Publié par L'Institut International du Développement Durable
(IIDD)
Vol. 12 No. 117
samedi 30 octobre 1999
LES FAITS MARQUANTS DE LA CDP-5 DE la CCCC
VENDREDI 29 OCTOBRE 1999
Les délégués se sont réunis en session
conjointe de l'Organe Subsidiaire de Conseil Scientifique et
Technologique (SBSTA) et de l'Organe Subsidiaire de Mise en Œuvre (SBI)
pour faire le point des progrès réalisés par le Groupe de Travail
Conjoint (GTC) sur le respect des obligations et par les groupes de
contact conjoints. Le GTC sur le respect des obligations a examiné
les procédures et mécanismes touchant à la conformité aux
obligations inscrites dans le cadre du Protocole. Des groupes de
contact se sont tenus autour des thèmes: des effets adverses; des
activités de mise en œuvre conjointe (AIJ); des communications des
pays visés à l'Annexe I; du renforcement des capacités; de
l'utilisation des terres, modification de l'utilisation des terres et
foresterie (LULUCF); des systèmes nationaux, ajustements et lignes
directrices ayant trait au Protocole; des communications des pays non
visés à l'Annexe I; et des mécanismes du Protocole.
LA SESSION CONJOINTE SBSTA/SBI
Les Présidents des groupes de contact conjoints
et du GTC sur le respect des obligations présentèrent de brefs exposés
pour mettre à jour les délégués quant aux avancées réalisées au
niveau des points inscrits à l'ordre du jour conjoint des SBI/SBSTA.
Leurs présentations devaient porter sur les progrès enregistrés sur
les thèmes: des effets adverses; de la conformité aux obligations;
des AIJ; des mécanismes; et du renforcement des capacités. Le Président
du SBSTA, Dovland (Norvège), exhorta les Parties à intensifier les
efforts pour parvenir à un accord sur ces questions.
LE GROUPE DE TRAVAIL CONJOINT SUR LE RESPECT
DES OBLIGATIONS
L'AUSTRALIE présenta une soumission diagramme
concernant la procédure de conformité, focalisée sur l'Article 3.1
du Protocole (engagements de réduction et de limitation des gaz à
effet de serre). L'oratrice souligna que la facilitation serait de
mise dans chacun des aspects touchant à l'objectif et que la
conclusion de la conformité serait une décision de la CdP/ RdP
appliquant la règle du consensus négatif.
Les délégués devaient ensuite aborder le thème
de la structure de l'organe chargé de la conformité aux obligations.
Au sujet du caractère que cet organe devrait avoir, un certain nombre
de délégués indiquèrent qu'il doit être un organe permanent de
manière à s'assurer de la consistance et de la continuité de son
exercice, ainsi que de la confiance à l'égard de son travail. Au
sujet de la fréquence de ses réunions, l'AOSIS et l'AFRIQUE DU SUD déclarèrent
ce cela dépendra de l'importance du panier de travail qu'il aura à
faire et que ces réunions doivent se dérouler en même temps que les
autres réunions de la CCCC. L'UE déclara que les réunions doivent
se tenir de manière régulière et la SUISSE suggéra qu'elles
doivent avoir lieu au moins une fois par an, compte tenu de la
continuité du travail de l'organe chargé de la conformité.
Concernant la taille et la composition de l'organe, nombre de délégués
suggérèrent un organe restreint composé d'experts scientifiques,
techniques et juridiques désignés par les gouvernements mais
agissant au titre de leurs compétences personnelles. Ils précisèrent
que la composition de l'organe doit refléter une répartition géographique
équitable. La POLOGNE déclara qu'il devrait y avoir un nombre égale
de Parties visées à l'Annexe B et de Parties non visées à l'Annexe
B du Protocole, et l'AUSTRALIE, appuyée par les ETATS-UNIS, ajouta
que la composition dépendra de l'article examiné. La SUISSE, avec
l'AFRIQUE DU SUD, déclara que la possibilité de faire appel à des
experts extérieurs doit être prévue. L'orateur ajouta que des
experts additionnels des Parties visées à l'Annexe I Parties doivent
être appelés lors de l'examen de l'Article 3 du Protocole. Un
certain nombre de délégués, contrés par l'ARABIE SAOUDITE, soulignèrent
la nécessité, pour l'organe, d'être doté d'un règlement intérieur
propre. L'UE déclara que les règles doivent être adoptées par
l'organe lui-même, mais le KOWEIT, le BRESIL et la CHINE souhaitèrent
voir plutôt la CdP/RdP adopter ces règles.
Au sujet des liens entre le système de conformité
et l'Article 19 du Protocole (règlement des différents), plusieurs
Parties déclarèrent que ces deux procédures doivent rester séparées.
Le délégué des ETATS-UNIS indiqua envisager un système de
conformité structuré de manière à ce qu'une Partie puisse
simplement présenter les données de non-respect des obligations au
comité chargé de la conformité, lequel se chargera du suivi de la
question. Dans un tel cadre, c'est à la Partie qu'il reviendra de décider
du point de savoir si elle doit engager un contentieux bilatéral en
vertu de l'Article 19 ou entamer un processus multilatéral en vertu
du système de conformité aux obligations. Le délégué des EMIRATS
ARABES UNIS déclara que la proposition des Etats-Unis risquait de
provoquer une confusion, car des cas semblables traités à travers
l'Article 19 et à travers le système de conformité aboutiraient à
des résultats différents. La NOUVELLE ZELANDE déclara que le
processus de l'Article 19 pourrait être basé sur une procédure
d'appel finale. Le ROYAUME-UNI répondit qu'un appel à caractère
bilatéral ne pouvait pas survenir d'un processus multilatéral.
L'orateur souligna le besoin de déterminer lequel du système de
conformité ou du processus de règlement des différents aura la précédence
lorsque les deux actions sont engagées simultanément.
Au sujet des conséquences du non-respect des
obligations, le JAPON, l'AUSTRALIE et les ETATS-UNIS déclarèrent que
le terme “conséquences” pourrait être remplacé par le terme “résultats,”
pour mieux refléter le recours éventuel aux mesures de facilitation.
La CHINE, avec l'AFRIQUE DU SUD, précisa que l'Article 18 du
Protocole (conformité aux obligations) se référait à des “conséquences
contraignantes” et fit objection à la proposition de modification
des termes. Concernant le type de conséquences, un certain nombre de
délégués soulignèrent que les connaissant d'avance, permettra de
les prévoir et découragerait le non-respect des obligations.
Plusieurs délégués suggérèrent une liste indicative de conséquences
applicable de manière graduelle, en tenant compte de la cause, du
type, du degré et de la fréquence du non-respect aux obligations.
Ils s'opposèrent à la proposition des Etats-Unis d'appliquer des
sanctions automatiques. Le JAPON déclara que le coût des sanctions
doit être inférieur à celui du désistement de l'adhésion au
Protocole. Les ETATS-UNIS, la NOUVELLE ZELANDE, l'AUSTRALIE et le
CANADA déclarèrent que parmi les sanctions possibles, on pourrait prévoir
la soustraction de l'excédent des émissions des niveaux autorisés
pour la période suivante, avec l'application d'une pénalité. La
SUISSE, le BRESIL et l'IRAN souhaitèrent que les pénalités financières
n'interviennent qu'en dernier recours. L'AUSTRALIE déclara que la
Partie concernée doit avoir la latitude de choisir à partir d'un
menu de conséquences.
LES GROUPES DE CONTACT
AIJ: Le Président de Boer (Pays-Bas)
donna un aperçu sur la proposition du Président concernant le projet
de décision sur les AIJ. Il indiqua que la proposition tenait compte
de la divergence des opinions exprimées sur le point de savoir si oui
ou non il fallait arrêter la phase pilote des AIJ, ainsi que de la
forme que doivent revêtir les AIJ dans le cas où on déciderait de
les poursuivre. L'orateur nota la proposition avancée par quelques
Parties d'introduire des mesures d'incitation, éventuellement sous
forme de crédits AIJ, en vue de maintenir la dynamique en cours. Il
indiqua que le projet de proposition essayait de trouver un juste
milieu pour accommoder les différends points de vue exprimés. L'UE
introduisit son projet de proposition qui vise à arrêter la phase
pilote dépourvue de crédits maintenant et à entamer une phase
pilote d'AIJ assortie de possibilités de crédits, en attendant la décision
qui doit être prise dans le cadre des négociations sur les mécanismes.
Le groupe de contact se réunira de nouveau pour examiner les deux
propositions.
EFFETS ADVERSES: Un projet de décision
des coprésidents fut distribué au groupe de contact pour examen à
sa prochaine session. Les délégués entendirent ensuite la présentation
du GIEC, suivi d'une séance de questions réponses. Le GIEC déclara
entre autres que son Troisième Rapport d'Evaluation (TRE) fournira de
plus amples détails sur les effets au plan régional et sur d'autres
points touchant à la mise en application des Articles 4.8 et 4.9 de
la CCCC. Concernant l'impact de la mise en œuvre des mesures de réponse,
l'orateur déclara que la modélisation est purement spéculative et
qu'il était très difficile de prédire les changements intervenus au
niveau du prix du pétrole, en raison des nombreux variables impliqués.
Il ajouta que les pays entreprenaient des actions pouvant faire face
aux effets adverses, mais que ces actions sont rarement identifiées
comme étant des “interventions climatiques” et sont motivées par
des facteurs autres que l'application de la CCCC.
COMMUNICATIONS DES PAYS VISES A L'ANNEXE I:
Ce groupe de contact poursuivit l'examen du projet de texte sur les
lignes directrices devant régir l'élaboration des rapports sur les
points divers dans les communications des pays visés à l'Annexe I.
les participants négocièrent la formulation d'un certain nombre de
paragraphes en suspens, se focalisant principalement sur le chapitre
portant sur la recherche et l'observation systématique. La
proposition de texte élaborée par le Secrétariat du Global Climate
Observing Systems (GCOS) sur les lignes directrices préliminaires
devant régir l'élaboration des rapports du GCOS fut présentée au
groupe pour examen à sa prochaine réunion.
RENFORCEMENT DES CAPACITES: Ce groupe de
contact examina le projet de proposition des coprésidents sur le thème
du renforcement des capacités au profit des pays en développement élaboré
sur la base des commentaires avancés par les Parties sur la
proposition du G-77/CHINE. Quelques délégués notèrent que le
document révisé n'a pas tout à fait tenu compte de leurs
soumissions. Il y eut désaccord sur le point de savoir si le projet
de décision devait oui ou non englober les pays en transition économiques.
Le groupe examina les paragraphes du préambule qui: reconnaissent
l'importance de faire le point des activités en cours en matière de
renforcement des capacités, tout en admettant qu'en dépit du travail
accompli, beaucoup restait à faire; reconnaissent les principales
contraintes posées à la mise en œuvre de la CCCC dans les pays en développement;
soulignent que le renforcement des capacités doit être effectué en
fonction des besoins des pays conformément aux dispositions de la CCC;
et soulignent le caractère continu du processus de renforcement des
capacités.
LULUCF: Ce groupe de contact poursuivit
l'examen des besoins en matière de données et d'information en
rapport avec la considération du Rapport Spécial du GIEC et du cadre
décisionnel inscrit dans le contexte des exigences du Protocole. Au
sujet de la forme que doivent revêtir les rapports, certains délégués
notèrent que les lignes directrices devant r�gir la fourniture des
donn�es touchant � l'Article 3.3 (net des modifications intervenues
au niveau des �missions et des suppressions de GES) �taient d�j�
pr�vues dans le plan directeur du GIEC de 1996 et d�clar�rent que
les Parties devraient s'y conformer. D'autres estim�rent que des donn�es
additionnelles plus pr�cises sont n�cessaires. Les consid�rations
de calendrier, l'application et les crit�res n�cessaires aux donn�es
relevant des Articles 3.3 et 3.4 (activit�s additionnelles induites
par l'homme et touchant aux modifications intervenant au niveau des �missions
et des suppressions) et 3.7 (les quantit�s assign�es et LULUCF en
tant que source d'�missions) furent examin�s. Le groupe identifia la
transparence, la v�rifiabilit�, la prise en compte des incertitudes
et l'attribution comme autant de crit�res intervenant dans le cadre
de l'Article 3.4 et tenta d'identifier des crit�res additionnels,
dont: la mesurabilit�; la permanence; la pr�vention des incitations
perverses; l'�vitement du double emploi; la sym�trie; la conformit�
� la CCCC, au Protocole et � d'autres conventions; et �l'effet des
fuites.�
MECANISMES: Ce groupe de contact d�lib�ra
du plan de travail possible d'ici la CdP-6. L'UE et les ETATS-UNIS
souhait�rent l'intensification du processus, en particulier, �
travers des ateliers techniques. La CHINE, l'INDONESIE et l'IRAN
soulign�rent la n�cessit� de convoquer des r�unions intersessions
pour renforcer le travail intergouvernemental. Le JAPON et le CANADA d�clar�rent
que les ateliers techniques et les r�unions intersessions doivent
avoir lieu avant la CdP-6. Le CANADA ajouta qu'il souhaitait voir, �
la CdP-6, un texte de n�gociation affin�. Le G-77/CHINE et d'autres
soulign�rent l'imp�ratif de la transparence dans le processus et
d'une participation ad�quate des experts des pays en d�veloppement
dans les ateliers techniques. Le SOUDAN d�clara que les Parties
avaient besoin d'un d�lai pour la revue de l'information et des
conclusions des ateliers techniques.
Le G-77/CHINE d�clara qu'il �tait pr�matur�
de travailler en vue d'un projet de texte de n�gociation, les Parties
�tant encore au stade de la soumission des propositions, notant les
convergence/divergence et la synth�se des vues. En r�ponse � une
demande du Pr�sident Chow, le G-77/CHINA d�finit le projet de texte
de n�gociation comme �tant �le stade p�nulti�me du texte que la
CdP adoptera en d�finitive.� Le JAPON, les ETATS-UNIS et
l'AUSTRALIE le d�finirent comme �tant un document en devenir devant
passer par un certain nombre de r�visions. Le Pr�sident Chow nota
que le texte doit �tre un document vivant synth�tisant les vues de
toutes les Parties pour faciliter le processus de n�gociation. Il
annon�a q'il �laborera des conclusions sur le calendrier des travaux
d'ici la CdP-6.
SYSTEMES NATIONAUX: Ce groupe de contact
examina les conclusions pr�liminaires concernant les syst�mes
nationaux, les ajustements et les lignes directrices devant r�gir les
Articles 5 (m�thodologie), 7 (communication des donn�es) et 8 (revue
de l'information) du Protocole. Il examina �galement un projet
d'annexe �tablissant les �l�ments de base des syst�mes nationaux
dans le cadre de l'Article 5.1 du Protocole (syst�mes nationaux des
�missions et des suppressions des GES) qui avait �t� pr�sent� par
le JAPON et amend� apr�s des consultations informelles; par un petit
groupe de Parties. Les d�bats se focalis�rent sur le paragraphe
touchant aux ajustements susceptibles d'intervenir dans le cadre de
l'Article 5.2 du Protocole (m�thodologie). Apr�s un long d�bat, le
groupe s'accorda sur un libell� stipulant que le SBSTA �a consid�r�
plut�t que �s'est mis d'accord sur� le fait que les ajustements
en r�f�rence dans cet Article, ne doivent s'appliquer que lorsque
les donn�es d'inventaire soumises par les Parties sont incompl�tes
et/ou calcul�es de mani�re non compatible avec les Lignes
Directrices R�vis�es du GIEC de 1996 telles qu'�tablies par les
bonnes pratiques approuv�es par la CdP. Le groupe conclut ses travaux
sur les deux documents, lesquels seront soumis au SBSTA pour consid�ration.
COMMUNICATIONS DES PAYS NON VISES A L'ANNEXE
I: Le Pr�sident El Ghaouth (Mauritanie) informa les d�l�gu�s
qu'un comit� de r�daction a travailler sur un projet de texte
compilant les propositions avanc�es par l'UE, le G-77/ CHINE et
d'autres, et sugg�ra que le groupe de contact soit ajourn� pour
permettre au comit� de r�daction de poursuivre son travail.
DANS LES COULOIRS
La n�cessit� des donn�es nationales touchant
aux activit�s LULUCF, y compris les activit�s anthropiques
additionnelles ayant rapport avec les changements intervenus u niveau
des �missions et des suppressions des GES, continue � �tre un point
de divergence. Certains participants pense que l'h�sitation de
certaines Parties vis�es � l'Annexe I � fournir des donn�es qui
leur sont sp�cifiques �mane d'une r�ticence � r�v�ler les
implications des activit�s ayant rapport avec l'Article 3.4 (tels que
les modifications introduites dans l'agriculture et l'occupation des
sols) sur le total de leurs �missions g�n�rales et leur capacit�
� honorer leurs objectifs inscrits dans le cadre du Protocole.
D'autres encore estiment que plus les donn�es sont disponibles, plus
on a de chances de prendre des d�cisions �clair�es sur les puits
d'absorption. Le probl�me est que cette controverse risque d'avoir un
impact sur l'intervention d'une d�cision concluante concernant LULUCF,
et par cons�quent sur le calendrier de l'entr�e en vigueur du
Protocole.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
GTC: Le GTC sur la conformit� aux
obligations se r�unira � 15h.
GROUPES DE CONTACT: Les groupes de contact
se tiendront tout au long de la journ�e. Consultez le tableau
d'affichage pour les d�tails.
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