Publié par L'Institut International du Développement
Durable (IIDD) Vol. 12 No. 102 jeudi 03 juin 1999
LES FAITS MARQUANTS DES REUNIONS DES ORGANES SUBSIDIAIRES DE LA
CCCC
MERCREDI 2 JUIN 1999
L'Organe Subsidiaire de Conseil Scientifique et Technologique
(SBSTA) a discuté des questions méthodologiques et de la mise au
point et du transfert des technologies. L'Organe Subsidiaire de
Mise en uvre (SBI) s'est penché sur les questions
administratives et financières et sur les communications des
pays visés à l'Annexe I. Un Groupe conjoint sur le respect des
dispositions du Protocole de Kyoto s'est réuni l'après-midi. Des
groupes de contact ont été convoqués sur: les lignes directrices
devant régir les communications des pays visés à l'Annexe I;
l'affectation des terres, le changement d'affectation des terres
et la foresterie (ATCAF); et, les activités exécutées
conjointement (AIJ).
LE SBSTA
Au sujet de L'ACTAF, la NORVEGE déclara que le SBSTA-10 peut
réaliser des progrès sur les questions de politique et de
procédure et orienter le GIEC dans l'élaboration de son Rapport
Spécial sur l'ACTAF. L'AUSTRALIE appela à une focalisation sur
les questions politiques et procédurières clés pertinentes au
processus des négociations, et à une clarification de la
référence du Protocole établissant les niveaux des stocks de
carbone pour1990. L'UE appela à une définition claire des termes
et à des travaux sur l'éligibilité d'activités additionnelles
d'ici la CdP-6.
La NOUVELLE ZELANDE encouragea le SBSTA à adopter une
approche à long terme et à approfondir l'examen du traitement
des produits ligneux récoltés. La représentante des ETATS-UNS
mit en relief la nécessité de prendre des décisions opportunes
au sujet de l'ACTAF. Le NIGERIA déclara que Rapport Spécial doit
inclure des points de référence bien définis pour les stocks de
carbone au niveau des puits d'absorption et doit s'assurer de la
compatibilité des options politiques retenues avec les autres
exigences de la convention. L'ARABIE SAOUDITE, la SUISSE,
GREENPEACE et d'autres firent part de leurs réserves concernant
le calendrier proposé pour les délibérations sur certaines
questions, notant la pertinence du Rapport Spécial.
Concernant les émissions provenant des combustibles utilisés
dans le transport international, le Secrétariat indiqua que
L'Organisation Maritime Internationale (OMI) était en train de
considérer la conduite d'une étude sur les émissions des navires
aux fins d'élaborer un document politique acceptable à l'échelle
internationale. L'Organisation Internationale de l'Aviation
Civile (ICAO) présenta un aperçu sur les technologies et les
normes, les mesures opérationnelles et les options offerte par
le marché fournissant une plate-forme technique et politique
pour les décisions concernant la limitation des émissions
provenant des carburants utilisés dans le transport. La SUISSE
souligna le besoin d'introduire des régulations plus strictes,
d'améliorer la gestion du trafic aérien, tant au niveau national
qu'à celui international, et d'utiliser des instruments
économiques, tels que l'élimination des privilèges fiscaux sur
les combustibles utilisés dans l'aviation. L'ARABIE SAOUDITE
déclara que l'utilisation de mécanismes basés sur la loi du
marché risquait d'alourdir le fardeau des pays en développement.
Au sujet de l'établissement des rapports sur les émissions
provenant des combustibles utilisés dans le transport, l'UE
proposa que toute décision concernant leur inclusion dans les
inventaires nationaux ne doive s'appliquer que dans la seconde
période d'engagement. Les ETATS-UNIS préférèrent voir les
émissions provenant des combustibles de transport, traitées
séparément des inventaires nationaux. L'UE affirma que le
résultat serait qu'il ne puisse pas y avoir de mesures
d'encouragement directes pour la limitation ou la réduction de
ce type de rejet de gaz à effet de serre. La REPUBLIQUE DE COREE
appela à une clarification de la définition des combustibles
utilisés dans le transport international.
Au sujet de l'affectation des taux d'émissions provenant des
combustibles utilisés dans le transport, l'AUSTRALIE souligna la
nécessité d'instaurer un cadre politique et d'adopter la
méthodologie la plus adaptée pour l'enregistrement des taux
d'émissions. Affirmant que ce processus était compliqué, le
JAPON appela l'ICAO et l'OMI à fournir l'information nécessaire
pour aider à identifier les solutions possibles. L'UE déclara
qu'il serait plus pratique d'inclure ce type d'émissions dans
les inventories des pays où ces combustibles sont vendus. Le
Président Chow proposa de rédiger les conclusions relatives à ce
sujet.
Concernant l'information sur les effets exercés et sur les
méthodes d'évaluation des mesures d'adaptation et d'atténuation,
le PNUE présenta un rapport sur ses récents travaux sur les
méthodologies, y compris la fourniture de l'orientation
nécessaire pour les stratégies nationales en matière de
développement et de renforcement des capacités dans le domaine
de l'abattement des gaz à effet de serre. La TANZANIE suggéra la
mise en place de centres de collaboration relevant de CCCC, dans
les pays en développement, à des fins d'information et de
renforcement des capacités. L'OUGANDA appuya le renforcement des
capacités à une échelle régionale et l'échange d'expertise entre
les pays du Sud.
Dans les questions diverses, le BRESIL présenta un rapport
sur l'atelier qu'il a organisé récemment pour l'examen de sa
proposition appelant à une détermination des responsabilités en
fonction des historiques d'émissions. Le délégué nota que la
proposition figurera à l'ordre du jour du SBSTA-11. Le GIEC
donna lecture à un rapport sur l'état d'avancement du prochain
Rapport Spécial sur les Questions Méthodologiques et
Technologiques dans le domaine du Transfert des Technologies,
qui viendra présenter un large cadre conceptuel sur la manière
complexe dont le transfert des technologies se déroule et
refléter le rôle des gouvernements et des autres concernés.
LE SBI
Au sujet du programme budget de l'exercice biennal 2000-2001,
le Secrétaire Exécutif de la CCCC introduisit les documents
FCCC/SBI/1999/4 et FCCC/SBI/1999/4/Add.1. L'orateur mit en
exergue les traits nouveaux et notamment, un accent sur le
caractère transversal du renforcement des capacités et une
focalisation sur la nécessité de s'assurer de la haute qualité
des données d'inventaire. Il indiqua par ailleurs que le budget
prévoyait également le renforcement des capacités au sein du
Secrétariat de manière à le rendre plus à même de répondre plus
efficacement aux demandes des Parties. Il informa les délégués
d'un accroissement de 50% dans le budget des activités
programmatiques. Au début, le Président Kante souhaita confier
le débat à des consultations sous la conduite de Mohamed Mahmoud
Ould El Ghaouth (Mauritanie), mais à l'insistance de la CHINE,
des PHILIPPINES, de l'ARABIE SAOUDITE et de l'INDE, permit aux
Parties de donner des déclarations générales en Plénière. Le
délégué des PHILIPPINES souligna que le renforcement des
capacités était pour les pays en développement et non pour le
Secrétariat. L'IRAN, avec la CHINE, le BRESIL, l'ARABIE
SAOUDITE, l'INDE et les PHILIPPINES firent part de leurs
réserves concernant l'augmentation abrupte des niveaux de
dépense dans la proposition de budget.
Au sujet des recettes et de la performance budgétaire au
cours de l'exercice biennal 1998-1999, l'UE appela au respect
des échéances des contributions. Le délégué des PHILIPPINES nota
que les pays en développement étaient pénalisés par les arriérés
de leurs contributions en raison du fait qu'ils n'ont pas
bénéficié pas du fonds fiduciaire prévu pour la couverture de
leur participation et souhaita savoir si des pénalités
similaires existaient pour les pays visés à l'Annexe I. L'UE
déclara que les options retenues pour le traitement du solde
monétaire et des ressources en report des périodes biennales
précédentes nécessitaient un examen approfondi. La SUISSE
demanda avoir des explications sur les réserves non dépensées.
Le JAPON déclara préférer voir ce montant remboursé aux Parties.
Au sujet du lien institutionnel entre le Secrétariat de la
Convention et l'Organisation des Nations Unies, le Secrétaire
Exécutif de la CCCC affirma que le lien institutionnel
fonctionnait bien. Le G-77/CHINE accepta le document. L'UE
déclara que ses expériences avec le lien étaient positives et se
félicita de sa continuation. La représentante des ETATS-UNIS
demanda si la maintenance du lien institutionnel faisait partie
du problème du financement des services de conférence. Le
Secrétaire Exécutif suggéra que cette question soit discutée par
le groupe de contact sur le budget. Le Président Kante proposa
la rédaction d'une décision sur ce sujet.
Concernant les inventaires annuels des données nationales
relatives aux gaz à effet de serre soumis par les Parties visées
à l'Annexe I, l'UE appela à la prévision d'un seul document
renfermant toutes les données mise à disposition par les Parties
visées à l'Annexe I encouragea les Parties qui ne l'ont pas
encore fait, à soumettre leurs inventaires. La représentante des
ETATS-UNIS souligna l'importance d'avoir des rapports de bonne
qualité et remit en question les retards enregistrés dans la
soumission des inventaires des pays visés à l'Annexe I.
Au sujet du transfert des technologies et de l'assistance
financière, le CANADA, avec les ETATS-UNIS, déclara que
l'élaboration de rapports exhaustifs sur tous les aspects
touchant aux changements climatiques, y compris l'établissement
de rapports sur le transfert des technologies public et privé,
est peu pratique et au-delà des moyens de la plupart des Parties
et de leurs budgets. Concernant le futur processus d'évaluation,
La représentante des ETATS-UNIS indiqua que le processus
d'évaluation prévu par la CCCC et l'évaluation de la mise en
application relevant de l'Article 8 du Protocole sont
fondamentalement différent. L'UE nota qu'un travail devait
d'abord être entrepris pour l'élaboration de la revue des
inventaires puis l'élaboration des lignes directrices devant
régir le processus d'évaluation dans le cadre de la Convention
et du Protocole.
LE GROUPE DE TRAVAIL CONJOINT SUR LE RESPECT DES DISPOSITIONS
Le Groupe de Travail Conjoint (GTC) sur les procédures et les
mécanismes ayant trait au respect des dispositions du Protocole,
coprésidé par Harald Dovland (Norvège) et Espen Rønnenberg (Iles
Marshall), examina une compilation des soumissions faites par
les Parties (FCCC/SB/1999/MISC.4, Adds. 1 and 2,
FCCC/SB/1999/CRP.1).
Concernant l'ordre du jour proposé, la porte-parole du G-
77/CHINE appela à la tenue d'un débat sur les principes de base
du régime de mise en conformité aux dispositions. L'oratrice
nota l'absence de soumissions de la part des pays en
développement et, avec le KENYA, appuya l'idée de compiler les
points de vue à travers un questionnaire. L'ARABIE SAOUDITE
souligna que bon nombre de pays n'étaient pas prêt à tenir un
débat sur des éléments ou la définition du programme de travail.
L'AOSIS reconnut l'utilité de débattre des principes, mais était
disposée à travailler sur la base de la synthèse des soumissions
élaborée par le Secrétariat. La CHINE appuya l'insertion d'un
chapitre sur les principes de base, et en particulier celui des
responsabilités communes mais différentiées. Il affirma que le
Processus Consultatif Multilatéral (PCM) pouvait jouer un rôle
important.
L'UE déclara que le groupe de travail doit procéder à la
détermination des éléments ayant rapport avec la mise en
conformité aux dispositions du Protocole, à la définition du
programme de travail, à l'identification des liens avec d'autres
groupes. Avec la SUISSE, l'orateur appela à l'élaboration d'un
projet de texte de négociation d'ici la CdP-5. La REPUBLIQUE DE
COREE déclara que des aspects sanctionnant la prise de mesures
contre le non-respect des dispositions doivent être incorporés
de manière équilibrée. Le CANADA déclara que la première tâche à
entreprendre est la collecte des éléments ayant rapport avec la
mise en conformité aux dispositions et, avec la NOUVELLE ZELANDE
et les ETATS-UNIS, souligna l'importance de suivre de près le
travail des autres groupes penchés sur ce sujet. Le CLIMATE
ACTION NETWORK proposa que les Parties demande l'élaboration
d'une synthèse des travaux ayant rapport avec le sujet, menés
par d'autres groupes ou requièrent la tenue d'un atelier
consacré au traitement de l'éventail des questions touchant au
thème du respect des dispositions. Le JAPON souligna
l'importance de l'examen des autres accords environnementaux
multilatéraux. La RUSSIE appela à une interprétation juridique
bien définie de la conformité aux dispositions. La représentante
des ETATS-UNIS mit en garde contre le report du débat de fond en
attendant que le questionnaire soit complété.
Le Président Rønnenberg décrivit les points figurant à
l'ordre du jour provisoire du GTC, y compris l'identification
des éléments ayant rapport avec le thème du respect des
dispositions, les objectifs et le caractère que doit revêtir le
système de mise en conformité, la conception du système de mise
en conformité et les conséquences du non-respect des
dispositions. La CHINE proposa d'insérer une référence aux
principes dans l'ordre du jour. Après un débat étendu, les
Parties supprimèrent le point portant sur les objectifs et le
caractère et ajoutèrent un nouveau sous-article intitulé autres
éléments identifiés dans la Décision 8/CP.4 et au fur et à
mesure de la progression des travaux pour s'assurer que le
l'ordre du jour ne sera pas figé.
Concernant l'identification des �l�ments ayant rapport avec
la mise en conformit� et les lacunes, les ETATS-UNIS, avec le
CANADA et l'UE, soulign�rent la n�cessit� d'�tablir une
diff�rentiation entre les �l�ments et les lacunes et propos�rent
trois cat�gories pour les identifier: les r�gles de fond; les
proc�dures du traitement de la question de mise en conformit�;
et les cons�quences de la non-conformit� aux dispositions.
L'oratrice nota que les lacunes �taient identifiables au niveau
des proc�dures et des cons�quences du non-respect des
dispositions autres que les r�gles de fond. Le d�l�gu� des
EMIRATS ARABES UNIS d�clara que ces derni�res n'�taient pas
encore identifiables parce que l'op�ration des m�canismes �tait
encore en discussion. L'AOSIS mit en garde contre
l'�tablissement d'une distinction "crue" entre la substance et
les proc�dures. Le JAPON nota que les �quipes d'experts en
�valuation �taient utiles � la revue de la mise en application,
mais que la d�termination du non-respect des dispositions ne
faisait pas partie de leurs pr�rogatives. Au sujet des modalit�s
d'interconnexion, la repr�sentante des ETATS-UNIS nota la
n�cessit� d'�tablir un lien entre les Articles 5 (syst�me
national d'estimation des �missions), 7 (communication des
donn�es), 6 (mise en uvre conjointe), 12 (MDP) et 17 (�change
des droits d'�mission) et la question du respect des
dispositions, parce que les deux premiers sont des moyens
d'�valuer la conformit� avec le respect des quantit�s assign�es
et les trois derniers sont des moyens de r�alisation des
obligations. L'AUSTRALIE et d'autres d�l�gations not�rent le
besoin d'un feedback continu entre le GTC et les autres groupes
de contact pour �viter les chevauchements et les contradictions
au niveau des r�gles fondamentales.
LES GROUPES DE CONTACT
Le groupe de contact pr�sid� par Paul Maclons (Afrique du
Sud) et Maciej Sadowski (Pologne) se r�unit dans la soir�e pour
examiner les questions touchant � l'ACTAF, y compris les
questions politiques et proc�duri�res et les donn�es permettant
d'�tablir les niveaux des stocks de carbone de 1990. Les
participants se mirent d'accord sur la poursuite de leurs
discussions, reconnaissant qu'un certain nombre de d�cisions
doit attendre l'examen du Rapport Sp�cial pertinent du GIEC
pr�vu pour mai 2000. Le groupe de contact copr�sid� par Jim
Penman (Royaume-Uni) et Mark Mwandosya (Tanzanie) se r�unit dans
l'apr�s- midi pour proc�der � l'examen du texte portant sur le
projet des lignes directrices devant r�gir l'�laboration des
communications des Parties vis�es � l'Annexe I.
DANS LES COULOIRS
Quelques observateurs ont rapport� que des remous �taient en
cours sous la surface apparemment placide de la r�union. La
temp�rature est mont�e lors d'une r�union entre la Commission
Europ�enne et les ONG. Les d�l�gu�s de l'UE ont �t� piqu�s � vif
par les critiques des ONG sur la formule propos�e par l'UE de
fixer un plafonnement � l'utilisation des m�canismes par les
Parties vis�es � l'Annexe B. Un calcul est venu sugg�rer que la
formule aurait pour r�sultat qu'en vertu des seuls m�canismes,
l'EU se retrouverait acquitt�e d'embl�e de 65% des engagements
de l'ensemble de ses membres. D'autres pensent encore que la
proposition de l'UE constitue un pas en avant.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
SBI: Le SBI se r�unira dans la 'Saal Maritim' � partir de
10h.
SBSTA: Le SBSTA se r�unira dans la 'Saal Maritim' � 15h.
GROUPES DE CONTACT: Des groupes de contact tiendront des
r�unions tout au long de la journ�e. Consultez le tableau
d'affichage des r�unions pour les horaires et les salles.
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