La semaine de réunions informelles précédant les treizièmes
sessions officielles des Organes Subsidiaires (SB-13) de la
Convention-Cadre sur les Changements Climatiques (CCCC) a commencé ce
lundi 4 septembre, par une séance d'information initiale donnée par
les Présidents des organes subsidiaires et le Secrétaire Exécutif
de la CCCC. Suite à quoi, des réunions informelles ont été
convoquées pour l'examen des lignes directrices relevant des Articles
5 (questions méthodologiques), 7 (communication des informations) et
8 (revue des informations) du Protocole; des mécanismes du protocole
de Kyoto; et de l'utilisation des sols, changements intervenus dans
l'utilisation des sols et foresterie (LULUCF).
Ces réunions informelles qui s'étaleront du 4 au 9 septembre à
Lyon, en France, précèderont immédiatement les SB-13, lesquelles se
tiendront du 11 au 15 septembre. Les délégués près des SB-13 et
des réunions informelles viseront la concrétisation du Plan d'Action
de Buenos Aires (PABA) adopté à la Quatrième Conférence des
Parties en novembre 1998. A rappeler que dans le cadre du PABA, les
délégués avaient établi une date butoir fixée à deux années
plus tard, pour le renforcement de la mise en application de la CCCC
et la préparation de la future entrée en vigueur du Protocole de
Kyoto. La Sixième Conférence des Parties (CdP-6), prévue du 13 au
24 novembre 2000, à La Haye, aux Pays-Bas, viendra marquer le point
culminant de ce processus de deux ans.
Les SB-13 viseront à réaliser des avancées dans les
négociations couvrant un éventail de sujets nécessaires à l'accord
global devant être conclu à la CdP-6, dont ceux des mécanismes du
Protocole; de la mise en application de l'Article 4.8 et 4.9 de la
CCCC et des questions ayant trait à l'Article 3.14 du Protocole de
Kyoto (effets adverses); de la conformité aux obligations du
Protocole; des meilleures pratiques en matière de politiques et
mesures (P&M) adoptées par les Parties visées à l'Annexe I de
la CCCC; des LULUCF; des lignes directrices relevant des Articles 5, 7
et 8 du Protocole; et de la mise au point et du transfert des
technologies.
LE BRIEFING INITIAL
Harald Dovland (Norvège), Président de l'Organe Subsidiaires des
Avis Scientifiques et Technologiques, souhaita la bienvenue aux
participants. Notant que 10 semaines seulement nous séparaient de la
CdP-6, l'orateur indiqua que les réunions de la semaine en cours
doivent avoir pour objectif la réalisation de progrès significatifs
sur toutes les questions. Il fit observer que des réunions et des
consultations officieuses avaient été tenues depuis les SB-12 sur
nombre de questions clés, dont celles concernant: les effets adverses,
le transfert des technologies, les mécanismes, le respect des
obligations, et les LULUCF. Par ailleurs, des soumissions ont été
reçues d'un certain nombre de Parties, concernant les LULUCF, le
renforcement des capacités et les lignes directrices relevant des
Articles 5, 7 et 8 du Protocole. Il précisa que ces consultations et
ces soumissions ont permis le développement du texte de négociation.
Le Secrétaire Exécutif de la CCCC, Michael Zammit Cutajar,
remercia le gouvernement français et la ville de Lyon de l'accueil
des SB-13. Il fit part ensuite de son regret quant à la disparition
de deux éminentes figures des négociations sur les changements
climatiques: Le français, Jean Ripert, qui avait présidé le Comité
de Négociation Intergouvernemental qui a abouti à l'adoption de la
CCCC en 1992; et Shukong Zhong, Conseiller Spécial pour les Questions
Environnementales au ministère chinois des affaires étrangères. Le
NIGERIA, au nom du G-77/CHINE, fit part des condoléances du groupe.
S'agissant des questions logistiques, l'orateur exprima des réserves
concernant le retard accusé dans la mise à disposition et dans la
distribution des documents et qui a affecté les préparatifs des pays
en développement et leur participation. Il déclara que tous les
documents officiels de la CdP-6 doivent être mis à disposition bien
avant la réunion. Il nota que l'absence d'interprétariat était de
nature à défavoriser les représentants des pays non anglophones et
souligna la nécessité de parvenir à un paquet équilibré d'accords,
reflétant bien les priorités de l'ensemble des Parties en présence.
LES REUNIONS INFORMELLES
LES MECANISMES: Le Président Kok Kee Chow (Malaisie)
introduisit le texte consolidé sur les principes, modalités, règles
et lignes directrices devant encadrer les Mécanismes. L'INDE, au nom
du G-77/CHINE, appela à des progrès sur les éléments autres que le
PABA, mit en exergue la nécessité de rester en conformité avec
l'insistance de la CCCC sur les questions d'équité et de
responsabilités communes mais différenciées, et souligna les
questions ayant trait à la nature et à la portée des mécanismes et
celle du caractère supplémentaire.
Le Secrétariat présenta un exposé sur le Manuel de Référence
du MDP proposé et sur l'accréditation. L'orateur suggéra que le
Manuel comprenne des chapitres précisant les méthodologies de base,
le monitoring, le document de la conception du projet, les exigences
de l'organe chargé des accréditations et celles de l'Entité
Opérationnelle. Il indiqua que les Entités Opérationnelles pouvait
faire usage du Manuel pour comprendre, entre autres, les critères et
le processus des accréditations; les procédures de validation, de
vérification et de certification; et les méthodologies approuvées
pour la validation/enregistrement des activités des projets. Au sujet
des accréditations, il décrivit les options offertes pour les
arrangements institutionnels, notamment, un organe mondial unique
chargé des accréditations, une fédération/association d'organes
d'accréditation, et des accords de reconnaissance mutuels/multilatéraux.
Il identifia les questions à considérer, telles que celles de
l'utilisation des structures d'accréditation disponibles, du
financement des organes et des processus d'accréditation, et des
processus d'appel pour les Entités Opérationnelles désignées.
Le BRESIL, avec la COLOMBIE, l'AFRIQUE DU SUD, la CHINE et le MAROC,
déclara que les décisions concernant les lignes de base doivent
être prises par un organe désigné à des fins politiques, par
exemple, un Comité Exécutif. L'ARABIE SAOUDITE mit en relief le
caractère politique des décisions ayant trait au MDP, encouragea la
prise des décisions concernant les lignes de base, par la CdP/RdP, et
fit part de ses réserves quant à la nécessité du Manuel de
Référence. La COLOMBIE nota la tendance éventuelle à exagérer les
lignes de base et encouragea la prévision d'une disposition
permettant la "dé-certification" des Entités
Opérationnelles. La CHINE, avec les ETATS-UNIS, exprima sa
préférence pour l'option consistant à avoir un organe
d'accréditation mondial unique.
La REPUBLIQUE DE COREE mit en relief la question "d'additionalité"
et s'interrogea sur le point de savoir si le Manuel sera une
compilation des décisions de la CdP/RdP et du Comité Exécutif ou
s'il comportera des avis techniques. Le délégué des ETATS-UNIS
appuya l'idée de voir le Manuel servir de dépôt des décisions. La
FRANCE, au nom de l'UE, souhaita le voir revêtir plutôt un
caractère technique. Le délégué des ETATS-UNIS déclara qu'il
était d'avis que les décisions concernant les lignes de base et les
questions en rapport doivent être prises avec l'approbation du
Comité ou d'un groupe d'expert désigné relevant de ses
prérogatives.
L'ARABIE SAOUDITE et la NORVEGE mirent en garde contre tout retard
dans la prise des décisions nécessaires au MDP. L'UE suggéra que le
rôle du Comité doit se limiter à l'accréditation et à la
vérification aléatoire des Entités Opérationnelles.
Le MAROC mit en exergue l'interaction entre les trois mécanismes.
L'INDE souhaita avoir des éclaircissements quant à la nature du
Certificat de Réduction des Emissions. La représentante des
PHILIPPINES fit part de ses réserves concernant la conclusion d'un
accord sur la forme du Manuel de Référence avant de l'entente sur le
fond. L'oratrice souhaita avoir des éclaircissements sur la
certification des activités des projets et des réductions
d'émissions. La MAURITANIE demanda des explications sur les rôles du
pays hôte et de l'Entité Opérationnelles, et souligna la
nécessité pour le pays hôte de jouer un "rôle conducteur"
dans le processus.
Au cours d'une nouvelle séance consacrée aux mécanismes,
l'INTERNATIONAL STANDARDS ORGANISATION, l'INTERNATIONAL ACCREDITATION
FORUM et la DET NORSKE VERITAS soulignèrent leurs points de vue sur
les questions d'accréditation et déclaration de conformité. Les
représentants des ONG mirent en relief l'impératif d'inclure la
participation du public dans le MDP et l'Exécution Conjointe, et de
promouvoir, pour le MDP, une "liste positive" de
technologies non-litigieuses, crédibles et basées sur l'énergie
renouvelable. Les représentants du monde des Affaires soulignèrent,
entre autres, le besoin d'avoir des mécanismes non bureaucratiques,
et la nécessité de traduire les objectifs environnementaux en
critère pour l'industrie.
LES LIGNES DIRECTRICES RELEVANT DES ARTICLES 5, 7 & 8 DU
PROTOCOLE: Les Coprésidents Helen Plume (Nouvelle Zélande) et Festus
Luboyera (Afrique du Sud) donnèrent un aperçu sur le travail
effectué par le groupe, qui inclut: l'élaboration des lignes
directrices devant encadrer les Articles 7 et 8, les lignes
directrices relevant de l'Article 5.2 (ajustements) et quatre projets
de décisions en rapport. Ils mirent en exergue l'impératif de se
focaliser sur les choses pouvant être réalisées avant la CdP-6,
notant que certaines questions seront élaborées à un stade
ultérieur, compte tenu du fait qu'elles dépendent des résultats
d'autres groupes. Il en va ainsi pour les LULUCF, les effets adverses
et des mécanismes. Le délégué des ETATS-UNIS suggéra de commencer
par les lignes directrices relatives à l'Article 7, car cela
permettra de faire avancer également celles devant encadrer l'Article
8. L'UE et les ETATS-UNIS s'accordèrent sur l'élaboration d'un texte
commun pour l'Article 5.2, qui servira de plate-forme pour la
négociation.
Les participants devaient entamer ensuite l'examen des lignes
directrices préliminaires devant encadrer l'Article 8. L'UE déclara
que l'Equipe d'Expert chargée de la Revue (EER) doit utiliser des
informations pertinentes pour plutôt "corroborer" que
"vérifier" les données fournies par les Parties visées à
l'Annexe I. Un certain nombre de participants préférèrent remplacer
le terme "shall" par "may" dans les références
portant sur les tâches devant être accomplies par l'EER.
Au sujet des paragraphes traitant de la confidentialité et de la
mise à disposition de données additionnelles, le délégué des
ETATS-UNIS, proposa de déplacer les deux paragraphes vers le chapitre
consacré à la revue des inventaires où ils seraient plus pertinents.
L'UE déclara que les deux paragraphes ont un rapport avec les autres
lignes directrices et souhaita leur insertion dans un chapitre d'ordre
général. L'ARABIE SAOUDITE, au nom du G-77/ CHINE, déclara que les
paragraphes étaient applicables à tous les éléments intervenant
dans l'élaboration des rapports et qu'ils devaient par conséquent
être retenus.
L'UE proposa que l'élaboration des données confidentielles
englobe "l'information confidentielle industrielle ou militaire"
comme mentionné dans les paragraphes similaires du Protocole de
Montréal. L'AUSTRALIE, avec la NOUVELLE ZELANDE, déclara que le
libellé du Protocole de Montréal n'était sans doute pas approprié
et préféra se référer à la sécurité nationale. Le NIGERIA
demanda si une information confidentielle devait �tre communiqu�e,
affirmant que cela n'�tait pas �vident dans les lignes directrices.
Le d�l�gu� des ETATS-UNIS indiqua que cette question sera trait�e
dans le contexte des inventaires et appela � des proc�dures
pr�cisant la mani�re dont l'EER traitera des donn�es
confidentielles.
Au sujet des d�lais, le d�l�gu� des ETATS-UNIS d�clara qu'il
ne doit pas y avoir de dates butoirs souhait�es mais des dates fixes
et fermes. L'UE proposa de se r�f�rer aux cycles de revue, notant
que des �valuations d'ordre sp�cifiques sont pr�vues, lesquelles
n�cessitent, toutes, une d�finition du cadre temporel. La SUISSE
sugg�ra de d�finir la p�riode de temps n�cessaire � l'�valuation
de la conformit� d'une Partie donn�e.
UTILISATION DES SOLS, CHANGEMENTS INTERVENUS DANS L'UTILISATION DES
SOLS ET FORESTERIE: Le Copr�sident Halldor Thorgeirsson (Islande)
r�suma les conclusions de l'atelier tenu � Poznan, en Pologne, en
juillet, avant la date limite des soumissions des Parties concernant
les LULUCF, fix�e au 1er ao�t. L'orateur donna un aper�u
sur le programme de travail des consultations officieuses et affirma
s'attendre � les voir aboutir � un texte de n�gociation. Il demanda
aux d�l�gu�s de: fournir des �claircissements sur leurs
soumissions; mettre en relief leurs priorit�s; et indiquer les
opportunit�s offertes pour la rationalisation des id�es. Le BRESIL,
au nom du G-77/CHINE, signala qu'il ne sera pas pr�t � discuter des
questions ayant trait aux LULUCF avant mercredi. Le d�l�gu� affirma
que les consultations �taient en train de d�border les questions
m�thodologiques assign�es, et que le projet de r�solution ne
pouvait �tre atteint sur la base des soumissions parvenues. TUVALU
souligna la n�cessit� d'examiner les donn�es contenues dans les
soumissions du 1er ao�t, plut�t que de se focaliser
uniquement sur la synth�se des propositions textuelles.
L'AUSTRALIE, avec les ETATS-UNIS, appuya l'id�e de travailler pour
l'�laboration d'un projet de d�cision. Le Copr�sident Thorgeirsson
introduisit la synth�se consolid�e des propositions faites par les
Parties au sujet des questions m�thodologiques ayant rapport avec les
LULUCF et qui renferment des mat�riaux concernant: des propositions
de d�finitions et des approches de comptabilit� ayant trait �
l'afforestation, reforestation et d�forestation dans le cadre de
l'Article 3.3; la d�termination et la mani�re d'inclure des
activit�s additionnelles induites par l'homme, dans le cadre de
l'Article 3.4, y compris les modalit�s, r�gles et lignes directrices
devant encadrer ces activit�s et leur comptabilit�; les
m�thodologies � adopter dans la mesure et l'�laboration des
rapports concernant les activit�s relevant de l'Article 3.3 et 3.4;
les approches de comptabilit� g�n�rale ayant trait aux exigences de
l'Article 3.3, 3.4 et 3.7; la r�versibilit�, les effets naturels et
les interconnexions en mati�re de comptabilit�; et les questions
diverses. L'orateur expliqua que les propositions n'ont pas �t�
combin�es mais simplement organis�es sous des intitul�s descriptifs.
DANS LES COULOIRS
A l'issue de cette journ�e d'ouverture des travaux, un certain
nombre d'observateurs sugg�r�rent que les d�l�gu�s ont pris un
d�part sinon � pas mesur�s du moins � un rythme confortable,
reprenant les travaux l� o� ils les avaient laiss�s � la fin des
SB-12 et des consultations qui les suivirent. Plusieurs d�l�gu�s
devaient faire part de certaines inqui�tudes concernant ce manque
apparent d'entrain, compte tenu du fait que l'imminence du rendez-vous
de la CdP-6. La forte position adopt�e par le G-77/Chine au sujet des
consid�rations logistiques qui pourraient bien avoir des
r�percussions sur la participation des pays en d�veloppement amena
certains � se poser la question de savoir ce qui pouvait �tre
raisonnablement r�alis� d'ici la CdP-6.