Les délégués près des réunions officieuses précédant les
SB-12 se sont réunis pour discuter: de l'Article 3.14 (effets
adverses) du Protocole; du transfert des technologies; de la
conformité aux obligations; des lignes directrices devant encadrer
les Articles 5 (questions méthodologiques), 7 (communication des
informations) et 8 (revue des informations) du Protocole; et, du
renforcement des capacités. Ils se sont réunis également pour un
briefing sur le Rapport Spécial du GIEC concernant l'Utilisation des
Sols, les Changements intervenus dans l'Utilisation des Sols et la
Foresterie.
LES REUNIONS ET LES ATELIERS INFORMELS
EFFETS ADVERSES: Les participants examinèrent l'Article 3.14
du Protocole et tracèrent les grandes lignes des actions possibles
susceptibles de minimiser les effets adverses des changements
climatiques et /ou l'impact des mesures de réponse.
Actions susceptibles de minimiser l'impact des mesures de réponse:
L'ARABIE SAOUDITE déclara que les Parties visées à l'Annexe I
doivent: éliminer les distorsions fiscales et supprimer les
subventions; décourager l'énergie nucléaire; appuyer une
utilisation plus large des technologies de fixation du CO2; aider à
la diversification économique; et fournir des compensations là où
des effets adverses sont démontrés. Le délégué des ETATS-UNIS
rappela une récente étude de l'OPEP indiquant que l'action conjointe
des seuls membres de l'OPEP pouvait suffire à contrer l'impact
éventuel des mesures de réponse sur les flux de revenus. Avec
l'AUSTRALIE, l'orateur nota les efforts fournis par certains pays
producteurs de pétrole pour réserver une partie des revenus
pétroliers à l'aide pour l'atténuation des effets des mesures de
réponse. Le VENEZUELA mit en garde contre les tentatives visant à
débarrasser les Parties visées à l'Annexe I des engagements
relevant de l'Article 3.14. Le ZIMBABWE déclara que le revenu des
Parties visées à l'Annexe I, provenant des taxes imposées sur le
carbone, pouvait être utilisé pour le soutien du transfert des
technologies. L'AFRIQUE DU SUD ajouta que ce revenu pouvait financer
la recherche pertinente.
Actions visant à minimiser les effets des changements climatiques:
Les ETATS-UNIS et le ROYAUME-UNI déclarèrent que la mise en
application du Protocole est l'action la plus importante à prendre.
L'AUSTRALIE appuya l'idée d'assortir le Protocole d'un régime
d'échange des droits d'émission à la fois plein, compétitif et
transparent et d'un régime MDP intégrant des dispositifs
d'absorption du carbone. Le NIGERIA et le VENEZUELA déclarèrent que
les mécanismes seraient insuffisants à l'amélioration des effets
des changements climatiques. Le SENEGAL appela à un soutien financier
et technique immédiat pour la mise en place des mesures d'adaptation.
Le BANGLADESH, le BURKINA FASO et le SOUDAN soulignèrent la
nécessité des systèmes d'alerte précoce et de préparation aux
catastrophes. La JAMAIQUE et le BURKINA FASO mirent l'accent sur les
besoins particuliers des pays les moins avancés.
Les décisions et les processus futurs: Au sujet des futures
décisions concernant l'Article 4.8 et 4.9 de la CCCC et l'Article
3.14 du Protocole, la SUISSE déclara préférer une décision portant
sur les deux. L'ARABIE SAOUDITE, la CHINE et d'autres pays en
développement appuyèrent l'idée d'un examen et de décisions
séparées, compte tenu du fait que l'Article 3.14 ne porte que sur
les responsabilités des seules Parties visées à l'Annexe I.
MISE AU POINT ET TRANSFERT DES TECHNOLOGIES: Le Président Dovland
nota que trois ateliers régionaux avaient été tenus pour améliorer
la compréhension des besoins technologiques, engendrer des idées sur
l'amélioration du transfert des technologies et dégager les
éléments susceptibles de former le cadre de la mise au point et du
transfert des technologies.
Présentant un rapport sur l'atelier Africain, Peter Zhou
(Botswana) parla des barrières entravant le transfert des
technologies, notamment l'absence de politiques en matière de
changement climatique, la faiblesse des cadres juridiques et de
régulation, l'inadéquation des finances et les problèmes posés par
les programmes d'ajustement structurel. L'orateur nota la nécessité,
entre autres: de mettre en place des partenariats stratégiques entre
les gouvernements, le secteur privé et les bâilleurs de fonds; de
fournir un accès aisé au financement des technologies
écologiquement rationnelles (TER) et des technologies locales; et
d'améliorer les aptitudes pour le soutien des processus décisionnels.
Mahendra Kumar (Samoa), présentant un rapport sur l'atelier de la
région Asie - Pacifique, déclara que l'évaluation des besoins
technologiques doit être conduite par le pays concerné, être
transparente et impliquer la participation de l'ensemble des
détenteurs des enjeux. L'orateur nota l'attention limitée accordée
aux technologies d'adaptation. Sheik Mohamed Khan (Guyane) déclara
que l'atelier de la région Amérique Latine et Caraïbes a mis en
exergue la nécessité: de renforcer les capacités autochtones à
assimiler et à absorber les technologies rationnelles du point
climatique; d'améliorer l'accès à l'information sur les
technologies; d'impliquer les petits pays dans les initiatives de
renforcement des capacités; et d'aplanir les barrières politiques
responsables de la faible priorité accordée aux considérations
technologiques.
Dans le débat qui suivit, les questions soulevées englobèrent
l'impératif de se focaliser sur le transfert des technologies
d'adaptation et sur la mise en place d'une institution consultative
mondiale pour aider les pays à traiter les technologies non adaptées.
Ogunlade Davidson, du GIEC, présenta les grandes lignes du Rapport
Spécial du GIEC sur les Questions Méthodologiques et Techniques du
Transfert des Technologies. Il souligna que le transfert des
technologies liées au domaine des changements climatiques devait
toujours être perçu dans le contexte de la CCCC, et mit en relief la
nécessité d'une innovation technologique rapide et d'un transfert de
TER plus large pour l'atténuation des effets et l'adaptation. Le
Secrétariat de la CCCC introduisit le site web des technologies
climatiques (http://www.icfconsulting.com/ unfccc/climate.nsf) et
l'initiative pilote d'une base de données inventoriant les projets.
CONFORMITE AUX OBLIGATIONS: Les délégués examinèrent le
document des Eléments du Systèmes de Conformité aux Obligations
relevant du Protocole de Kyoto élaboré par les Coprésidents. Dans
le chapitre Objectifs, l'AUSTRALIE, avec le CANADA, souhaita limiter
le système de mise en conformité aux seuls engagements incombant aux
Parties visées à l'Annexe I. L'UE suggéra d'ajouter un objectif
consistant en l'application du respect des obligations.
Dans le chapitre Caractère et Principes, les délégués
exprimèrent des points de vue différents sur le point de savoir si
oui ou non il fallait les inclure explicitement. L'ARABIE SAOUDITE et
la CHINE, contrées par l'AUSTRALIE et le CANADA, proposèrent de
préciser que le principe de responsabilités communes mais
différentiées s'appliquait entre les Parties visées et celles non
visées à l'Annexe I. L'AFRIQUE DU SUD, contrée par les ETATS-UNIS,
proposa d'ajouter le "principe de précaution."
Dans le chapitre Champ d'Application, l'AUSTRALIE suggéra de
préciser les dispositions concernant les obligations des Parties
visées à l'Annexe I auxquelles le système doit s'appliquer. Le
CANADA, les ETATS-UNIS, l'UE et la SUISSE appuyèrent le concept selon
lequel le système viendra s'appliquer à tous les engagements. Dans
le chapitre Fonctions de l'Institution chargée de la Conformité aux
Obligations, l'ARABIE SAOUDITE proposa d'ajouter que l'ensemble des
questions de conformité et de non-conformité ayant trait aux
activités relevant de l'Article 12 (MDP) seront traitées par le
Comité Exécutif du MDP. Appuyé par la NOUVELLE ZELANDE, le
délégué des ETATS-UNIS déclara que le texte doit préciser que le
système de mise en conformité est complémentaire à tous les
aspects en rapport figurant dans le Protocole. L'AUSTRALIE et l'UE
suggérèrent une fonction additionnelle consistant en la
détermination du point de savoir si oui ou non telle ou telle Partie
est en conformité avec Article 3.1.
Dans le chapitre Orientation, les ETATS-UNIS, l'AFRIQUE DU SUD et
la SUISSE, contrés par l'ARABIE SAOUDITE, favorisèrent un rôle pour
les rapports établis par les équipes d'experts chargées de la revue
(EER). Les ETATS-UNIS, la SUISSE, la NOUVELLE ZELANDE, le CHILI et le
BRESIL s'opposèrent à l'idée de conférer un rôle à la CdP/ MdP.
Le ROYAUME-UNI, contré par de nombreux délégués, plaida en faveur
d'un rôle pour le Secrétariat.
Dans le chapitre Diagnostic, la SUISSE souligna le besoin
d'identifier les critères à appliquer et, en vue d'aider les
délégués à se faire une idée plus claire sur les flux
d'informations nécessaires aux processus d'évaluation de mise en
conformité, d'élaborer un tableau récapitulatif. L'AFRIQUE DU SUD,
avec le ROYAUME-UNI, identifia deux processus de diagnostic: celui
consistant en la canalisation des cas vers le Forum approprié et
celui consistant à déterminer si tel ou tel cas est non fondé ou
"de minimis". Avec les ETATS-UNIS et le ROYAUME-UNI, mais
contrée par le CHILI et l'ARABIE SAOUDITE, l'oratrice déclara que le
premier pouvait être effectué par le Secrétariat. Elle ajouta que
la dernière tâche requérait la détermination du point de savoir si
dans tel ou tel cas, l'entreprise menée par une entité séparée
risquait de faire double emploi avec le travail de l'institution
chargé de la conformité aux obligations.
RAPPORT SPECIAL DU GIEC: Le Président du GIEC, Robert Watson,
présenta les principales conclusions du Rapport Spécial du GIEC sur
le thème Utilisation des Sols, Changements intervenus dans
l'Utilisation des Sols et Foresterie (LULUCF). Au sujet du cycle du
carbone, Bert Bolin déclara que les modèles écosystémiques
indiquent que l'absorption du CO2 atmosphérique additionnel provenant
des effets indirects des activités anthropiques est susceptible de se
maintenir pour plusieurs décennies dans les écosystèmes forestiers,
mais qu'elle risquait de diminuer graduellement. Robert Watson
souligna que la définition de l'afforestation, de la reforestation et
de la déforestation sera cruciale, car c'est elle qui permettra de
déterminer la quantité de ressources foncières devant être
soumises aux dispositions de l'Article 3.3 et le traitement du cycle
récolte - régénération. Au sujet du calcul de la quantité de
carbone, l'orateur présenta l'approche basée sur la surface des sols
et celle basée sur les activités, notant que dans la première, le
facteur activités anthropiques est difficile à déterminer et que la
seconde posait un risque de double comptage. Bernard Schlamadinger
parla des trois approches différentes de comptage appliquées au
scénario définitionnel de la FAO et à celui du GIEC, pour illustrer
l'effet des différentes approches retenues dans l'Article 3.3.
S'agissant de l'Article 3.4, Robert Scholes nota que la magnitude
des activités additionnelles pouvait être importante par rapport aux
obligations relevant de l'Article 3.1, et établit une distinction
entre les changements intervenus dans la gestion et ceux intervenus
dans le couvert terrestre. Il mit en exergue le vérifiabilité et les
effets et les avantages non climatiques associés comme autant de
questions clés pour la CdP.
Jayant Sathaye nota que l'expérience en matière de LULUCF est en
train d'être acquise à travers les activités de mise en œuvre
conjointe. Il parla des préoccupations posées par les projets LULUCF,
notamment de celles ayant trait à la permanence, aux points de
départ, au caractère additionnel, aux fuites de carbone, au suivi et
à la v�rification et � l'application des conditions de la
durabilit�. N.H Ravindranath mit l'accent sur les dispositions
relatives au LULUCF retenues dans les lignes directrices �labor�es
par le GIEC et la mani�re dont elles pouvaient �tre r�vis�es pour
accommoder les exigences du Protocole, y compris celles touchant aux
activit�s additionnelles relevant de l'Article 3.4 et aux activit�s
bas�es sur les projets. Peter Frumhoff d�clara qu'un syst�me de
crit�res et d'indicateurs pouvait s'av�rer utile � la comparaison
des effets du d�veloppement durable, � travers les possibilit�s
offertes par LULUCF. Il affirma qu'un potentiel de synergies avec
d'autres accords environnementaux multilat�raux existe bel et bien,
et que nombre de facteurs, comme les capacit�s institutionnelles et
techniques, la participation communautaire et le transfert des
technologies, sont cruciaux pour le renforcement de l'impact du
d�veloppement durable sur les activit�s LULUCF.
Dans le d�bat qui suivit, un certain nombre de d�l�gu�s
not�rent les incertitudes de la recherche et plusieurs d'entre eux
souhait�rent
des �claircissements sur les questions techniques. Les participants
soulev�rent �galement des questions ayant rapport avec: le
d�veloppement durable et la mise en place d'un cadre pertinent;
l'�vitement de la d�forestation dans les r�gions tropicales;
l'instauration d'une base harmonieuse pour les d�finitions
atmosph�riques; les effets du climat sur la photosynth�se dans les
r�gions tropicales; les potentialit�s offertes par les activit�s en
mati�re d'absorption de carbone devant constituer une part importante
des obligations des Parties vis�es � l'Annexe I; et les questions
touchant aux syst�mes de comptage des quantit�s de carbone.
RENFORCEMENT DES CAPACITES: Le Pr�sident Ashe d�clara que la
r�union visait � l'�laboration d'un projet de cadre pour le
renforcement des capacit�s, avec une premi�re s�ance ax�e sur les
�conomies en transition (EET). La FEDERATION DE RUSSIE souhaita
l'application d'un calendrier au renforcement des capacit�s. Le
CANADA encouragea les EET � int�grer le renforcement des capacit�s
dans les processus de planification nationaux et de proc�der � des
�changes d'exp�rience. Divers agence des ETATS-UNIS donn�rent un
aper�u sur leurs activit�s en la mati�re, au profit des EET. L'UE
souligna la n�cessit� de capacit�s institutionnelles dans le
domaine des inventaires et ceux relevant des Articles 5 et 7 du
Protocole. La ROUMANIE souligna l'importance du renforcement des
capacit�s pour les inventaires, les activit�s de mise en �uvre
conjointe et les cadres institutionnels et de r�gulation, et sugg�ra
l'insertion d'une r�f�rence au "d�veloppement des capacit�s."
La HONGRIE encouragea la fourniture d'efforts plus importants pour
l'harmonisation des actions de renforcement des capacit�s en faveur
des EET. ENVIRONMENTAL DEFENSE et le CANADA soulign�rent que le
renforcement des capacit�s doit avoir un caract�re durable. L'EGYPTE
sugg�ra d'�largir le renforcement des capacit�s � d'autres acteurs
et d'optimiser l'utilisation des institutions r�gionales. Le
d�l�gu� des ETATS-UNIS souligna le fait que les EET ont des
engagements � r�duire leurs �missions et sugg�ra d'utiliser les
m�canismes du Protocole pour soutenir le renforcement des capacit�s.
Faisant �tat des capacit�s scientifiques et techniques disponibles
dans les EET, la SUISSE mit en relief le besoin d'un soutien politique.
Le NIGERIA nota la n�cessit� d'un renforcement des capacit�s dans
le domaine de l'aptitude � n�gocier et donna un aper�u sur les
initiatives r�centes.
LIGNES DIRECTRICES DEVANT ENCADRER LES ARTICLES 5, 7 & 8 DU
PROTOCOLE: Sous-commission charg�e des Articles 5.2 (ajustements) et
8 (revue des informations): Le Copr�sident James Penman (Royaume-Uni)
demanda au Secr�tariat d'�laborer un nouveau Projet des Lignes
Directices devant Encadrer l'Article 8 du Protocole, sur la base de la
structure figurant dans la proposition de l'UE et comprenant des
chapitres consacr�s: � l'Approche G�n�rale, aux Soumissions des
Inventaires Nationaux, � l'Information concernant les Quantit�s
Assign�es, aux Syst�mes Nationaux, aux Registres Nationaux et, aux
Communications Nationales et Autres Engagements. Le groupe poursuivit
ensuite l'examen du Chapitre II consacr� aux lignes directrices. Dans
le paragraphe Classification des Probl�mes rencontr�s dans les
Inventaires, l'UE pr�senta son papier officieux pr�voyant, entre
autres, des cat�gories de probl�mes et l'enclenchement d'une
proc�dure exp�ditive. L'UE expliqua que dans le cadre de cette
proc�dure: les �quipes d'experts charg�es de la revue (EER)
notifieront la Partie soumise � l'�valuation et le comit� charg�
de la conformit� aux obligations quant � la nature du probl�me
constat�; les probl�mes enclenchant des proc�dures exp�ditives
seront assujettis � une �valuation durant la v�rification initiale
des inventaires; et des mesures temporaires seront appliqu�es en
attendant la r�solution du probl�me.
Sous-commission charg�e de l'Article 5.1 (syst�mes nationaux): La
sous-commission re�ut une version partiellement r��crite du second
Projet des Lignes Directrices devant encadrer les Syst�mes Nationaux
relevant de l'Article 5.1 du Protocole. Plusieurs d�l�gu�s firent
part de leurs points de vue sur l'�laboration des rapports concernant
les syst�mes nationaux et les liens avec l'Article 7. Les d�l�gu�s
approuv�rent �galement quelques modifications techniques mineures
apport�es aux sous-alin�as du chapitre consacr� � l'Elaboration
des Inventaires.