Les délégués près des réunions officieuses précédant les
SB-13 se sont réunis en session Plénière pour faire le point des
progrès réalisés. Ils se sont également réunis pour procéder à
l'examen: des mécanismes: de l'Article 4.8 et 4.9 de la CCCC et de
l'Article 3.14 (effets adverses) du protocole; du respect des
obligations; du renforcement des capacités; du transfert des
technologies; de l'utilisation des sols, des changements intervenus
dans l'utilisation des sols et de la foresterie (LULUCF); des
politiques et mesures (P&M); et des lignes directrices relevant
des Articles 5 (questions méthodologiques), 7 (communication des
informations) et 8 (revue des informations) du Protocole.
LA PLENIERE
Les délégués se réunirent en Plénière pour entendre lecture
de brefs rapports sur l'état d'avancement des travaux par les
Président des groupes officieux. Le Président du SBI, Ashe, remercia
les délégués et les Présidents des groupes pour leur travail
constructif. Le G-77/CHINE exprima l'espoir de voir les domaines de
convergence continuer à émerger durant le SB-13, et souligna la
nécessité de parvenir à un paquet de décisions équilibré à la
CdP-6. Le délégué des ETATS-UNIS se déclara "quelque peu
inquiet" quant à la lenteur du rythme des progrès dans certains
groupes, et appela à la concentration des efforts pour la poursuite
des progrès.
LES REUNIONS OFFICIEUSES
EFFETS ADVERSES: Les participants procédèrent à l'examen du
chapitre du texte des Coprésidents consacré à l'impact de la mise
en application des mesures de réponse. Au sujet du développement et
de la diversification économique, le délégué des ETATS-UNIS
suggéra l'insertion d'une référence spécifique au soutien des pays
les moins avancés. Au sujet de la question des ateliers futurs, les
délégués soulignèrent la nécessité pour ces derniers d'être
clairement focalisé. SAMOA, appuyé par l'UE, BELIZE et la JAMAIQUE,
remit en question l'utilité des indices de vulnérabilité. Par
contre, l'EGYPTE y apporta son soutien.
Au sujet du chapitre consacré à l'Article 3.14 du Protocole, le
délégué des ETATS-UNIS, avec l'UE et plusieurs autres pays
industrialisés, nota qu'il traitait principalement de l'impact des
mesures de réponse, et suggéra de le fusionner avec le chapitre
précédent qui traite directement de ce même sujet. Le G-77/ CHINE,
L'ARABIE SAOUDITE et un certain nombre d'autre pays en développement
réitérèrent leur proposition appelant à deux projets de décisions
séparés, l'une pour l'Article 4.8 et 4.9 de la CCCC et l'autre pour
l'Article 3.14 du Protocole. BELIZE, au nom de l'AOSIS, déclara que
ces clauses ne couvraient pas les préoccupations qui sont les siennes.
L'AUSTRALIE, la POLOGNE, les ETATS-UNIS, l'UE et d'autres Parties
visées à l'Annexe I firent part de leurs réserves au sujet du
paragraphe invitant les Parties visées à l'Annexe I à fournir des
données, entre autres, sur les imperfections existant dans le marché
et les subventions accordées dans le secteur de l'énergie. L'ARABIE
SAOUDITE plaida en faveur du maintien du paragraphe.
MECANISMES: les Parties entamèrent les discussions autour du texte
consolidé. Le G-77/CHINE appuya l'idée d'avoir deux décisions
séparées avec des chapeaux individuels au sujet des trois
mécanismes. Le CANADA, l'UE et d'autres pays visés à l'Annexe I
souhaitèrent avoir trois décisions avec un seul chapeau. Le G-77/
CHINE, contré par le CANADA, la NOUVELLE ZELANDE, l'UE et les
ETATS-UNIS, plaida pour l'application des rigueurs du MDP au
mécanisme de mise en œuvre conjointe (JI). Le G-77/CHINE souligna la
nécessité de traiter de la nature et de la portée des mécanismes.
Le CANADA, tout en admettant le caractère central de l'Article 3 (Principes)
de la CCCC, mit en garde contre la tentative d'aller chercher trop
loin dans la nature et la portée. L'UE mit en garde contre toute
tentative de définir de nouveaux principes. Le G-77/CHINE, contré
par les ETATS-UNIS, encouragea l'idée d'avoir un fonds d'adaptation
assorti à l'ensemble des trois mécanismes.
Les Parties procédèrent ensuite à la revue du projet de
décision concernant les lignes directrices devant encadrer la mise en
application de l'Article 6 (JI) du Protocole. SAMOA, au nom de l'AOSIS,
contré par la NORVEGE, la POLOGNE et le CANADA, proposa la
suppression de la référence à ces dernières comme étant "des
lignes directrices." Le délégué des ETATS-UNIS, contré par
l'AOSIS, proposa que la révision de ces lignes directrices se fasse
par voie de consensus. Les Parties ne parvinrent pas à s'accorder sur
le point de savoir s'il fallait ou non retenir le libellé appelant à
l'équité, à la globalité, à la transparence, au caractère
effectif des changements climatiques, à la fongibilité et, au
partage des bénéfices.
ARTICLES 5, 7 & 8 DU PROTOCOLE: Les délégués poursuivirent
leurs débats autour des lignes directrices devant encadrer l'Article
7.1 (inclusion des compléments d'information dans les inventaires
annuels). Le délégué des ETATS-UNIS, contré par l'UE et
l'AUSTRALIE, proposa la suppression du chapitre consacré aux
ajustements conformément à l'Article 5.2 (ajustements), affirmant
que la question des rapports doit relever de la responsabilité de
l'équipe d'évaluation et non de celle de la Partie. SAMOA nota le
travail effectué par le groupe chargé du respect des obligation sur
la question du concept de la période effective, et souhaita voir le
groupe chargé des Articles 5,7,et 8 prendre en considération les
contraintes techniques posées.
Au sujet de l'Article 7.2 (inclusion de compléments d'information
dans les communications nationales), les ETATS-UNIS, la NORVEGE,
l'ARABIE SAOUDITE et l'ALLEMAGNE remirent en question le calendrier de
la soumission des communications nationales et le chapitre où ce
point devait être abordé. Au sujet des registres nationaux, le
délégué des ETATS-UNIS identifia l'importance des discussions
menées autour des mécanismes pour les travaux de ce groupe.
L'ARABIE SAOUDITE suggéra que les communications nationales des
Parties visées à l'Annexe I englobent une évaluation de l'étendue
de l'assistance apportée par les projets particuliers du MDP aux
Paries non visées à l'Annexe I dans la réalisation du
développement durable. La NORVEGE, appuyée par la NOUVELLE ZELANDE,
l'AUSTRALIE et les ETATS-UNIS, déclara que cela n'était pas
réaliste.
RESPECT DES OBLIGATIONS: Les délégués poursuivirent leur
délibération autour des propositions des Coprésidents. Au sujet de
la soumission de questions à l'organe chargé du respect des
obligations, le G-77/CHINE déclara que des questions touchant au
respect des obligations pouvaient être soulevées par une Partie, à
propos d'elle-même ou à propos d'une tierce Partie. Le délégué
des ETATS-UNIS déclara qu'une Partie donnée ne doit être en mesure
de référer des questions au sujet du respect des obligations d'une
tierce Partie qu'à la branche chargée de la facilitation.
L'AUSTRALIE indiqua que hormis les questions soulevées dans les
rapports des équipes d'experts chargées de l'évaluation (EEE) des
rapports, d'autres questions peuvent être posées par une Partie,
mais uniquement à propos d'elle-même. Le G-77/CHINE mit en exergue
le rôle des EEE et suggéra que les liens entre la CdP et les EEE
soient pris en ligne de compte. L'UE, contrée par la CHINE, appuya
l'idée de conférer un rôle au Secrétariat de la CCCC. L'ARABIE
SAOUDITE, appuyée par les ETATS-UNIS, souligna la nécessité de
refléter dans la disposition, l'Article 8(3) (soumission des rapports
des EEE à la CdP/RdP) du Protocole.
Au cours de l'examen préliminaire des questions, le G-77/ CHINE
déclara que les fonctions envisagées à ce stade consistaient à
s'assurer que la question sera soutenue par des données suffisantes
et à orienter le cas vers une branche particulière. La
représentante ajouta que cette tâche devait être entreprise par la
plénière du comité chargé de la question du respect des
obligations. Le ROYAUME-UNI déclara que le processus d'examen
sélectif doit être simplement un stade organisationnel visant à
s'assurer que les cas seraient transmis à la branche pertinente.
L'orateur suggéra la mise en place d'un bureau du comité chargé du
respect des obligations, comportant deux membres représentant les
branches de facilitation et de mise en application, pour
l'accomplissement de cette fonction. La FEDERATION DE RUSSIE suggéra
que toutes les questions puissent aller automatiquement à la branche
chargée de la facilitation. Le délégué des ETATS-UNIS déclara
qu'il devrait y avoir deux fonctions, l'une ayant rapport avec
l'allocation et l'autre ayant trait à la substance. La fonction
d'allocation serait menée par le bureau de l'institution chargée du
respect des obligations, et l'examen de fonds qui n'interviendrait
forcément qu'aux cas transmis à la branche chargée de la mise en
application, serait entrepris par cette dernière.
RENFORCEMENT DES CAPACITES: Les participants entamèrent l'examen
de la révision de texte du Président sur le thème du renforcement
des capacités dans les pays en développement. En réponse à une
demande du G-77/CHINE sur le moment prévue pour la considération du
projet de décision concernant le renforcement des capacités, le
Président Ashe attira l'attention sur la décision 10/CP.5 qui
appelle les Parties à synthétiser, au cours des SB-12, les
éléments du cadre préliminaire devant servir au renforcement des
capacités, pour considération aux SB-13. L'orateur indiqua qu'un
groupe de contact sera établi au cours des SB-13 pour entamer les
délibérations autour du projet de décision. L'UE, les ETATS-UNIS et
le CANADA soulignèrent le besoin de s'assurer de la cohérence avec
les aspects du renforcement des capacités examinés dans les
discussions sur le transfert et l'adaptation des technologies.
Au sujet des objectifs visés, l'UE souhaita savoir quel processus
d'évaluation serait établi. Le G-77/CHINE souhaita savoir sur quelle
base s'effectuera cette évaluation et si cela constituerait une
exigence additionnelle au niveau de l'établissement des rapports.
L'AUSTRALIE déclara que le renforcement des capacités doit viser la
facilitation du suivi et de la mise en œuvre.
Au sujet des projets de démonstration, le G-77/CHINE déclara que
ces derniers n'étaient pas cruciaux pour l'identification des besoins,
soulignant que des données suffisantes ont déjà été soumises à
cette fin. L'UE déclara que si les projets de démonstration sont
utiles, des enseignements doivent être tirés des activités
existantes. L'orateur souligna l'importance de l'approche basée sur
les résultats. L'AUSTRALIE mit en relief la nécessité d'instaurer
un environnement favorable pour le renforcement des capacités.
TRANSFERT DES TECHNOLOGIES: Les participants examinèrent les
chapitres consacrés aux informations technologiques et aux
environnements favorables du texte sur le cadre devant être établi
pour faciliter la mise au point et le transfert des technologies. Ils
entendirent des présentations faites par le Secrétariat de la CCCC
concernant le cadre possible devant régir le système du transfert
des technologies, et par le représentant de la "Climate
Technology Initiative" au sujet du site web consacré à cette
initiative.
Le G-77/CHINE souligna l'obligation des Parties de soumettre des
informations sur la manière dont elles sont en train de mettre en
application leurs engagements. Au sujet de la collecte d'informations
concernant les besoins technologiques et la disponibilité des
technologies, la représentante souleva la question de savoir comment
les Parties facilitaient l'accès aux technologies et sous quelles
conditions. Le KENYA suggéra que les pays qui ont soumis leurs
communications nationales puissent conduire les �valuations de leurs
besoins en mati�re de technologies, notant que les secondes
communications nationales pouvaient ne pas avoir lieu avant 2006. Avec
le G-77/CHINE, l'oratrice nota avec pr�occupation que le FEM est en
train d'accorder des fonds pour l'�valuation des besoins
technologiques au lieu des communications nationales.
La NOUVELLE ZELANDE appuya, en principe, le concept d'un m�canisme
d'�change d'information et mit en relief l'importance de
l'utilisation des institutions disponibles. Le d�l�gu� des
ETATS-UNIS signala les limitations inh�rentes � la pr�vision de
guichets uniques et plaida pour la mise en place d'un m�canisme
d'�change d'information � caract�re international plut�t de
r�gional ou sous-r�gional. La CHINE, le PEROU et la MALAISIE
encourag�rent le mouvement vers l'avant en se focalisant sur des
mesures pratiques.
LULUCF: Luiz Gylvan Meira Filho, de l'Agence Spatiale Br�silienne,
d�crivit les implications des diff�rentes approches de l'inclusion
des LULUCF sur la capacit� des Parties � att�nuer les changements
climatiques tel que requis en vertu du Protocole. Il nota le
pr�l�vement temporaire actuel du carbone dans la biosph�re due aux
effets naturels, et affirma que dans le cadre d'une approche bas�e
sur la comptabilit� int�grale du carbone, les pays vis�s �
l'Annexe I seraient autoris�s � �mettre davantage que dans un
sc�nario o� aucun changement ne serait apport�. Les d�l�gu�s
devaient ensuite poursuivre leurs discussions autour du texte de
compilation des donn�es et informations sp�cifiques aux pays,
soumises par les Parties. L'UE nota les lacunes existant au niveau des
donn�es soumises, soulignant que les donn�es �taient d'un apport
crucial au processus de n�gociation. L'AUSTRALIE nota que les pays
vis�s � l'Annexe I avaient la capacit� d'effectuer des mesures
ad�quates du carbone, et que la qualit� de ces mesures �tait en
progression continue. Le Copr�sident Thorgeirsson r�suma ensuite le
travail accompli jusque l�, puis identifia les principaux points non
encore r�solus, notamment: la s�paration des effets induits par
l'homme des pr�l�vements naturel de carbone; le package des
activit�s additionnelles �ligibles en vertu de l'Article 3.4; et les
limites des cr�dits et des d�bits.
POLITIQUES ET MESURES: Le Copr�sident Richard Muyungi (Tanzanie)
introduisit le projet de conclusions et les �l�ments du projet de
d�cision sur "les meilleures pratiques" en mati�re de
politiques et mesures (P&M). Le G-77/CHINE demanda au Copr�sident
de reporter la discussion du projet de texte, en attendant son examen
interne au sein du G-77/CHINE. Les Parties pr�sent�rent leurs
commentaires g�n�raux ayant trait, entre autres: � la poursuite des
travaux dans le futur; � l'�vitement de toute r�f�rence aux
questions en cours d'examen dans d'autres groupes; et � l'id�e de
s'assurer que les r�sultats seraient focalis�s sur l'aide � la mise
en application des dispositions de Article 2 (P&M) du Protocole.
DANS LES COULOIRS
Les d�l�gu�s ont fait des commentaires sur l'ironie du moment
choisi pour la gr�ve des transports en France. La pr�sence dans un
certain nombre de sessions en a �t� affect�e, jeudi, et certains se
sont livr�s � des conjectures quant � l'�ventuel impact que ces
gr�ves pourraient avoir sur l'arriv�e de d�l�gu�s cl�s et de la
mani�re dont cela viendrait exacerber la lenteur du rythme des
d�lib�rations. Plusieurs observateurs ont sugg�r� que la gr�ve
posait la question suivante: le public est-il vraiment pr�t � payer
le prix des politiques climatiques ?