Les délégués près des réunions officieuses se sont réunis
pour parachever leurs travaux d'avant les douzièmes sessions des
organes subsidiaires de la CCCC (SB-12). Les réunions officieuses ont
porté sur les questions: de la conformité aux obligations; des
lignes directrices devant encadrer les Articles 5 (questions
méthodologiques), 7 (communication des informations) et 8 (revue des
informations); du renforcement des capacités; de l'utilisation des
sols, changements intervenus dans l'utilisation des sols et foresterie;
des politiques et mesures; et de l'Article 4.8 et 4.9 de la CCCC et de
l'Article 3.14 (effets adverses).
LES REUNIONS OFFICIEUSES
LA CONFORMITE AUX OBLIGATIONS: Le 9 juin, les délégués
poursuivirent l'examen des Eléments, des Coprésidents, du Système
de Conformité aux Obligations relevant du Protocole de Kyoto. Au
sujet de la CdP/MdP, le Coprésident Slade déclara que les
propositions reflétaient le degré d'intervention politique que les
Parties sont susceptibles de permettre dans le processus de
conformité aux obligations. La NOUVELLE ZELANDE et l'UE déclarèrent
que la CdP/MdP, est l'organe décisionnel central, mais qu'elle ne
doit pas intervenir directement dans les cas particuliers en
s'octroyant les fonctions de l'organe judiciaire/ juridique. Le
délégué de l'ARABIE SAOUDITE mit en relief le rôle central de la
CdP/MdP et indiqua qu'il ne se contentait pas de ne pas accepter le
rapport de l'organe mais qu'il pouvait chercher également à modifier
les décisions de l'organe. Le CANADA, avec la NOUVELLE ZELANDE,
déclara que cela risquait de politiser le processus et que
l'appréciation juridique devait être laissée à l'organe chargé de
la conformité aux obligations. L'AUSTRALIE déclara que la CdP/ MdP
pourrait avoir le dernier mot dans les cas de décisions manifestement
injustes.
Au sujet de la proposition de la Chine d'insérer un nouveau
chapitre sur les implications de l'Article 18 (non-conformité), le
délégué des ETATS-UNIS déclara qu'un amendement serait nécessaire
si des conséquences contraignantes venaient à être adoptées comme
faisant partie intégrante du système de conformité aux obligations.
La CHINE mit en garde contre la création de deux groupes de Parties
ayant ratifié le Protocole: un groupe avec, et un groupe sans, une
procédure de conformité aux obligations. Le délégué des
Etats-Unis déclara que l'amendement pouvait être traité au moment
où les engagements pour la seconde période budgétaire seront
examinés.
LES LIGNES DIRECTRICES DEVANT ENCADRE LES ARTICLES 5, 7 & 8
DU PROTOCOLE: Le Sous-Groupe sur l'Article 5.1 (systèmes
nationaux): Le 9 juin, les délégués travaillèrent en vue de
supprimer les trois crochets restants dans le second projet des Lignes
Directrices devant régir les Systèmes Nationaux de l'Estimation des
Emissions de Gaz à Effet de Serre, par Source, et des Eliminations,
par Puits de Fixation, prévus dans le cadre de l'Article 5.1. Au
sujet de l'Applicabilité, les délégués cherchèrent à obtenir des
formulations acceptables pour les dispositions contraignantes et non-contraignantes
des Lignes Directrices. Au sujet de la proposition de l'UE d'insérer
deux paragraphes sur le suivi des émissions d'entités et /or projets
légaux relevant des Articles 6 et 17 dans le cadre des systèmes
nationaux, les délégués s'accordèrent sur une proposition de
compromis avancée par le CANADA et appelant à l'insertion d'un
nouveau paragraphe sous le chapitres des caractéristiques, se
référant aux lignes directrices pertinentes du CIPC et aux
décisions de la CdP ou de la CdP/MdP. Le 10 juin, le sous-groupe
résolut toutes les questions éditoriale en suspens et approuva les
lignes directrices révisées.
Le Sous-Groupe sur les Articles 5.2 (ajustements) et 8 (revue des
informations): Le 9 juin, les délégués poursuivirent l'examen de la
proposition de l'UE sur la Classification des Problèmes liés aux
Inventaires, dans les lignes directrices devant encadrer l'Article 8,
en se focalisant sur les questions/problèmes ayant des implications
directes sur le total agrégé des estimations ou des tendances
dégagées des inventaires. Des points de vues divergents furent
exprimés sur le point de savoir si la non-conformité aux principes
de bonnes pratiques était, oui ou non, ajustable. La NORVEGE,
soutenue par l'UE, mit en exergue les liens entre les processus
d'ajustement et de mise en conformité. La NOUVELLE ZELANDE suggéra
que le rapport final de l'évaluation de l'équipe d'experts doive
englober le justificatif de l'ajustement et la détermination des
démarches que la Partie concernée pourrait entreprendre en vue de
traiter les causes sous-jacentes du problème éventuel rencontré
dans l'inventaire. Le Coprésident Penman nota un consensus dans les
rangs des délégués sur le fait que les ajustements étaient "une
bonne chose" et qu'ils pouvaient être limités à deux niveaux:
au niveau de leur intégration dans le processus d'évaluation et,
pour des raisons pratiques, au niveau de la durée.
LE RENFORCEMENT DES CAPACITES: Le 9 juin, les délégués
entendirent l'exposé présenté par le Fonds pour l'Environnement
Mondial (FEM) sur l'Initiative du Développement Climatiques (IDC) et
se penchèrent sur la question du renforcement des capacité dans les
pays non visés à Annexe I.
Avani Vaish, du FEM, déclara que l'IDC est le fruit de 18 mois
d'efforts fournis par le FEM et le PNUD sur trois étapes: une
évaluation des besoins en matière de capacités, au niveau des pays;
l'élaboration d'une étude exhaustive pour la satisfaction de ces
besoins; et la mise en place d'un plan d'action. John Hoff, du PNUD,
définit le développement des capacités comme étant celle de
l'aptitude des personnes et des institutions à établir et à
réaliser des objectifs, et affirma que cela est influencé par le
contexte plus large des institutions, y compris les cadres politiques
et des régulations.
Les délégués entendirent lecture de brefs rapports présentés
par les experts régionaux. Parmi les problèmes soulevés: le manque
de ressources financières; l'inefficacité de la gestion des
ressources humaines et des données; l'incapacité à retenir les
capacités humaines; et la faiblesse du niveau économique et des
aptitudes en matière de gestion et de communication. Au sujet des
éléments possibles susceptibles d'être intégrés dans le cadre
devant régir le renforcement des capacités, plusieurs délégués
soulignèrent la nécessité pour le renforcement des capacités,
d'être conduit par les pays. Le G-77/CHINE souligna que le
renforcement des capacités doit être un processus permanent,
intégratif et exhaustif, appliqué suivant un calendrier précis et
basé sur les priorités du pays. Le délégué des ETATS-UNIS
souligna la nécessité de travailler sur les capacités disponibles
dans les pays, l'édification de partenariats solides avec les
détenteurs des enjeux locaux et le renforcement des capacités du
secteur de l'entreprise, dans les stratégies nationales.
Au sujet du rôle des institutions, de nombreux délégués
appelèrent à la transmission de directives claires au FEM pour
s'assurer de l'adéquation des financements en faveur des initiatives
de renforcement des capacités.
Le G-77/CHINE déclara que les communications nationales doivent
constituer la principale source d'information dans le suivi de
l'efficacité des programmes de renforcement des capacités. L'AOSIS
attira l'attention sur le Programme d'Action de la Barbade et mit en
exergue les efforts régionaux pour le traitement des besoins en
matière de renforcement des capacités.
LES POLITIQUES ET MESURES: Le 9 juin, le Président Dovland
introduisit le texte concernant les conclusions et éléments
préliminaires du SBSTA-12 pouvant figurer dans le projet de décision
devant être soumis à la CdP-6, et élaboré sur la base des
récentes discussions et soumissions faites par les Parties. Le projet
de conclusions incluait une recommandation du SBSTA appelant à la
poursuite des travaux sur la question des échanges d'expériences et
d'information, et notamment à travers la tenue d'un atelier en 2001.
Le projet de décision stipule, entre autres, que ce processus doit
mener à l'élaboration des lignes directrices devant encadrer
l'Article 7.2 (communications nationales) et permettre la
démonstration des progrès qui auront été accomplis d'ici 2005 dans
le cadre de l'Article 3.2 (progrès démontrables).
L'UE appuya l'idée d'aller vers l'avant à travers un échange de
points de vue sur les deux libellés. Notant le manque de temps pour
la considération de ce sujet, le G-77/ CHINE fit objection à
l'examen des éléments proposés pour le projet de décision.
L'ARABIE SAOUDITE ajouta qu'il était prématuré de procéder à
l'examen de la décision avant la tenue d'un autre atelier impliquant
davantage de pays en développement, et mit en relief d'autres
questions pressantes posées sur le chemin menant à la CdP-6. Le
délégué affirma qu'il était plus approprié d'examiner les
conclusions qui exprimaient une appréciation sur le récent atelier
tenu à Copenhague et appela à la tenue d'un nouvel atelier en 2001.
Le Président Dovland déclara que la SBSTA-12 examinera ce sujet,
et nota l'accord autour de l'idée de tenir un atelier en 2001. Le
porte-parole de l'AOSIS déclara qu'il attendait avec impatience
l'ouverture d'un débat extensif sur ce sujet durant la SBSTA-12.
LULUCF: Les 9 et 10 juin, des délégués se réunirent pour
l'examen du Rapport Spécial du CIPC sur l'Utilisation des Sols,
Changements Intervenus dans l'Utilisation des Sols et de la Foresterie
(LULUCF), avec les principaux auteurs répondant aux demandes
d'éclaircissement. Au sujet des implications des Articles 3.3 (afforestation,
reforestation et déforestation – ARD) et 3.4 (activités
additionnelles), les délégués examinèrent, entre autres: les
définitions des ARD, les scénarios comptables et la manière de les
combiner; les questions ayant trait à la distinction entre les
activités "induites par l'homme", les activités "induites
directement par l'homme" et la variabilité naturelle; la part
due à l'amélioration de la gestion par rapport à celle due aux
changements intervenus dans l'utilisation des sols; la base et la
nécessité d'une définition de la "forêt"; les schémas
de comptabilité appliqués au carbone et leurs liens avec le carbone
de l'atmosphérique; les implications pour le cycle récolte -
régénération; la part due aux changements intervenus dans les stock
de carbone par rapport à celle due aux fluctuations naturelles; les
points de départ et le cumul additionnel; les gaz autres que le CO2;
les mesures incitatives pour la fixation du carbone là où aucun
changement n'est intervenu dans l'occupation des sols, et pour la
saisie des co-avantages; et l'intention qui sous-tend le besoin de
chacune des Parties d'établir son niveau des stocks de carbone en
1990 comme requis en vertu de l'Article 3.4.
L'UE suggéra de concevoir les définitions des ARD de manière à
répondre spécifiquement à l'objectif de la mise en application de
l'Article 3.3, et le ROYAUME-UNI évoqua la possibilité de remanier
les scénarios élaborés par le CIPC. Le CANADA préféra une
comptabilité basée sur l'occupation des sols et nota que l'Article
3.4 offrait l'occasion de traiter des puits de fixation d'une manière
exhaustive et symétrique. Le délégué plaida pour une approche
combinant les Clauses 3.3 et 3.4. La BOLIVIE indiqua qu'un schéma
comptable approprié serait également applicable dans le cadre des
Articles 6 et 12. Le BRESIL déclara que la définition de la forêt,
destinée à répondre aux objectifs de l'Article 3.3, doit être
liée aux seuils de variabilité des taux de carbone à l'hectare.
L'AUSTRALIE souleva la question des discontinuités spatiales et
temporelles intervenant dans le cadre de l'Article 3.3 et de la
n�cessit� d'�viter les mesures incitatives perverses. Il appela �
la poursuite de l'�laboration des mensurations techniques applicables
dans le secteur des changements intervenant dans l'occupation des
sols, notant, dans la foul�e, l'omission de ce secteur dans le guide
des bonnes pratiques, �labor� par le CIPC.
Au sujet de la voie � suivre apr�s les SB-12, le porte-parole du
G-77/CHINE, appuy� par l'AOSIS, mit en garde contre l'utilisation des
"voies rapides", soulignant qu'il ne les consid�rait pas
comme faisant partie du Plan d'Action de Buenos Aires.
LES EFFETS ADVERSES: Le 10 juin, le Copr�sident Salamat pr�senta
une synth�se des questions soulev�es dans les soumissions et appela
les d�l�gu�s � identifier des questions additionnelles et �
pr�senter leurs commentaires sur le besoin et le caract�re que
doivent rev�tir les r�unions futures.
Le JAPON souligna l'importance de reconna�tre le soutien accord�
jusque l� � l'adaptation et, avec le MOZAMBIQUE, mit en relief le
renforcement des capacit�s institutionnelles et manag�riale, et la
formation dans le domaine de l'�valuation de la vuln�rabilit� et
des mesures de r�ponse. L'UE mit l'accent sur le suivi et la
recherche, l'importance du dialogue entre les donateurs et les
r�cipiendaires et, avec les PAYS-BAS, la pr�vision des mesures
d'adaptation dans les strat�gies nationales et sectorielles. Le
ROYAUME UNI et les ETATS-UNIS soulign�rent l'identification et
l'�valuation des options offerte en mati�re d'adaptation. L'ARABIE
SAOUDITE et les ETATS-UNIS, contr�s par la SUISSE, mirent en exergue
la pr�vision des technologies de fixation du CO2. L'AUSTRALIE
souligna le r�le des puits d'absorption du carbone. BELIZE appela �
des mesures d'adaptation imm�diates. Le BRESIL, avec la JAMAIQUE, mit
en avant le r�le des mod�les d'�volutions climatiques. Le NIGERIA
mentionna l'acc�s aux technologies d'information, y compris les
t�l�communications.
Au sujet des r�unions futures, l'AOSIS insista sur la valeur des
ateliers r�gionaux et la n�cessit� d'une coordination entre les
ateliers et les r�unions de la CCCC. Le SENEGAL proposa la tenue d'un
atelier sur la situation des pays les moins avanc�s. Le ZIMBABWE
proposa un atelier consacr� � l'examen du r�le du secteur de
l'assurance. Le JAPON �voqua les contraintes en mati�re de
ressources, entravant la tenue de r�unions intersession. L'ARABIE
SAOUDITE proposa la tenue un atelier sur la nature et l'implication
des P&M mises en place par les Parties vis�es � l'Annexe I, et
d'un autre sur l'Article3.14 du Protocole. La SUISSE, le JAPON et
d'autres d�l�gations d�clar�rent que la question des ateliers sera
trait�e au cours des SB-12.
Le G-77/CHINE, appuy� par l'ARABIE SAOUDITE, l'AFRIQUE DU SUD et
d'autres Etats, et contr� par la SUISSE, exprima sa pr�f�rence pour
des projets de d�cisions s�par�s, l'un sur l'Article 4.8 et 4.9 de
la CCCC et l'autre sur l'Article 3.14 du Protocole. Le Copr�sident
Salamat nota que le projet de d�cision comportera trois parties
distinctes sans pr�judice pour les discussions pour de la SBSTA-12.
DANS LES COULOIRS
Bien que la plupart des participants semblent �tre sortis de la
semaine des r�unions officieuses avec le sentiment d'avoir r�ussi de
faire avancer les d�bats sur bon nombre de questions cl�s, certaines
s�ances se sont conclues sur une note quelque peu morose. Les
tentatives, par certains pr�sidents, de pr�senter des projets de
d�cisions ou des textes de n�gociation se sont heurt�es � une
certaine confusion concernant la port�e du mandat de la r�union, et
provoqu�rent ce que certains observateurs ont estim� �tre une
cristallisation des positions politiques, venue faire contraste avec
l'atmosph�re, en g�n�ral, constructive et ouverte qui a r�gn�
dans le dialogue. Alors que tout le monde �tait d'accord sur
l'�laboration de libell�s consolid�s pour les clauses portant sur
les m�canismes et les effets adverses, les d�l�gu�s de l'UE se
sont d�clar�s d��us en constatant, vendredi apr�s-midi, que les
tentatives d'�laboration du libell� portant sur les politiques et
mesures, pour d�cision � la CdP-6, �taient syst�matiquement
obstru�es par un certain nombre de pays membres du G-77.