniront probablement ce matin pour des discussions
pr�c�dant la deuxi�me partie de la CdP-6. Consultez le
tableau d'affichage pour de plus amples renseignements. |