Les délégués près des réunions officieuses précédant les
SB-12 ont poursuivi les discussions autour: des mécanismes; de
l'utilisation des sols, changement intervenus dans l'utilisation des
sols et foresterie (LULUCF); de la conformité aux obligations; de
l'Article 4.8 et 4.9 de la CCCC et de l'Article 3.14 (effets adverses)
du Protocole; et, des lignes directrices devant encadrer les Articles
5 (questions méthodologiques), 7 (communication des informations) et
8 (revue des informations) du Protocole.
LES REUNIONS ET LES ATELIERS OFFICIEUX
LES MECANISMES: La Mise en Œuvre Conjointe: La BOLIVIE et
l'AFRIQUE DU SUD encouragèrent la réalisation d'un plus grand
équilibre entre les règles ayant trait au MDP et celles régissant
la mise en œuvre conjointe. Le CANADA et le JAPON soulignèrent que
cette dernière était assujettie à la rigueur des lignes directrices
relevant des Articles 5, 7 et 8 du Protocole. La CHINE suggéra que la
mise en œuvre conjointe soit assujettie aux exigences du MDP, et
souhaita être édifiée sur qui doit payer pour cela. L'UE et la
SUISSE déclarèrent que leurs soumissions concernant les points de
départ devant être retenus dans le cadre du MDP s'appliquaient dans
celui de la mise en œuvre conjointe. L'AFRIQUE DU SUD déclara que sa
soumission concernant le suivi, l'élaboration des rapports et la
vérification du MDP s'appliquait également à la mise en œuvre
conjointe.
Le Mécanisme pour un Développement Propre: La BOLIVIE, la
COLOMBIE, les ETATS-UNIS, l'IRAN, le HONDURAS et la NORVEGE
appuyèrent l'inclusion des projets liés aux puits d'absorption du
carbone dans le MDP, sachant que: près d'un cinquième des émissions
mondiales provient de la déforestation et quasiment 90% des
émissions des pays tropicaux proviennent des activités ayant rapport
avec LULUCF. L'IRAN déclara que compte tenu de l'approche
globalisante de la CCCC, le MDP doit couvrir l'ensemble des six gaz,
ainsi que toutes les sources et tous les puits d'absorption. L'UE et
la SUISSE s'opposèrent à l'inclusion des projets liés aux puits
d'absorption dans le MDP, car cela soulèverait les questions de
l'incertitude méthodologique, de la non-permanence et des fuites de
carbone. Le SOUDAN et le SENEGAL déclarèrent qu'il était
prématuré de décider de l'inclusion des puits d'absorption, le
rapport du GIEC ayant à peine été publié. L'AOSIS, avec la
COLOMBIE, déclara que les Articles 6 (JI) et 12 (CDM) du Protocole
doivent bénéficier d'un traitement égal au niveau des parts
réservées aux mesures d'adaptation, car cela permettrait d'assurer
des fonds additionnels réels à l'adaptation, des fonds suffisants à
la couverture des coûts administratifs, et aucun coût de transaction
supplémentaire pour le MDP. La NORVEGE et l'UE s'opposèrent à la
disposition concernant les parts du montant réservé figurant dans
les Articles 6 et 17 (Echange de Droits d'Emission). La BOLIVIE appela
à la conduite d'une analyse pour déterminer la question de savoir
lequel des points de départ appliqués par projet ou par région /
secteur d'activité serait plus approprié. L'INDE plaida pour des
points de départ appliqués par projet. La SUISSE, les ETATS-UNIS et
la NORVEGE mirent en relief la nécessité de la participation de
l'ensemble des détenteurs des enjeux et de la transparence dans le
MDP. L'ARABIE SAOUDITE et l'AOSIS s'opposèrent à l'inclusion des
projets nucléaires dans le cadre du MDP.
LES LIGNES DIRECTRICES DEVANT ENCADRER LES ARTICLES 5, 7 & 8 DU
PROTOCOLE: La Sous-Commission sur les Articles 5.2 (ajustements) et 8
(revue des informations): Les délégués procédèrent à un échange
de points de vue sur le Projet des Lignes Directrices devant Encadrer
l'Article 7. Concernant l'information soumise dans le cadre de
l'Article 7.1 (inventaire), les délégués soulignèrent qu'une
information tenue par le biais de registres serait disponible plus
fréquemment que celle fournie annuellement, et mirent en exergue les
liens avec les travaux sur les mécanismes et LULUCF. Au sujet de
l'information soumise dans le cadre de l'Article 7.2 (communications
nationales), l'UE, appuyée par l'ARABIE SAOUDITE, proposa la
présentation de rapports sur les "progrès démontrables."
Les ETATS-UNIS, le CANADA, la NOUVELLE ZELANDE et l'AUSTRALIE
déclarèrent que cette question ne constituait pas une priorité pour
la CdP-6 et qu'elle pouvait être traitée à travers les
communications nationales à venir. Lors de l'examen du Projet des
Lignes Directrices devant Encadrer les Méthodologies d'Ajustement,
l'UE, avec la SUISSE et la SLOVAQUIE, déclara que la période d'essai
de la revue des inventaires fournirait au GIEC des informations sur
les problèmes devant être traités. L'AUSTRALIE, les ETATS-UNIS et
la NOUVELLE ZELANDE mirent l'accent sur l'urgence du traitement des
méthodologies d'ajustement, en particulier, par rapport à
l'inventaire de l'année de référence.
Au sujet de la Classification des Problèmes rencontrés dans les
Inventaires dans les Lignes Directrices relevant de l'Article 8, les
délégués poursuivirent l'examen de la proposition avancée par l'UE.
Ils s'accordèrent sur les étapes ci-après: le constat de la non-utilisation
des méthodologies et des lignes directrices approuvées ou la
production d'un rapport dans les délais opportuns; la description /
catégorisation du problème; et la détermination du point de savoir
si oui ou non le problème devait enclencher une procédure
expéditive et s'il est ajustable ou pas. Au sujet des ajustements, la
SLOVAQUIE, les ETATS-UNIS, la NOUVELLE ZELANDE et le CANADA
déclarèrent que tous les types de problèmes rencontrés dans les
inventaires étaient ajustables. L'UE affirma que les problèmes
posés par les seuils spécifiques n'étaient pas ajustables.
La Sous-Commission sur l'Article 5.1 (systèmes nationaux): Les
participants discutèrent du second Projet des Lignes Directrices
devant Encadrer les Systèmes Nationaux relevant de l'Article 5.1 du
Protocole de Kyoto. Au sujet de la Gestion des Inventaires, le CANADA
nota l'absence de référence à l'information confidentielle, et le
JAPON déclara que les questions de l'étendue de, et de l'accès à,
l'information confidentielle étaient résolues dans le cadre de
l'Article 8. Les délégués résolurent la question de l'élaboration
des rapports en faisant référence aux exigences à respecter en la
matière qui seront définies dans les lignes directrices devant
encadrer l'Article 7. L'UE, appuyée par la NORVEGE, proposa un
libellé appelant à un suivi des émissions des entités légales et
/ou projets relevant des Articles 6 et 17. Le Coprésident Plume
indiqua qu'il s'agissait là d'une question ayant à voir avec
l'élaboration des rapports et nota que les travaux pertinents sur les
mécanismes se trouvaient encore à un stade précoce. Le délégué
des ETATS-UNIS s'opposa à l'insertion d'une référence spécifique
aux Articles 6 et 17, et nota un paragraphe laissant la porte ouverte
à des liens futurs à travers l'Article 7 et les décisions
pertinentes qui seront prises par la CdP ou la CdP/MdP.
LULUCF: Le Coprésident Thorgeirsson fit circuler une synthèse des
discussions sur les critères et principes devant régir
l'identification et la sélection des activités additionnelles, et un
papier portant sur les éléments éventuels à inclure dans le projet
de décision. Il déclara que les délégués doivent se préparer
pour la CdP-6 et la période qui la suivra, sur la base des données
fournies par le Rapport Spécial du GIEC.
L'AOSIS, soutenue par nombre de pays en développement, fit par de
ses réserves concernant le risque de voir la réunion officieuse
outrepasser le mandat approuvé à la SBSTA-11 et, avec l'UE, fit
objection à la considération d'éléments préliminaires pour la
décision, notant que de nombreuses questions restaient à analyser et
à approfondir. Le Coprésident Thorgeirsson expliqua encore que les
éléments proposés devaient servir simplement à se faire une idée
sur les questions nécessaires à aborder pour l'élaboration de la
décision. Les ETATS-UNIS, le CANADA et l'AUSTRALIE déclarèrent que
les tâches de la réunion englobaient la préparation des soumissions
attendues d'ici le 1er août 2000, et dans ce cadre, la
discussion des éléments susceptibles de figurer dans le projet de
décision de la CdP-6, pouvait fournir une orientation. L'AUSTRALIE
fit circuler un papier contenant ses propositions concernant les
questions devant être considérées dans la période précédant la
CdP-6. Au sujet des étapes initiales, le représentant suggérant
l'ouverture d'un dialogue avec les principaux auteurs au sein du GIEC,
pour l'amélioration de la compréhension du Rapport Spécial.
S'agissant du rapport du GIEC, la BOLIVIE nota l'absence de
définitions tangibles de certains termes, tels que celui de "forêts,"
qui seraient pertinentes aux autres articles du Protocole et, contrée
par la POLOGNE, proposa l'élaboration d'une définition universelle.
LA CONFORMITE AUX OBLIGATIONS: Les délégués poursuivirent
l'examen des Eléments retenus par les Coprésidents pour le Système
de Conformité aux Obligations du Protocole de Kyoto. Au sujet de la
Procédure Expéditive Applicable aux Cas ayant Rapport avec les
Mécanismes de Kyoto, l'AFRIQUE DU SUD apporta son appui à
l'établissement d'une telle procédure et, avec la CHINE, proposa la
mise en place d'un groupe chargé de la détermination de
l'éligibilité. Avec l'AUSTRALIE et le JAPON, le délégué des
ETATS-UNIS déclara que la procédure générale applicable à la
conformité aux obligations devait être examinée avant la procédure
expéditive. L'UE, contrée par l'AUSTRALIE, déclara qu'avant tout
engagement, une évaluation des éléments ayant trait à la
participation dans les mécanismes, devrait avoir lieu, ainsi qu'une
évaluation annuelle durant toute la période d'engagement. La CHINE
mit en garde le groupe sur la conformité aux obligations, contre le
risque de préjuger des règles qui seront élaborées dans le groupe
sur les mécanismes.
Au sujet du règlement intérieur de l'Institution chargée de la
Conformité aux Obligations, le délégué des ETATS-UNIS, appuyé par
les représentants de l'AUSTRALIE, de l'UE et du CANADA, suggéra de
se focaliser sur les éléments nécessitant un accord à la
CdP-6,tels que celui de la règle devant régir les prises de
décisions. Les délégués exprimèrent différents points de vue
quant à la nécessité de deux ensembles de règles applicables aux
deux branches de l'institution chargée de la conformité aux
obligations. Au sujet de la période de Rectification, les délégués
indiquèrent que le choix du moment de l'intervention nécessitait un
examen détaillé. L'UE et les ETATS-UNIS suggérèrent que cela se
fasse à la fin de l'évaluation. L'AUSTRALIE proposa la fin de la
période d'engagement.
Au sujet des Résultats ou Conséquences de la Non-Conformité
Réelle ou Potentielle aux Obligations, l'UE déclara que les
conséquences devaient exercer un impact économique clair sur la
Partie en question et viser à la réparation de la situation.
L'orateur ajouta le concept de "réserve en matière de
conformité aux obligations" et , contré par l'AUSTRALIE et le
CANADA, plaida pour une perte de l'accès aux mécanismes. La NOUVELLE
ZELANDE s'opposa à l'idée d'appliquer des pénalités financières
et, avec l'AUSTRALIE, à celle de la mise en place d'un fonds
réservé à la mise en conformité. L'AFRIQUE DU SUD, avec les
ETATS-UNIS, suggéra d'établir une distinction entre les diverses
conséquences sur la base de la branche qui doit la traiter. La CHINE,
avec le BRESIL, s'opposa à la soustraction du tonnage excédant la
quantité assignée de la Partie pour la période d'engagement
suivante. Avec l'ARABIE SAOUDITE, l'orateur suggéra d'introduire un
nouvel intitulé aux Eléments traitant des implications de l'Article
18 (non-
conformit� aux obligations). L'ARABIE SAOUDITE d�clara que les
p�nalit�s financi�res constituaient le meilleur moyen de proc�der
et, avec le CANADA souhaita en savoir davantage sur la mani�re de les
mettre en application.
LES EFFETS ADVERSES: Le Copr�sident Kjell�n fit circuler une
compilation des soumissions �crites pr�liminaires des pays sur
l'Article 4.8 et 4.9 de la CCCC et l'Article 3.14 du Protocole, puis
invita les participants � faire part de leurs commentaires sur la
mani�re de proc�der. Plusieurs Parties mirent en relief la
progression relativement rapide des n�gociations autour de ce sujet.
L'ARABIE SAOUDIDE d�clara s'attendre � des textes de n�gociation
s�par�s pour les projets de d�cisions concernant l'Article 4.8 et
4.9 de la CCC et l'Article 3.14 du Protocole, d'ici lundi 12 juin.
L'UE, le CANADA et d'autres d�l�gations requirent un d�lai
suppl�mentaire pour l'examen de la compilation. Le d�l�gu� des
ETATS-UNIS nota que les n�gociations autour de cette question se
trouvaient au m�me niveau d'avancement, peut-�tre m�me devan�ant
celles men�es autour des autres sujets d'importance pour la CdP-6.
Le Copr�sident Kjell�n d�clara que le but recherch� �tait de
consolider le document de mani�re � mieux pouvoir �laborer le
projet de texte de la d�cision devant �tre prise � la CdP-6. Au
sujet de sa soumission concernant les effets adverses des changements
climatiques, l'AUSTRALIE d�clara que son papier accordait une
priorit�: au renforcement des capacit�s; � la compr�hension du
syst�me climatique; � la vuln�rabilit�; aux liens entre la science
et la politique; et aux mesures de r�ponse applicables, entre autres,
aux littoraux et aux zones arides, aux zones fragiles � haut risque,
aux ressources en eau, et au renforcement institutionnel. S'agissant
de l'impact des mesures de r�ponse, l'AFRIQUE DU SUD d�clara que
l'objectif de son pays consistait � maintenir son secteur
�nerg�tique peu on�reux bas� sur le charbon et ses exportations
dans ce domaine.
Le HONDURAS mit en exergue la fragilit� de ses bassins versants.
Le BURKINA FASO, au nom du GROUPE AFRICAIN, mit l'accent sur la
vuln�rabilit� des pays les moins avanc�s. Au sujet des d�fis �
relever dans le domaine de l'adaptation, le CANADA mit en relief:
l'adoption d'une approche int�gr�e it�rative; le renforcement des
capacit�s d'adaptation et d'�valuation; et, avec l'UE,
l'am�lioration de la collecte des donn�es et de la diffusion de
l'information. L'EGYPTE proposa l'�laboration d'un index de
vuln�rabilit� pour les pays non vis�s � l'Annexe I. Avec les
ETATS-UNIS, l'orateur souligna l'importance du renforcement des
capacit�s des pays en d�veloppement dans le domaine de l'�valuation
de la vuln�rabilit�.
DANS LES COULOIRS
Certains participants ont fait part de leurs pr�occupations
concernant ce qu'il estime �tre une h�te indue de ces r�unions �
produire des plates-formes de textes de n�gociation dans les groupes
sur les th�mes de LULUCF, des m�canismes et effets adverses. Bien
qu'ils applaudissent les progr�s r�alis�s, ils craignent de voir
l'urgence appliqu�e � la pr�paration de la CdP-6 signifier que les
n�gociations risquent d'�tre pouss�es plus loin et plus rapidement
qu'elles n'y sont pr�par�es � ce stade. En effet, nombre de
d�l�gu�s ont laiss� entendre que les pr�sentes r�unions
officieuses ont atteint les limites de leur mandat.