Les délégués près des réunions officieuses précédant les
SB-13 se sont réunis pour procéder à l'examen des thèmes suivants:
les politiques et mesures (P&Ms); le transfert des technologies;
l'utilisation des sols, les changements intervenus dans l'utilisation
des sols et la foresterie (LULUCF); le renforcement des capacités; le
respect des obligations; l'Article 4.8 et 4.9 de la CCCC et l'Article
3.14 (effets adverses) du Protocole; les mécanismes; et les lignes
directrices devant encadrer les Articles 5 (questions méthodologiques),
7 (communication des informations) et 8 (revue des informations) du
Protocole.
LES REUNIONS OFFICIEUSES
POLITIQUES ET MESURES: Après un aperçu sur les récents
développements intervenus dans le sujet des P&M, le Président
Jose Romero (Suisse) requit des Parties de se focaliser sur
l'élaboration d'une décision pour la CdP-6. L'UE proposa des
objectifs en matière: d'échange d'informations et d'expériences; de
facilitation de la coopération entre les Parties; et de facilitation
de l'évaluation des progrès démontrables. Le CANADA demanda si la
facilitation de la coopération devait être un exercice bilatéral,
trilatéral ou multilatéral. Les ETATS-UNIS et l'AUSTRALIE
déclarèrent que les pays doivent être en mesure de montrer les
progrès réalisés à travers les mesures prises aux plans
institutionnel et juridique en vue de concrétiser les engagements
relevant de l'Article 3.1 du Protocole. Le JAPON suggéra que
l'évaluation s'effectue sur la base des communications nationales. Le
représentant des ILES MARSHALL, au nom de l'AOSIS, souligna la
nécessité pour les Parties visées à l'Annexe I d'entreprendre des
actions domestiques à travers les P&M. Le ZIMBABWE mit en relief
l'impact de ces dernières sur les pays en développement.
Au sujet du libellé appelant à une décision de la CdP-6, l'UE
souligna le besoin d'adopter un "processus continu et structuré"
pour le traitement des questions posées dans le cadre de ses
objectifs proposés. La SUISSE, avec l'AOSIS, appuya l'idée
d'utiliser la proposition avancée par l'UE comme plate-forme pour la
décision de la CdP-6. La TANZANIE souhaita avoir des
éclaircissements quant à la nécessité d'avoir un système
d'information séparé pour les progrès démontrables, et proposa de
fixer des cadres temporels pour les échanges d'informations. Le PEROU
mit en exergue les implications, au plan des coûts, associées aux
meilleures pratiques. Les éléments préliminaires de la décision
seront disponibles, jeudi matin.
TRANSFERT DES TECHNOLOGIES: Les Coprésidents Dean Cooper (Canada)
et Dapo Afolabi (Nigeria) invitèrent le Président du SBSTA, Dovland,
à présenter les résultats, consignés dans un document officieux,
des consultations du Comité des Amis du Président sur la question de
la mise au point et du transfert des technologies, tenues dans le
Colorado, aux Etats-Unis. L'orateur évoqua les cinq thèmes clés
identifiés à la SBSTA-12: les besoins en matière de technologie et
la détermination des besoins, l'information technologique, les
environnements favorables, le renforcement des capacités et les
mécanismes du transfert des technologies. Le délégué des
ETATS-UNIS souligna, entre autres, le rôle du secteur privé et
l'importance des approches globales, partant par le bas. L'ARABIE
SAOUDITE déclara que le transfert des technologies requérait des
fonds adéquats et appela à un engagement financier annuel de la part
des pays donateurs.
Au sujet de la question de savoir qui doit conduire le processus,
l'OUGANDA mit en relief le rôle des gouvernements. Le HONDURAS
encouragea la prise en considération du rôle des organisations
existantes, en particulier, de celles impliquées dans l'enseignement
supérieur. La représentante des PHILIPPINES fit part de ses
réserves concernant le fait de voir les discussions tourner encore
autour de la détermination des besoins et suggéra un renouvellement
des débats en partant de la CdP-1, pour établir un groupe
consultatif intergouvernemental sur la question des technologies, avec
une représentation géographique équitable.
LULUCF: Les participants examinèrent les soumissions faites par
les Parties sur la question des LULUCF, contenues dans le document de
synthèse consolidé élaboré par le Secrétariat. Au sujet de la
définition du terme "forêt," l'UE préféra retenir la
définition adoptée par la FAO, assortie d'une flexibilité limitée
permettant de tenir compte des circonstances nationales. Le JAPON et
le CANADA appuyèrent l'idée d'avoir une certaine souplesse et
indiquèrent que les définitions utilisées doivent être claires et
rapportées de manière transparente. TUVALU appela à une définition
universelle de la forêt, mettant en garde contre trop de souplesse.
Le délégué des ETATS-UNIS offrit un compromis suivant la structure
générale de la définition de la FAO, assorti d'une flexibilité
concernant les principaux paramètres, où les Parties pourront
choisir une valeur à partir d'un éventail de valeurs acceptées.
Au sujet des définitions à retenir pour l'afforestation, la
reforestation et la déforestation (ARD), le JAPON mit en exergue
l'approche, basée sur les activités, adoptée par la FAO, avec le
cycle récolte- régénération inclus dans le cadre de la
reforestation. L'AUSTRALIE mit en relief la distinction qu'elle avait
suggérée entre les termes dégradation et déforestation. Le CANADA
proposa l'insertion des termes "aggradation-degradation"
dans le cadre de l'Article 3.4. Le délégué des ETATS-UNIS déclara
que les définitions retenues dans l'Article 3.3 et 3.4 doivent être
considérées comme un ensemble indivisible.
Au sujet de la comptabilité, l'INDE souligna les difficultés
inhérentes à la différenciation entre les activités anthropiques
directes et indirectes. L'UE appuya l'idée d'élaborer des rapports
sur les gaz à effet de serre autres que le CO2, sans pour autant en
tenir compte dans la comptabilité. L'AUSTRALIE souligna les règles
secondaires proposées pour dépasser les incitations perverses en
matière de déforestation, avant la première période d'engagement.
Le JAPON déclara que les Parties doivent être en mesure de rendre
compte des changements intervenus dans les stocks de carbone, mais
doivent pouvoir décider elles-mêmes du point de savoir quoi y
inclure.
RENFORCEMENT DES CAPACITES: Le Président du SBI, John Ashe,
déclara que l'objectif de la réunion consistait à examiner les
conclusions des évaluations régionales de l'initiative de
développement des capacités (CDI).
Les réunions des groupes régionaux: Après l'introduction des
évaluations régionales de la CDI, des groupes restreints furent
convoqués pour discuter des résultats de ces évaluations.
Le groupe des Petits Etats Insulaires en Développement se pencha
sur les voies et moyens de faire avancer le processus. Les
participants notèrent que l'établissement des activités de la CDI
nécessitait plusieurs années et que des actions intérimaires
pouvaient être entreprises au niveau régional pour le traitement des
besoins immédiats déjà identifiés.
La réunion du groupe Asie-Pacifique discuta de la focalisation du
rapport sur l'impératif: de renforcer les réseaux d'institutions et
d'experts régionaux et nationaux disponibles et offrant une
formation; d'élargir la base de la participation et de l'action; de
prendre en considération le contexte social et culturel particulier
dans le transfert des technologies; et de s'assurer que le
développement des capacités correspond bien au besoin des pays.
Les participants à la réunion du groupe Africain firent part de
leurs réserves concernant le processus d'élaboration des
évaluations régionales, et appelèrent à réserver davantage de
temps à l'examen du rapport. Parmi les questions soulevées, le point
de savoir si le questionnaire était basé sur les lignes directrices
établies par le FEM ou sur les différentes décisions prises par la
CdP, et le point de savoir s'il y a eu une évaluation des coûts des
mesures de réponse.
Le groupe de l'Europe de l'Est et de l'Asie Centrale mit en exergue
l'approche à court terme basée sur les projets et l'approche
systématique à long terme applicables au renforcement des capacités,
ainsi que la diversité régionale.
Les participants aux travaux du groupe Amérique Latine et Caraïbe
souligna le manque de capacités dans le domaine de la négociation,
exacerbé par la rotation rapide du personnel diplomatique, et la
nécessité de ressources financières permettant aux pays de gérer
leurs propres priorités en matière de renforcement des capacités.
Ils mirent également en relief le besoin d'améliorer l'interaction
entre le FEM et les correspondants nationaux.
RESPECT DES OBLIGATIONS: Après lecture du rapport établi par le
Coprésident Dovland sur les consultations officieuses tenues en
Islande du 18 au 20 juillet 2000, les Parties discutèrent de la
structure de l'organe chargé du respect des obligations. L'UE se
déclara en faveur: d'un organe à deux branches; d'un président
doté de larges pouvoirs; de mesures d'application applicables aux
seuls pays visés à l'Annexe I; et de mesures de facilitation
applicables aux obligations incombant à toutes les Parties. L'AFRIQUE
DU SUD, au nom du G-77/CHINE, nota sa préférence pour un organe à
deux branches assujetti à certaines conditions, dont: la branche
chargée de la mise en application des obligations doit être
applicable uniquement aux pays visés à l'Annexe I; la composition
des deux branches doit refléter la répartition géographique; et les
branches en question doivent être dotées de mandats clairs. Avec les
ETATS-UNIS, l'oratrice souligna la nécessité de certitudes et d'un
processus adéquat, et avec la FEDERATION DE RUSSIE, elle s'opposa à
la proposition de l'UE appelant à un Président doté de larges
pouvoirs. Le délégué des ETATS-UNIS accepta la structure proposée
d'un organe à deux branches et souligna l'intérêt porté par son
pays plutôt aux engagements qu'aux Parties. Le BRESIL nota que cela
pouvait coexister avec une déclaration claire stipulant que les
Parties non visées à l'Annexe I n'avaient pas d'engagements. La
FEDERATION DE RUSSIE et le JAPON, contrés par SAMOA, préférèrent
des fonctions "consécutives" plutôt que "parallèles",
avec le stade de facilitation précédant celui de la mise en
application.
L'UE proposa que l'organe chargé du respect des obligations
comprenne une équipe technique pour la facilitation et d'une équipe
juridique pour la mise en application. Le JAPON, la FEDERATION DE
RUSSIE, le BRESIL et la SUISSE firent objection à une telle division.
La SUISSE proposa un organe unique chargé des deux fonctions mais
assorti d'un groupe de couverture chargé de déterminer la procédure
à suivre dans chaque cas. L'ARABIE SAOUDITE suggéra qu'un processus
consultatif multilatéral modifié serve d'organe de facilitation dans
cette structure.
EFFETS ADVERSES: Le Coprésident Bo Kjellén (Suède) introduisit
le texte des Coprésidents destiné à servir de plate-forme pour le
texte de négociation de la CdP-6. Le ZIMBABWE, au nom du G-77/CHINE,
appela à deux projets de décisions, l'un, portant sur l'Article 4.8
et 4.9 de la CCCC, l'autre, portant sur l'Article 3.14 du Protocole.
L'UE, avec les ETATS-UNIS, préféra la prise d'une seule décision
pour les deux. Au sujet du texte des Coprésidents, l'UE suggéra de
déplacer le chapitre consacré à l'Article 3.14 du protocole, pour
l'intégrer dans ceux consacrés aux effets adverses et à l'impact
des mesures de réponse.
L'OUGANDA, la GAMBIE, le NEPAL, le BURKINA FASO, les ETATS-UNIS et
d'autres Etats déclarèrent que les besoins et les préoccupations
des pays les moins avancés doivent être clairement articulés dans
le texte et dans les décisions. Le Coprésident Kjell�n nota le
soutien des participants � l'id�e d'utiliser le texte des
Copr�sidents comme plate-forme pour les n�gociations.
LES ARTICLES 5, 7 & 8 DU PROTOCOLE: Les participants
examin�rent les �l�ments des lignes directrices pr�liminaires
devant encadrer l'Article 7. L'ARABIE SAOUDITE souligna que le
G-77/CHINE avait besoin davantage de temps pour l'�tude de ces lignes
directrices. Les Parties s'accord�rent sur une proposition de l'UE
appelant � ajouter des intitul�s s�par�s pour la soumission de
rapports concernant les informations compl�mentaires relevant de
l'Article 7.1 et 7.2. Au sujet de l'�tablissement des rapports
relatifs � l'information relevant de l'Article 7.1, les d�l�gu�s
plac�rent entre crochets le libell� portant sur les cadres temporels
des rapports. La NOUVELLE ZELANDE attira l'attention sur les
�l�ments � caract�re transversal, int�ressant les lignes
directrices et les travaux en cours dans le groupe sur la question des
LULUCF. Le Copr�sident Plume, appuy� par l'AUSTRALIE, nota la
n�cessit� d'avancer au niveau des �l�ments, sans porter pr�judice
aux travaux men�s dans d'autres groupes. Soulignant l'importance du
travail qui reste � accomplir sur les Articles 5, 7, et 8, le
Copr�sident Plume sugg�ra de cr�er un groupe restreint pour faire
avancer le travail sur les lignes directrices relevant de l'Article 8.
Les d�l�gu�s accept�rent de travailler sur la deuxi�me partie des
lignes directrices uniquement et de pr�senter les r�sultats au
groupe �largi, le vendredi.
LES MECANISMES: Le Pr�sident Chow pr�senta les th�mes
institutionnels ayant trait au MDP. Il d�crivit, entre autres: les
responsabilit�s et les pr�rogatives de la CdP/RdP et du Comit�
Ex�cutif (CE), telles qu'�tablies dans l'Article 12 (MDP) du
Protocole; les t�ches et les fonctions du CE relatives �
l'accr�ditation des entit�s op�rationnelles, � l'enregistrement
des projets, au manuel de r�f�rence et � l'�mission des CER; les
t�ches et les fonctions de la CdP/RdP; et le r�glement int�rieur du
CE. Au sujet du r�le de la CdP/RdP, l'AFRIQUE DU SUD, appuy� par
SAMOA, identifia un chevauchement dans les fonctions assign�es � la
CdP/RdP, au CE et � l'organe charg� du respect des obligations.
L'oratrice mit en garde contre la cr�ation d'une situation risquant
d'ouvrir des br�ches. L'INDE fit remarquer que dans l'expos� du
Pr�sident "le CE � gagner en importance et la CdP/RdP et les
Entit�s Op�rationnelles en ont perdu." Le d�l�gu� sugg�ra
de reconsid�rer l'�quilibre et d'�tablir clairement les liens.
SAMOA, appuy� par l'UE, rappela aux Parties l'accord conclu � Kyoto
selon lequel la CdP/RdP ne doit pas traiter des pr�occupations
routini�res du MDP. Avec les ETATS-UNIS, l'oratrice souligna la
n�cessit� d'une expertise technique au sein du CE. L'UE envisageait
une vari�t� de fonctions pour le CE, dont: l'�mission des CER;
l'enregistrement des projets; et le traitement des questions relatives
� l'accr�ditation des Entit�s Op�rationnelles. La REPUBLIQUE DE
COREE d�clara que sans id�e claire de la nature du MDP et du nombre
de projets attendus, il sera impossible d'�laborer sur la question du
CE. La NORVEGE r�pondit que c'est la structure du MDP qui influera
sur le volume des projets. La CHINE, appuy�e par le JAPON et
l'AUSTRALIE, d�clara que les Parties, et non le CE, pourraient fixer
les crit�res permettant de d�terminer la contribution au
d�veloppement durable.
DANS LES COULOIRS
Certains participants ont fait part de leurs r�serves concernant
le manque d'empressement apparent � r�aliser des progr�s
significatifs sur la question des Articles 5, 7 et 8. Compte tenu de
l'importance du panier de travail qui attend le groupe, les
observateurs ont mis en garde qu'une avanc�e insuffisante sur les
libell�s qui restent � r�soudre risque de donner lieu, plus tard,
� quelques probl�mes.