Publié par L'Institut International du Développement Durable
(IIDD)
Vol. 12 No. 116
vendredi 29 octobre 1999
LES FAITS MARQUANTS DE LA CdP-5 DE LA CCCC
JEUDI 28 OCTOBRE 1999
Les délégués se sont réunis le matin en séance
de l'Organe Subsidiaire de Conseil Scientifique et Technologique (SBSTA)
pour poursuivre l'examen du thème de la recherche et de l'observation
systématique ainsi que du fichier d'experts, après les discussions
sur la mise au point et le transfert des technologies de mercredi soir.
Le Groupe de Travail Conjoint (GTC) sur la conformité aux obligations
a débattu des procédures et des mécanismes ayant trait au respect
des obligations inscrites dans le cadre du Protocole de Kyoto. Des
groupes de contact se sont réunis pour considérer: les effets
adverses; les communications des pays visés à l'Annexe I; le
renforcement des capacités; land use, la LULUCF; les systèmes
nationaux, les ajustements et les lignes directrices relevant du
Protocole; les communications des pays non visés à l'Annexe I; et
les mécanismes du Protocole.
LE SBSTA
TRANSFERT
DES TECHNOLOGY: Les délégués examinèrent un rapport sur
la réunion du GIEC et du Groupe d'Evaluation Economique et Technique
du Protocole de Montréal autour des voies et moyens de limiter les
HFC et les PFC. La réunion mit en exergue: la complexité des liens
entre l'usure de la couche d'ozone et les activités d'atténuation
des changements climatiques; la multiplicité des solutions requises
pour le traitement des problèmes posés par ces changements mondiaux;
et la désirabilité de solutions taillées à la mesure des besoins régionaux
ou nationaux.
La SUISSE souligna le besoin de standardiser les
procédures d'essai des technologies dans les pays en développement.
GREENPEACE appela à une action permettant d'éviter le dumping de
technologies potentiellement nocives dans les pays en développement.
L'ARGENTINE, appuyée par le KENYA, la FEDERATION DE RUSSIE et la
POLOGNE, attira l'attention sur l'utilisation médicale des HFC dans
les inhalateurs. Les débats se poursuivront dans des consultations
informelles.
Au sujet des technologies d'adaptation pour les
littoraux, l'AOSIS nota que les limitations en matière de ressources
humaines et financières ont entravé la progression dans le domaine
de l'adaptation et encouragea l'élaboration d'approches à long terme
dans le cadre de la CCCC. L'orateur mit en relief les potentialités
du mécanisme pour un développement propre (MDP) à cet égard. Dans
les points divers, le Secrétariat présenta un rapport sur ses
activités de coopération visant à améliorer les données
climatiques tirées des systèmes de rapport.
RECHERCHE ET OBSERVATION SYSTEMATIQUE: Le
Global Climate Observation System (GCOS) présenta un rapport sur les
progrès réalisés dans l'amélioration des systèmes d'observation
mondiaux et nota que les déficiences étaient dues
à l'inadéquation des équipements, à l'indigence de
l'infrastructure et à l'insuffisance des résultats. Le Global Oceans
Observation System (GOOS) donna un aperçu sur ses travaux et souligna
la nécessité d'une amélioration des moyens de mesure, de
l'organisation et des partenariats pour dépasser les déficiences.
L'UE et d'autres appuyèrent l'appel du GCOS en faveur d'une élaboration
plus systématique des rapports. Le JAPON encouragea le GCOS, en coopération
avec l'OMM, à suivre l'état d'avancement de la mise en œuvre en vue
d'utiliser les récentes technologies pour combler les lacunes des
systèmes d'observation. L'AUSTRALIE appela à une stratégie de
financement plus diversifiée. Le FEM promit des fonds supplémentaires
pour le renforcement des capacités en la matière dans un certain
nombre de pays en développement. Susan Barrell (Australie) mènera
des consultations informelles sur ce sujet.
FICHIERS D'EXPERTS: Le délégués des
ETATS-UNIS déclara que l'expansion des fichiers doit être effectuée
uniquement pour répondre à des tâches additionnelles. La NOUVELLE
ZELANDE appuya la proposition du Secrétariat d'intégrer les différents
fichiers. Alors que l'UE y fit objection, le CANADA apporta son
soutien à l'adjonction de nouveaux fichiers pour l'évaluation des
inventaires.
Sur requête d'un certain nombre de Parties, le
Président convoqua un groupe de contact pour examiner les systèmes
nationaux, les ajustements et les lignes directrices.
GROUPE DE TRAVAIL CONJOINT SUR LE RESPECT DES
OBLIGATIONS
Le GTC entendit quatre soumissions en diagrammes
illustrant le système de conformité. La représentante des
ETATS-UNIS indiqua que sa conception du système de conformité était
axée sur le Article 3 du Protocole (engagements de réduction et de
limitation des GES) et prévoyait à la fois des fonctions de
facilitation et de mise en application incombant à ''deux ensembles
différents de personne.'' L'oratrice précisa que l'objectif de la
mise en application consiste à garantir la conformité aux
obligations à travers des conséquences contraignantes connues
d'avance. Le JAPON proposa un seul organe et donna un aperçu sur les
mesures à prendre qui vont de l'assistance à des recommandations
avant l'entrée en vigueur des conséquences. L'UE expliqua que son
comité chargé du respect des obligations aura une branche chargée
de la facilitation et une autre, chargée de la mise en application,
avec la possibilité de transmission de la première à la seconde.
Les problèmes posés seront canalisés de manière automatique aux
branches. SAMOA mit l'accent sur deux traits du diagramme de l'AOSIS:
l'évitement de la polarisation entre les fonctions de facilitation et
de mise en application, car les deux se chevauchent, et un comité d'éligibilité
chargé de la détermination du mécanisme d'éligibilité. L'orateur
ajouta qu'un organe d'appel spécial sera chargé d'examiner les
recours quasi judiciaires relatifs à l'imposition des pénalités.
Concernant l'éligibilité à soulever des
questions, le Royaume-Uni expliqua que la simple fourniture
d'information ne “déclencherait” pas la procédure de mise en
conformité, mais que cette dernière serait déclenchée par les
raisons qui mèneraient à entamer l'examen d'une réclamation.
Plusieurs délégués se déclarèrent d'avis qu'une Partie peut
soulever une question concernant sa propre conformité, et qu'une
Partie ou un groupe de Parties peut poser une question à propos de la
conformité d'une tierce Partie. Le CANADA déclara que des preuves
suffisantes doivent étayer les cas cités. L'IRAN déclara que seul
un groupe de Parties pourraient poser le cas de la conformité d'une
tierce Partie. L'UE, le CANADA, la CHINE, le JAPON, l'IRAN, l'AFRIQUE
DU SUD et les ETATS-UNIS s'opposèrent à l'idée de prévoir un rôle
déclencheur pour le Secrétariat. Les délégués mirent l'accent sur
sa fonction de collecte des données et sur la nécessité qu'il a de
préserver son objectivité et sa neutralité.
Au sujet des Equipes des Experts d'Evaluation,
l'UE déclara que leurs rapports seront automatiquement soumis au
comité chargé de la conformité aux obligations, à travers le Secrétariat.
Le CANADA déclara que les rapports constituaient la base factuelle déterminant
le besoin de passer aux stades suivants. La CHINE, avec l'IRAN, le
KOWEÏT, le BRESIL et l'ARGENTINE, déclara qu'il est inapproprié aux
équipes d'experts, organes chargés simplement d'établir des faits,
un rôle d'enclenchement de procédure. L'AFRIQUE DU SUD expliqua
qu'en agissant de la sorte, on risquait de mettre en danger leur
objectivité. Les ETATS-UNIS et l'AUSTRALIE suggérèrent l'établissement
de lignes directrices pour la transmission des cas à l'organe de
conformité.
Concernant le rôle de la CdP/RdP, plusieurs délégués
déclarèrent qu'elle devait fournir des orientations politiques à
l'organe chargé de la conformité aux obligations. La SUISSE, la
FEDERATION DE RUSSIE ET LA CHINE proposèrent un rôle déclencheur
pour la CdP/RdP, ainsi qu'un pouvoir de décision sur les conclusions
de l'organe. L'AFRIQUE DU SUD fit part de ses réserves concernant le
processus si la CdP/RdP devait accumuler ces deux fonctions. Le BRESIL
suggéra que la CdP/RdP se contente de prendre note du rapport de
l'organe chargé de la conformité aux obligations. Plusieurs délégués
affirmèrent qu'un rôle déclencheur risquait de retarder et de
politiser le processus. L'ARABIE SAOUDITE déclara que la CdP/RdP doit
pouvoir jouer un rôle “au début, à la fin et au milieu” du
processus de mise en conformité.
Au sujet des sources d'information, l'AUSTRALIE
et les ETATS-UNIS déclarèrent que le processus exigeait de la partie
en cause de présenter l'information nécessaire et de se défendre
contre les preuves qui l'accablent. Les Parties suggérèrent le
recours à plusieurs sources d'information, dont: les équipes des
experts d'évaluation; les experts extérieurs; et les organisations
intergouvernementales. SAMOA suggéra le recours à toute source jugée
appropriée par l'organe chargé de la conformité. L'IRAN déclara
que les Parties doivent constituer l'unique source. Le BRESIL déclara
que les sources doivent assumer la responsabilité de leur
information.
L'UE, avec le BRESIL, souligna le besoin de
s'assurer de la confidentialité de l'information soumise à titre
confidentiel par les Parties. L'AFRIQUE DU SUD et l'ARABIE SAOUDITE
appela à des règles claires pour la collecte des données. La CHINE
souhaita des critères pour l'utilisation de l'information. L'IRAN
souleva la question du financement des efforts des pays en développement
dans ce domaine.
LES GROUPES DE CONTACT
EFFETS ADVERSES: Ce groupe de contact se
focalisa sur quatre points: les lacunes en matière d'information; les
avantages de la tenue d'un nouvel atelier; le type d'actions préliminaires
susceptibles d'être entreprises pour atténuer les effets adverses
des changements climatiques et des mesures de réponse; et la manière
dont l'Article 3.14 du Protocole doit être traité par le groupe de
contact. Les Coprésidents Salamat (Iran) et Kjellén (Suède) indiquèrent
que l'objectif du débat était de fournir de nouvelles informations
leur permettant de proposer un projet de texte au groupe de contact.
COMMUNICATIONS DES PAYS VISES A L'ANNEXE I:
Ce groupe de contact poursuivit l'examen du projet de texte des coprésidents
sur les lignes directrices devant régir les rapports sur différents
points dans les communications des pays visés à l'Annexe I. Les
participants planchèrent sur les lignes directrices régissant les
rapports concernant: les ressources financières et le transfert des
technologies; les politiques générales et les résultats de la
recherche et de l'observation systématique; et les circonstances
nationales relatives aux mesures de suppressions des GES. Parmi les
questions soulevées dans le débat sur les ressources financières:
le point de savoir s'il fallait donner le détail des mesures ou les
données détaillées des activités entreprises pour la réalisation
des engagements de l'Annexe I; et quelle forme donner aux reports. Un
groupe restreint poursuivra l'examen des lignes directrices de la
revue technique.
RENFORCEMENT DES CAPACITES: Les d�l�gu�s
examin�rent le projet de proposition des copr�sidents sur le
renforcement des capacit�s, bas� sur la proposition �crite du
G-77/CHINE et int�grant les soumissions de l'UE et du groupe
"Umbrella". Parmi les questions soulev�es: le point de
savoir si le projet pouvait �tre utilis� comme plate-forme de n�gociation;
le fait que les besoins des "EIT" en mati�re de
renforcement des capacit�s n'aient pas �t� trait�s; des r�serves
concernant l'affirmation selon laquelle le renforcement des capacit�s
est une condition pr�alable pour une participation significative des
pays en d�veloppement; la pr�vision d'un atelier additionnel;
l'absence d'une approche sp�cifique aux pays et bas�e sur les
besoins nationaux; et la question de savoir si la soumission des donn�es
concernant le renforcement des capacit�s au SB-12 �tait susceptible
d'aboutir � une recommandation pour la prise d'une d�cision par la
CdP-6. Les copr�sidents �laboreront un projet de texte r�vis� sur
la base de cette discussion et des soumissions � venir.
LULUCF: Ce groupe de contact examina un
projet de calendrier sch�matique pour le processus d'analyse des donn�es
qui seront fournies par le Rapport Sp�cial du GIEC pr�vu en 2000 et
des liens que ce rapport pourrait avoir avec le cadre d�cisionnel
relatif aux Articles 3.3 (le net des modifications intervenues au
niveau des �missions et des suppressions de GES), 3.4 (activit�s
additionnelles induites par l'homme ayant trait modifications
intervenant au niveau des �missions et des suppressions de GES), 7.1
et 7.4 (lignes directrices devant r�gir la collecte et l'utilisation
des donn�es suppl�mentaires n�cessaires). Le groupe examina �galement
le besoin d'avoir des donn�es sp�cifiques aux pays, ainsi que les
liens avec la consid�ration du Rapport Sp�cial du GIEC et le cadre d�cisionnel
dans le contexte des exigences du Protocole. Des questions furent
soulev�es sur: la n�cessit�, la vis�e et l'utilisation des donn�es
sp�cifiques aux pays; les exigences en mati�re de donn�es dans le
cadre des dispositions sp�cifiques du Protocole; et le type de donn�es
� fournir en fonction de ces dispositions. Le groupe poursuivra
l'examen des donn�es sous l'aspect de la v�rifiabilit�, de la
transparence et de la consistance.
MECANISMES: Le Pr�sident Chow (Malaisie)
mena les participants � travers la Synth�se des Propositions des
Parties � propos des M�canismes (FCCC/SB/1999/8). Il mit en relief
certains chapitres, nota les points de convergence et de divergence,
et sugg�ra une liste des questions � examiner. L'UE, la NORVEGE et
les ETATS-UNIS sugg�r�rent des voies de consolider et d'affiner le
texte. Au sujet du MDP, le G-77/CHINE attira l'attention sur les d�ficiences
constat�es dans le texte, notamment, l'absence d'un chapitre sur
�le caract�re et le champ d'action� et l'absence d'une d�termination
de la force motrice du MDP. Au sujet de la note g�n�rale, l'ARABIE
SAOUDITE r�it�ra ses r�serves concernant la vis�e d'avoir un
projet de texte de n�gociation d'ici le SB-12, cela �tant jug� pr�matur�.
Le G-77/CHINE affirma que les appendices techniques compliquaient le
sujet et souligna la n�cessit� de traiter les questions techniques.
Le porte-parole nota le besoin pour les Parties de se r�unir au sein
de leur groupes r�gionaux.
SYSTEMES NATIONAUX: Ce groupe de contact
examina les conclusions pr�liminaires sur les syst�mes nationaux,
les ajustements et les lignes directrices inscrites dans le cadre des
Articles 5 (m�thodologie), 7 (communication des donn�es) et 8 (�valuation
de l'information) du Protocole. Le groupe fut incapable de s'accorder
sur la formulation du paragraphe consacr� au cas o� les ajustements
ayant trait � Article 5.2 (m�thodologie) doivent s'appliquer. Le
groupe examina ensuite l'annexe attach�e au projet de conclusions qui
renferme la liste pr�liminaire des �l�ments de base des syst�mes
nationaux dans le cadre de l'Article 5.1 du Protocole. Le JAPON pr�senta
un projet d'annexe alternatif. Un groupe restreint examinera ce point
et pr�sentera un rapport au groupe de contact � sa prochaine r�union.
COMMUNICATIONS DES PAYS NON VISES A L'ANNEXE
I: Les participants examin�rent un projet de texte compilant les
propositions de l'UE, du G-77/CHINE et d'autres. Le Pr�sident El
Ghaouth (Mauritanie) nota avoir men� des consultations informelles et
affirma que le texte n'�tait pas con�u pour exclure les positions
nationales. Il mit en exergue ce point comme �tant l'un des quelques
points de l'ordre du jour � �tre candidat � une d�cision par la
CdP-5, puis ajourna la r�union pour mener des consultations
informelles.
DANS LES COULOIRS
Les pr�occupations concernant les insuffisances
du FEM au niveau de son r�le en tant qu'entit� op�rant le m�canisme
de financement de la CCCC ont une fois de plus �t� entendues dans
les couloirs du 'Maritim'. Un certain nombre de participants ont
critiqu� la rigidit� des crit�res d'�ligibilit� dont le FEM se
sert pour jauger les propositions soumises par les pays, les qualifi�rent
de peu r�alistes, et affirm�rent qu'ils risquaient de retarder le
processus de mise en �uvre des actions nationales. Certains pensent
que les probl�mes sont dus � l'orientation inad�quate fournie au
FEM par la CdP; d'autres les attribuent aux difficult�s rencontr�es
dans la coordination des int�r�ts et des mandats des deux organes
intergouvernementaux. En r�action � ces pr�occupations, certains
participants ont appel� � des �valuations nationales du r�le du
FEM en tant que facilitateur de la mise en �uvre de la CCCC, en
particulier par les pays les moins avanc�s.
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