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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 09 No. 281
Mercredi 18 février 2004
LES FAITS MARQUANTS DE LA CdP-7 DE LA CDB:
MARDI 17 FEVRIER 2004
Les délégués à la CdP-7 se sont réunis tout
le long de la journée dans deux groupes de travail (GT). Le GT-I
s'est penché sur les thèmes de biodiversité et tourisme et des
espèces exotiques envahissantes (EEE), et a examiné aussi des
papiers de salle de conférence (PSC) portant sur la
biodiversité des montagnes et sur les programmes de travail
thématiques. Le GT-II a planché sur des PSC consacrés à
l'Article 8(j) (savoir traditionnel), à la Règle 21 du
Règlement intérieur (élections et attributions des membres du
Bureau), au programme de travail pluriannuel (PTPA), et le
Programme de travail de la CDB et les Objectifs de
développement du Millénaire (ODM). Une brève Plénière s'est
tenue dans l'après-midi. Les groupes de contact sur le budget,
sur l'accès et le partage des avantages (APA) et des aires
protégées (AP), ont également été convoqués.
GROUPE DE TRAVAIL I
BIODIVERSITE ET TOURISME: Le
Secrétariat a introduit les documents UNEP/CBD/COP/7/3 et 14.
L'Irlande, au nom de l'UE, des pays
accédants, de la Bulgarie et de la Roumanie (UE), la JAMAIQUE
et l'INDONESIE ont suggéré d'élaborer un manuel de
l'utilisateur pour les directives concernant la biodiversité
et le tourisme. La SYRIE a requis une assistance dans
l'établissement d'un lien entre l'écotourisme et le tourisme
fondé sur le patrimoine. La GAMBIE et le CANADA ont déclaré
que les directives devraient être adaptables aux circonstances
nationales. L'EGYPTE a indiqué que la mise en application des
directives requiert, entre autres, un suivi et, avec le KENYA
et le VENEZUELA, une participation communautaire.
LA REPUBLIQUE EQUATORIALE a souligné
l'importance du partage des avantages et de la coopération
intersectorielle. La MALAISIE, le KENYA, l'EGYPTE et la
TURQUIE ont souligné le besoin d'une amélioration de la prise
de conscience. L'ARABIE SAOUDITE a requis l'insertion de
références aux AP et, avec le KOWEIT, aux zones fragiles.
L'INDE a souhaité la suppression de la référence à une "pleine"
participation des communautés. Le délégué des ETATS-UNIS a
suggéré de traiter de la réparation et de la compensation. Le
CANADA a déclaré que les directives devraient être cohérentes
avec les Directives d'Akwé: Kon concernant les évaluations
d'impact. Le PANAMA et TONGA ont mis en relief la contribution
apportée par les communautés autochtones au tourisme durable.
Le FORUM INTERNATIONAL DES AUTOCHTONES SUR
LA BIODIVERSITE (FIAB) a déclaré que les directives ne sont
pas en conformité avec l'Article 8(j) de la CDB, du fait
qu'elles n'assurent pas la sauvegarde de la diversité
culturelle et la durabilité. Le représentant a requis que
l'adoption soit reportée à la CdP-8.
LES EEE: Le Secrétariat a introduit les
documents UNEP/ CBD/COP/ 7/4 et 13. Le PROGRAMME MONDIAL DE
LUTTE CONTRE LES ESPECES ENVAHISSANTES a parlé de ses
activités de soutien et de conscientisation. De nombreux
délégués ont souligné l'importance de coopérer avec la
Convention Internationale pour la Protection des Plantes et
d'autres conventions pertinentes. Plusieurs intervenants ont
souhaité l'établissement d'un Groupe spécial d'experts
techniques (GSET) pour le traitement des lacunes existantes
dans le cadre réglementaire international. Plusieurs délégués
ont souligné le besoin de placer un accent plus prononcé sur
les mesures régionales et nationales, et ont appelé à des
ressources financières et au renforcement des capacités. La
NOUVELLE ZELANDE a mis en exergue le renforcement des
capacités dans le domaine de la réactivité aux situations
d'urgence et, avec l'ARGENTINE, dans le domaine des contrôles
frontaliers.
La NOUVELLE ZELANDE et l'UE ont plaidé pour
des références aux liens entre le commerce et EEE. L'UE et le
BANGLADESH ont appuyé l'octroi d'un statut d'observateur, à la
CDB, au sein du Comité chargé des Mesures Sanitaires et
Phytosanitaires, de l'Organisation mondiale du commerce. Le
CANADA a souligné la pertinence des normes et des
organisations disponibles, pour l'analyse des risques. La
ZAMBIE a proposé d'accroître la focalisation plutôt sur
l'utilisation durable des espèces exotiques, que sur leur
contrôle et leur éradication. L'AFRIQUE DU SUD a mis en garde
contre l'introduction intentionnelle à travers des schémas
incitatifs internationaux, notamment l'afforestation. La
NOUVELLE ZELANDE a appelé au traitement des EEE marines, et
PALAU a suggéré la mise en place de projets pilotes localisés
dans les petites îles. L'AUSTRALIE a mis l'accent sur son
engagement à traiter du problème des EEE, et a réitéré son
opposition à la décision VI/23 (EEE).
Le représentant de DEFENDERS OF WILDLIFE a
indiqué que la prévention de l'introduction des EEE, nécessite
un contrôle des voies commerciales.
BIODIVERSITE DES MONTAGNES: Les Parties
ont examiné un PSC consacré à la biodiversité des montagnes.
La TURQUIE, contrée par plusieurs intervenants, a requis la
suppression des références à la gestion des bassins fluviaux
et à l'établissement des couloirs. Le BRESIL a requis
l'insertion de références au consentement préalable, en
connaissance de cause des autochtones et à une cohérence avec
la législation nationale, dans la divulgation des données
concernant les pratiques traditionnelles en matière
d'utilisation des sols.
Les délégués ont débattu du point de savoir
si, oui ou non, il fallait faire référence au soutien
réciproque avec d'autres obligations internationales, y
compris les instruments ayant trait au commerce, aux fins
d'éviter de fausser le commerce international des matières
premières. L'UE, contrée par l'AUSTRALIE, la NOUVELLE ZELANDE
et le BRESIL, a suggéré de supprimer les références ayant
trait au commerce. Le Président du GT-I, Hans Hoogeveen
(Pays-Bas) a encouragé la tenue de consultations informelles
sur cette question.
PROGRAMMES DE TRAVAIL THEMATIQUES: Les
Parties ont examiné un PSC consacré aux Programmes de travail
thématiques. Au sujet de la biodiversité forestière, les
délégués ont débattu, sans parvenir à un accord, des libellés
portant sur les objectifs tournés vers des résultats concrets,
et sur les critères et indicateurs élaborés à l'échelon
régional et à l'échelle internationale, pour la gestion
forestière durable.
Au sujet de la biodiversité agricole, les
délégués ont décidé de faire référence, entre autres, à la
législation nationale et au droit international, applicables à
l'intégration de la biodiversité agricole dans les divers
plans et programmes existants. L'approbation finale des
Programmes de travail thématiques a été reportée, aux fins de
permettre la tenue de consultations informelles.
GROUPE DE TRAVAIL II
REGLE 21: Les délégués ont examiné un
PSC consacré à la Règle 21 du Règlement intérieur (élection et
attributions des membres du Bureau). Les Parties ont fait
objection à un libellé stipulant que le Président de la CdP
sortant, devient Vice-président d'office, dès l'élection du
nouveau Président, et demeure à ce poste jusqu'au début de la
prochaine CdP. Le CANADA a proposé que le Président de la CdP
sortant, demeure membre du Bureau jusqu'à sa seconde réunion
ordinaire mais pas durant la période intersessions suivante,
et la MALAISIE et la NOUVELLE ZELANDE ont suggéré que le
Président reste en tant que membre du Bureau sans droit de
vote. L'UE et la Colombie, au nom du GRULAC, se sont déclarées
pour le maintien du statut quo. La JAMAIQUE a recommandé de
procéder à une revue de la Règle 21, à la CdP-9 ou CdP-10.
PTPA: Les délégués ont examiné un PSC
incluant un projet de décision, consacré au PTPA d'ici 2010,
et le cahier des charges du GSET sur la biodiversité des îles.
Le CANADA a requis une revue des bonnes
pratiques en matière de priorités budgétaires. La COLOMBIE a
proposé l'élaboration de mécanismes facilitant l'établissement
des priorités, dans les futures CdP. L'AUSTRALIE a suggéré de
traiter des ODM pertinents, uniquement. Le BRESIL, contré par
l'UE, le CANADA et la NOUVELLE ZELANDE, a maintenu sa
proposition de tenir des réunions de la CdP, tous les trois
ans, et a accepté de proposer une formulation, pour s'assurer
de son examen à la CdP-8. L'UE a appelé à des apports de la
part des communautés et des parties prenantes.
Les délégués ont débattu de la date de la
réunion du GSET sur la biodiversité des îles, Palau et la
Jamaïque, au nom des PETITS ETATS INSULAIRES EN DEVELOPPEMENT,
suggérant sa tenue en 2004, et l'UE, proposant 2005. Après
consultations, les délégués ont décidé que la réunion aura
lieu en 2004.
Le BRESIL, la COLOMBIE et le PEROU ont fait
objection au libellé faisant référence aux priorités établies
par le SMDD concernant les points chauds et les réseaux et les
couloirs écologiques. La SUISSE a mis en exergue leur
importance. Après consultations, la liste des priorités du
SMDD a été supprimée.
Le BRESIL a fait objection à la référence
aux indicateurs internationaux. L'UE a plaidé pour son
maintien. Les délégués se sont finalement accordés sur un
libellé appelant à l'utilisation des indicateurs pertinents,
le cas échéant, aux échelons national, régional et
international. Le FIAB a réitéré le besoin d'indicateurs
linguistiques. Le document a été approuvé tel qu'amendé.
LE PROGRAMME DE TRAVAIL DE LA CDB ET LES
ODM: Les délégués ont examiné un PSC consacré à
l'intégration des ODM dans le Programme de travail de la
Convention. L'AUSTRALIE a remis en question une proposition
avancée par l'UE, de proclamer la biodiversité, thème cadre
dans la Commission du D�veloppement Durable. Le CANADA a
propos� que les rapports nationaux se focalisent sur
l'int�gration des ODM et des objectifs de la CDB. L'UE a
sugg�r� de placer entre crochets, la r�f�rence au FEM et,
contr�e par le BRESIL, a souhait� l'adjonction de r�f�rences �
la coop�ration avec la FAO et avec l'Institut International
des Ressources Phytog�n�tiques. Le Pr�sident du GT-II, Desh
Depaak Verma (Inde) a report� la d�cision, pour permettre la
tenue de consultations.
ARTICLE 8(j): Les Parties ont examin�
un PSC consacr� � l'Article 8(j), incluant des dispositions
concernant les technologies de restriction de l'utilisation
des ressources g�n�tiques (TRURG). Au sujet du rapport du GSET
sur les TRURG, les d�l�gu�s ont �t� d'avis avec les
PHILIPPINES, pour attacher une plus grande importance aux
commentaires �mis, sur le rapport, par les Parties et par les
communaut�s autochtones et locales, qu'� ceux faits par les
parties prenantes. L'AUSTRALIE a fait objection � la r�f�rence
aux effets d�favorables des TRURG, et s'est d�clar�e d'accord
avec les PHILIPPINES, pour ins�rer, en ses place et lieu, une
r�f�rence au paragraphe 23 de la D�cision V/5 (approche de
pr�caution et moratoire sur les essais sur terrain).
Le CANADA a requis la transmission des
recommandations de l'OSASTT concernant les TRURG, au Groupe de
Travail sur l'Article 8(j). La NORVEGE a souhait� voir le
Groupe de travail se focaliser sur les effets socio�conomiques.
Les d�l�gu�s ont d�cid� de ne pas amender la formulation
disponible consacr�e au Groupe de travail sur l'Article 8(j).
Nombre de d�l�gu�s ont fait part de leur r�serves concernant
le risque de voir les n�gociations du GT-I sur la biodiversit�
agricole, �tre amen�es � porter aussi sur la question des
TRURG.
Au sujet des r�f�rences introductives au
droit international ayant trait aux syst�mes sui generis, l'UE
a pr�sent� un texte de compromis qui les assujettit �
l'Article 8(j). Le FIAB a appel� la MALAISIE � accepter la
r�f�rence aux obligations internationales applicables, qu'il a
introduite dans les n�gociations sur les AP. La MALAISIE a
fait objection, arguant que dans l'Article 8(j), le savoir
traditionnel n'est assujetti qu'� la l�gislation nationale. La
NOUVELLE ZELANDE a requis un libell� sur l'assujettissement
des syst�mes sui generis, � la l�gislation nationale, et a
sugg�r� de supprimer la r�f�rence aux terres et eaux
traditionnellement occup�es par les communaut�s autochtones et
locales. Le FIAB a mis en exergue l'importance d'�tablir une
connexion int�grale entre la terre et le savoir traditionnel
et, avec l'UE et la SUISSE, s'est fortement oppos� � la
r�ouverture du texte. Les d�l�gu�s ont accept� et le document
a �t� approuv� tel qu'amend�.
GROUPES DE CONTACT
BUDGET: Les d�l�gu�s ont examin�, entre
autres, une nouvelle proposition d'ajuster les �chelles
d'�valuation des contributions au budget de la Convention,
sans toutefois parvenir � un accord. Ils ont indiqu� que la
progression sera facilit�e, lorsque les GT auront fourni les
donn�es concernant le budget requis.
APA: Les d�l�gu�s ont examin� un
nouveau document, approuv� par le comit� des Amis du Pr�sident.
Au sujet du calendrier des r�unions du Groupe de travail sur
l'APA, les Co-pr�sidents ont sugg�r�, et les d�l�gu�s ont
accept�, que le sujet soit finalis� par le GT-II, en
consultation avec le groupe sur le budget. Les d�l�gu�s ont
ensuite approuv� les paragraphes op�rationnels et le cahier
des charges du Groupe de travail, en guise de paquet. Ils ont
examin� aussi les clauses introductives crochet�es portant sur:
les liens avec d'autres organisations; la reconnaissance que
les Parties et acteurs concern�s peuvent �tre, � la fois,
utilisateurs et pourvoyeurs; le libell� consacr� aux �l�ments
du r�gime; et le besoin de poursuivre l'analyse des
instruments disponibles.
AP: En rapport avec le programme de
travail, les d�l�gu�s se sont accord�s sur une d�finition des
"r�seaux �cologiques." Au sujet des activit�s propos�es, ils
ont d�cid�, entre autres, de proc�der � la d�termination et �
la mise en �uvre de mesures visant � l'am�lioration de
l'int�gration des AP dans les paysages terrestres et maritimes,
d'ici 2008, et � l'�laboration d'outils de connectivit�
�cologique, reliant les AP ensemble, en fonction des priorit�s
nationales. Les d�l�gu�s ont �galement d�battu de la d�cision
en rapport.
PL�NI�RE
Le Pr�sident du GT-I, Hoogeveen, et le
Pr�sident du GT-II, Verma, ont chacun, pr�sent� un rapport sur
les progr�s accomplis dans son GT respectif. John Ashe,
Pr�sident du Groupe de contact sur le Budget, a pr�sent� un
rapport sur l'�tat d'avancement des travaux du groupe de
contact. Le BRESIL a annonc� son offre d'accueillir la CdP-8.
DANS LES COULOIRS
A plus de mi-chemin de la CdP-7, l'absence
de coh�rence dans les discussions men�es jusqu'ici, inqui�te,
d'apr�s leurs dires, un certain nombre de participants. Ces
derniers craignent de voir la fragmentation des n�gociations
men�es autour d'une multitude de questions interconnect�es,
mais trait�es de mani�re s�par�e, aboutir � l'adoption de
d�cisions compl�tement incoh�rentes. Quelques-uns ont cit�
comme exemple, le fait qu'aucun lien ne soit �tabli entre le
cadre retenu pour l'�valuation des progr�s accomplis vers
l'objectif 2010, et le syst�me d'�laboration des rapports
nationaux. D'autres, plus optimistes, ont mis en exergue les
potentialit�s du Partenariat mondial pour la Biodiversit�,
indiquant que s'il venait � �tre rattach� aux m�canismes de
mise en �uvre du Plan Strat�gique, peut s'av�rer une
opportunit� importante de renforcer la dynamique d'action
actuelle.
Certain d�l�gu�s se sont interrog�s sur la
capacit� de la r�union minist�rielle, de tenir la ligne
politique trac�e par le SMDD, et de donner aux d�l�gu�s, le
ressort dont ils pourraient avoir besoin pour faire aboutir
les n�gociations.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
GROUPE DE TRAVAIL I: Le GT-I se r�unira
� 10h dans la Salle Dewan Nerdeka, pour l'examen des PSC
r�vis�s concernant la biodiversit� des montagnes et les
Programmes de travail th�matiques, et pour consid�rer les PSC
concernant les �cosyst�mes aquatiques int�rieurs et la
biodiversit� c�ti�re et marine.
GROUPE DE TRAVAIL II: Le GT-II se
r�unira � 10h dans la Salle TR4, pour d�battre de l'APA,
r�soudre les questions en suspens concernant les mesures
incitatives, et traiter: les PSC r�vis�s consacr�s � la R�gle
21 du R�glement int�rieur, et au transfert des technologies;
et les PSC consacr�s � la communication, �ducation et
conscientisation, aux ressources financi�res et m�canisme de
financement, et aux rapports nationaux.
SEGMENT MINISTERIEL: La r�union
minist�rielle commencera � 14h30, dans la Ballroom du Pan
Pacific Hotel.
GROUPES DE CONTACT: Les groupes de
contact sur le budget et sur le Plan Strat�gique se r�uniront
probablement tout le long de la journ�e. |