LES FAITS MARQUANTS DES REUNIONS DES ORGANES SUBSIDIAIRES DE LA CCCC
JEUDI 3 JUIN 1999
L'Organe Subsidiaire de Mise en uvre (SBI) a planché sur les questions
administratives et financières. L'Organe Subsidiaire de Conseil Scientifique et
Technologique (SBSTA) a débattu du thème de la mise au point et du transfert des
technologies. Un groupe de contact s'est réuni pour considérer les lignes directrices
devant régir les communications des pays visés à l'Annexe I. Des consultations
informelles ont été menées sur la recherche et l'observation systématique.
LE SBI
Concernant les questions administratives et financières, le Président Kante invita
les délégués à procéder à l'examen des points ci-après de l'ordre du jour,
ensemble: le programme budget de l'exercice biennal 2000-2001; les recettes et le budget
performance de l'exercice biennal 1998-99; et les arrangements relatifs au soutien
administratif de la Convention.
Plusieurs délégués déclarèrent ne pas être en faveur d'une augmentation de 50% du
budget, ni de l'augmentation de 59% proposée au niveau des effectifs. Le G-77/CHINE
déclara que bien qu'ayant compté souvent parmi les supporters d'une croissance forte et
constante des budgets de la Convention, il ne saurait défendre l'écart de l'augmentation
proposée, et nota la tendance actuelle partagée par bon nombre de Parties à soutenir
une croissance zéro des budgets. L'orateur fit part de ses réserves de voir les
propositions budgétaires anticiper des résultats de décisions que la CdP n'a pas encore
pris. L'UE, appuyée par les ETATS-UNIS, le CANADA et la RUSSIE, suggéra que le
Secrétariat pourrait élaborer plusieurs autres options pour le projet de budget. Il
proposa des scénarios basés sur des augmentations calculées à hauteur de 0%, 5% et
7.5% par an, et suggéra de déférer la décision à la CdP-5. Les ETATS-UNIS et le
CANADA préférèrent résoudre la question au cours de cette session, compte tenu du
lourd panier de travail qui attend la CdP-5.
La RUSSIE attira l'attention des participants sur les réalités politiques, affirmant
qu'il sera très difficile de justifier la demande d'une augmentation de financement aussi
substantielle auprès des décideurs dans les différentes capitales. Le CANADA souligna
que le Secrétariat devrait se focaliser sur sa fonction de facilitation. L'IRAN suggéra
que le Secrétariat fournisse au moins deux rapports sur les budgets biennaux, pour
permettre ainsi la prise en compte, dans les propositions budgétaires subséquentes, les
dépenses additionnelles résultant des décisions de la CdP. Le délégué exprima ses
réserves concernant le nombre de consultants recrutés et les critères appliqués dans
leur sélection. La représentante des PHILIPPINES nota qu'une augmentation budgétaire ne
se traduisait pas nécessairement par des avantages pour les Parties. Elle indiqua qu'une
plus grande coordination Sud - Sud dans le domaine du renforcement des capacités pouvait
alléger les pressions exercées sur le Secrétariat.
Dans la référence à certaines activités programmatiques décrites dans le budget,
la CHINE déclara que le Secrétariat n'était pas mandaté de fournir des orientations
politiques aux Parties, et que c'est le contraire qui est vrai. L'orateur nota la
nécessité pour le budget de refléter le mécanisme pour un développement propre (MDP)
en tant que priorité. L'EGYPTE parla de l'harmonisation des activités programmatiques de
la CCCC avec celles entreprises dans d'autres fora, comme moyen de réduire les dépenses.
L'INDE s'interrogea sur les politiques adoptées par le Secrétariat concernant le
personnel gratuit et suggéra que le Secrétariat élabore un tableau comparant la
proposition budgétaire aux budgets précédents.
Au sujet des faux frais devant couvrir les services conférenciers, le G-77/CHINE
déclara qu'on devait demander à l'Assemblée Générale des Nations Unies (AGNU)
d'insérer les exigences de la CCCC dans son budget. La représentante des ETATS-UNIS
déclara que les Parties devraient couvrir les services conférenciers, et suggéra de
demander à l'AGNU de prendre une décision sur cette question.
Michael Zammit Cutajar, Secrétaire Exécutif de la CCCC, se référa aux difficultés
rencontrées par le Secrétariat lors de l'élaboration du budget, découlant du fait de
n'avoir reçu aucune orientation des Parties. Il déclara que la discussion permettra de
palier à ce manque d'orientation et nota que la proposition de budget pour l'exercice
biennal 2000-2001 a été élaborée suivant la méthodologie utilisée jusque-là. Il fit
état des difficultés posées par la préparation d'un tableau ou d'un diagramme
permettant de comparer les activités d'un exercice biennal à l'autre. Il fit remarquer
que bien que pas d'accord, dans leur ensemble, pour une augmentation de 50% du budget, la
plupart des délégations ont reconnu l'accroissement du panier de travail du
Secrétariat. Il suggéra que les délégués considèrent la possibilité de reporter
l'examen à la CdP-6.
LE SBSTA
L'Organe Subsidiaire de Conseil Scientifique et Technologique (SBSTA) se réunit pour
poursuivre l'examen du thème de la mise au point et du transfert des technologies. Au
sujet des ateliers régionaux devant être organisés par le Secrétariat, le JAPON
annonça qu'il accordera US$100,000 pour la tenue de l'atelier de la région Asie et
Pacifique. L'orateur nota la contribution importante que ne manquera pas d'apporter le
prochain Rapport Spécial du GIEC au Processus Consultatif sur la question de la mise au
point et du transfert des technologies et souligna le besoin d'une coordination plus
étroite entre le SBSTA et le GIEC.
Le G-77/CHINE, avec le NIGERIA et la CHINE, souligna l'importance du transfert des
technologies vers les pays en développement. Reconnaissant les difficultés de le
réussir sans recourir aux mécanismes de marché ouvert, il réitéra que le transfert
des technologies ne pouvait être entrepris dans le cadre d'un processus de marché. Il
mit en relief la nécessité de traiter ce thème dans son sens le plus large et d'y
insérer des éléments de renforcement des capacités, de l'amélioration de la prise de
conscience du public et d'une installation et d'un transfert par arrangements entre
pourvoyeurs et récipiendaires. Il souligna la nécessité de mettre en place les règles
et les procédures devant régir le transfert des technologies et appela à une
augmentation de l'allocation budgétaire du Secrétariat pour financer le renforcement des
capacités en matière de transfert technologique.
Le CANADA affirma que le transfert des technologies est crucial pour la réalisation
des objectifs à long terme de la Convention et du Protocole. L'oratrice qualifia le
secteur privé de véhicule principal du transfert et précisa que le défi à relever
consistait à instaurer un environnement favorable et de mettre en uvre des
activités d'habilitation permettant la continuité du transfert. Elle ajouta que les
investissements associés aux mécanismes (MDP et Activités Conjointes) seront
instrumentaux pour le transfert de technologies efficientes et efficaces vers les pays non
visés à l'annexe I et les pays en transition économiques. La CHINE mit en garde contre
toute tentative de redéfinir le transfert des technologies et souligna que les transferts
intervenant dans le cadre de la Convention doivent s'effectuer dans des termes
non-marchands. L'oratrice affirma que les transferts existants étaient inadéquats pour
la réalisation des objectifs de la Convention et que le principal obstacle restait le
manque de volonté politique des pays industrialisés. Concernant le transfert des
technologies dans le cadre du MDP, la représentante indiqua qu'il devait être
additionnel à celui effectué en vertu de la Convention.
LES GROUPES DE CONTACT ET LES CONSULTATIONS INFORMELLES
Le groupe de contact sur les communications nationales des Parties visées à l'Annexe
I se réunit pour examiner le projet des lignes directrices devant régir l'élaboration
des rapports sur les questions autres que celles touchant à l'inventaire. Le groupe
devait adopter un certain nombre d'amendements introduits dans le texte qui avait été
élaboré lors d'un atelier tenu récemment à Bonn. Des vues divergentes furent
exprimées sur le point de savoir si les Parties devaient inclure dans leurs
communications nationales, le produit intérieur brut (PIB) et le calcul des émissions de
gaz à effet de serre par habitant. Les paragraphes incluant une telle référence furent
crochetés et transmis à un groupe restreint pour examen. Les délégués débattirent
également de l'utilisation des termes "should" et "shall" dans le
projet des lignes directrices. Ils décidèrent de les placer entre crochets en attendant
de les discuter.
La consultation informelle sur le thème de la recherche et de l'observation
systématique se réunit pour débattre et introduire de larges amendements textuels au
projet de conclusions du Président pour le SBSTA. Les conclusions reconnaissent la
dégradation continue des capacités d'observation dans les pays en développement;
encouragent les Parties à améliorer leur soutien au renforcement des capacités; et
requiert du Secrétariat du Global Climate Observing System (GCOS) l'élaboration de plans
de mise en uvre régionaux et d'options d'amélioration des capacités
d'observation. Les délégués signalèrent l'absence d'accent sur la recherche dans les
conclusions et décidèrent de clarifier que seule l'observation systématique était
couverte. Ils décidèrent de se réunir de nouveau vendredi pour examiner le projet de
texte révisé.
DANS LES COULOIRS
Alors que les négociateurs affirment être venus à Bonn pour, entre autres, élaborer
les détails opérationnels du Mécanisme de Kyoto, certains analystes dans les rangs des
ONG ont suggéré que les débats continuent à refléter un manque de résolution sur les
grandes questions politiques. Dans les discussions sur le thème de l'utilisation des
terres, la modification de l'utilisation des terres et la foresterie et sur la révision
des lignes directrices devant régir l'élaboration des rapports nationaux des Parties
visées à l'Annexe I, certains observateurs ont détecté que les débats politiques
importants concernant par exemple le point de savoir à qui doit incomber le fardeau des
responsabilités du traitement des émissions de GES continuaient à consister en
interventions en biais.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
SBSTA: Le SBSTA se réunira à partir de 10h dans la 'Saal Maritim'.
Pour les autres réunions, prière consulter le tableau d'affichage.
NDLR: Jeudi après-midi, les réunions des organes subsidiaires furent
interrompues par une alerte à la bombe à l'intérieur du 'Maritim Hotel'. Toutes les
réunions prévues pour le reste de la journée durent être annulées.