Publié par L'Institut International du Développement Durable
(IIDD)
Vol. 12 No. 120
mercredi 3 novembre 1999
LES FAITS MARQUANTS DE LA CDP-5 DE LA CCCC
MARDI 2 NOVEMBRE 1999
Les délégués près de la CdP-5 se sont réunis,
le matin, en séance Plénière pour entendre les déclarations des
Etats observateurs, des OIG, des ONG et des organes des Nations Unies.
L'après-midi et le soir, les délégués devaient entendre les déclarations
de 101 ministres et autres chefs de délégation, au cours du segment
de haut niveau. Le groupe de contact sur les mécanismes s'est réuni
pour poursuivre ses discussions, et des consultations informelles ont
été menées sur les émissions provenant de la combustion du fuel,
les effets adverses et le respect des obligations.
PLENIERE
Déclarations des Etats observateurs, des OIG,
ONG et des organes des Nations Unies: Concernant les progrès réalisés
dans les négociations sue les changements climatiques, PALAU déclara
qu'il était déçu quant au manque de progrès enregistré à la
COP-5. L'OPEP déclara que la mise en application du Protocole de
Kyoto causera des pertes économiques importantes aux Parties membres
de l'OPEP, et appela à une répartition équitable des coûts de
l'atténuation des changements climatiques. FRANCISCAN INTERNATIONAL déclara
trouver “disgracieux” le fait que l'entrée en vigueur du
Protocole soit retardée et, avec CLIMATE ACTION NETWORK - EUROPE (CAN
- E), appela à ce que celle-ci se fasse à l'occasion de Rio+10.
Au sujet des mécanismes du Protocole, WORLD
BUSINESS COUNCIL FOR SUSTAINABLE DEVELOPMENT encouragea l'élaboration
d'une définition des mécanismes régissant la structure et
recommanda le recours aux cadres du commerce et de l'investissement
disponibles. Concernant le mécanisme pour un développement propre (MDP)
et la mise en œuvre concertée (JI), CAN - E déclara que le MDP et
la JI devaient exclure l'énergie nucléaire, le charbon propre et
grands ouvrages hydrauliques. Le PNUD offrit son assistance en matière
de renforcement des capacités pour le MDP et la JI. L'ONUDI déclara
être engagé pour la réussite du MDP en Afrique. CAN – ASIE DU SUD
EST déclara qu'essayer de lier les AIJ au MDP créera une nouvelle brèche
permettant aux Parties de revenir sur leurs engagements. La BANQUE
MONDIALE nota que ses programmes touchant aux activités de mise en œuvre
conjointe (AIJ) avaient fourni des enseignements utiles aux Nord et au
Sud, et fit part de sa volonté de les étendre de manière à couvrir
les pays qui avaient été moins bien servi par la phase pilote.
FRANCISCAN INTERNATIONAL déclara que la JI doit être utilisée pour
promouvoir le développement propre et s'opposa à l'idée de retenir
l'énergie nucléaire comme option. Le NUCLEAR ENERGY FORUM déclara
que le choix de l'énergie nucléaire doit s'effectuer en fonction des
circonstances particulières de chacun des pays.
Concernant la mise au point et le transfert des
technologies, le BUSINESS COUNCIL FOR SUSTAINABLE ENERGY souligna la nécessité
d'encourager la participation du secteur privé. La BANQUE MONDIALE
nota être en train de mettre sur pied le prototype de son fonds de
carbone comme moyen de promotion des technologies propres.
Au sujet du renforcement des capacités, le FEM
donna un aperçu sur ses activités en cours et programmées visant à
soutenir les initiatives prises dans le domaine des changements
climatiques et nota que la plupart de ses projets comprenaient une
composante renforcement des capacités.
Au sujet des interconnections, la CONVENTION SUR
LA LUTTE CONTRE LA DESERTIFICATION, la CONVENTION SUR LA DIVERSITE
BIOLOGIQUE et la CONVENTION DE RAMSAR SUR LES TERRES HUMIDES notèrent
les synergies et les potentialités d'une plus grande coopération
entre la CCCC et leurs conventions respectives.
Segment Scientifique Spécial: Lors de la réunion
Plénière scientifique spéciale, l'OMM indiqua que la concentration
atmosphérique des gaz à effet de serre (GES) induits par l'homme et
la moyenne de la température de surface de la terre continueront à
augmenter, et nota que le recouvrement attendu de la couche d'ozone
donnera lieu à un renforcement des concentrations de GES. Le GIEC déclara
que la question n'est plus de savoir si le climat de la terre allait
changer, mais quand, où et combien. Le PNUD souligna l'importance de
l'action domestique et exhorta les Parties à ratifier le Protocole
pour assurer son entrée en vigueur d'ici 2002.
SEGMENT DE HAUT NIVEAU
Le Président de la CdP-5, Jan Szyszko, ouvrit la
réunion de haut niveau et souhaita la bienvenue aux participants.
Klaus Töpfer, Directeur Exécutif du PNUE, affirma que la science a
fourni une base rationnelle au traitement des changements climatiques.
L'orateur indiqua que les pays industrialisés avaient besoin de
revoir leurs modes de consommation et de production, soulignant que
les technologies permettant de réaliser les objectifs du protocole étaient
disponibles. Il précisa que la ratification d'ici 2002 était un
objectif réalisable.
Michael Zammit-Cutajar, Secrétaire Exécutif de
la CCCC, déclara que pour la réussite des négociations basée sur
le PABA: les grandes économies industrielles doivent engager une
action domestique dans les meilleurs délais; le MDP doit constituer
la pierre angulaire des discussions Nord - Sud à la CdP-6; les points
d'achoppement de la réalisation et considération des communications
nationales des Parties non visées à l'Annexe I doivent être traités;
un régime crédible interdisant que la réalisation des objectifs par
le seul biais du “hot air” et des “puits d'absorption” doit être
mis en place; et le Protocole doit entrer en vigueur d'ici l'an 2002.
NDLR: Pour les déclarations intégrales
de la Plénière, visitez: http://193.159.251.11/cop5/
CdP-6: concernant l'état d'avancement des
négociations, plusieurs Parties exprimèrent l'espoir de voir les
textes de négociation clés, tels que ceux portant sur le respect des
obligations et sur les mécanismes, être produits à la CdP-5 de manière
à garantir la réalisation du PABA d'ici la CdP-6.
Ratification du Protocole: Plusieurs
Parties appuyèrent l'idée de voir le Protocole entrer en vigueur
d'ici Rio+10, en 2002; dont: la BULGARIE, le CARICOM, l'UE,
la FRANCE, l'ALLEMAGNE, HAITI, l'IRLANDE, l'ITALIE, le JAPON,
l'ESPAGNE, la SUEDE et le ROYAUME-UNI. L'UE déclara que des
engagements de réduction d'émission plus ambitieux que ceux approuvés
à Kyoto, sont nécessaires.
Mécanismes: Plusieurs Parties déclarèrent
que l'utilisation des mécanismes doit être complémentaire à
l'action intérieure. L'UE mit l'accent sur sa proposition établissant
un plafonnement à l'utilisation des mécanismes, et encouragea l'élaboration
d'un texte de négociation révisé par la CdP-6. Plusieurs Parties
appuyèrent une prompte adoption des principes, modalités, règles et
lignes directrices devant régir l'utilisation des mécanismes. Le
G-77/CHINE déclara que les différences de caractère, de portée,
d'objectif et de participation entre les trois mécanismes, doivent être
décidées avant la prise de décisions sur les modalités, les
questions opérationnelles et méthodologiques et les arrangements
institutionnels. Le délégué des ETATS-UNIS appela à la nécessité
d'avoir des mécanismes efficaces du point de vue coût et une
participation significative des pays en développement.
MDP: Le G-77/CHINE indiqua que c'est le
gouvernement hôte qui doit déterminer si un projet donné correspond
bien aux objectifs de son développement durable. Plusieurs Parties déclarèrent
que les projets d'énergie nucléaire ne devaient être éligibles ni
dans le cadre du MDP ni dans celui de la JI. Nombre de pays en développement
Parties déclarèrent que l'éradication de la pauvreté continuait à
être leur plus grande priorité et que le FEM devait continuer à
financer les projets qui ne sont pas éligibles pour le MDP. Le GROUPE
AFRICAIN déclara que les sujets de création de forêts, de
reboisement et de préservation/réhabilitation des terres humides
devaient figurer en bonne place dans le cadre des projets du MDP. La
SLOVAQUIE, au nom du Groupe VISEGRAD des pays d'Europe centrale, déclara
que les règles régissant la JI et le MDP doivent entrer en phase
d'exécution simultanément.
Respect des obligations: Plusieurs Parties
appelèrent à un système de mise en conformité efficace et fort. Le
G-77/CHINE plaida pour un système exhaustif, efficient et juste. L'UE
appela à un texte de négociation révisé pour la décision devant
être adoptée à la CdP-6. Plusieurs Parties appelèrent à une
progression substantielle à la CdP-5.
AIJ: Le G-77/CHINE appuya la continuation
de la phase pilote et, avec la ZAMBIE, mit en relief le déséquilibre
de la répartition géographique des projets AIJ. Le GROUPE AFRICAIN déclara
que la question de l'accès au financement du développement à
travers les AIJ nécessitait une résolution urgente à la CdP-5.
Mise au point et transfert des technologies: Le
G-77/CHINE indiqua que les pays en développement rencontraient des
contraintes dues au manque: des technologies et du “savoir-faire”
nécessaires; des ressources institutionnelles et financières
appropriées; et de forums réguliers d'échange d'idées et d'élaboration
de positions. Plusieurs Parties pays en développement déclarèrent
que le transfert des technologies écologiquement rationnelles (TER)
est la seule voie permettant aux pays en développement d'éviter un
essor non durable.
PUITS D'ABSORPTION/LULUCF: L'AUSTRALIE,
avec d'autres, déclara que les puits d'absorption pouvaient
contribuer à assurer de meilleurs résultats pour l'environnement en
diminuant le coût des actions de réduction. L'AOSIS fit part de ses
réserves concernant le risque de voir l'inclusion des modifications
intervenues dans l'utilisation des terres dans les inventaires
nationaux, permettre aux pays de recalculer leurs inventaires et
“d'effacer” une partie importante de ce qui a été réalisé à
Kyoto.
Effets adverses: Le G-77/CHINE, le NEPAL
et d'autres déclarèrent que les pays en développement sont les plus
touchés par l'évolution climatique, et que les pays visés à
l'Annexe I doivent honorer leurs engagements relatifs à la mise à
disposition des ressources financières et du transfert des
technologies. Plusieurs pays en développement Parties soulignèrent
la nécessité de rendre opérationnels les Articles 4.8 et 4.9 de la
CCCC et l'Article 3.14 du Protocole (effets adverses).
Participation/Engagement volontaire:
Plusieurs Parties not�rent le besoin d'une participation mondiale.
L'AOSIS et d'autres soulign�rent qu'au moment opportun, il sera n�cessaire
pour tous les pays de participer formellement dans les efforts visant
� r�duire les �missions de GES. L'ARGENTINE annon�a qu'elle a
adopt� un objectif volontaire pour la r�duction des �missions de
GES, notant qu'elle n'avait pas pour autant l'intention d'abandonner
son statu de Partie non vis�e � l'Annexe I. L'oratrice indiqua que
l'objectif consistait � r�aliser une r�duction 2 � 10% au-dessous
du niveau habituel au cours de la p�riode 2008 - 2012. Le KAZAKHSTAN
fit part de son intention de se joindre � l'Annexe I de la CCCC. Le
JAPON, les ETATS-UNIS, l'AUSTRALIE et d'autres accueillirent
favorablement les initiatives du Kazakhstan et de l'Argentine. L'UE d�clara
que le moyen �ventuel d'amener l'ensemble des pays � limiter leurs
�missions de GES est de parvenir � un accord sur l'augmentation de
la participation mondiale apr�s la premi�re p�riode d'engagement.
La CHINE et l'INDE d�clar�rent que la principale responsabilit�
incombait aux pays vis�s � l'Annexe I. La CHINE d�clara qu'elle ne
prendra pas d'engagement avant d'avoir atteint �un niveau moyen de d�veloppement.�
Action int�rieure: Plusieurs Parties d�clar�rent
que les politiques et mesures int�rieures doivent constituer les
principaux moyens de r�alisation des objectifs de Kyoto. Le
G-77/CHINE et l'AOSIS firent part de leur d�ception concernant les
donn�es d'�mission r�centes qui ont r�v�l� que bon nombre de
Parties vis�es � l'Annexe I sont en train de d�passer de mani�re
significative leurs niveaux de1990. L'UE d�clara que les pays
industrialis�s doivent montrer l'exemple.
Renforcement des capacit�s: Le
G-77/CHINE, le GROUPE AFRICAIN et d'autres affirm�rent que le
renforcement des capacit�s �tait n�cessaire pour s'assurer d'une
participation significative des pays en d�veloppement. Le BANGLADESH
appela les Parties � r�server des fonds FEM pour les pays les moins
avanc�s (PMA). L'ALLEMAGNE exhorta les pays donateurs � fournir des
moyens financiers permettant d'assurer les op�rations du FEM.
Communications des Parties non vis�es �
l'Annexe I: Le G-77/CHINE souligna l'insuffisance des ressources
financi�res pour la couverture des �co�ts globaux approuv�s� n�cessaires
� l'�laboration des communications des pays non vis�s � l'Annexe
I.
Les Parties devaient souligner, en outre, la n�cessit�:
d'un m�canisme de financement capable d'aider les petits Etats
insulaires (SIDS) � r�aliser des capacit�s en mati�re d'adaptation;
d'un leadership fort issu des pays vis�s � l'Annexe I dans la prise
des responsabilit�s de l'action dans le domaine des changements
climatiques; et d'une r�union consacr�e � l'exploration des besoins
des Parties pays en transition �conomique.
A 20h, pr�s de 50 orateurs devaient encore faire
une adresse � la Pl�ni�re.
GROUPE DE CONTACT SUR LES MECHANISMES
Les d�l�gu�s transmirent aux SBI/SBSTA le
projet de d�cision et les conclusions pr�liminaires du Pr�sident
sur les m�canismes, demandant aux Pr�sidents du SBSTA et du SBI de r�viser
et de mettre � jour la synth�se des propositions avanc�es par les
Parties, sur la base des nouvelles soumissions.
Les d�l�gu�s exprim�rent leurs points de vue
sur le cycle des projets d'�change de droits d'�mission. L'AOSIS
souhaita l'�tablissement d'un ensemble commun de principes dans tous
les m�canismes, y compris les principes d'int�grit�
environnementale et d'additionalit�. Le d�l�gu� des ETATS-UNIS d�clara
que l'int�grit� du syst�me des �changes de droits d'�mission doit
se fonder sur le monitoring et l'�laboration des rapports dans le
cadre des Articles 5 (questions m�thodologiques) et 7 (communication
des donn�es) su Protocole et sur la tenue de registres. Le G-77/CHINE
d�clara que le caract�re et la port�e de l'�change des droits d'�mission
doivent �tre d�termin�s avant la mise en place des d�tails op�rationnels.
Le porte-parole ajouta que postulat stipulant �qu'on ne peut pas
vendre ce qu'on ne poss�de pas� doit circonscrire le caract�re et
la port�e des �changes de droits d'�mission. Les ETATS-UNIS et
d'autres not�rent la n�cessit� d'�laborer des m�canismes
efficaces du point de vue co�t. L'UE souligna le besoin de soutenir
les m�canismes par des exigences de suivi et de rapports rigoureux.
La SUISSE sugg�ra �un mod�le de v�rification � posteriori� o�
les unit�s de r�duction d'�mission ne pourraient �tre transf�r�es
qu'apr�s avoir �t� certifi�es �tre en exc�dent des quantit�s
assign�es. Les Parties exprim�rent �galement leurs points de vue
sur: les notions de �fongibilit�,� de responsabilit� et de tenue
de journaux comptables.
DANS LES COULOIRS
Des r�serves concernant �la bonne foi� de
certains n�gociateurs ont �t� exprim�es par un certain nombre de
participants qui estiment que les d�clarations de volont� politique
du segment de haut niveau n'ont pas r�ussi � cadrer le fait que les
niveaux d'�mission de nombreuses Parties vis�es � l'Annexe I sont,
de mani�re significative, sup�rieurs � leurs niveaux de 1990.
D'autres ont d�clar� �tre exasp�r�s par certaines Parties soup�onn�es
de n'assister aux sessions que dans l'unique objectif de retarder ou
de miner l'accord, et qu'ils en sont � r�fl�chir aux voies et
moyens d'une prise d'action officielle pour leur r�primande ou
exclusion. Certains ont mis en exergue l'importance de cette question
pour la CdP-6, sachant que le G-77/Chine y sera le Pr�sident entrant.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE: La CdP-5 reprendra sa r�union
de haut niveau � 10h en Pl�ni�re I pour un �change de vues entre
les participants.
GTC: Le GTC sur le respect des obligations
se r�unira en nocturne pour l'adoption de ses conclusions et projets
de d�cision.
SBSTA: Le SBSTA se r�unira dans la soir�e
pour examiner les points de l'ordre du jour rest�s en suspens, ainsi
que le rapport de la session.
SBI: Le SBI se r�unira dans la soir�e
pour examiner le rapport de la session.
SBI/SBSTA: Une session conjointe SBI/SBSTA
se tiendra dans la soir�e pour la conclusion des travaux.
CONSULTATIONS INFORMELLES: Des
concertations officieuses seront tenues sur les questions d'effets
adverses et de �bonnes pratiques.� Consultez le tableau
d'affichage pour de plus amples d�tails.
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