Publié par L'Institut International du Développement Durable
(IIDD)
Vol. 12 No. 115
jeudi 28 octobre 1999
LES FAITS MARQUANTS DE LA CINQUIEME CONFERENCE
DES PARTIES DE LA CONVENTION-CADRE SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES
MERCREDI 27 OCTOBRE 1999
Les délégués se sont réunis en séance Plénière
pour considérer les propositions d'amendement des Annexes I et II de
la Convention-Cadre sur les Changements Climatiques (CCCC). L'Organe
Subsidiaire de Conseil Scientifique et Technologique (SBSTA) s'est
penché sur les thèmes: de la mise au point et du transfert des
technologies; des communications des pays visés à l'Annexe I; des
questions méthodologiques; de la coopération avec les organisations
internationales pertinentes; et de la recherche et de l'observation
systématique. L'Organe Subsidiaire de Mise en Œuvre (SBI) a planché
sur les données des inventaires de gaz à effet de serre (GES) pour
les communications des pays visés à l'Annexe I, les réunions
intergouvernementales, et les questions administratives et financières.
Des groupes de contact se sont tenus pour examiner: les effets
adverses; l'utilisation des terres, les changements d'utilisation des
terres et la foresterie (LULUCF); le renforcement des capacités; les
activités de mise en œuvre conjointe (AIJ); les communications des
pays non visés à l'Annexe I; et les communications des pays visés
à l'annexe I.
LA PLENIERE
La CdP-5 se réunit en Plénière pour examiner
les propositions d'amendement aux Annexes I et II de la CCCC. La
proposition de la Turquie d'être ôter des Annexes fut appuyée par
le PAKISTAN, les ETATS-UNIS, le MEXIQUE et la GEORGIE. Le délégué
des ILES MARSHALL fit part de ses réserves quant au précédent que
cela établirait.
Plusieurs Parties visées à l'Annexe I
accueillirent favorablement la proposition du Kazakhstan d'être
inclus dans l'Annexe I. Plusieurs Parties non visées à l'Annexe I déclarèrent
de plus amples renseignements étaient nécessaires concernant
l'habilité du Kazakhstan d'honorer les engagements de l'Annexe I.
L'AUSTRALIE et la FEDERATION DE RUSSIE déclarèrent qu'aucune
information n'avait été requise des premiers membres de l'Annexe I.
Le KAZAKHSTAN exprima sa volonté de fournir les données requises. Le
SOUDAN appela à l'élaboration de lignes directrices régissant
l'amendement des Annexes. L'INDE, avec la CHINE et l'IRAN, recommanda
l'utilisation de l'Article 4.2 (g) (disposition permettant aux Parties
non visées à l'Annexe I de se soumettre aux obligations inscrites
dans les clauses 4.2 (a) et (b)). Le Président mènera des
consultations officieuses sur les deux questions.
LE SBI
COMMUNICATIONS DES PAYS VISES A L'ANNEXE I: Au
sujet des données nécessaires aux inventaires des GES pour les
communications des Parties visées à l'Annexe I, les ETATS-UNIS, avec
la POLOGNE, soulignèrent que l'un des éléments important de
l'action de la CdP reposait sur l'impératif d'avoir des soumissions
présentées dans les délais impartis et de manière complète. L'UE
nota que ses systèmes nationaux futurs seront conformes aux exigences
de qualité et de calendrier, et fit part de ses réserves quant à
l'augmentation incessante des émissions de GES depuis 1997.
ARRANGEMENTS POUR LES REUNIONS
INTERGOUVERNMENTALES: Concernant les date et lieu de la CdP-6, le
G-77/CHINE proposa de la tenir en novembre 2000 et fit part de ses réserves
à propos de la prolifération des activités et des ateliers
intersessions, de leurs implications budgétaires et des obstacles
entravant la participation des pays en développement. Compte tenu du
panier de travail à réaliser dans le cadre du Plan d'Action de
Buenos Aires (PABA), les ETATS-UNIS, avec le CANADA, l'AUSTRALIE et la
NOUVELLE ZELANDE, déclarèrent que la CdP-6 devrait se tenir début
2001 et que diverses activités intersessions devraient être prévues
d'ici là. La CHINE déclara que le PABA appelait uniquement à des
“progrès palpables” par CdP-6. L'UE et d'autres soulignèrent le
besoin d'enregistrer des progrès suffisants à permettre une entrée
en vigueur du Protocole dans les meilleurs délais. Pour le maintien
de la dynamique politique, le JAPON nota sa préférence de voir la
CdP-6 se tenir plutôt en novembre 2000. La SUISSE déclara que le
calendrier de la CdP-6 doit être décidé en fonction des progrès réalisés
sur les questions en suspens et souligna la nécessité de se doter
d'un plan de travail.
QUESTIONS ADMINISTRATIVES ET FINANCIERES:
Concernant la recette et la performance budgétaire de la biennale
1998-1999 et les arrangements relatifs au soutien administratif de la
CCCC, L'UE proposa de charger un groupe à participation non limité
de clarifier un certain nombre de points. Le G-77/CHINE appela à des
consultations informelles sous la conduite du Président Ashe. Le délégué
des ETATS-UNIS exprima son espoir pour une résolution des questions
en suspens relatives aux communications des Parties non visées à
l'Annexe I, de manière à s'assurer de l'affectation des ressources
budgétaires nécessaires à ce sujet.
Concernant l'application de l'Accord sur le Siège,
le Secrétaire Exécutif nota le besoin de disposer d'un espace plus
important pour les bureaux de manière à pouvoir y accueillir
l'ensemble du Secrétariat.
LE SBSTA
TRANSFERT DES TECHNOLOGIES: Les délégués
exprimèrent leur appréciation concernant l'atelier régional
Africain organisé dans le cadre du processus consultatif. Le GIEC
donna un aperçu sur son Rapport Spécial consacré au thème du
transfert des technologies et indiqua que les actions visant à améliorer
le transfert des technologies restaient spécifiques aux secteurs, aux
circonstances nationales et aux détenteurs des enjeux.
Plusieurs Parties déclarèrent que c'est le
secteur privé qui doit conduire le transfert des technologies.
L'AUSTRALIE, les ETATS-UNIS et l'UE mirent en relief le rôle
potentiel du mécanisme pour un développement propre (MDP) dans le
transfert des technologies. Les PHILIPPINES, avec l'ARABIE SAOUDITE et
la CHINE, soulignèrent que le transfert des technologies est un
engagement pris dans le cadre de la CCCC et s'opposa à l'établissement
de quelque lien avec le MDP. La CHINE déclara que le transfert des
technologies prévu dans le cadre du Protocole doit être additionnel
à celui prévu dans le cadre de la CCCC. Le délégué des
PHILIPPINES appela à l'insertion de données sur les activités de
transfert technologique dans les communications des Parties visées à
l'Annexe I. L'AOSIS souligna la nécessité de traiter la question des
technologies d'adaptation. Le G-77/CHINE appela à une décision de la
CdP-5 sur la question du renforcement des capacités. La SUISSE mit
l'accent sur la prise en considération des conditions nationales
particulières. La REPUBLIQUE DE COREE nota l'impératif de procéder
à la revue du transfert des technologies financées par les fonds
publics, dans le processus consultatif. Le représentant de la CLIMATE
TECHNOLOGY INITIATIVE donna un aperçu sur ses entreprises en tant que
facilitateur multilatéral de la diffusion des technologies. Un projet
de décision sera élaboré.
COMMUNICATIONS DES PAYS VISES A L'ANNEXE I: Au
sujet des “bonnes pratiques” dans les politiques et mesures
(P&M), le Président Dovland annonça que le Danemark abritera un
atelier en avril 2000. L'UE déclara que l'atelier à venir doit
examiner, entre autres, la définition des “bonnes pratiques” et déterminer
la manière dont la coopération internationale pourrait venir améliorer
l'efficacité des P&M. L'AUSTRALIE préféra une référence plutôt
aux “bonnes” qu'aux “meilleures” pratiques et, avec le JAPON
et les ETATS-UNIS, déclara que les P&M doivent refléter les
circonstances nationales. L'ARABIE SAOUDITE souhaita voir l'atelier
traiter également le problème des “mauvaises” pratiques.
QUESTIONS METHODOLOGIQUES: Concernant les
émissions provenant des combustibles utilisés dans transports
internationaux, les délégués examinèrent le rapport de
L'Organisation Maritime Internationale sur ses activités de prévention
de la pollution atmosphérique par les navires. L'Organisation
Internationale de l'Aviation Civile présenta un rapport sur les progrès
réalisés dans l'élaboration du Plan d'Action sur les émissions des
moteurs d'avions et dans l'évaluation des options basées sur le
marché en matière de limitation des émissions provenant de la
combustion de carburants.
Concernant l'affectation des émissions
internationales provenant de la combustion de carburants, le CLIMATE
ACTION NETWORK plaidèrent pour leur intégration dans les inventaires
nationaux. L'UE recommanda l'achèvement des travaux sur l'intégration
des émissions internationales provenant de la combustion des
carburants dans les inventaires nationaux, avant la négociation de la
seconde période des engagements. La REPUBLIQUE DE COREE, appuyée par
l'AUSTRALIE, la NOUVELLE ZELANDE et le JAPON, déclara qu'il était prématuré
de discuter de l'affectation en raison des difficultés rencontrées
dans la distinction entre les émissions provenant des carburants
utilisés dans les transports nationaux et ceux utilisés dans les
transports internationaux.
Le délégué des ETATS-UNIS souligna la nécessité
d'avoir des orientations pour les définitions et la clarté. La
NOUVELLE ZELANDE, avec l'UE et les ETATS-UNIS, souligna la nécessiter
d'améliorer les rapports concernant les émissions provenant de la
combustion des carburants, pour la consistance et la comparabilité.
Jose Romero (Suisse) mènera des consultations informelles sur ce
sujet.
Concernant l'impact des projets particuliers sur
les émissions au cours de la période d'engagement, l'ISLANDE déclara
que les projets particuliers avait un impact proportionnel plus
important sur les émissions dans les petits pays, affectant par là même
leur aptitude à réaliser leurs objectifs en matière d'émission.
L'orateur appela à une décision conclusive sur cette question à la
CdP-6. Le CANADA fit part de ses réserves sur ce sujet et s'opposa au
projet de décision soumis par l'Islande à la CdP-4 sous sa forme
actuelle. Des consultations informelles seront menées sous la
conduite de Ole Plougmann (Danemark) pour la transmission des
conclusions ou d'un projet de décision au SBSTA.
S'agissant des aspects scientifiques et méthodologiques
de la proposition avancée par le Brésil, plusieurs délégués
apportèrent leur appui au concept de responsabilités différentiées,
tandis que d'autres notèrent qu'une analyse scientifique plus
approfondie était utile. L'UE et le PEROU, contrés par la MALAISIE,
déclarèrent que la question devait être examinée dans le cadre du
Troisième Rapport d'Evaluation du GIEC. Le Président Dovland indiqua
qu'il élaborera des conclusions préliminaires sur ce sujet, suite
aux consultations informelles.
Au sujet des points divers, le SBSTA décida
d'exclure l'examen de la question des produits ligneux récoltés. Les
Parties furent, cependant, invitées à soumettre leurs points de vue
au Secrétariat. Concernant les données sur les outils de décision
permettant d'�valuer les effets de l'�volution climatique et les
strat�gies d'adaptation, le Secr�tariat demanda aux Parties de
soumettre leurs propositions.
COOPERATION AVEC LES ORGANISATIONS
INTERNATIONALES PERTINENTES: Le Secr�tariat donna un aper�u sur
les efforts fournis au niveau d'un projet de proposition inter-agence
dans le domaine du renforcement des capacit�s dans le cadre du MDP.
Les PHILIPPINES et la CHINE recommand�rent la consid�ration du
projet de d�cision du G-77/Chine concernant le renforcement des
capacit�s. L'OUGANDA proposa un centre d'�change d'information
permanent pour la simplification du financement. L'UE souligna la n�cessit�
d'une coop�ration continue.
Au sujet de la coop�ration avec d'autres
Conventions, le SBSTA entendit les rapports du PNUE, de la Convention
sur la Lutte contre la D�sertification et de la Convention sur les
Zones Humides, consacr�s � la question des synergies entre la CCCC
et d'autres conventions.
Le SBSTA poursuivit en s�ance nocturne ses d�lib�rations
sur les points de l'ordre du jour portant sur: les voies et moyens de
limiter les �missions des hydrofluorocarbones et des
perfluorocarbones; les technologies d'adaptation con�ues pour les
littoraux; et, la recherche et l'observation syst�matique.
LES GROUPES DE CONTACT
LES EFFETS ADVERSES: Le groupe de contact
sur l'application des Articles 4.8 et 4.9 de la CCCC et les questions
relatives � l'Article 3.14 du Protocole (effets adverses) examina les
r�sultats du r�cent atelier tenu � Bonn. Plusieurs d�l�gu�s
appel�rent � une analyse des effets des mesures de r�ponse sur
l'ensemble des pays en d�veloppement, et pas uniquement les pays
producteurs de p�trole. Les d�l�gu�s furent ensuite invit�s �
soumettre leurs propositions �crites concernant les actions �ventuelles
devant �tre synth�tis�es par les copr�sidents.
LES AIJ: Le groupe de contact sur les AIJ
et la phase pilote soulev�rent un certain nombre de questions, y
compris celles de savoir: si la revue devait �tre poursuivie au-del�
de l'actuelle session; si la phase pilote devait continuer et, si oui,
sous quelle forme; si le groupe devait prendre des d�cisions ou faire
des recommandations quant � l'�ligibilit� des AIJ � entrer dans le
cadre du MDP ou des JI; et si la question de l'�ligibilit� doit �tre
discut�e par le groupe de contact sur les m�canismes. Certains d�l�gu�s
soulign�rent la n�cessit� de d�battre des perspectives des AIJ,
notant le besoin de fournir des incitations pour le maintien de la
dynamique.
LE RENFORCEMENT DES CAPACITES: Le groupe
de contact sur ce th�me aborda les questions de proc�dure. Le
G-77/CHINE d�clara que son projet de d�cision doit servir de plate-forme
aux recommandations � faire � la CdP-5, car il pr�sente une
approche exhaustive englobant toutes les activit�s touchant au
renforcement des capacit�s, assortie des besoins particuliers des
pays en d�veloppement dans son annexe. D'autres d�l�gu�s d�clar�rent
que la CdP-5 devrait �tablir un processus devant aboutir � une d�cision
� la CdP-6. Ils indiqu�rent que beaucoup restait � faire sur la
question des besoins particuliers nationaux. Un texte des copr�sidents
sera �labor� sur la base des soumissions �crites des Parties.
LES COMMUNICATIONS DES PARTIES VISEES A
L'ANNEXE I: Ce groupe de contact poursuivit l'examen de la seconde
partie du projet de texte r�vis� des lignes directrices devant r�gir
les communications des ays vis�s � l'Annexe I. Les participants d�battirent
des P&M, des projections des effets globaux des P&M, et des
premiers �changes de vues sur la question des ressources financi�res.
Les d�l�gu�s s'accord�rent sur un certain nombre de paragraphes.
Ils invit�rent le Pr�sident � �tablir la terminologie des
projections �sans mesures,� �tant donn� que le terme est
inhabituel, par rapport au terme �business as usual,� et pr�tant
� confusion, car il semble exclure la prise en consid�ration des
P&M mise en �uvre avant le point de d�part de la projection. Ils
d�f�r�rent par ailleurs l'examen des donn�es � inclure dans le
descriptif de chaque P&M � un groupe plus restreint.
LES COMMUNICATIONS DES PARTIES NON VISES A
L'ANNEX I: Le Pr�sident fit circuler un projet de texte compilant
les propositions de l'UE et du G-77/CHINE sur la question des
communications des pays non vis�s � l'Annexe I. Le groupe d�cida de
consacrer son temps � une s�ance de questions r�ponses avec le FEM
et ses agences d'ex�cution. Les participants abord�rent entre autres:
l'interpr�tation par le FEM des termes �co�ts globaux approuv�s,�
le principe de non-duplication endoss� par le Conseil du FEM, les
termes d'accord entre les agences d'ex�cution et les pays r�cipiendaires,
y compris les termes du d�boursement des fonds, le financement des
mesures d'adaptation et les directives donn�es au FEM par la CdP de
la CCCC.
L'UTILISATION DES TERRES, LE CHANGEMENT
D'UTILISATION ET LA FORESTERIE: Copr�sid� par Halldor
Thorgeirsson (Islande) et Philip Gwage (Ouganda), le groupe de contact
exprima des points de vue divergeant sur le calendrier de l'examen des
besoins en mati�re de donn�es sp�cifiques et les liens avec le
cadre des prises de d�cision dans le contexte du Protocole. Il y eut
accord g�n�ral sur l'examen du Rapport Sp�cial du GIEC au SBSTA-12.
Le groupe devait �galement s'accorder sur l'initiation d'un �change
de vue sur le cadre des prises de d�cision et les exigences en mati�re
de donn�es.
DANS LES COULOIRS
Certains observateurs suspectaient la proposition
du Kazakhstan d'�tre ajout� � la liste des pays vis�s � l'Annexe
I d'�tre susceptible d'�tre une nouvelle source de �hot air.�
D'autres s'en sont f�licit� et l'accueillirent comme un premier pas
vers l'extension du nombre des pays acceptant des engagements de
limitation et de r�duction. Plusieurs participants estimaient que les
inad�quations syst�matiques au sein du r�gime climatique rendent,
par principe, extr�mement difficile le traitement des requ�tes d'adh�sion
ou de retrait des listes des Annexes.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
SBSTA: Le SBSTA se r�unira en Pl�ni�re
� partir de 10h.
GTC: Le groupe de travail conjoint sur le
respect des obligations se r�unira en Pl�ni�re
II � 10h.
GROUPES DE CONTACT: Des groupes de contact
se tiendront tout au long de la journ�e. Consultez le tableau
d'affichage pour les d�tails.
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