Journée d'ouverture des douzièmes sessions des organes
subsidiaires de la CCCC (SB-12), les délégués se sont réunis, le
matin, dans le L'Organe Subsidiaire de Conseil Scientifique et
Technologique (SBSTA) pour débattre du thème de l'utilisation des
sols, des changements intervenus dans l'utilisation des sols et de la
foresterie (LULUCF) et des lignes directrices devant encadrer les
Articles 5 (questions méthodologiques), 7 (communication des
informations) et 8 (revue des informations) du Protocole. L'Organe
Subsidiaire de Mise en Œuvre (SBI) s'est, pour sa part, penché sur
les communications des pays visés et des pays non visés à l'Annexe
I, le mécanisme de financement, et les questions administratives et
financières. L'après-midi, une session conjointe SBI/SBSTA devait
plancher sur les questions ayant trait aux effets adverses, à la
conformité aux obligations et aux mécanismes. Des groupes de contact
ont été convoqués pour la poursuite de l'examen de LULUCF, des
effets adverses, des Articles 5, 7 et 8 du Protocole et des
mécanismes.
LE SBSTA
LULUCF: Le Président du GIEC, Robert Watson, donna un aperçu
des principales questions retenues dans le Rapport Spécial du GIEC
sur LULUCF. Le Coprésident Gwage nota la fonction de renforcement des
capacités des réunions officieuses pré-session, par rapport au
Rapport Spécial sur LULUCF ainsi que les progrès accomplis dans la
question du format des données devant figurer dans les soumissions
dues le 1er août.
Plusieurs délégués appelèrent à un délai suffisant pour
l'examen du Rapport Spécial. Le G-77/CHINE fit part de ses réserves
concernant le risque de voir la notion de "puits de fixation du
carbone" donner lieu dans les pays visés à l'Annexe I, à un
droit d'émission, et appela à l'adoption d'approches de calcul
appropriées en la matière. La COLOMBIE, contrée par SAMOA, appuya
l'idée d'un traitement égal de la foresterie dans le MDP. Le GROUPE
AFRICAIN mit l'accent sur les liens entre la dégradation des sols et
les taux de fixation du carbone.
L'AUSTRALIE et le CANADA suggérèrent la suppression des Articles
3.3 (afforestation, reforestation et déforestation) et 3.4 (activités
additionnelles) en tant qu'ensemble indivisible. La SUISSE préféra
voir une priorité accordée à l'Article 3.3, alors que l'UE mit en
relief la réduction des émissions comme étant la considération
première, dans l'examen de l'Article 3.4.
LES ORIENTATIONS EN MATIERE DE BONNES PRATIQUES ET LA GESTION
DES INCERTITUDES DANS LES INVENTAIRES NATIONAUX DES GAZ A EFFET DE
SERRE: Taka Hiraishi, du GIEC, déclara que le Rapport du GIEC sur
ce thème constituait un instrument additionnel important pour
l'amélioration des estimations des inventaires nationaux. L'UE
encouragea l'adoption, à la CdP-6, des orientations en matière de
bonnes pratiques, comme partie intégrante des rapports sur les
inventaires. Le GHANA appela à la tenue d'Ateliers régionaux pour
améliorer la compréhension du rapport du GIEC dans les pays en
développement.
LES ARTICLES 5, 7 & 8: Le Coprésident Paciornik
présenta un rapport sur les réunions officieuses pré-session et sur
leurs conclusions. Les ETATS-UNIS et le JAPON recommandèrent
l'adoption de lignes directrices pour les systèmes nationaux, à la
CdP-6. L'UE indiqua que certains points dans les Articles 5, 7 et 8 ne
pourront être complétés qu'après la CdP-6, car les décisions qui
y seront prises sur un certain nombre d'autres questions doivent être
prises en considération. Le G-77/CHINE déclara que les travaux sur
les Articles 5, 7 et 8 doivent prendre en ligne de compte d'autres
articles du Protocole, notamment, ceux portant sur les progrès
démontrables, le mécanisme de financement et les effets adverses. Au
sujet des liens avec les mécanismes, le JAPON proposa que les Parties
doivent être en mesure d'utiliser les mécanismes jusqu'à ce que la
non-conformité aux Articles 5 et /ou 7 soit prouvée.
LE SBI
LES COMMUNICATIONS DES PAYS VISES A L'ANNEXE I: Les délégués
procédèrent à l'examen des expériences vécues au cours de
l'évaluation des secondes communications nationales. La SUISSE, avec
la FEDERATION DE RUSSIE, souligna l'importance de la formation des
experts chargés de l'évaluation, et proposa la tenue d'un atelier
consacré à l'échange d'informations concernant les préparatifs des
troisièmes communications nationales. L'UE déclara s'attendre à une
décision sur l'Article 7.2 (communications nationales) du Protocole,
à la CdP-6, et à une décision sur l'Article 8 (revue des
informations), à la CdP-7. Les ETATS-UNIS et le CANADA suggérèrent
le report de l'examen de l'évaluation des lignes directrices devant
encadrer les communications nationales, aux SB-14.
LES COMMUNICATIONS DES PAYS NON VISES A L'ANNEXE I: Le SBI
entendit lecture du premier rapport du Groupe d'Experts Consultatif (GEC)
qui avait été établi pour aider les Parties non visées à l'Annexe
I à améliorer leurs communications nationales. Le Président du GEC,
José Gonzalez Miguez (Brésil), déclara que le GEC, à sa première
réunion, s'est mis d'accord sur un programme de réunions et
d'activités et a élaboré un budget indicatif. L'UE, contrée par le
BRESIL, la REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE et le KENYA, suggéra que les
conclusions du GEC soient présentées en juin 2001 pour contribuer à
la revue des lignes directrices, de manière à permettre l'adoption,
à la CdP-7, de lignes directrices améliorées pour les secondes
communications nationales. Le délégué des ETATS-UNIS encouragea le
GEC à fournir un avis précis sur les lignes directrices et à
présenter un rapport sur ce sujet aux SB-14.
LE MECANISME DE FINANCEMENT: Plusieurs Parties soulignèrent
l'importance du soutien du FEM en faveur des préparatifs des
communications nationales des pays non visés à l'Annexe I et firent
part de leurs appréciations concernant l'Initiative du FEM en
matière de Renforcement des Capacités (IRC). Le CANADA appuya
l'idée d'adopter une approche exhaustive dans la détermination des
besoins en matière de renforcement des capacités. L'UE déclara que
l'IRC devrait servir de plate-forme pour l'élaboration du cadre
devant régir le renforcement des capacités, parallèlement aux
communications nationales. Le G-77/ CHINE souligna la nécessité de
rattacher IRC au processus général relevant de la décision 10/CP.5
(renforcement des capacités dans les pays en développement) pour
éviter le double emploi. Le GIEC présenta les grandes lignes de la
proposition du FEM intitulée "Evaluation des Effets des, et
Mesures d'Adaptation aux Changements Climatiques dans les Multiples
Régions et Secteurs, en Coordination avec le GIEC."
LES QUESTIONS ADMINISTRATIVES & FINANCIERES: Le
Secrétaire Exécutif de la CCCC, Michael Zammit Cutajar, présenta un
document sur les retards de paiement des contributions. Il suggéra
l'examen de l'option selon laquelle les Parties ayant accumulé des
arriérés d'une année ou plus deviennent inéligibles, entre autres:
à accueillir une session de la CdP ou de ses organes subsidiaires; à
être invitées à, ou à recevoir un financement pour, prendre part
aux sessions officieuses; ou à se voir octroyer un statut de membre
du Bureau de la CdP ou de ses organes subsidiaires. Plusieurs Parties
soulignèrent la nécessité d'explorer davantage les options
présentées par le Secrétaire Exécutif. Des consultations
officieuses seront tenues sur cette question.
LA REUNION CONJOINTE SBI/SBSTA
Le Président du SBSTA, Dovland (Norvège) ouvrit la réunion et
appela les délégués à élaborer des libellés sur autant de
thèmes que possible, conformément au Plan d'Action de Buenos Aires.
Le G-77/ CHINE souligna la nécessité de négocier les questions en
tant qu'ensemble indivisible et déclara que le résultat doit
consister en un ensemble équilibré de décisions. Il appela les
Parties visées à l'Annexe II à engager des ressources financières
destinées à la couverture du transfert des technologies et du
renforcement des capacités, d'ici la CdP-6.
LES EFFETS ADVERSES: Le Président Dovland présenta un
rapport sur les ateliers et réunions officieuses tenus récemment
autour de l'Article 4.8 et 4.9 de la CCCC et de l'Article 3.14 (effets
adverses) du Protocole. Le G-77/CHINE, avec d'autres Parties non
visées à l'Annexe I, plaida pour l'adoption de deux projets de
décisions: l'un sur l'Article 4.8 et 4.9 et l'autre sur l'Article
3.14. L'UE, l'AUSTRALIE, le JAPON, les ETATS-UNIS et la SUISSE
préférèrent une décision unique. L'AUSTRALIE, avec le JAPON et
d'autres délégations, déclara que le texte consolidé ne formait
pas une plate-forme appropriée pour la discussion du groupe de
contact, et proposa le réexamen de la compilation des points de vue
des Parties.
LA CONFORMITE AUX OBLIGATIONS: Le Coprésident du Groupe de
Travail Conjoint sur la Conformité aux Obligations (GTC), Slade,
présenta un rapport sur l'atelier tenu du 1er au 3 mars
2000 et les réunions officieuses qui ont précédé les SB-12. Il
déclara que ces derniers, avec les soumissions faites par les
Parties, formaient la plate-forme du texte de négociation pour les
SB-12.
LES MECANISMES: Le Président Chow présenta un rapport sur
les progrès réalisés au cours de la période intersessions et
introduisit les documents pertinents, notamment, le projet de texte
consolidé concernant les mécanismes. Un certain nombre de
délégués déclarèrent que le nouveau texte consolidé formait une
base utile ou un point de référence à partir duquel on peut
procéder. Le G-77/CHINE mit en relief la nécessité d'inclure
plutôt que d'exclure les points de vue, et de déterminer la nature
de ce processus et des termes de référence du groupe of contact sur
les mécanismes, d'ici la CdP-6.
La COLOMBIE déclara que le MDP doit: s'assurer de compléments
suffisants; fournir un traitement égal aux trois mécanismes;
reconnaître le modèle unilatéral de la formulation des projets; et
se focaliser sur le classement prioritaire des aspects du MDP ayant
trait au développement durable du MDP. La ROUMANIE, parlant au Groupe
des Pays de l'Europe de l'Est, et appuyée par les ETATS-UNIS,
déclara que la mise en œuvre conjointe (JI) et le MDP avaient des rôles
distincts et qu'ils ne devaient être traités de la même manière.
L'AUSTRALIE mit en garde contre le risque de surcharger ces deux
mécanismes, de coûts de transaction. Le CHILI appuya l'idée
d'intégrer les puits d'absorption du carbone dans le MDP.
LES GROUPES DE CONTACT
LULUCF: Les délégués examinèrent la note des Coprésidents
concernant le projet de conclusions du SBSTA-12 ayant trait aux
critères et aux principes directeurs devant régir la détermination
et la sélection des activités complémentaires relevant de l'Article
3.4. L'UE appela à l'insertion de nouveaux critères et principes
directeurs mettant l'accent sur la réduction des émissions.
L'AUSTRALIE désapprouva et mit en exergue l'importance de se garder
de donner une prescription, et de permettre la prise en considération
des circonstances nationales. TUVALU et le G-77/ CHINE proposèrent la
suppression de la référence au développement durable et des accords
environnementaux multilatéraux. Certaines Parties suggérèrent de se
référer à des articles spécifiques, mais acceptèrent finalement
une référence générale à la CCCC et au Protocole.
LES EFFETS ADVERSES: Le Coprésident Kjellén indiqua que
l'objectif du groupe de contact consistait à élaborer une
proposition de texte de négociation, pour considération à la
SBSTA-13. Au sujet des questions de procédure, les délégués
divergèrent sur le point de savoir s'il fallait élaborer un ou deux
projets de décisions. L'ARABIE SAOUDITE et plusieurs autres pays en
d�veloppement, contr�s par l'AUSTRALIE et le JAPON, appuy�rent la
poursuite des travaux sur la base du texte consolid� des
Copr�sidents. La SUISSE d�clara qu'il �tait pr�matur� de prendre
une d�cision sur des actions � long terme sans travail de recherche,
sans donn�es et sans une �valuation compl�te des options, et
affirma que ce processus �tait un peu trop rapide. Plusieurs Parties
non vis�es � l'Annexe I firent part de leurs r�serves concernant le
risque de voir une telle position entraver la progression, et le
KOWEIT nota que cela pouvait aboutir au blocage de l'ensemble des
sujets. Le NIGERIA d�clara qu'il y avait suffisamment de donn�es
disponibles pour l'entreprise d'une action et ce, en d�pit des
lacunes. Le Copr�sident Kjell�n d�clara que le groupe devait
poursuivre ses discussions sur la base du texte consolid� pour aller
encore de l'avant.
LES MECANISMES: Le Pr�sident Chow introduisit le Projet de
texte consolid� concernant les m�canismes. L'ARABIE SAOUDITE requit
l'ajournement de la r�union, notant la position obstructive de
certaines Parties vis�es � l'Annexe I dans le groupe de contact sur
les effets adverses, et rappelant l'accord conclu le 9 juin,
d'utiliser les textes consolid�s concernant les effets adverses et
les m�canismes comme plate-forme de n�gociation. La SUISSE, appuy�e
par SAMOA, le CANADA et le JAPON, et contr�e par le BRESIL et le
KOWEIT, requit la poursuite du d�bat sur le texte consolid�. Les
d�l�gu�s reprirent leurs d�lib�rations et recommand�rent, entre
autres: l'�laboration d'un texte plus concis; l'�laboration de la
nature et du champ d'action des m�canismes; la mise en place d'un
syst�me participatif transparent, engageant le secteur priv�; et la
clart� dans le traitement des quantit�s relevant de chacun des
m�canismes.
LES ARTICLES 5, 7 & 8: Ce groupe de contact parvint �
un accord sur le second projet des Lignes Directrices devant Encadrer
les Syst�mes Nationaux relevant de l'Article 5.1 du Protocole. Le
Secr�tariat introduisit le projet de Conclusions de la SBSTA-12
concernant les Orientations en mati�re de Bonnes Pratiques et la
Gestion des Incertitudes dans les Inventaires Nationaux de GES. Lors
de l'examen des projet de Conclusions des Pr�sidents concernant les
Lignes Directrices ayant trait aux Articles 5, 7 et 8 du Protocole,
les d�l�gu�s discut�rent, entre autres, des dates limites pour la
mise en �uvre volontaire des lignes directrices devant encadrer les
syst�mes nationaux et de la possibilit� de leur r�vision sur la
base de l'exp�rience des Parties.
LA MISE AU POINT ET LE TRANSFERT DES TECHNOLOGIES: Le
comit� des Amis du Pr�sident proc�da � un �change de points de
vue sur les th�mes d'action �mergeant du processus consultatif
r�gional.
DANS LES COULOIRS
L'esprit de coop�ration engendr� durant les r�unions officieuses
a �t� �branl� lundi, lorsque les tensions dans les n�gociations
men�es dans le groupe de contact sur la question des effets adverses
se sont �tendues au groupe de contact sur les m�canismes, ce que
beaucoup ont appel� "un rendu pour un pr�t�." Il semble
en effet, que l'hostilit� apparente de certaines Parties vis�es �
l'Annexe I � un d�bat appuy� sur le texte consolid� sur la base
des propositions avanc�es par les Parties sur le th�me des effets
adverses ait provoqu�, dans le groupe de contact sur les m�canismes,
une r�action �quivalente de la part de l'Arabie Saoudite, qui a
cherch�, semble-t-il, � mettre fin � la r�union de mani�re
abrupte. Plusieurs d�l�gu�s ont fait observer que l'incident
rendait compte des difficult�s �prouv�es � faire avancer le "paquet"
compte tenu de l'insistance de certaines Parties sur la n�cessit� de
progresser simultan�ment sur toutes les questions. D'autres ont not�
que les divisions, au sein du G-77/Chine, sur la question des effets
adverses, sont en train d'appara�tre de mani�re de plus en plus
�vidente.