Publié par L'Institut International du Développement Durable
(IIDD)
Vol. 12 No. 118
lundi 1 novembre 1999
LES FAITS MARQUANTS DE LA CdP-5 DE LA CCCC
ASAMEDI 30 OCTOBRE 1999
Les délégués se sont réunis, l'après-midi,
en séance du Groupe de Travail Conjoint
(GTC) sur le respect des obligations pour poursuivre l'examen
des procédures et mécanismes ayant trait à la conformité aux
obligations inscrites dans le cadre du Protocole de Kyoto. Des groupes
de contact se sont tenus pour considérer les thèmes suivants: effets
adverses; activités de mise en oeuvre conjointes (AIJ);
communications des pays visés à l'Annexe I; renforcement des capacités;
utilisation des terres, modifications de l'occupation des sols et
foresterie (LULUCF); communications des pays non visés à l'Annexe I;
et mécanismes du Protocole.
GROUPE DE TRAVAIL CONJOINT SUR LE RESPECT DES
OBLIGATIONS
Le Coprésident Espen Rønneberg (Iles Marshall)
déclara que le GTC doit présenter à la CdP-5, un rapport sur l'état
d'avancement de ses travaux, et requit de la CdP la prise de mesures
incluant, si nécessaire, l'établissement d'un groupe de travail spécial
sur le thème du respect des obligations. Il indiqua que les
consultations ont révélé que le GTC doit poursuivre ses travaux
jusqu'à la CdP-6. Il présenta les conclusions préliminaires des
Coprésidents, ainsi que le projet de décision concernant les travaux
futurs du GTC.
Le projet de conclusions stipule, entre autres,:
que beaucoup reste à faire et que le GTC doit se mouvoir de manière
progressive vers la négociation; que les Coprésidents doivent développer
davantage les éléments de la procédure ayant trait au respect des
obligations, en procédant à l'intégration des propositions des
Parties; et, que ce papier recevra un examen complet par les Parties
au SB-12 et qu'il servira de plate-forme pour la négociation.
Plusieurs délégués déclarèrent que le projet de conclusions
fournissait un texte utile pour l'avancement du travail. L'ARABIE
SAOUDITE, la CHINE, les ETATS-UNIS, le NIGERIA et le BRESIL déclarèrent
que le papier des Coprésidents devrait être fondé sur davantage de
sources d'information. Des délégués suggérèrent que les données
additionnelles pourraient être tirées des propositions disponibles
et de celles qui seront soumises encore par les Parties, ainsi que des
discussions menées au cours de la session en cours du GTC et des
conclusions de l’atelier prévu. La CHINE, l'IRAN et l'ARABIE
SAOUDITE, contrés par l'UE et l'AUSTRALIE, suggérèrent que le
papier serve de plate-forme à "la considération" du thème
du respect des obligations. Le NIGERIA ajouta que rien dans le Plan
d'Action de Buenos Aires (PABA) n'exigeait du GTC l’achèvement de
son travail d'ici la CdP-6. Le ROYAUME-UNI, contré par les ETATS-UNIS,
proposa que le papier serve de plate-forme aux négociations sur le
respect des obligations, à la prochaine session du GTC.
Les paragraphes opérationnels du projet de décision
concernant les travaux futurs du GTC sur le thème du respect des
obligations requièrent du GTC de "poursuivre ses travaux"
au-delà de la CdP-5 et "d'achever son travail" avant la
CdP-6. La NOUVELLE ZELANDE, avec l'AUSTRALIE, l'ARGENTINE, les
ETATS-UNIS, l'UE, les BAHAMAS, le CHILI et les ETATS FEDERES DE
MICRONESIE, souhaitèrent le maintien de la phrase"achever son
travail," compte tenu du fait que les Parties ont la
responsabilité de réaliser les objectifs du PABA et qu'il serait
difficile de justifier un objectif moins ambitieux. La CHINE, le
NIGERIA et l'ARABIE SAOUDITE souhaitèrent avoir une formule
alternative soutenant la réalisation d'une avancée importante par la
CdP-6. Des projets de conclusions et de décision des Coprésidents
basés sur les suggestions faites par les Parties seront disponibles,
lundi.
GROUPES DE CONTACT
AIJ: Le Président de Boer (Pays-Bas)
introduisit le projet de conclusions sur les thèmes de "l'apprentissage
sur le tas" en matière de renforcement des capacités, de la répartition
géographique, et des incitations favorisant l'entreprise de projets
additionnels. L'orateur présenta un rapport sur le résultat de ses
contacts avec les coordinateurs régionaux et invita les Parties à
entamer une lecture paragraphe par paragraphe, de son projet de décision.
Un paragraphe du préambule fut amendé pour préciser que les AIJ de
la phase pilote sont entreprises dans le cadre de la CCCC. Deux autres
paragraphes du préambule furent combinés après le débat sur la répartition
géographique. Le nouveau paragraphe reconnaît l'importance de "l'apprentissage
sur le tas" mené dans le cadre de la phase pilote, ainsi que de
la mise à disposition de nouvelles opportunités AIJ pour les Parties
qui n'en ont pas fait l'expérience. Concernant le paragraphe portant
sur la continuation des AIJ, le Président nota l'intérêt que les
Parties accordent à ce qui se produira dans le cadre des mécanismes.
Son projet de texte de compromis, placé entre crochets, prend acte de
la décision prise par les Parties appelant à conclure la revue du
processus et, sans préjuger des futures décisions concernant l'éligibilité
des projets, à poursuivre la phase pilote des AIJ.
EFFECTS ADVERSES: Le Coprésident Salamat
(Iran) présenta le projet des Coprésidents sur la mise en
application des Articles 4.8 et 4.9 de la CCCC. Il mit en exergue
l'importance des paragraphes opérationnels du texte, qui portent
notamment sur: le processus de collecte des données; la tenue de deux
ateliers distincts sur les effets des changements climatiques et sur
les effets des mesures de réponse; l'examen des actions ayant trait
au financement, à l'assurance et au transfert des technologies; et
une requête appelant les organes subsidiaires à poursuivre
l’examen de ces Articles. Les délégués examinèrent également
les paragraphes du préambule et s'accordèrent sur l'introduction
d'un nouveau paragraphe "reconnaissant les efforts déjà fournis
par les Parties pays industrialisés en vue de répondre aux préoccupations
et aux besoins spécifiques des Parties pays en développement, et en
particulier, des pays les moins avancés, en matière d'adaptation."
Les Coprésidents présenteront, lundi, un texte propre.
COMMUNICATIONS DES PAYS VISES A L'ANNEXE I : Ce
groupe de contact conjoint conclut ses travaux et décida de
transmettre à l'organe subsidiaire, les documents amendés suivants:
les conclusions préliminaires du SBI, le projets de décision et le
projet d'annexe concernant les lignes directrices devant régir l'évaluation
technique des inventaires de gaz à effet de serre (GES) effectués
par les Parties visées à l'Annexe I; les conclusions préliminaires
et le projet de décision du SBSTA; La deuxième partie des lignes
directrices devant régir les communications nationales; et les lignes
directrices à observer dans l'élaboration des rapports de la CCCC
sur les systèmes d'observation mondiaux.
RENFORCEMENT DES CAPACITES: Ce groupe de
contact poursuivit l'examen de la proposition des Coprésidents
concernant le projet de décision sur le renforcement des capacités.
Le groupe plancha sur les paragraphes opérationnels et débattit,
entre autres,: de la manière dont la fourniture du renforcement des
capacités financières et techniques doit s’effectuer; du point de
savoir si une évaluation exhaustive des activités de renforcement
des capacité était nécessaire pour la détermination de leur
efficacité, lacunes et points faibles; et, de la question de savoir
s'il est besoin d'y introduire des améliorations pour mieux soutenir
les activités de renforcement des autres capacités nationales nécessaires
à la mise en oeuvre de la CCCC. Les délégués placèrent entre
crochets un certain nombre de paragraphes et décidèrent de se
retrouver, lundi, en réunion du comité des Amis du Président, pour
l'élaboration de la proposition de décision.
LULUCF: Les Coprésidents Thorgeirsson (Islande)
et Gwage (Ouganda) présentèrent au groupe, le projet de décision
qu'ils ont élaboré sur les questions méthodologiques relatives au
thème de l'utilisation des terres, modifications de l'occupation des
sols et foresterie (LULUCF), y compris, les aspects ayant trait aux
soumissions faites par les Parties sur: les définitions et les
activités menées dans le cadre de l'Article 3.3 du Protocole (net
des changements intervenus au niveau des émissions et des
suppressions); la liste des activités que chacune des Parties
souhaite insérer dans le cadre de l'Article 3.4 (activités
anthropiques additionnelles touchant aux changements intervenus au
niveau des émissions et des suppressions); les points de vue sur les
modalités, règles et lignes directrices possibles devant régir les
activités additionnelles entreprises dans le cadre de l'Article 3.4
du Protocole; et une requête demandant au Secrétariat, de compiler
la liste des principes directeurs et des critères à respecter dans
l'identification et la sélection des activités additionnelles devant
être entreprises dans le cadre de l'Article 3.4. Le G-77/CHINE déclara
avoir élaboré un projet de décision couvrant les mêmes aspects et
intégrant d'autres, notamment, la fourniture d'une orientation
concernant la portée de l'atelier consacré au Rapport Spécial du
GIEC. Plusieurs délégations notèrent les points communs des deux
textes, et décidèrent de suivre l'ordre des paragraphes figurant
dans la proposition du G-77/CHINE, comme plate-forme des discussions.
Le groupe procéda à une lecture complète du texte et établit un
comité de rédaction pour le travailler davantage. Les divergences de
points de vue portaient, entre autres, sur: l'ordre des activités
devant être menées d'ici le SBSTA-12 et la manière dont elles sont
interconnectées; la présentation et la transmission du Rapport Spécial
du GIEC au SBSTA-12; le calendrier des soumissions et la considération
des critères et principes directeurs de la collecte des données
ayant trait aux activités additionnelles; le calendrier des
soumissions et des propositions de définitions pour les activités
inscrites dans le cadre de l'Article 3.3; et, le type de données spécifiques
aux pays et le calendrier de leur collecte. Le groupe de contact se réunit
de nouveau jusqu’à une heure tardive de la nuit, pour faire le
point sur les progrès réalisés par le comité de rédaction.
MECHANISMES: les délégués examinèrent
le cycle des projet MDP. Le G-77/CHINE souligna la nécessité
d’examiner les motivations du MDP, son caractère et sa portée.
L'AUSTRALIE déclara que le MDP doit être entrepris, pour
l’essentiel, par le secteur privé. Le représentant ajouta que les
investisseurs ont besoin de savoir que les crédits vont suivre.
Plusieurs Parties se déclarèrent d'avis que le
pays hôte est le meilleur juge de ses besoins en matière de développement
durable. La NORVEGE s'enquit du rôle des entités opérationnelles
dans la validation et le pré-enregistrement des propositions de
projet, notant que le Comité Exécutif risquait de ne pas être en
mesure de s'acquitter de cette tâche.
L'AFRIQUE DU SUD, le SOUDAN, la BOLIVIE, le
MEXIQUE et la MAURITANIE souhaitèrent voir le MDP englober le concept
de l'évitement des émissions. La BOLIVIE proposa d'inclure les
initiatives entreprises dans le domaine de la protection foresti�re
en mati�re d��vitement des �missions. Le MEXIQUE d�clara
attendre avec impatience que le MDP vienne compl�ter les efforts
nationaux visant � passer des techniques du d�frichage par le feu,
responsables de pertes du couvert forestier, aux technologies durables
qui exercent un impact positif sur les changements climatiques. La
MAURITANIE fit objection � l'inclusion de la protection foresti�re
dans le cadre du MDP, car les Parties chercheront � prot�ger leurs
for�ts, m�me si la clause n'est pas incluse. L'IRAN d�clara que le
MDP doit englober les projets portant sur les puits d'absorption et
sur les sources d'�mission. Concernant le sujet des lignes de base
pour les projets d'�vitement des �missions, la NOUVELLE ZELANDE sugg�ra
que pour la minimisation des co�ts de transaction, il y a lieu de
recourir au processus des appels d'offre commerciaux pour
l�identification des lignes de d�part. L'UE d�clara que les lignes
de d�part doivent �tre d�termin�es au cas par cas.
La SUISSE d�clara que dans l'examen des types de
projets �ligibles, les effets n�gatifs des �ventuels d�bordements
sur les diff�rends domaines multilat�raux doivent �tre pris en
ligne de
compte. Le MAROC souligna la n�cessit� de certifier que les r�ductions
et l��vitement des rejets sont r�els et mesurables, et qu'ils
contribuent au d�veloppement durable du pays h�te. Avec la Suisse,
l'oratrice ajouta que les projets MDP doivent �te assujettis � des
�tudes d'impact rigoureuses et tenant compte des aspects socio-�conomiques
du pays h�te.
Au sujet du financement des projets MDP, le Pr�sident
Chow (Malaisie) posa les questions de savoir: si le financement devait
avoir un caract�re bilat�ral, multilat�ral ou unilat�ral; si l'APD
et les m�canismes de financement de la CCCC pouvaient financer les
activit�s men�es dans le cadre du MDP; ou si les fonds du MDP devait
�tre g�r�s par le Comit� Ex�cutif, de mani�re � s'assurer d'une
r�partition �quitable. La MAURITANIE posa la question de savoir
comment doit-on s�y prendre pour garantir la transparence et la
redevabilit� de compte.
S'agissant du financement unilat�ral des projets
MDP, le JAPON demanda si des projets financ�s unilat�ralement
pouvaient �tre compatibles avec le concept du MDP. La REPUBLIQUE DE
COREE d�clara qu'un financement unilat�ral du MDP fournirait aux
Parties non vis�es � l'Annexe I des incitations pour la mise en
place de mesures de r�duction des
GES. La COLOMBIE mit en exergue les possibilit�s de projets
autochtones financ�s par le secteur priv�. L'orateur d�clara que d�s
lors que les projets MDP d�montrent leur additionnalit� et leur
potentialit� de m�ner � des r�ductions r�elles, mesurables et �
long terme, la flexibililit� doit �tre de mise dans leur financement.
Au sujet du MDP unilat�ral, la NOUVELLE ZELANDE nota que
l'additionalit� exigeait des jugements prudents.
Concernant l'utilisation des fonds de l'APD et du
FEM, l'UE d�clara que le financement du MDP ne doit pas venir
concurrencer ces sources et affirma que ses membres restaient ouverts
� la discussion de toutes les options, pour peu que les conditions de
validation et de certification sont repect�es. Le G-77/CHINE souligna
que le financement du MDP doit �tre fourni en plus des engagements de
l'APD, du FEM et autres. Le JAPON d�clara qu'aucune clause n'exigeait
l'additionalit� du financement et qu�aucune n'emp�chait de
recourir � l'APD comme source de financement. Le d�l�gu� ajouta
que le MDP devrait �tre financ�, pour l�essentiel, par le secteur
priv�. Le G-77/CHINE d�clara qu'un financement fourni � titre
additionnel est n�cessaire, en raison du fait que l'objectif du MDP
consiste � aider les Parties vis�es � l'Annexe I � honorer leurs
engagements.
COMMUNICATIONS DES PAYS NON VISES A L'ANNEXE
I: Le Pr�sident El Ghaouth (Mauritanie) sugg�ra que le travail
sur le projet de d�cision concernant les communications des pays non
vis�s � l'Annexe I soit poursuivi par le comit� de r�daction. Le
G-77/CHINE d�clara qu'il est clair, depuis l'accord r�alis� � la
CdP-4, que les deuxi�mes communications nationales seront financ�es
sans adjonctions de nouvelles lignes directrices. El Ghaouth d�clara
que les co�ts associ�s � ce projet de d�cision seront imput�s aux
fonds extra budg�taires. Il ajouta que le SBI examinera, lundi, la d�cision
actuellement en discussion dans le comit� de r�daction, la question
du budget des impr�vus susceptibles de survenir dans les
communications des pays non vis�s � l'Annexe I, et la d�cision
relative au travaux de compilation et de synth�se des premi�res
communications.
DANS LES COULOIRS
Le projet de d�cision en cours d'�laboration
par les pays en d�veloppement a provoqu� quelques remous dans les
couloirs. Le projet de proposition limiterait la d�cision concernant
le renforcement des capacit�s, au seul demaine des changements
climatiques. Les d�fenseurs d'une approche globale en mati�re de
renforcement des capacit�s arguent que leur approche pr�sente un
meilleur rapport co�t-efficacit� et qu'elle est plus adapt�e pour
les avantages associ�s au d�veloppement durable. A l�oppos�, ceux
qui sont en faveur d�une focalisation sur le domaine des changements
climatiques soulignent qu�on doit respecter au plus pr�s le mandat
de la CCCC si l'on veut que les ressources limit�es soient utilis�es
efficacement et si l�on veut aboutir � des r�sultats tangibles.
Ils ajoutent que les d�cisions sur un renforcement des capacit�s �
caract�re plus global, doivent attendre la maturation des liens entre
les institutions des diff�rentes Conventions en vigueur.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
SBSTA: Le SBSTA se r�unira � 10h.
SBI: Le SBI se r�unira � 16h.
GTC: Le GTC sur le respect des obligations
se r�unira � 20h. Pri�re consulter le tableau d'affichage pour les
d�tails.
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