Publié par L'Institut International du Développement Durable
(IIDD)
Vol. 12 No. 121
jeudi 4 novembre 1999
LES FAITS MARQUANTS DE LA CdP-5 DE LA CCCC
MERCREDI 3 NOVEMBRE 1999
Les délégués près de la CdP-5 ont repris leur
réunion de haut niveau pour un échange de vues sur les progrès réalisés
à ce jour dans le traitement de la question des changements
climatiques et sur le travail qui reste à faire. Le Groupe de Travail
Conjoint (GTC) sur le respect des obligations a adopté les
conclusions préliminaires des coprésidents sur le respect des
obligations inscrites dans le cadre du Protocole de Kyoto. L'Organe
Subsidiaire de Mise en Œuvre (SBI) a adopté une décision sur les
communications des pays non visés à l'Annexe I et son rapport sur la
session. L'Organe Subsidiaire de Conseil Scientifique et Technologique
(SBSTA) a adopté son rapport sur la session et les conclusions préliminaires
portant, entre autres, sur “les bonnes pratiques,” l'utilisation
des terres, modifications intervenues dans l'utilisation des terres et
foresterie (LULUCF), et les émissions provenant des fuels utilisés
dans le transport international. La session conjointe SBI/SBSTA a
adopté les conclusions préliminaires sur les effets adverses, les
activités de mise en œuvre conjointe (AIJ), les mécanismes, le
renforcement des capacités et le respect des obligations.
SEGMENT DE HAUT NIVEAU
LES PROGRES REALISES: Au cours de la séance
du matin, les délégués devaient procéder à un échange de vues
sur les progrès dans le traitement de la question des changements
climatiques et sur les enseignements tirés et les défis à relever.
Plusieurs pays en développement Parties soulignèrent
la nécessité du transfert des technologie, du renforcement des
capacités, de ressources financières et de mesures d'adaptation.
Quelques Parties encouragèrent une focalisation accrue sur la
question des énergies renouvelables. Le BHUTAN et le BANGLADESH appelèrent
à une attention particulière aux besoins des pays les moins avancés.
La NOUVELLE ZELANDE mit l'accent sur le besoin d'une plus grande
attention aux gaz à effet de serre (GES) autres que le CO2.
L'INDONESIE mit en relief l'importance de l'évaluation
des avantages, et pas uniquement celle des coûts, du Protocole.
L'orateur appela à l'entrée en vigueur du Protocole en 2002. La
SUISSE, le JAPON et les PAYS-BAS exhortèrent les Parties à ne pas
attendre la ratification pour commencer la mise en application de
l'action de lutte contre les changements climatiques.
Concernant les leçons apprises, la FINLANDE,
avec le CANADA, mit en exergue les bonnes relations de travail entre
tous les partenaires et les détenteurs des enjeux dans la mise en œuvre
des politiques. Le délégué ajouta qu'il était nécessaire d'établir
le cadre et les règles devant régir les opérations de marché.
Quelques Parties mirent en relief l'implication du secteur privé. La
COMMISSION EUROPEENNE déclara que l'expérience a démontré que la réduction
des émissions est moins coûteuse que prévu et qu'elle mène à de
grands avantages. Avec la SUISSE et la HONGRIE, la représentante
souligna l'impératif d'intensifier l'action intérieure et appela à
la continuation des AIJ et à une transition sans heurts, plus tard,
vers le mécanisme pour un développement propre (MDP) et la mise en
œuvre conjointe (JI).
Les PHILIPPINES et le CANADA recommandèrent
l'utilisation des politiques avec lesquelles il n'y a rien à perdre.
La MALAYSIE et le MEXIQUE insistèrent sur la compatibilité dans les
politiques entre les différents fora environnementaux. La BULGARIE
appela à une réunion consacrée au traitement des traits
particuliers des pays en transition économiques (PTE) avant la CdP-6.
La SUEDE mit l'accent sur l'intégration
sectorielle, la responsabilité sectorielle et les instruments économiques
comme étant autant d'éléments cruciaux pour la mise en application
de la CCCC. L'ALLEMAGNE déclara que le traitement des changements
climatiques est susceptible de créer de nouveaux emplois.
Le NIGERIA déclara que les pays visés à
l'Annexe I restaient insensibles à ses préoccupations concernant les
effets des mesures de réponse sur son économie. L'IRAN mit en lumière
le besoin d'établir la confiance entre les pays industrialisés et
les pays en développement à travers une coopération pratique et
concrète. La CHINE déclara que les tentatives de certaines Parties
visant à amener les pays en développement à “participer de manière
significative” étaient en train de détruire les efforts visant à
construire une confiance entre les pays en développement et les pays
industrialisés.
LE CHEMIN A PARCOURIR: Au cours de la séance
de l'après-midi, les délégués procédèrent à un échange de vues
sur le chemin qui reste à parcourir dans la promotion de la mise en
application du Plan d'Action de Buenos Aires (PABA) et de l'entrée en
vigueur du Protocole de Kyoto.
Au sujet des résultats de la CdP-5, le
ROYAUME-UNI, appuyé par le KAZAKHSTAN et les ETATS-UNIS, mais contré
par l'ARABIE SAOUDITE, proposa une Déclaration de Bonn réaffirmant
la volonté politique d'achever l'exécution du PABA d'ici la CdP-6.
Le KOWEIT déclara que la proposition d'une Déclaration de Bonn était
prématuré.
Au sujet des préparatifs de la CdP-6, plusieurs
Parties appelèrent à l'intensification des efforts et au
renforcement du rôle du Président en vue de réussir la réaliser du
PABA d'ici la CdP-6. L'ARGENTINE, appuyée par la FINLANDE et le
BENIN, déclara que des approches innovantes étaient indispensables
et appela à l'établissement de petites cellules de travail pour les
travaux à réaliser d'ici la CdP-6. L'oratrice indiqua que les
regroupements traditionnels entre les pays pour l'élaboration de
positions communes n'étaient sans doute plus appropriés.
Le JAPON, appuyé par le KAZAKHSTAN, le BOTSWANA,
les ETATS-UNIS, le CANADA, le BENIN, l'ISLANDE, Le HONDURAS et
l'AFRIQUE DU SUD, suggéra que le Président de la CdP-5, Szyszko (Pologne),
soit investi du pouvoir de désigner un facilitateur spécial pour
assister les négociations et aider les Parties à concrétiser le
PABA d'ici la CdP-6.
L'AUSTRALIE proposa l'établissement d'une Grande
Commission (COW) présidée par un facilitateur investi de l'autorité
requise par le Président de la CdP-5. Le délégué des ETATS-UNIS déclara
qu'il pouvait apporter son soutien à cette proposition, mais la COW
ne devait pas se substituer à la proposition du Japon pour la
nomination d'un facilitateur. La BELGIQUE plaida pour une approche
souple et axée sur la réalisation d'un résultat probant, et déclara
que la COW ou tout autre nouvelle structure doit être transparente et
suivie par toutes les Parties.
La CHINE, avec l'ARABIE SAOUDITE, le VENEZUELA,
le KOWEIT, l'INDONESIE, et la LIBYE, fit objection aux propositions d'établir
de nouveaux groupes ou mécanismes
pour aider à la progression vers la CdP-6, soulignant que les organes
et les structures disponibles de la CCCC devaient servir à cette fin.
La CHINE, appuyée par le KOWEIT et d'autres, déclara que le
facilitateur ne saurait être en mesure de visiter et de conférer
avec toutes les Parties. Plusieurs Parties déclarèrent que tout
nouveau mécanisme ou groupe doit opérer dans la transparence et de
manière responsable. La NORVEGE déclara que les ministres doivent être
engagés dans le processus entre les CdP.
Parmi les autres sujets évoqués par les
Parties: la mise en application des Articles 4.8 et
4.9 de la CCCC (effets adverses); le cadre et les règles
devant régir le MDP et les autres mécanismes; la nécessité de
l'action intérieure; la supplémentarité des mécanismes; le
renforcement des capacités; les engagements volontaires; les AIJ; et
la ratification du Protocole.
GROUPE DE TRAVAIL CONJOINT SUR LE RESPECT DES
OBLIGATIONS
Le Coprésident Rønneberg (Iles Marshall) présenta
le projet de rapport du GTC sur ses travaux durant la 11ème session
du groupe conjoint SBI/SBSTA, ainsi que la décision sur les travaux
futurs du GTC annexée à ce rapport. Le GTC examina le projet de décision
qui requiert du GTC de présenter un rapport à la CdP-6 pour lui
permettre d'adopter une décision sur le système de conformité aux
obligations. Le ROYAUME-UNI, le CHILI, la MICRONESIE, les ILES COOK,
la SUISSE, les ETATS-UNIS, TUVALU, l'AOSIS, le CANADA, le JAPON,
l'AUTRICHE, KIRIBATI, l'UE, la NOUVELLE ZELANDE, la FRANCE, la GAMBIE,
le BRESIL, l'AFRIQUE DU SUD, l'AUSTRALIE, la SLOVENIE, la NORVEGE, la
POLOGNE, la BELGIQUE et l'ALLEMAGNE appuyèrent l'adoption du projet
de décision des Coprésidents sous sa forme actuelle. Le QATAR, le
KOWEIT, le SOUDAN, le VENEZUELA, l'ARABIE SAOUDITE, la LIBYE,
l'ALGERIE, le NIGERIA, la SYRIE, OMAN et la JORDANIE suggérèrent une
formulation alternative stipulant que le GTC présentera un rapport à
la CdP-6 “en vue” de l'adoption d'une décision sur le système de
conformité aux obligations, ce libellé étant plus compatible avec
le PABA. Le GTC adopta le projet de rapport, non sans avoir pris note
des points de vues exprimés. Rønneberg suggéra que la différence
des ambitions soit traitée dans la réunion conjointe SBSTA/SBI.
REUNION CONJOINTE SBSTA/SBI
RENFORCEMENT DES CAPACITES: Les délégués
transmirent une recommandation appelant la CdP-5 à adopter les
projets de décisions sur le renforcement des capacités dans les pays
en développement (FCCC/SB/1999/CRP.9) et le renforcement des capacités
dans les pays en transition économique (FCCC/SB/1999/CRP.10). Le délégué
des ILES MARSHALL fit part de son opposition à une approche verticale
et introduisit une réserve concernant la requête faite au Secrétariat
d'établir une coordination avec les institutions bilatérales et
multilatérales dans l'élaboration des éléments du cadre nécessaire
aux activités de renforcement des capacités.
MECANISMES: Les délégués adoptèrent
les conclusions préliminaires, notamment le projet de décision sur
les mécanismes inscrits dans le cadre des Articles 6 (JI), 12 (MDP)
et 17 (Echange des droits d'émission) du Protocole (FCCC/SB/
1999/CRP.6).
ACTIVITES DE MISE EN ŒUVRE CONJOINTE: Les
délégués adoptèrent les conclusions préliminaires sur la phase
pilote des AIJ, notamment le projet de décision recommandé à la
CdP-5 pour adoption (FCCC/SB/1999/CRP.5). Quelques amendements mineurs
furent introduits par le président du groupe de contact sur les AIJ,
de Boer (Pays-Bas), et le paragraphe portant sur l'éligibilité des
AIJ à être intégré dans le la JI et le MDP fut supprimé.
EFFECTS ADVERSES: Les délégués adoptèrent
la recommandation faite à la CdP-5 d'entériner les projets de décisions
sur la mise en application des Articles 4.8 et 4.9 de la CCCC (Décision
3/CP.3 et Articles 2.3 et 3.14 du Protocole) et sur les questions
touchant à l'Article 3.14 du Protocole (FCCC/ SB/1999/CRP.8).
RESPECT DES OBLIGATIONS: Les d�l�gu�s
examin�rent le rapport du GTC sur ses travaux durant SB-11, ainsi que
la d�cision en annexe sur les travaux futurs (FCCC/SB/1999/CRP.7).
L'IRAN requit de l'ARABIE SAOUDITE et des pays au nom desquels elle
parlait de se joindre au consensus. Le repr�sentant de l'ARABIE
SAOUDITE nota que compte tenu du fait que le groupe conjoint SBI/SBSTA
a recommand� l'adoption du projet de d�cision sur les effets
adverses, il se joignait au consensus. Le rapport et la d�cision en
annexe furent adopt�s.
SBI
Le Pr�sident du groupe de contact sur les
communications des pays non vis�s � l'Annexe I, Mohamed Ould el
Ghaouth (Mauritanie), introduisit les amendements apport�es � la d�cision
sur cette question (FCCC/ SBI/1999/CRP.10/Add.1), dont: une requ�te
invitant le groupe d'experts consultatif d'examiner, �le cas �ch�ant�
les besoins et les disponibilit�s en mati�re de ressources financi�res
et de soutien technique; et une requ�te appelant le Secr�tariat �
mettre lescommunications des pays vis�s � l'Annexe I, sur le site
Internet de la CCCC. La d�cision fut adopt�e telle qu'amend�e.
Les d�cisions sur la recette et la performance
budg�taire de la biennale 1998 - 1999 (FCCC/SBI/1999/L.9) et sur le
budget programmatique de la biennale 2000 - 2001 (FCCC/SBI/1999/L.8)
furent adopt�es, sachant que l'�chelle des contributions qui s'y
retenue n'�tablira pas de pr�c�dent. Les d�l�gu�s adopt�rent
ensuite le projet de rapport du SBI-11 (FCCC/SBI/ 1999/L.11).
SBSTA
COMMUNICATIONS NATIONALES DES PARTIES VISEES A
L'ANNEXE I: Les d�l�gu�s adopt�rent par consensus les
conclusions pr�liminaires du Pr�sident et recommand�rent � la CdP
un projet de d�cision sur �les bonnes pratiques en mati�re de
politiques et de mesures� (FCCC/SBSTA/1999/ CRP.10).
LULUCF: Le Pr�sident du SBSTA, Dovland (Norv�ge),
rappela que les d�l�gu�s avaient d�j� adopt� la plupart des
conclusions pr�liminaires et indiqua que le nouveau document (FCCC/SBSTA/1999/
CRP.8/Rev.2) comprenait une d�cision sur la question dans laquelle la
CdP endosse le programme de travail et les �l�ments du cadre d�cisionnel
n�cessaire au traitement de LULUCF. Le d�l�gu� des ILES MARSHALL
fit enregistrer ses r�serves concernant les tentatives des
institutions financi�res internationales et du m�canisme de
financement, d'influencer les d�cisions des gouvernements. Les
projets de conclusions et de recommandation furent adopt�s.
EMISSIONS PROVENANT DES FUELS UTILISES DANS LE
TRANSPORT INTERNATIONAL: Les d�l�gu�s adopt�rent les
conclusions pr�liminaires et le projet de d�cision (FCCC/SBSTA/1999/
CRP.11) apr�s la suppression de deux paragraphes alternatifs, le
premier, appelant l'ICAO et l'OMI � poursuivre leurs efforts visant
la limitation des GES, en tenant compte des Articles 2 (objectifs) et
3 (principes) de la CCCC et, en particulier, du principe des
responsabilit�s communes mais diff�renci�es; et le second, appelant
� la prise en consid�ration des objectifs du Protocole et de la CCCC.
COOPERATION AVEC LES ORGANISATIONS
SCIENTIFIQUES: Au sujet du projet de d�cision encourageant les
Parties et les OIG � fournir un soutien financier au GIEC (FCCC/SBSTA/1999/CRP.9),
les d�l�gu�s exprim�rent des avis diff�rends sur la n�cessit�
d'une r�f�rence au FEM. L'UE, avec l'AUSTRALIE et le CANADA, y fit
objection, le FEM n'�tant pas en mesure de le faire. La CHINE d�clara
que les fonds du FEM suffisaient � peine � la couverture des 130
pays en d�veloppement. Le BRESIL souhaita le maintien de la r�f�rence,
le FEM �tant le m�canisme de financement de la CCCC et une bonne
partie des finances du GIEC �tant utilis�e pour la couverture de la
participation des pays en d�veloppement. Les Parties adopt�rent la d�cision
apr�s avoir supprim� la r�f�rence au FEM, invitant toutefois le
SBI � �consid�rer la question du soutien du GIEC au SB -12, dans
le contexte des recommandations additionnelles adress�es au FEM.�
Les d�l�gu�s adopt�rent le projet de rapport du SBSTA-11 (FCCC/SBSTA/
1999/L.11).
DANS LES COULOIRS
En d�pit de l'accord qui r�gne entre les
ministres participant au segment de haut niveau, sur la n�cessit�
d'intensifier les efforts dans les pr�paratifs de la CdP-6, la
proposition du Japon appelant � la d�signation d'un facilitateur
pour aider le Pr�sident de la CdP-5 dans la conduite des
consultations et dans le maintien de la dynamique politique n�cessaire,
a �t� accueillie avec des sentiments mitig�s, dans les couloirs.
Alors que certains consid�rent qu'un facilitateur � plein temps
serait indispensable pour l'acc�l�ration du rythme des n�gociations
d'ici la CdP-6, d'autres pensent que cela risque de porter pr�judice
au caract�re ouvert et participatif du processus, que beaucoup
tiennent pour �l�ment crucial pour la r�alisation d'un r�sultat
probant � la CdP-6. Un certain nombre d'observateurs lient la
proposition nipponne au fait que la CdP-6 doit avoir lieu dans les
meilleurs d�lais. Quelques-uns ont sugg�r� que la cl� de la r�ussite
de la CdP-6 pourrait bien r�sider dans la combinaison d'une approche
enti�rement participative, appuy�e par le renforcement des capacit�s,
avec l'�lan politique qu'un facilitateur pourrait insuffler au
processus.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
SEGMENT DE HAUT NIVEAU: La CdP-5 reprendra
le segment de haut niveau � 10h, en Pl�ni�re I, pour un �change de
vues entre les participants.
PLENIERE: La CdP-5 se r�unira en Pl�ni�re
� 16h pour examiner les rapports des organes subsidiaires.
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