Les délégués près des réunions officieuses précédant les
SB-12 se sont réunis pour discuter: des politiques et mesures; des
lignes directrices devant encadrer les Articles 5 (questions
méthodologiques), 7 (communication des informations) et 8 (revue des
informations) du Protocole; des thèmes transversaux; de l'utilisation
des sols, des changements intervenus dans l'utilisation des sols et de
la foresterie; et des mécanismes.
LES REUNIONS ET LES ATELIERS OFFICIEUX
LES POLITIQUES ET MESURES: Le Président Dovland présenta un
résumé des conclusions de l'atelier de la CCCC sur les politiques et
mesures (P&M) tenu au mois d'avril à Copenhague, et demanda aux
délégués de soumettre leurs suggestions concernant les travaux
futurs. La plupart des délégués soulignèrent la valeur permanente
des échanges d'informations, mais certains firent part de leurs
réserves quant à la lourdeur du panier de travail prévu avant la
CdP-6. L'UE proposa la tenue d'ateliers additionnels consacrés à
l'examen des aspects techniques des P&M et mit l'accent sur le
besoin d'améliorer la quantification de l'évaluation des P&M au
niveau sectoriel. Le NIGERIA suggéra l'organisation d'ateliers
dédiés à l'examen des effets des P&M sur les pays en
développement et proposa que les P&M soient traitées en tant que
thème transversal avec l'Article 4.8 et 4.9 de la CCCC (effets
adverses). Les délégués proposèrent que le travail soit entrepris
plutôt par le Comité des Amis du Président que par un groupe de
contact.
Le JAPON et les ETATS-UNIS doutèrent de la valeur de l'utilisation
d'un ensemble d'indicateurs pour l'évaluation des politiques
nationales. Le CANADA, avec l'AUSTRALIE, appela à des indicateurs
tenant compte des circonstances nationales particulières. Le
représentant préféra le concept de "bonnes pratiques" à
celui des "meilleures pratiques" et, avec les ETATS-UNIS,
mit en relief l'importance du parachèvement des inventaires nationaux.
Les PAYS-BAS et la FRANCE déclarèrent que les inventaires, à eux
seuls, sont insuffisants pour l'évaluation de l'efficacité des
P&M.
LES LIGNES DIRECTRICES DEVANT ENCADRER LES ARTICLES 5, 7 & 8 DU
PROTOCOLE: Les délégués participant au sous-comité sur l'Article
5.1 (systèmes nationaux) poursuivirent la discussion du second Projet
des Lignes Directrices pour les Systèmes Nationaux relevant de
l'Article 5.1 du Protocole de Kyoto et approuvèrent l'introduction
d'amendements mineurs sur Autres Définitions, Fonctions Générales
et Fonctions Particulières. Le délégué des ETATS-UNIS suggéra
l'utilisation des mêmes définitions figurant dans le nouveau rapport
du GIEC sur l'Orientation en matière de Bonnes Pratiques. L'orateur
ajouta que les lignes directrices doivent être strictement limitées
à l'Article 5.1, et mit en garde contre toute référence à la
question de l'élaboration des rapports relevant de l'Article 7
(communication des informations) qui doit être traitée de manière
séparée. Il souhaita voir les Fonctions Particulières subdivisées
en planification, élaboration et gestion des inventaires. L'UE
souligna la nécessité d'intégrer l'établissement d'objectifs de
qualité en conjonction avec les thèmes de Contrôle de la Qualité
et de l'Assurance de la Qualité, ainsi que pour la considération de
nouveaux calculs dans la planification des inventaires. Avec la
BULGARIE, la représentante suggéra l'établissement d'une
distinction entre Contrôle de la Qualité et Assurance de la Qualité,
reconnaissant l'obligation plus forte de la mise en œuvre de la première.
Le sous-comité sur les Articles 5.2 (ajustements) et 8 (revue des
informations) poursuivit l'examen de la Partie I des Eléments du
Projet des Lignes Directrices relevant de l'Article 8 du Protocole de
Kyoto. Au sujet des Objectifs, l'ARABIE SAOUDITE souhaita l'insertion
d'un libellé spécifique sur les Articles 3.2 (progrès démontrables)
et 3.14. (effets adverses). Au sujet de l'Approche Générale, les
délégués discutèrent de l'impératif de clarifier les liens entre
les rapports des Equipes d'Experts chargées de l'Evaluation (ERT) et
le rôle des CdP/MdP et / ou de l'institution chargée de la
vérification de la conformité aux obligations qui pourrait être
établie. Au sujet de la Couverture, l'AUSTRALIE déclara que les
Lignes Directrices pouvaient être structurées sur la base du
calendrier de la soumission des informations, de l'Article dans le
cadre duquel les données sont soumises ou du type des thèmes
évalués.
Au sujet du Calendrier et des Procédures, l'UE déclara que la
période d'essai de l'évaluation des inventaires relevant de la CCCC
fournirait une orientation utile pour l'échéance proposée d'un an.
Les délégués abordèrent également: la nécessité de clarifier
les actions et les informations couvertes par la première
vérification du Secrétariat; les circonstances dans lesquelles la
visite de terrain pourrait avoir lieu; le point de savoir si de
nouveaux calculs sur la base de l'inventaire de l'année d'émission
peuvent avoir lieu; et le point de savoir si les Lignes Directrices
étaient autonomes par eux-mêmes. La SUISSE et l'UE déclarèrent que
les rapports des ERT devraient englober les questions identifiées et
la manière dont elles ont été traitées. Au sujet des Lignes
Directrices devant encadrer les ERT, les délégués convergèrent sur
la nécessité pour les directives concernant l'évaluation des
inventaires relevant du Protocole d'englober des fonctions
additionnelles et sur le besoin d'un seul et même processus
d'évaluation des inventaires effectués dans le cadre de la CCCC et
du Protocole. Au sujet de la Classification des Problèmes liés aux
Inventaires, l'EU fit circuler un papier officieux visant à aider à
la formation d'un rationnel pour le classement catégoriel des
problèmes. Au sujet de la Composition des ERT, les délégués
soulignèrent la nécessité de discuter de leur classe ou de leur
caractère spécial.
LES MECANISMES: L'Echange des Droits d'Emissions: Le Président
Chow mit en relief les principaux traits de l'échange des droits
d'émissions figurant dans le projet de texte de négociation. Au
sujet de la participation, l'une des options listées consistait à
requérir de la Partie de se mettre au préalable en conformité avec
ses obligations, tels que celles relatives aux Articles 5 et 7 et le
maintien de registres nationaux. Une autre option consistait à
suspendre la participation si la Partie n'est pas en conformité avec
ces obligations. Au sujet des modalités d'opération, les
propositions englobèrent la conduite des transactions à travers des
arrangements bilatéraux et multilatéraux entre les Parties visées
à l'Annexe I, à travers un échange ou à travers les deux à la
fois. Au sujet de la Responsabilité, les options avancées inclurent
celles de la responsabilité du vendeur, de la responsabilité
partagée et, de responsabilité de l'acquéreur, le dispositif
d'enclenchement de procédures, les réserves et les propositions
post-vérification. La SUISSE, contrée par le CANADA, proposa un
système annuel, dans lequel l'échange des droits d'émission serait
limité au surplus d'Unités de la Quantité Assignée (UQA) dans le
cadre du plan d'affectation. Avec la NOUVELLE ZELANDE et les
ETATS-UNIS, le CANADA apporta son appui à un régime contraignant le
vendeur, assorti d'un système efficace de vérification de la
conformité aux obligations. Le délégué des ETATS-UNIS mit en
exergue la nécessité de retenir des approches similaires pour les
Articles 4 (réalisation conjointe des obligations) et 17 (échange
des droits d'émission), étant donné que les deux permettent aux
Parties d'honorer leurs obligations de manière collective, et fit
remarquer que l'Article 4 se référait à la responsabilité du
responsable du transfert. TUVALU, au nom de l'AOSIS, souligna la
nécessité de systèmes d'échange respectant l'intégrité
environnementale et souhaita l'élaboration de l'idée des réserves
sur les obligations. La COLOMBIE mit l'accent sur le besoin d'un
système adapté à la mesure des émissions provenant des sources
fixes et mobiles. L'INDE souligna la nécessité de déterminer
d'abord le caractère, la nature et le volume des produits à
transférer. Le délégué affirma que le MDP risquait d'être
marginalisé par l'échange des droits d'émissions, en raison de ses
exigences en matière de développement durable.
La Mise en Œuvre Conjointe: Le Président Chow souhaita avoir les
points de vue des délégués sur l'assujettissement des projets mise
en œuvre conjointe à exigences du type de celles du MDP. Notant la
différence des objectifs du MDP et de la Mise en Œuvre Conjointe, le
JAPON et la POLOGNE plaidèrent contre l'introduction d'exigences
supplémentaires sur la mise en œuvre conjointe. La NOUVELLE ZELANDE,
avec les ETATS-UNIS, argua que les projets de mise en œuvre conjointe
ne doivent être assujettis à la même minutie que celle du MDP que
dans les cas où la Partie impliquée n'est pas en conformité avec
les obligations inscrites dans le cadre des Articles 5 et 7, et dans
les cas où les deux ont un impact sur le projet. L'UE appuya l'idée
d'avoir un cycle de projet de type MDP pour s'assurer de la
crédibilité environnementale du projet. Le NIGERIA fit part de ses
réserves concernant le risque de voir les la différence des coûts
de transaction réduire le choix du MDP et, avec l'INDE et la CHINE,
proposa des exigences similaires pour la mise en œuvre conjointe.
L'AFRIQUE DU SUD argua que la limitation des projets de mise en œuvre
conjointe aux seules Parties visées à l'Annexe I ne justifiait pas
le besoin d'avoir des exigences moins onéreuses. Le délégué des
ETATS-UNIS plaida contre l'imposition d'exigences de type MDP juste
pour s'assurer de la parité avec la mise en œuvre conjointe.
Les Positions de l'Industrie et des ONG Environnementales: Au cours
de la séance nocturne consacrée aux perspectives du monde des
affaires et des ONG par rapport aux mécanismes, les représentants de
la communauté industrielle, y compris la Chambre Internationale du
Commerce et le Partenariat International sur les Changements
Climatiques, recommandèrent, entre autres, que la CdP-6: s'accorde
sur des définitions claires de l'interchangeabilité et de la
négociabilité; évite toute restriction quantitative dans les
mécanismes; s'assure de la clarté des contrôles institutionnels
proposés pour le MDP; instaure un système de vérification de la
conformité fort et équitable; et approuve des mécanismes de
crédits rapides pour les projets MDP. La plupart des représentants
exprimèrent leur préférence pour l'option de la responsabilité du
vendeur.
Le Climate Action Network (CAN), au nom des ONG, déclara que la
participation des Parties visées à l'Annexe I dans les mécanismes
doit être articulée sur leur capacité de suivre et d'enregistrer
les émissions et les modifications au niveau des UQA. Au sujet de la
responsabilité, CAN plaida pour une forme hybride impliquant et le
vendeur et l'acquéreur, pour mieux s'assurer de l'efficacité
environnementale et renforcer la capacité du marché à améliorer la
conformité aux obligations. Au sujet du MDP, CAN déclara qu'il doit:
encourager le développement des marchés des technologies
énergétiques propres dans les pays du Sud; soutenir les priorités
de développement locales, régionales et nationales; exercer un
minimum d'effets environnementaux; et ne pas déstabiliser l'action
intérieure des Parties visées à l'Annexe I. CAN suggéra également
la prise de mesures pour l'amélioration de la participation du grand
public dans le Cycle des Projets MDP.
LES THEMES TRANSVERSAUX: Le Président Dovland déclara que cette
réunion visait à renforcer la cohérence et à éliminer le double
emploi dans les divers domaines en négociation. Il nota les liens
entre les travaux sur les mécanismes, la conformité aux obligations
et les Articles 5, 7 et 8, et sugg�ra le regroupement des th�mes
transversaux dans sept domaines: les informations compl�mentaires
ayant trait aux m�canismes; l'�valuation des activit�s ayant
rapport avec les m�canismes; les liens entre l'ajustement et les
proc�dures de mise en conformit�; les liens entre la classification
des probl�mes et la proc�dure de diagnostic; les questions ayant
trait � la mise en application; et les crit�res de participation
dans les m�canismes. L'orateur dressa ensuite une liste de 14
questions sp�cifiques en rapport avec ces th�mes transversaux,
identifiant dans la foul�e lequel des trois groupes de contact
�tablis celui qui devrait jouer un r�le leader dans la r�ponse �
chacune de ces questions. Il nota que d'autres questions pourraient
venir s'ajouter � la liste, et que des liens existaient sans doute
entre diverses questions en n�gociation, telles que ceux potentiels
entre les travaux sur les P&M et l'Article 4.8 et 4.9 de la CCCC
et l'Article 3.14 du Protocole.
Au sujet des th�mes transversaux additionnels, l'ARABIE SAOUDITE
s'interrogea, entre autres: sur les liens entre les p�nalit�s
financi�res pr�vues dans le cadre des r�gimes de conformit�
aux obligations et les Articles 2.3 et 3.14 du protocole; sur les
liens entre les m�canismes de conformit� aux obligations et les
Articles 5 et 7; et sur le point de savoir si une Partie vis�e �
l'Annexe I pouvait perdre son �ligibilit� � participer dans les
m�canismes s'il s'av�rait qu'elle n'est pas en conformit� avec les
obligations relevant d'autres Articles. Le GHANA souligna que les
dispositions de l'Article 12 (MDP) ne doivent pas �tre consid�r�es
comme venant remplacer celle des Articles 4.5 (transfert des
technologies) et 4.8 et 4.9 de la CCCC. Le d�l�gu� des ETATS-UNIS
souleva des questions concernant les liens entre l'Article 4 (r�alisation
conjointe des engagements) et les Articles 5, 7 et 8, les m�canismes
et le r�gime de mise en conform� aux obligations. L'UE souhaita en
savoir davantage sur les implications des diff�rentes options ayant
trait � la responsabilit� dans le domaine des rapports et des
�valuations pr�vus dans le cadre du syst�me de conformit� aux
obligations. L'orateur indiqua que la consid�ration des liens entre
les Articles 7 et 8, d'une part, et les Articles 6 et 12, d'autre
part, devrait �tre �largie aux liens avec l'Article 17.
L'UTILISATION DES SOLS, LES CHANGEMENTS INTERVENUS DANS
L'UTILISATION DES SOLS ET LA FORESTERIE: Les d�l�gu�s furent mis �
jour quant aux progr�s r�alis�s dans le groupe de contact charg�
de la compilation des propositions concernant le format des rapports.
Au sujet des principes directeurs et des crit�res d'identification
des activit�s additionnelles dans le cadre de l'Article 3.4 (changements
intervenus dans les stocks de carbone), le Copr�sident Philip Gwage (Ouganda)
souligna la n�cessit� d'une compatibilit� avec les objectifs de la
CCCC et affirma que la fixation du carbone n'est pas comparable aux
r�ductions d'�missions. L'UE d�clara que les crit�res doivent
�tre v�rifiables et doivent tenir compte des objectifs du
d�veloppement durable. L'oratrice ajouta que les changements
intervenant dans les stocks de carbone doivent �tre attribu�s aux
activit�s induites anthropiques. L'AUSTRALIE d�clara qu'une
attention doit �tre accord�e � l'utilisation des crit�res avant la
consid�ration de la nature et du champ d'action des principes
directeurs.
Le d�l�gu� des ETATS-UNIS proposa de commencer par les questions
identifi�es dans le cadre de l'Article 3.4 de la CCCC. Il souligna la
n�cessit� d'une vision globale pour s'assurer qu'un maximum
d'encouragements soient offerts aux Parties pour la r�duction des
�missions et l'am�lioration de la fixation du carbone, pr�cisant
que les mesures entreprises doivent pr�senter un bon rapport co�t /
efficacit�. Le CANADA souligna l'importance de placer l'accent sur le
contexte national de d�veloppement durable. TUVALU insista sur
l'adoption d'une approche plus large.
Le Copr�sident Thorgeirsson d�clara que la liste des principes
directeurs et des crit�res pouvait fournir un cadre pour les
soumissions des pays. Il sugg�ra de s�parer les principes directeurs
des crit�res. L'AUSTRALIE mit en garde contre la diff�rentiation
entre les principes directeurs et les crit�res, rappelant les
discussions similaires pr�c�dentes qui n'avaient pas abouti � un
accord. Appuy�e par le d�l�gu� des ETATS-UNIS, l'oratrice d�clara
que les principes directeurs devant encadrer les activit�s
additionnelles relevant de l'Article 3.4 existaient d�j� dans la
CCCC et dans le Protocole, et remit en question l'utilit� de la liste.
Les Copr�sidents se chargeront de la compilation des discussions pour
consid�ration � la prochaine r�union officieuse.
DANS LES COULOIRS
Certains participants ont estim� que la s�ance consacr�e aux
th�mes transversaux a servi de barom�tre pour la r�union qui semble
avoir commenc� de mani�re constructive. Nombre de participants ont
sugg�r� que le briefing du mercredi sur le Rapport Sp�cial du GIEC
constitue sans doute la session la plus vivace de la r�union, � ce
jour.