Publié par L'Institut International du Développement Durable
(IIDD)
Vol. 12 No. 113
mardi 26 octobre 1999
LES FAITS MARQUANTS DE LA CINQUIEME CONFERENCE
DES PARTIES DE LA CONVENTION-CADRE SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES
LUNDI 25 OCTOBRE 1999
Journée d'inauguration de la cinquième Conférence
des Parties (CdP-5) de la Convention-Cadre sur les Changements
Climatiques (CCCC), les délégués se sont réunis en Plénière pour
entendre les déclarations d'ouverture et procéder à l'examen des
questions d'organisation, d'administration, de finance et autre.
L'Organe Subsidiaire de Conseil Scientifique et Technologique (SBSTA)
s'est penché sur les communications des Parties visées à l'Annexe I
et sur l'utilisation des terres, la modification de l'utilisation des
terres et la foresterie (LULUCF). L'Organe Subsidiaire de Mise en Œuvre
(SBI) a examiné les communications des Parties visées à l'Annexe I
et celles des Parties non visées à l'Annexe I et le mécanisme de
financement.
LA PLENIERE
La Présidente de la CdP-4, Maria Julia Alsogaray,
souhaita aux délégués la bienvenue à la CdP-5. Elle déclara que
le Plan d'Action de Buenos Aires (PABA) avait engendré une nouvelle
dynamique et souligna la nécessité d'une volonté politique pour la
concrétisation du PABA et pour permettre au Protocole d'entrer en
vigueur d'ici Rio+10 en 2002.
Jan Szyszko, Ministre Polonais de la Protection
Environnementale, des Ressources Naturelles et de la Foresterie, fut
élu Président de la CdP-5. Il déclara que les questions de l'opération
du mécanisme de flexibilité, de la conformité aux obligations et
des directives concernant la CdP devant servir de Réunion des Parties
du Protocole, doivent être résolues d'ici la CdP-6. Il se référa
aux préoccupations de certains pays en développement concernant
l'impact du Protocole sur leurs efforts de développement et nota
l'impératif de trouver des alternatives susceptibles d'amoindrir les
coûts de mise en œuvre pour les pays en développement.
Gerhard Schröder, Chancelier Fédéral Allemand,
déclara que la vision du développement durable articulée au Sommet
de Rio ne s'est pas traduite dans le réel aussi rapidement que
souhaité. Il nota qu'en dépit de la mise en place de la CCCC, des échecs
sont enregistrés dans le processus climatique, notamment l'incapacité
des pays les plus industrialisés à réduire leurs émissions de CO2
à leurs niveaux de1990 d'ici l'an 2000. Il mit en exergue les efforts
de l'Allemagne visant à réduire les émissions de GES, y compris
l'objectif de réduction de 17% d'ici 2005 qu'elle s'est fixée et
“l'éco-taxe” qui élève les coûts de la consommation d'énergie.
Il indiqua que le Protocole doit entrer en vigueur d'ici 2002 et
exhorta les Parties à concrétiser les promesses faites dans les fora
internationaux.
Le Secrétaire Exécutif de la CCCC, Michael
Zammit-Cutajar, au nom de Kofi Annan, Secrétaire Général de l'ONU,
souligna la nécessité d'une action urgente pour la réalisation des
engagements de Kyoto. Il appela à une sensibilité aux besoins des
pays vulnérables et à
l'habilitation des pays en développement. Assurant la CdP de l'appui
des Nations Unies, il déclara que la communauté internationale
souhaitait voir le MDP être activé après la CdP-6 et le Protocole,
être ratifié d'ici l'an 2002.
S'agissant des questions d'organisation, la CdP
adopta l'ordre du jour, à l'exception du point 5, le consensus
n'ayant pas été réalisé autour de la proposition du G-77/Chine
d'amender le point en question de manière à lire “Revue de l'adéquation
de l'application des Articles 4.2 (a) et (b) de la CCCC” (politiques
et mesures mises en place par les Parties visées à l'Annexe I), au
lieu de “Seconde Revue de l'adéquation” de ces mêmes articles.
La CdP procéda ensuite à l'élection des
membres de son Bureau. Les Vice-Présidents élus sont: Papa Cham (Gambie),
Phillip Gwage (Ouganda), Mohamed Al-Sabban (Arabie Saoudite), Liu
Zhenmin (Chine), Olexander Bielov (Ukraine), Yvo De Boer (Pays-Bas),
Neroni Slade (Samoa). La CdP devait également élire Antonio Vallini
Guerreiro (Brésil) en qualité de Rapporteur, John Ashe (Antigua
& Barbuda) en qualité de Président du SBI et Harald Dovland (Norvège)
en qualité de Président du SBSTA. Les délégués adoptèrent le
calendrier des travaux proposé pour la CdP-5.
Concernant les questions administratives et
financières, la CdP adopta un projet de décision stipulant que le
lien institutionnel du Secrétariat de la CCCC aux Nations Unies est
maintenu. Les délégués approuvèrent une proposition du Président
Szyszko de poursuivre les consultations sur la constitution du Comité
Consultatif Multilatéral proposé.
LE SBI
Le Président du SBI, John Ashe, introduisit le
Vice-Président Mohammed Reza Salamat (Iran) et le Rapporteur Klaus
Radunsky (Autriche). L'ordre du jour provisoire fut adopté tel
qu'amendé par la Plénière.
Au sujet des communications des Parties visées
à l'Annexe I, le délégué des ETATS-UNIS recommanda que seule le
Chapitre I (descriptif général des lignes directrices) soit négocié
à travers un groupe de contact et adopté au cours de la CdP-5. La
SUISSE, avec l'UE et l'AUSTRALIE, appuya l'idée d'adopter les lignes
directrices au cours de la CdP-5. L'AUSTRALIE déclara que les lignes
directrices pouvaient être applicables aux inventaires prévus dans
le cadre du Protocole.
Le SBI examina le premier rapport de synthèse
des premières communications des Parties non visées à l'Annexe I.
S'agissant des obstacles rencontrés dans la production des
communications des Parties non visées à l'Annexe I, le G-77/CHINE
appela à la mise à disposition de ressources financières adéquates,
à une assistance technique et au renforcement des capacités aux fins
de soutenir les pays non visés à l'Annexe I dans la collecte des
données et dans l'identification des facteurs d'émission nationaux
et des méthodologies d'évaluation des capacités d'adaptation. L'UE,
contrée par la CHINE, déclara que le FEM a fourni à la plupart des
Parties non visées à l'Annexe I un financement pour les
communications nationale. L'OUZBEKISTAN nota que les contraintes
incluaient l'absence de la recherche et le manque de données sur les
facteurs d'émission. L'IRAN nota que les pays avaient également des
besoins déterminés par leurs circonstances particulières.
Concernant les avantages que permet la production
des communications des pays non visés à l'Annexe I, le G-77/CHINE déclara
qu'en dépit des difficultés rencontrées au niveau de
l'identification des grandes tendances, la synthèse des
communications initiales des pays non visés à l'Annexe I constituait
la première étape de l'examen des données concernant la mise en
application de la CCCC par les Parties non visées à l'Annexe I. L'UE,
le CANADA et la MICRONESIE notèrent l'utilité de la compilation et
du rapport de synthèse à mieux comprendre les difficultés rencontrées
par les Parties non visées à l'Annexe I.
Au sujet des lignes directrices devant régir les
communications des pays non visés à l'Annexe I, le G-77/ CHINE
s'opposa à la modification de ces lignes directrices, plusieurs pays
non visés à l'Annexe I n'ayant pas encore finalisé leurs premières
communications. L'AOSIS nota la nécessité de modifier les lignes
directrices établies par le GIEC pour les petits Etats insulaires en
développement, compte tenu du fait qu'elles ne sont pas toujours
applicables à leurs circonstances particulières. Plusieurs pays
ayant exprimé un intérêt pour l'initiation des secondes
communications nationales, l'UE déclara que les lignes directrices
devaient être revues. La SUISSE indiqua qu'on avait besoin d'un
format de rapport unifié pour toutes les Parties de la CCCC.
Le G-77/CHINE appela à une évaluation des
communications des pays non visés à l'Annexe I par les experts de
ces mêmes Parties. L'UE et d'autres soulignèrent la nécessité
d'une revue des communications des pays non visés à l'Annexe I par
les experts et indiquèrent que tous les pays pouvaient tirer profit
de l'exercice. L'AOSIS fit objection à l'idée d'établir des
processus d'évaluation technique pour les communications nationales
particulières. L'ARGENTINE appuya l'idée de recourir aux experts des
groupes régionaux. La REPUBLIQUE DE COREE ajouta que les équipes
d'experts doivent se focaliser sur l'identification des solutions
permettant d'aplanir les obstacles rencontrés dans l'élaboration des
communications et sur les échanges d'expériences.
Concernant le calendrier des secondes
communications nationales, le G-77/ CHINE nota que la CCCC prévoyait
un calendrier différencié pour la soumission des communications
nationales par les Parties visées à l'Annexe I et celles non visées
à l'Annexe I. La porte-parole indiqua que la soumission des
communications des Parties non visées à l'Annexe I restait
tributaire de la disponibilité des ressources financières. Le délégué
des ETATS-UNIS, appuyé par le CANADA et la SUISSE, mais contré par
la CHINE, déclara que la révision des lignes directrices était
fondamentale pour l'amélioration des secondes communications
nationales. Un groupe de contact sera chargé de la question des
communications des Parties non visées à l'Annexe I.
LE SBSTA
Les délégués adoptèrent l'ordre du jour tel
qu'amendé par la Plénière de la CdP, et le calendrier des travaux.
Lambert Gnapelet (République centrafricaine) et Andrej Kranjc (Slovénie)
furent respectivement réélus en tant que Vice-Président et
Rapporteur du SBSTA.
Au sujet de la coopération avec les
organisations scientifiques pertinentes, Robert Watson, Président du
Groupe Intergouvernemental sur l'Evolution Climatique (GIEC), présenta
un rapport sur l'état d'avancement du Troisième Rapport d'Evaluation
(TRE) et trois rapports spéciaux sur le transfert des technologies,
les scénarios d'émission de GES et des précurseurs aérosols, et le
LULUCF. L'orateur mit en relief les contraintes budgétaires du GIEC
dues au nombre trop important de rapports spéciaux, à l'effort d'amélioration
de la dimension régionale et à la participation accrue d'experts
issus des pays en développement et des pays en transition économique.
Il fit part de ses préoccupations quant à la réaction financière
de la majorité des gouvernements et exhorta les Parties à résoudre
ce problème.
S'agissant des communications des pays visés à
l'Annexes I, l'UE nota la nécessité d'inclure des indicateurs tels
que le taux d'émission par habitant. Concernant le projet de plan
directeur devant régir les rapports sur les Systèmes d'Observation
Climatique (GCOS), l'UE, avec la MONGOLIE, recommanda que les Parties
visées à l'Annexe I élaborent des rapports séparés sur
l'observation climatique mondiale et intègrent dans leurs
communications nationales un résumé basé sur les exigences générales
de l'élaboration des rapports. L'AUSTRALIE suggéra que les
projections de l'effet des politiques et mesures sur les tendances
futures des �missions de GES et des suppressions, soient �labor�es
par secteur. Les
ILES MARSHALL et la JAMAIQUE apport�rent leur appui � la n�cessit�
d'avoir des rapports rigoureux. Le d�l�gu� des ETATS-UNIS d�clara
que la quantit� et le niveau des d�tails doivent veiller � l'�quilibre
des besoins de comparabilit�, de transparence et de caract�re
pratique. Un groupe de contact pr�sid� par Jim Penman (Royaume-Uni)
et Mark Mwandosya (Tanzanie) se r�unira pour examiner ce sujet.
Concernant le LULUCF, Watson pr�senta les r�sultats
pr�liminaires du Rapport Sp�cial sur le LULUCF. Il indiqua que des d�cisions
importantes doivent �tre prises sur les d�finitions, le syst�me de
comptabilit�, les syst�mes de suivi et d'�laboration des rapports
et les lignes directrices devant r�gir les inventaires, avant la mise
en �uvre du Protocole. Le G-77/CHINE d�clara que l'examen du
processus de LULUCF devrait commencer apr�s la parution du Rapport Sp�cial
du GIEC. Le JAPON, avec
l'AUSTRALIE, appela � l'�tablissement d'un cadre d�cisionnel � la
CdP-5. L'AUSTRALIE souligna que la question cl� n'est pas de savoir
"si" mais "comment" des activit�s additionnelles
en rapport avec les puits d'absorption pourraient �tre int�gr�es
dans le Protocole. Le CANADA d�clara que le cadre d�cisionnel doit
�tre bas� sur la compatibilit� entre les dispositions du Protocole
de Kyoto.
Au sujet des activit�s additionnelles, le d�l�gu�s
des ETATS-UNIS d�clara que la transparence doit �tre de rigueur au
niveau des rapports et de la v�rifiabilit�. Selon l'UE, le Rapport
Sp�cial du GIEC et les donn�es sp�cifiques nationales devraient
servir de plate-forme aux futures discussions et d�cisions. Un groupe
de contact proc�dera � l'examen approfondi de cette question.
Concernant les syst�mes nationaux, les
ajustements et les lignes directrices relevant des Articles 5 (m�thodologie),
7 (communications) et 8 (revue des donn�es) du Protocole, Taka
Hiraishi, Vice-Pr�sident de la cellule charg�e des inventaires au
sein du GIEC, pr�senta un rapport sur le travail entrepris sur les
incertitudes et les bonnes pratiques dans l'�laboration des
inventaires.
Au sujet des lignes directrices devant r�gir les
syst�mes nationaux, l'UE, avec le JAPON, d�clara qu'elles doivent �tre
souples pour refl�ter les diff�rentes circonstances nationales. Le d�l�gu�
des ETATS-UNIS mit l'accent sur l'int�gration des orientations donn�es
par le GIEC concernant les bonnes pratiques. L'AUSTRALIE proposa
d'inclure, entre autres, une assurance qualit� et des proc�dures de
contr�le de la qualit�, des liens entre les syst�mes nationaux et
les syst�mes d'�change des droits d'�mission et des liens avec le
transfert et l'acquisition des quantit�s assign�es. La SUISSE d�clara
que les lignes directrices doivent inclure des crit�res pour les syst�mes
de mise en application nationaux aux fins d'�tre en conformit� avec
les lignes directrices pertinentes, et l'�tablissement et le
traitement des donn�es touchant aux m�canismes du Protocole.
Concernant les ajustements, l'AUSTRALIE d�clara
qu'ils sont con�us comme �tant un �l�ment du syst�me de conformit�
aux obligations du Protocole. L'UE et le JAPON d�clar�rent que la
suite du d�bat sur les aspects techniques ne doit avoir lieu qu'apr�s
la fin des travaux du GIEC sur le th�me des bonnes pratiques. Le
CANADA nota le manque de clart� quant � la nature m�me de
l'ajustement. Avec la NOUVELLE ZELANDE, l'orateur exprima son soutien
� la mise en place d'un processus de revue technique des inventaires,
notant que cela restait fondamental pour l'�laboration d'un processus
d'ajustement. Helen Plume (Nouvelle Z�lande) conduira les
consultations informelles autour de cette question.
DANS LES COULOIRS
Le retard non pr�vu enregistr� dans les travaux
de Pl�ni�re de la matin�e du lundi mena quelques participants �
faire part de leur pessimisme quant � ce qu'il faut attendre de la
CdP-5. Certains d'entre eux devaient commenter que l'�chec du
G-77/Chine et de l'UE � s'accorder sur la proposition de
re-formulation du point de l'ordre du jour concernant la revue de l'ad�quation
des engagements �tait r�v�lateur des divergences susceptibles de
refaire surface durant les deux semaines � venir.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
REUNION CONJOINTE SBI/SBSTA: Le SBI et le
SBSTA se r�uniront en Pl�ni�re � partir de 10h et de 15h.
CONSULTATIONS INFORMELLES: Des
consultations informelles auront probablement lieu en s�ances du
matin, de l'apr�s-midi et de la soir�e. Consultez le tableau
d'affichage pour les d�tails.
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