Publié par L'Institut International du Développement Durable
(IIDD)
Vol. 12 No. 114
mercredi 27 octobre 1999
LES FAITS MARQUANTS DE LA CINQIEME CONFERENCE
DES PARTIES DE LA CONVENTION-CADRE SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES
MARDI 26 OCTOBRE 1999
Les délégués se sont réunis toute la journée
en session conjointe de l'Organe Subsidiaire de Conseil Scientifique
et Technologique (SBSTA) et de l'Organe Subsidiaire de Mise en Œuvre
(SBI) pour examiner: les Articles 4.8 et 4.9 de la CCCC (effets
adverses); le respect des obligations; le renforcement des capacités;
les activités de mise en œuvre conjointe (AIJ); et les mécanismes
du Protocole. Le Groupe de Travail Conjoint sur le respect des
obligations s'est réuni en séance nocturne et des groupes de contact
ont été convoqués autour des communications des Parties non visées
à l'Annexe I et des lignes directrices devant régir les
communications des Parties visées à l'Annexe I.
LA SESSION CONJOINTE SBSTA/SBI
LES EFFETS ADVERSES: L'ex-président du
SBSTA, Kok Kee Chow (Malaisie) présenta un rapport sur l'atelier
autour de la mise en application des Articles 4.8 et 4.9 de la CCCC (effets
adverses) tenu du 21 au 24 septembre 1999 à Bonn. Plusieurs délégués
déclarèrent que l'atelier a été un exercice utile. Le G-77/CHINE
signala avoir souligner la nécessité de tenir un autre atelier avant
la CdP-6.
Concernant les lacunes en matière d'information
sur les effets adverses, le délégué des ILES MARSHALL appela à une
recherche plus robuste dans le domaine des politiques et mesures dans
les pays visés à l'Annexe I. L'AUSTRALIE, avec le CANADA et la
GAMBIE, déclara que l'absence de données relatives à l'effet des
politiques et mesures ne doit pas constituer un obstacle aux efforts
visant à répondre aux besoins des pays réellement vulnérables. Le
CANADA et SAMOA soulignèrent le besoin d'agir à travers le processus
des communications nationales. Le SENEGAL appela à une évaluation de
la vulnérabilité en Afrique d'ici la CdP-6.
Concernant l'impact des mesures de réponse sur
les économies des pays producteurs de pétrole et autres, l'ARABIE
SAOUDITE se référa à de récentes études suggérant que les pays
producteurs de pétrole souffriront économiquement des mesures de réponse
et, avec le KOWEÏT et la LIBYE, déclara que les pays se doivent de
supprimer les distorsions de marché dans le secteur de l'énergie. Le
délégué des ETATS-UNIS déclara que des incertitudes subsistaient
sur l'impact de la mise en œuvre des mesures de réponse. Le JAPON et
les ILES MARSHALL déclarèrent que la considération de la
compensation était inacceptable car elle n'est prévue ni dans la
CCCC ni dans le Protocole.
Au sujet de l'état d'avancement des négociations,
plusieurs délégués, dont l'ARABIE SAOUDITE, le KOWEÏT, le QATAR et
les EMIRATS ARABES UNIS, déclarèrent qu'une progression égale
devait marquer tous les thèmes abordés, et que le Plan d'Action de
Buenos Aires (PABA) doit être accompli en tant que paquet complet.
L'OUGANDA, le BURKINA FASO, les ILES MARSHALL et SAMOA précisèrent
que toutes les questions ne pouvaient pas progresser de manière
simultanée et indiquèrent que l'attente de la réalisation d'un
paquet risquait de retarder l'action.
De nombreux délégués soulignèrent la nécessité
de donner un classement prioritaire aux besoins des pays les moins
avancés. Le BANGLADESH suggéra que le FEM établisse un fonds séparé
pour la couverture des besoins de ces pays. Un groupe de contact sera
convoqué sur ce sujet.
LE RESPECT DES OBLIGATIONS: Au sujet des
procédures et mécanismes relatifs à la conformité des obligations
inscrites dans le cadre du Protocole de Kyoto, Espen Rønnenberg, Coprésident
du Groupe de Travail Conjoint sur le respect des obligations (GTC), présenta
un bref rapport sur l'échange de vues informel sur ce sujet qui s'est
tenu à Vienne les 6 et 7 octobre 1999. Parmi les thèmes abordés: la
conception et les facteurs qui sous-tendent le système de mise en
conformité aux obligations; le rôle de l'équipe des experts d'évaluation
et de la CdP/RdP; et les conséquences du non-respect des obligations.
LE RENFORCEMENT DES CAPACITES: Concernant
le renforcement des capacités, plusieurs délégués accueillirent
favorablement le projet de décision concernant des mesures dans ce
domaine en faveur des pays en développement et assorti d'une liste
des besoins particuliers de ces pays, en tant que plate-forme pour
l'adoption d'une décision à la CdP-5.
S'agissant des récipiendaires du renforcement
des capacités, le G77/CHINE déclara que se sont les pays en développement
seulement, mais l'UE, le KAZAKHSTAN et d'autres précisèrent qu'ils
incluaient les pays en transition économique.
Le délégué des ILES MARSHALL, appuyé par ses
homologues du SOUDAN, de la GAMBIE, de l'AOSIS et de la CHINE, déclara
que le processus devait rester à l'instigation des pays plutôt
que des agences et qu'il devait suivre les orientations de la CdP. Le
délégué des PHILIPPINES recommanda de préciser que le renforcement
des capacités doit être réalisé “pour,” “par” et
“dans” les pays en développement et affirma que l'initiative du
FEM était une anti-thèse du renforcement des capacités. Le CANADA,
appuyant l'initiative du FEM, encouragea l'organisme à développer
davantage son approche inter-agence.
Le G77/CHINE se référa à son projet de décision
qui requiert du Secrétariat l'élaboration d'un plan permettant de
faciliter le renforcement des capacités pour les pays en développement.
Le porte-parole souligna l'importance des ateliers entrepris avec la
participation des pays en développement. La République
CENTRAFRICAINE parla de la futilité des ateliers trop courts, les
pays en développement nécessitant une formation continue. L'UE suggéra:
l'identification des besoins des Parties non visées à l'Annexe I par
l'analyse de leurs communications nationales; l'identification des
capacités disponibles; l'accord sur un processus garantissant un
soutien approprié aux domaines prioritaires; et la fourniture de
directives pour l'évaluation des activités de renforcement des
capacités en matière de changements climatiques. Le CANADA apporta
son appui à l'idée de mettre place une réponse coordonnée au sein
des efforts fournis dans le domaine du renforcement des capacités et
proposa trois étapes: l'évaluation des besoins; l'étude des actions
entreprises actuellement par les divers acteurs; et la définition
d'un champ d'action clair. L'AUSTRALIE souhaita recevoir du Secrétariat
des éclaircissements concernant le soutien mis à la disposition des
pays en développement en vue d'identifier les lacunes et les besoins
pour les travaux futurs. La NORVEGE se déclara en faveur d'une
approche intégrée dans l'identification des besoins. La SUISSE
endossa une approche pratique focalisée sur l'identification des
besoins appropriés dans des domaines spécifiques. La FEDERATION DE
RUSSIE offrit son assistance en matière de transfert des
technologies.
Concernant les besoins en matière de
renforcement des capacités, le G77/CHINE se référa à son projet de
décision appelant la CdP: à entreprendre des activités de
renforcement des capacités; à fournir le soutien technique et
financier nécessaire au renforcement des points focaux nationaux; à
promouvoir la recherche et les études touchant au domaine du climat;
et à promouvoir le renforcement des capacités de l'expertise et des
institutions nationales. L'AUSTRALIE, le CANADA, le JAPON et
l'OUZBEKISTAN indiquèrent que le renforcement des capacités était nécessaire
pour tirer plein profit du mécanisme pour un développement propre (MDP).
Le délégué des ETATS-UNIS mit en exergue la nécessité d'une
approche intégrée dans tous les efforts fournis en matière de
renforcement des capacités. Le CLIMATE ACTION NETWORK appuya
l'adoption d'une approche conçue de bas en haut dans ce domaine, basée
sur des initiatives locales et régionales impliquant la communauté
des ONG, car de nombreux critères devant régir les mécanismes sont
encore inconnus. Un groupe de contact, coprésidé par le Président
du SBI, John Ashe et Dan Reifsnyder (Etats-Unis) sera convoqué pour
approfondir cette question.
LES ACTIVITES DE MISE EN ŒUVRE CONJOINTE:
Au sujet de l'expérience vécue au niveau des AIJ, le G-77/CHINE mit
l'accent sur le déséquilibre de la répartition géographique des
projets pilotes et encouragea l'extension de la phase pilote. L'AOSIS
déclara que les projets de séquestration de gaz carbonique
risquaient de ne pas garantir des effets à long terme mesurables et
fit part de ses réserves concernant l'éventuelle inclusion des puits
d'absorption. Avec les ILES MARSHALL, le BOTSWANA et SAMOA, l'orateur
s'opposa à l'établissement de quelque lien que ce soit entre les AIJ
et les mécanismes du Protocole. Le JAPON, appuyé par l'UE, affirma
que l'expérience acquise était suffisante pour la conduite d'une évaluation
exhaustive. Avec la POLOGNE, l'intervenant souligna qu'un projet AIJ
doit pouvoir être éligible dans le cadre de la mise en œuvre
concertée (JI) ou le MDP s'il répond aux critères d'éligibilité
et si toutes les Parties impliquées sont d'accord. Le délégué des
ILES MARSHALL encouragea l'arrêt des projets de stockage temporaire
de carbone dans le cadre des AIJ. Le délégué des ETATS-UNIS proposa
l'exploration de l'éligibilité des projets AIJ dans le cadre du MDP
ou de la JI.
Contrée par l'AOSIS, le BOTSWANA et l'IRAN, l'UE,
avec la SUISSE, proposa que les AIJ puissent être créditées rétroactivement.
L'oratrice identifia le manque de crédits et de capacités dans les
pays hôtes et les coûts de transaction trop élevés pour les petits
projets comme autant de barrières entravant le bon déroulement de la
phase pilote. La SUISSE et l'AUSTRALIE affirmèrent que sans crédits,
les industries seront précautionneuses à l'égard des AIJ.
L'IRAN nota l'absence de critères permettant l'évaluation
et l'élaboration des avantages des projets AIJ et indiqua que l'appréciation
restait assujettie aux différentes interprétations des Parties.
L'orateur appela à la poursuite de la phase pilote sans pré-conditions
ni crédits. Le BOTSWANA affirma que l'introduction de crédits
jettera de la confusion dans le processus. L'AOSIS
attira l'attention sur les inconsistances, le manque de
rapports et les complications procédurières qui font que l'octroi de
crédits de manière rétrospective est tout à fait inapproprié.
La REPUBLIQUE DE COREE déclara qu'étant donné
que la plupart des projets AIJ sont financés à travers des fonds
officiels comme l'APD et le FEM, la certification des crédits doit être
traitée avec prudence. Le GROUPE AFRICAIN mit l'accent sur le besoin
d'impliquer les communautés locales dans la conception et l'exécution
de tels projets.
S'agissant de la forme des rapports, la SUISSE
insista sur la simplicité. Le délégué des ETATS-UNIS suggéra que
Secrétariat organise une réunion technique sur le sujet. Un groupe
de contact présidé par Yvo de Boer (Pays-Bas) sera convoqué sur ce
point.
LES MECANISMES DU PROTOCOLE: L'Ex-pr�sident
du SBSTA, Chow, introduisit la synth�se r�vis�e des propositions
avanc�es par les Parties sur les principes, les modalit�s, les r�gles
et les lignes directrices devant r�gir les m�canismes du Protocole,
et nota que ces propositions pouvaient servir de plate-forme � un
projet de texte de n�gociation.
Le G-77/CHINE d�clara que la d�cision sur le
MDP doit pr�c�der celles sur les autres m�canismes. L'AUSTRALIE
nota la n�cessit� d'un travail technique important avant la CdP-6.
L'UE nota les points de convergence important entre les Parties et
souhaita voir un plafonnement �tre d�fini pour l'utilisation des m�canismes.
Le d�l�gu� des ETATS-UNIS plaida pour une progression parall�le
sur l'ensemble des m�canismes avec priorit� au MDP. Avec la NORVEGE
et la SUISSE, l'orateur sugg�ra un affinement de la synth�se en un
projet de texte de n�gociation. La NORVEGE identifia le besoin de se
fixer sur un plan de travail d'ici la CdP-6. L'AOSIS souligna la n�cessit�
pour les m�canismes d'�tre fond�s sur des principes
environnementaux rationnels et, avec le VENEZUELA, appela � un d�lai
ad�quat pour examen. L'orateur ajouta que l'AOSIS veillera � ne pas
avoir des m�canismes permettant aux Parties vis�es � l'Annexe I d'�chapper
� leurs responsabilit�s int�rieures. L'OUZBEKISTAN, avec la
FEDERATION DE RUSSIE, souhaita avoir des d�finitions claires des
principaux concepts. La CHINE s'opposa � l'id�e de prendre une d�cision
unique sur l'ensemble des m�canismes. Le d�l�gu� recommanda qu'il
y ait trois d�cisions distinctes sur les m�canismes. L'ARABIE
SAOUDITE souligna que la progression sur ce point restait tributaire
des avanc�es qui seront enregistr�es sur d'autres points �galement
importants. Un groupe de contact pr�sid� par Kok Kee Chow, fut
sollicit� de r�viser et de consolider les points de vues en un
projet de texte de n�gociation et de s'accorder sur un plan de
travail d'ici la CdP-6. Le G-77/CHINE d�clara que la r�f�rence �
un projet de texte de n�gociation n'�tait pas souhaitable � ce
stade.
LE GROUPE DE TRAVAIL CONJOINT SUR LE RESPECT
DES OBLIGATIONS
Le GTC se r�unit en s�ance nocturne pour
adopter le calendrier de ses travaux et entendre un rapport oral sur
l'�change informel des vues et des donn�es concernant le respect des
obligations qui � eu lieu au cours de la manifestation organis�e les
6 et 7 octobre1999 � Vienne. Le groupe proc�da ensuite � l'examen
des �l�ments de la conception, de la couverture et des fonctions du
syst�me de conformit� aux obligations inscrites dans le cadre du
Protocole. Le GTC se r�unira de nouveau le 29 octobre � 10h.
LES GROUPES DE CONTACT
LES LIGNES DIRECTRICES DEVANT REGIR LES
COMMUNICATIONS DES PAYS VISES A L'ANNEXE I: Le groupe de contact
sur les communications des pays vis�s � l'Annexe I proc�da �
l'examen de la seconde partie du projet de texte r�vis� des Lignes
Directrices devant r�gir les Communications des Pays vis�s �
l'Annexe I. Le groupe aborda les chapitres sur: les objectifs des
lignes directrices, l'�laboration des communications nationales, les
d�finitions, la couverture et la structure des communications
nationales; le rapport de synth�se; les circonstances nationales; les
donn�es concernant les inventaires de GES; et les politiques et
mesures (P&M). Les d�l�gu�s s'accord�rent sur la suppression
du chapitre consacr� � la couverture. L'UE soumit une proposition de
restructuration du chapitre portant sur les communications nationales.
Au sujet de la s�lection des P&M, le groupe s'entendit sur la n�cessit�
d'�tablir une distinction entre les politiques �adopt�es,�
celles �mise en �uvre� et celles se trouvant encore �au stade
de planification,� et appela � la d�finition de ces termes.
LES COMMUNICATIONS DES PAYS NON VISES A
L'ANNEXE I: Le groupe de contact group sur les communications des
pays non vis�s � l'Annexe I examina les propositions soumises par le
G-77/Chine et l'UE sur la consid�ration des communications des
Parties non vis�es � l'Annexe I. Le G-77/CHINE, contr� par l'UE et
d'autres, insista pour que sa proposition serve de plate-forme aux d�lib�rations
du groupe. Quelques d�l�gu�s propos�rent l'identification des �l�ments
communs entre aux deux propositions. Le G-77/CHINE, appuy� par
d'autres, attira l'attention sur les �l�ments litigieux, notamment
sur les �valuations techniques des communications des pays non vis�s
� l'Annexe I mentionn�es dans la proposition de l'UE. L'oratrice
s'interrogea sur l'objectif, le caract�re et l'utilit� de telles �valuations.
L'UE et d'autres d�clar�rent que l'objectif en �tait d'am�liorer
la contenu des communications. Le groupe d�cida de travailler sur un
projet de texte compilant les deux propositions.
DANS LES COULOIRS
Tandis que la Pl�ni�re poursuivait ses travaux
au train habituel, le th�me de l'utilisation des terres, modification
de l'utilisation des terres et foresterie �tait ce mardi l'objet
d'une manifestation stimulante organis�e en marge de la conf�rence
� l'instigation des Parties. Le GIEC y a fourni un rapport approfondi
sur l'�tat d'avancement de ses travaux sur le sujet tel que requis
par le SBSTA. Les participants, y compris les ONG, se f�licit�rent
des �changes avec les auteurs, experts du GIEC, qui ont jet� une
lumi�re sur un sujet longtemps envelopp� dans l'incertitude.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
REUNION CONJOINTE SBI/SBSTA: Le SBI et le
SBSTA se r�uniront en s�ance Pl�ni�re � partir de 10h.
GROUPES DE CONTACT: Des groupes de contact
seront tenus tout au long de la journ�e. Consulter le tableau
d'affichage pour les d�tails.
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