Les délégués prés des réunions officieuses précédant les
SB-13 se sont réunis pour procéder à l'examen des thèmes suivants:
l'utilisation des sols, les changements intervenus dans l'utilisation
des sols et la foresterie (LULUCF); l'Article 4.8 et 4.9 de la CCCC et
l'Article 3.14 (effets adverses) du Protocole; le respect des
obligations; le renforcement des capacités; les mécanismes; le
transfert des technologies; et les lignes directrices relevant des
Articles 5 (questions méthodologiques), 7 (communication des
informations) et 8 (revue des informations) du Protocole.
LES REUNIONS OFFICIEUSES
LULUCF: Le groupe reprit ses débats autour de la synthèse
consolidée des soumissions faites par les Parties au sujet des LULUCF.
Concernant les activités additionnelles devant être incluses dans le
cadre de l'Article 3.4 du Protocole, le JAPON et la FEDERATION DE
RUSSIE déclarèrent que ces dernières doivent être définies de
manière large sur la base des circonstances nationales. Le JAPON,
appuyé par l'AUSTRALIE, mais contré par TUVALU, déclara que
l'Article 3.4 doit être appliqué à partir de la première période
d'engagement. L'UE plaida pour une approche comportant une phase
introductive. Le CANADA et l'AUSTRALIE notèrent, comme point de
convergence, l'inclusion du renouvellement de la végétation dans les
terres dégradées.
Au sujet de la manière de rendre compte des activités
additionnelles relevant de l'Article 3.4, l'AUSTRALIE plaida pour un
système de comptabilité global incluant les gaz à effet de serre
autres que le CO2. Au sujet des approches comptables globales, TUVALU
appuya l'idée d'y rendre compte des implications sociales et
culturelles, et de rester en conformité avec l'approche
écosystémique retenue dans le cadre de la Convention sur la
Diversité Biologique et avec les principes du développement durable.
L'AUSTRALIE s'opposa à l'insertion d'une référence textuelle au
développement durable spécifique au thème des LULUCF.
Au sujet des interconnexions au niveau de la comptabilité et de
l'Article 3.7 du Protocole (calcul des quantités assignées à la
première période d'engagement), l'UE et le ROYAUME-UNI évoquèrent
le problème potentiel du double comptage et soulignèrent la
nécessité d'une certaine cohérence. Au sujet de la manière de
rendre compte des modifications induites par l'homme et celles
naturelles intervenues dans les stocks de carbone, la SUISSE appuya
l'idée d'avoir une décision plutôt politique que technique
permettant l'établissement d'une distinction entre les modifications
dues à l'homme et celles dues à la nature.
Le Coprésident Thorgeirsson devait, ensuite, introduire le texte
de compilation des données et informations spécifiques aux pays
soumises par les Parties, ainsi que le document intéressant
l'implication des cadres de comptabilité sur les quantités
assignées préliminaires durant la première période d'engagement.
L'UE et TUVALU soulignèrent le caractère incomplet des données
disponibles, et les délégués procédèrent à l'examen des
soumissions de données spécifiques.
RESPECT DES OBLIGATIONS: Les Parties reprirent leurs discussions
autour des mandats respectifs des branches de facilitation et de mise
en application, de l'organe chargé du respect des obligations. Le
G-77/CHINA exprima sa préférence pour, entre autres: une
délimitation claire des mandats; le respect du principe de globalité;
une limitation du mandat de la branche chargée de l'application aux
seuls pays visés à l'Annexe I; et s'assurer que la branche chargée
de l'application n'intervienne que sur requête précise. L'UE,
contrée par la CHINE et l'ARABIE SAOUDITE, préféra voir les
branches être dotées d'expertises différentes correspondant à
leurs fonctions. L'AUSTRALIE, les ETATS-UNIS et la NOUVELLE ZELANDE
appuyèrent l'idée de doter la branche chargée de l'application
d'une expertise juridique, assortie d'un pouvoir d'accès à
l'expertise technique en fonction des besoins. Le délégué des
ETATS-UNIS suggéra que le mandat de la branche chargée de
l'application englobe, entre autres: la détermination de la non-conformité
aux obligations relevant de l'Article 3.1 (engagements) du Protocole;
la détermination des conditions de non-éligibilité aux mécanismes;
et l'application des conclusions approuvées à l'avance, assortie
d'une prérogative concernant la soumission des problèmes à la
branche chargée de la facilitation. La CHINE, avec SAMOA, le BRESIL,
le CHILI et le VENEZUELA, mais contrée par l'AUSTRALIE, le CANADA, le
JAPON, les ETATS-UNIS et la NOUVELLE ZELANDE, argua que le mandat de
la branche chargée de la mise en application doit englober les
Articles 2.3 et 3.14 (effets adverses) du Protocole. Le ROYAUME-UNI
clarifia qu'il y avait deux types d'obligations, notamment,
l'obligation de conduite et l'obligation de résultats. Les résultats
peuvent être mesurés, la conduite ne peut pas l'être autant; par
conséquent, seules les obligations de résultats doivent être
assujetties à la branche chargée de la mise en application.
RENFORCEMENT DES CAPACITES: Exposé de l'IRC: Avani Vaish, du FEM,
donna un aperçu sur l'Initiative en matière de Renforcement des
Capacités (IRC). Il indiqua que la première phase de l'IRC consista
en une évaluation générique des besoins des pays en matière de
renforcement des capacités, menée à un niveau régional. La phase
suivante consistera en l'élaboration d'une stratégie d'intervention
et d'un plan d'action pluriannuel. L'orateur ajouta que l'IRC n'est
destinée ni à lancer des projets ni à servir de base pour un
programme mondial d'ordre général. John Hough, du PNUD, déclara que
la seconde phase sera un processus consultatif basé, entre autres,
sur les directives émanant de la CdP, les rapports d'évaluation et
les consultations qui seront menées lors du deuxième tour des
réunions régionales. Les participants devaient ensuite entendre les
présentations des principales conclusions des évaluations
régionales de l'IRC concernant les problèmes ainsi que les
priorités et les besoins identifiés.
Au cours du débat qui s'en suivit, le G-77/CHINE remit en question
la valeur de l'IRC en tant qu'initiative séparée, notant qu'une
bonne partie des sujets soulevés à travers ce processus avait déjà
été élaboré et pris en considération dans les décisions de la
CdP. En réponse, Avani Vaish précisa que l'IRC visait à produire
une approche systématique globalisante permettant une meilleure
application des décisions de la CdP. Le GROUPE AFRICAIN recommanda
une re-formulation du rapport régional africain pour y refléter la
décision 10/CP.5 (renforcement des capacités) de la CdP. Le
délégué des ILES COOK, au nom de l'AOSIS, souligna que les besoins
particuliers des Petits Etats Insulaires en Développement (PEID)
doivent être bien reflétés dans le rapport de synthèse.
Le G-77/CHINE requit du FEM la présentation d'un rapport complet
sur l'IRC à la CdP-6, et demanda si son financement était imputé au
budget alloué aux activités relevant des changements climatiques. La
GRENADE mit en relief le besoin d'une réponse immédiate aux besoins
identifiés.
Les pays en transition économique: Le Président du SBI, Ashe,
invita les participants à faire part de leurs commentaires sur le
texte décrivant les éléments du cadre préliminaire du renforcement
des capacités dans les pays en transition économique (PTE).
Plusieurs Parties déclarèrent que le document était utile pour la
poursuite des discussions. La SLOVENIE souligna que les capacités
humaines et institutions des PTE avaient besoin d'être renforcées
pour leur permettre de s'acquitter des engagements qui sont les leurs.
Au sujet des principes directeurs et des approches à adopter, le
CANADA suggéra la suppression de la référence spécifique au FEM,
notant que le point était déjà couvert dans le cadre de la
référence aux "agences multilatérales et bilatérales de
financement."
Au sujet des objectifs et du champ d'action du renforcement des
capacités, le CANADA et les ETATS-UNIS remirent en question la
référence au soutien de nouvelles institutions. La HONGRIE proposa
de nouvelles "capacités institutionnelles." La
représentante des ETATS-UNIS, avec la HONGRIE, souhaita voir le
renforcement des capacités se focaliser plutôt sur la mise en œuvre
de la CCCC et du Protocole, que sur le développement durable.
L'oratrice demanda des éclaircissements sur les références aux
cadres temporels et aux repères, et, avec l'UE, posa la question de
savoir si un soutien dans le domaine des technologies constituait un
renforcement des capacités.
Au sujet de la mise en application, l'UE, avec la NORVEGE et les
ETATS-UNIS, souligna la nécessité pour les PTE d'instaurer des
environnements favorables. La représentante des ETATS-UNIS, avec la
HONGRIE, souligna le besoin d'une coordination entre les PTE et les
agences donatrices. Le CANADA et les ETATS-UNIS remirent en question
la référence à une "mise en application prompte" du
cadre. Une révision de texte sera examinée vendredi.
MECANISMES: Le Secrétariat de la CCCC présenta huit options pour
la responsabilité dans le domaine de l'échange des droits
d'émission, notamment, responsabilité de la Partie d'origine,
responsabilité partagée, acquisition de la responsabilité,
enclenchement, réserves sur la conformité aux obligations, réserves
sur la période d'engagement, unités en surplus par rapport au plan
prévu, et unités de surplus. L'orateur subdivisa les options en deux
groupes: celles qui suivent la détermination de la non-conformité
aux obligations et celles qui cherchent à prévenir la non-conformité
aux obligations en raison d'une survente. Les ETATS-UNIS, la NOUVELLE
ZELANDE, le CANADA et l'AUSTRALIE soulignèrent le rôle du secteur
privé et les avantages de la responsabilité incombant à la Partie
émettrice. La SUISSE mit en relief les préoccupations causées par
le problème de la survente, mit en garde contre la tentation de
compter uniquement sur la responsabilité du vendeur, et souligna de
nouveau son appui en faveur des unités en surplus par rapport plan
prévu. L'UE présenta une option consistant en une combinaison de la
responsabilité partagée et de celle acquise. L'orateur nota sa
préférence pour un système où le dernier à entrer doit être le
premier à sortir, arguant que cela permettait de réduire l'effet
domino et de conférer un certain degré de certitude au système. Le
G-77/CHINE appuya l'option des unités de surplus, et souligna
l'importance du caractère et de la portée, de la "supplementarité"
et de l'approche de précaution. SAMOA déclara que l'accent doit
être placé sur les options préventives dans le texte. La NOUVELLE
ZELANDE encouragea la mise en place d'un système d'échange
intérieur et international intégré. SAMOA nota qu'un tel système
n'était pas mentionné dans l'Article 17 du Protocole (Echange de
Droits d'Emission), et mit en exergue la nécessité d'en débattre
dans le cadre du caractère et portée de l'échange des droits
d'émission.
ARTICLES 5, 7 & 8 DU PROTOCOLE: Le groupe se réunit pour
procéder à l'examen du thème transversal de l'élaboration par les
Parties, des rapports concernant les quantités assignées. Après
l'introduction du projet de texte transmis par le groupe sur les
mécanismes, l'ARABIE SAOUDITE déclara que le G-77/CHINE n'était pas
en mesure de commenter le texte. Le Coprésident Plume répondit que
l'introduction du texte visait simplement à aider le travail sur les
lignes directrices devant encadrer l'Article 7, et non à produire des
décisions sur le texte. Le groupe examina ensuite le chapitre
consacré au transfert et à l'acquisition des unités de réduction
d'émission, des réductions d'émission certifiées, et des unités
de la quantité assignée correspondant au travail effectué dans le
groupe sur les mécanismes. Les d�l�gu�s discut�rent des
calendriers et des modes d'�laboration des rapports. La
repr�sentante des ETATS-UNIS sugg�ra que le Secr�tariat de la CCCC,
en concertation avec les Parties, travaille � la consolidation du
texte discut� et pr�sente une nouvelle version.
TRANSFERT DES TECHNOLOGIES: Les participants poursuivirent l'examen
du cadre pr�liminaire devant r�gir les actions efficaces visant �
am�liorer la mise en �uvre de l'Article 4.5 (transfert des
technologies) de la CCCC, figurant dans le papier officieux. La repr�sentante
des PHILIPPINES, au nom du G-77/ CHINE, fit part de ses r�serves
concernant le fait qu'au bout de cinq ans, on en est encore �
l'�valuation des besoins. L'oratrice rappela sa proposition appelant
� ins�rer un chapitre traitant des actions entreprises pour la mise
en application des engagements pris en
mati�re de transfert des technologies, et sugg�ra de r�examiner la
question de la mise en place du Groupe Consultatif Intergouvernemental
sur la Technologie. La REPUBLIQUE DE COREE, appuy�e par la CHINE,
appela � une clarification des voies et moyens de mise en application
de l'Article 4.5 de la CCCC, et de la responsabilit� et des
conditions de cette mise en application.
Au sujet de la d�termination des besoins, le CANADA proposa
l'adoption d'une approche int�gr�e d�passant les besoins au sens
�troit, aux fins d'am�liorer l'environnement n�cessaire au
transfert des technologies. Le G-77/CHINE se porta volontaire pour
l'�laboration d'un paragraphe concis r�sumant les questions li�es
� la d�termination des besoins.
EFFETS ADVERSES: R�sumant les d�bats men�s autour du texte des
Copr�sidents, le ZIMBABWE, au nom du G-77/CHINE, indiqua que l'accent
plac� sur l'utilisation des communications nationales pour
l'�tablissement des rapports sur les actions entreprises et
l'�valuation de la vuln�rabilit� ne doit pas contraindre les
actions en faveur des pays les plus vuln�rables et les pays les moins
avanc�s qui pourrait ne pas avoir encore compil� ou diffus� ces
informations en raison, entre autres, � l'absence de capacit�s et de
financements. La repr�sentante des ETATS-UNIS indiqua que d'autres
sources d'information �taient acceptables, et souligna que les
actions doivent �tre focalis�es et efficaces. Le G-77/CHINE souligna
que le texte doit refl�ter l'importance de la mise en place d'un
fonds pour le soutien de ces activit�s. Le JAPON, appuy� par les
ETATS-UNIS, rappela que le FEM �tait le v�hicule de ce financement.
Le CANADA, appuy� par la NORVEGE, le ROYAUME-UNI et les ETATS-UNIS,
souligna le besoin de renforcer, dans le texte, les r�f�rences �
l'approche bas�e sur les besoins des pays, aux circonstances
nationales et au d�veloppement durable. Le CANADA sugg�ra de
requ�rir du Secr�tariat de la CCCC, l'organisation d'ateliers sur
les effets adverses et sur les mesures de r�ponse, et de pr�senter
un rapport sur les conclusions, � la CdP-7. Les d�l�gu�s
discut�rent de l'importance d'avoir des syst�mes de r�ponse rapides
aux �v�nements climatiques. L'UE mit en garde contre la cr�ation
d'un fonds s�par� destin� aux catastrophes li�es au climat.
DANS LES COULOIRS
Certains participants ont estim� que les raisons des critiques
formul�es lors de la r�union de mercredi � l'�gard de l'Initiative
du FEM en mati�re de Renforcement des Capacit�s pourraient avoir
pour sources, les pr�occupations concernant son financement et les
implications en terme de soutien aux autres activit�s ayant trait au
climat. Quelques-uns ont indiqu� que le manque de transparence dans
la s�lection des consultants r�gionaux et dans la mani�re dont le
processus a �t� conduit dans certaines r�gions a diminuer la
concentration sur les d�bats de fonds autour de l'�valuation des
r�sultats. Sur un ton plus optimiste, d'autres ont fait remarquer que
les rapports de l'IRC ont au moins permis de r�affirmer les
principaux domaines prioritaires retenus pr�c�demment pour une
action urgente, ajoutant que cela pouvait contribuer � l'�laboration
d'une d�cision claire et focalis�e � la CdP-6.