En cette journée d'ouverture des treizièmes sessions des organes
subsidiaires de la CCCC (SB-13), les délégués se sont réunis, le
matin, pour la cérémonie de bienvenue puis pour traiter des
questions d'organisation. L'après-midi, une séance de travail
conjointe de l'Organe Subsidiaire de Mise en Œuvre (SBI) et de
l'Organe Subsidiaire de Conseil Scientifique et Technologique (SBSTA)
s'est tenue, au cours de laquelle les Parties devaient présenter
leurs déclarations générales et aborder les thèmes ayant trait aux
effets adverses, au respect des obligations, aux activités de mise en
œuvre concertée (AIJ), aux mécanismes, et au renforcement des
capacités. Le SBSTA s'est penché sur un certain nombre de sujets,
dont ceux de l'utilisation des sols, modifications intervenues dans
l'utilisation des sols et foresterie (LULUCF), du transfert des
technologies, et des politiques et mesures. Un groupe de contact s'est
réuni pour débattre du thème du renforcement des capacités et des
consultations officielles ont été menées autour des questions
administratives et financières.
LA CEREMONIE DE BIENVENUE
Le Président de la CdP-5, Jan Szyszko (Pologne) ouvrit la réunion,
encourageant les délégués à trouver un terrain d'entente et à
explorer les compromis en vue de rationaliser les textes de
négociation et de réaliser un succès à la CdP-6.
Le Secrétaire Exécutif de la CCCC, Michael Zammit Cutajar, attira
l'attention des participants sur les deux défis d'ordre politique qui
sont posés: la nécessité d'apporter un soutien aux pays en
développement dans leur réponse aux effets des changements
climatiques; et l'importance de la concrétisation des objectifs du
Protocole. L'orateur mit en garde contre les tentatives de
renégociation de quelque partie du Protocole, car cela aboutirait à
l'échec de la réunion. Il fit par de son regret quant à la
disparition des deux figures proéminentes des négociations sur
l'évolution climatique: le français, Jean Ripert, qui avait
présidé le Comité de Négociation Intergouvernemental à qui l'on
doit l'adoption de la CCCC en 1992; et Zhong Shukong, conseiller
spécial, chargé des questions environnementales au ministère
chinois des affaires étrangères.
Raymond Barre, Maire de la Ville de Lyon, exprima ses souhaits de
réussite aux travaux des SB-13. Il nota que la présence du Premier
Ministre et du Ministre de la Planification Territoriale et de
l'Environnement de la France témoignait de l'importance politique et
économique que son pays attache au travail touchant à l'évolution
climatique.
Lionel Jospin, Premier Ministre, nota le soutien actif apporté par
la France à la ratification précoce du Protocole. Il souligna
l'importance de l'action domestique, en tant qu'instrument essentiel
pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, et
souhaita voir les mécanismes de souplesse ne pas s'appliquer à plus
de la moitié des efforts devant être fournis par chaque Etat. Il
invita à la prudence quant à l'inclusion des puits d'absorption. Il
encouragea les pays en développement à ne pas reporter l'action et
recommanda une adoption rapide du MDP. Il affirma que les récentes
mesures prises par son gouvernement en vue d'atténuer l'impact de
l'élévation du prix de pétrole ne compromettaient en rien le
programme de la France dans le domaine de l'évolution climatique.
LE SBI
A l'issue de la cérémonie de bienvenue, le SBI se réunit
brièvement pour l'adoption de son ordre du jour et de son calendrier
des travaux. Le président du SBI, John Ashe (Antigua & Barbuda),
indiqua que 184 Parties avaient ratifié la CCCC et que 23
d'entre-elles avaient ratifié ou accédé au Protocole.
LE SBSTA
Le SBSTA se réunit le matin et, de nouveau, dans la soirée,
commençant par l'adoption de son ordre du jour et calendrier des
travaux.
LULUCF: Le Coprésident du groupe officieux, Gwage (Ouganda),
retraça les progrès réalisés et fit part de son souhait de
parvenir à un texte de négociation concis. Le JAPON s'opposa à
l'idée d'établir une distinction entre les effets induits par
l'Homme et ceux induits par la nature. La SUISSE souligna que
l'intégrité du Protocole dépendait de la séparation entre les deux
types d'effets. Le BRESIL, au nom du G-77/CHINE, décrivit les
principes qu'il souhaite voir appliqués à la question des LULUCF,
notamment, le fait que les activités en rapport incombant aux pays
visés à l'Annexe I ne doivent en rien modifier l'effet global du
Protocole. L'UE déclara que les activités additionnelles relevant de
l'Article 3.4 du Protocole ne doivent pas être appliquées au cours
de la première période d'engagement, à moins que les
préoccupations ayant trait à l'échelle, aux incertitudes et aux
risques associés aux puits d'absorption soient résolus. Le CANADA se
déclara confiante quant à la possibilité de résoudre ces
préoccupations et, avec le JAPON, mit en relief l'importance
d'inclure les activités relevant de l'Article 3.4 dans la première
période d'engagement en tant que condition pour la ratification du
Protocole. Les discussions continueront au sein d'un groupe de
contact.
IMPACT DES PROJETS PARTICULIERS SUR LES EMISSIONS DURANT LA PERIODE
D'ENGAGEMENT: Le Président Dovland nota qu'aucune soumission n'avait
été faite par les Parties à ce sujet, à la date du 17 juillet
2000, comme requis par la SBSTA-11. Après les déclarations de
l'ISLANDE et d'autres pays visés à l'Annexe I, Dovland conclut qu'un
accord total devait être atteint, et demanda à Ole Plougmann (Danemark)
de mener des consultations officieuses à cet effet.
AUTRES QUESTIONS METHODOLOGIQUES: Les émissions dues à la
combustion des carburants: Le Secrétariat présenta un rapport sur la
coopération avec l'ICAO et l'IMO, et sur les efforts fournis au sein
de ces deux organisations pour l'identification des options offertes
en matière de limitation et de réduction des gaz à effets de serre.
Le Président Dovland nota ces rapports, comme requit par la SBSTA-11.
L'IMO introduisit l'étude entamée sur les émissions de gaz à effet
de serre émanant des navires et qui sera disponible à la SBSTA-14.
Les Méthodes et les outils d'évaluation de la vulnérabilité et
de l'adaptation: Le Secrétariat nota que l'atelier avec les experts
de GIEC était prévu après la publication du rapport du GIEC en
avril 2001.
TRANSFERT DES TECHNOLOGIES: Le délégué des ETATS-UNIS souligna
l'importance des évaluations des besoins technologiques et de
l'adoption d'une approche intégrée. Il souhaita voir la décision de
la CdP-6 s'appuyer sur le récent projet pilote de coopération
technologique et prendre en considération des rôles futurs pour la
Climate Technology Initiative. L'INDONESIE mit en exergue l'importance:
du suivi et de l'évaluation du transfert des technologies, de la
minimisation du dumping des technologies inefficaces, et de la mise en
place d'un mécanisme d'échange d'information en matière de
transfert des technologies. L'UE souhaita voir l'identification des
besoins et des priorités être conduite par les pays eux-mêmes,
répondre aux spécificités des régions, et porter à la fois sur
les mesures d'atténuation et d'adaptation. Avec la MALAISIE,
l'orateur souligna l'importance de l'instauration d'un environnement
favorable dans les pays industrialisés et dans les pays en
développement, et de l'utilisation des mécanismes disponibles. La
REPUBLIQUE DE COREE plaida pour une plus grande focalisation sur les
questions touchant à l'aspect approvisionnement. Les discussions se
poursuivront au sein d'un groupe de contact.
LES MEILLEURES PRATIQUES EN MATIERE DE POLITIQUES ET MESURES
(P&M): L'UE mit en relief le partage d'expériences et
d'informations, l'identification des opportunités de coopération et
la contribution dans l'évaluation des progrès tangibles. Le CANADA,
avec les ETATS-UNIS et le JAPON, souligna que l'atelier de Copenhague
sur les P&M a répondu aux exigences pertinentes du Plan d'Action
de Buenos Aires (PABA). L'orateur encouragea l'évitement de toute
interconnexion avec d'autres questions, y compris celle des progrès
tangibles. L'URUGUAY mit en exergue l'impact éventuel des P&M sur
les pays en développement. Un groupe de contact fut établi.
QUESTIONS DIVERSES: Le SBSTA devait aborder également les Articles
5 (questions méthodologiques), 7 (communication des données) et 8
(revue des informations) du Protocole. La Coprésidente du groupe,
Helen Plume (Nouvelle Zélande) nota qu'un travail de fond restait à
faire. Un groupe de contact fut établi pour la poursuite des
discussions. Au sujet de la coopération avec les organisations
internationales pertinentes, le Secrétariat nota fit état des
réalisations dans le cadre le cadre de la coopération établie avec
la Convention sur la Biodiversité.
LA REUNION CONJOINTE SBI/SBSTA
LES DECLARATIONS GENERALES: La session conjointe SBI/SBSTA
commença par des déclarations générales présentées par un
certain nombre de Parties. La COMMISSION EUROPEENNE déclara que l'UE
espérait voir la CdP-6 s'assurer de la ratification du Protocole pour
une entrée en vigueur dès 2002. L'oratrice encouragea la prévision
de conséquences rigoureuses pour les cas de non-respect des
obligations. La FRANCE, au nom de l'UE, constata que la dynamique de
Kyoto a perdu de sa force. La représentante exhorta les pays à
assumer chacun ses responsabilités et à adopter des mesures de
réduction des émissions.
Le NIGERIA, au nom du G-77/CHINE, fit part de ses préoccupations
à l'égard du fait que le pays industrialisés ne soient pas en train
d'engager une mise en œuvre significative de la CCCC. L'orateur
souligna l'importance de la prise de décisions globalisantes sur
toutes les questions posées. Le GROUPE AFRICAIN fit part de ses
réserves concernant la disponibilité des documents traduits, la
convocation d'un trop grand nombre de réunions et la rigidité des
positions prises par les pays industrialisés. Le VENEZUELA déclara
que les pays industrialisés ne doivent pas chercher à éviter les
engagements ou tenter de les transférer aux pays en développement.
L'INDONESIE souligna l'importance du renforcement des capacités, de
l'adaptation, de l'action domestique des pays visés à l'Annexe I, et
du transfert des technologies.
EFFETS ADVERSES: S'agissant de l'Article 4.8 et 4.9 de la CCCC et
de l'Article 3.14 (effets adverses) du Protocole, le Président
Dovland nota que le texte de négociation avait été élaboré sur la
base des consultations officieuses menées durant le mois d'août et
au cours de la semaine écoulée. Le Coprésident du groupe,
Abdulmohsen Al Sunaid (Arabie Saoudite) nota les progrès réalisés,
attirant néanmoins l'attention sur les divergences concernant le
point de savoir s'il fallait avoir deux décisions traitant
séparément de l'Article 4.8 et 4.9 de la CCCC et de l'Article 3.14
du Protocole ou une seule décision traitant des deux à la fois.
Le G-77/CHINE appela à la volonté de concrétiser, à la CCCC,
les actions "attendues depuis longtemps" dans le cadre de
l'Article 4.8 et 4.9 de la CCCC et, appuyé par l'ARABIE SAOUDITE, les
EMIRATS ARABES UNIS et la JAMAIQUE, plaida pour deux décisions
séparées. L'UE déclara être conscient de l'importance de ces
questions pour les pays en développement et en particulier pour les
pays les moins avancés et, avec les ETATS-UNIS, plaida en faveur
d'une décision unique. Le délégué des ETATS-UNIS ajouta que des
progrès avaient été réalisés et qu'il restait optimiste. Les
discussions se poursuivront au sein d'un groupe de contact.
ACTIVITES DE MISE EN ŒUVRE CONJOINTE: Au sujet des AIJ relevant de
la phase pilote, le Secrétariat présenta un rapport indiquant, entre
autres, une meilleure r�partition r�gionale et technique des projets,
l'am�lioration de la qualit� des rapports et du renforcement des
capacit�s dans les pays h�tes. Il fut �galement not� que le format
de rapport uniforme r�vis� �tait d�sormais disponible.
La CHINE, avec l'ARABIE SAOUDITE, l'EGYPTE et la TUNISIE, souligna
la n�cessit� de proroger la phase pilote et de s'assurer d'un
meilleur �quilibre g�ographique dans les projets. Avec les
ETATS-UNIS et le CANADA, l'orateur sugg�ra que le format de rapport
uniforme r�vis� soit examin� � la SBSTA-14. La HONGRIE d�clara
que l'exp�rience acquise dans le domaine des AIJ doit servir � la
mise en application de la mise en application concert�e (JI). L'UE
souhaita la voir servir � l'�laboration du Manuel de R�f�rence du
MDP. La repr�sentante ajouta que les cr�dits pr�vus pour les
projets ne doivent �tre accord�s qu'apr�s la prise d'effet du
Protocole. Les Parties accept�rent d'examiner la phase pilote des AIJ
et le format de rapport uniforme r�vis� au cours de la SBSTA-14.
MECANISMES: Au sujet des m�canismes, le Secr�tariat pr�senta les
documents et le Pr�sident Chow donna un aper�u sur l'�tat
d'avancement des d�lib�rations autour du texte. Soulignant la
lenteur du rythme des discussions, l'AUSTRALIE d�clara qu'elle ne
ratifierait le Protocole que si l'on parvenait � un paquet traitable
� la CdP-6. Le G-77/CHINE souligna la n�cessit� de traiter les
questions d'�quit�, de caract�re et de champ d'action, de "suppl�mentarit�"
et des th�mes transversaux. Contr� par le CANADA, l'orateur souhaita
voir les d�cisions concernant les trois m�canismes �tre dot�s de
trois chapeaux diff�rents. Les discussions se poursuivront dans un
groupe de contact.
Les d�l�gu�s abord�rent bri�vement aussi les questions
touchant aux th�mes du respect des obligations et du renforcement des
capacit�s, r�f�rant ces deux sujets � des groupes de contact.
LES REUNIONS OFFICIEUSES ET LES GROUPES DE CONTACT
RENFORCEMENT DES CAPACITES: Le groupe de contact examina le
cadre devant servir aux activit�s de renforcement des capacit�s dans
les pays en transition �conomique (PTE) et dans les pays en
d�veloppement, et entama l'examen du projet de d�cision propos�
pour le renforcement des capacit�s dans les PTE.
Concernant les PTE, les questions abord�es devaient englober: la
n�cessit� d'un renforcement des capacit�s permettant la
r�alisation des objectifs g�n�raux de la Convention et du Protocole;
le point de savoir si l'examen des progr�s r�alis�s dans le domaine
du renforcement des capacit�s relevant du Protocole, devait �tre
r�f�r� � la CdP/RdP; et le point de savoir qui doit �tre charg�
du suivi. Le CANADA mit en relief l'�laboration du concept
d'environnement favorable pour s'assurer qu'il n'impliquera pas des
retards dans le d�marrage des activit�s de renforcement des
capacit�s. La SLOVENIE introduisit une proposition pour un projet de
d�cision appelant � un prompt d�marrage des activit�s de
renforcement des capacit�s dans les PTE, et pour une d�cision de la
CdP appelant � l'instauration d'un cadre pour le renforcement des
capacit�s.
Au sujet du cadre devant servir au renforcement des capacit�s dans
les pays non vis�s � l'Annexe I, les participants souhait�rent
avoir des �claircissements, entre autres, sur la mani�re d'assurer
le suivi de la mise en �uvre, sur le point de savoir si une certaine
coh�rence devait �tre pr�vue entre les cadres devant servir aux PTE
et aux pays en d�veloppement, sur le r�le des correspondants
nationaux, et sur la mani�re dont le FEM pouvait �tre impliqu� dans
la mise en application du cadre.
QUESTIONS ADMINISTRATIVES ET FINANCIERES: Au cours des
consultations officieuses, les ETATS-UNIS, avec la FEDERATION DE
RUSSIE, �voqua la question des retards enregistr�s dans le paiement
des cotisations et demanda des d�tails sur les pratiques en vigueur
dans les diff�rends fora des Nations Unies. Intervenant au nom de
plusieurs pays en d�veloppement, l'IRAN requit le report du d�bat �
la CdP-6 et l'ARGENTINE ajouta que les options englob�es n'�taient
pas recevables. Le d�l�gu� des ETATS-UNIS indiqua que 89% des
cotisations ont �t� collect�s cette ann�e. Le Secr�tariat nota
que cela �tait exact, mais qu'un tiers des Parties n'a pas encore
pay� ses cotisations. Le pr�sident Mahmoud Ould El Ghaouth (Mauritanie)
d�clara qu'il transmettra au SBI la recommandation appelant �
examiner la question � la CdP-6.
DANS LES COULOIRS
Les d�l�gu�s ont eu vent de rumeurs selon lesquelles un march�
serait en train d'�tre n�goci� entre certains groupes de pays
industrialis�s. Bien que les d�tails demeurent flous, certaines
sp�culations ont �voqu� une entente sur quelques parties du texte
consacr� aux m�canismes alors que d'autres ont laiss� entendre que
l'accord porterait sur un paquet bien plus important. Certains
observateurs ont estim�, que si av�r�, un tel mouvement qui
viendrait marginaliser les pays en d�veloppement, risquerait de
provoquer un retour de manivelle dans les n�gociations.