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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 09 No. 276
Mercredi 11 février 2004
LES FAITS MARQUANTS DE LA CdP-7 DE LA CDB:
MARDI 10 FEVRIER 2004
Les délégués à la CdP-7 se sont réunis dans
deux Groupes de travail (GT). Le GT-I s'est penché sur les
sujets de la biodiversité des montagnes et des aires protégées
(AP). Le GT-II a planché sur celui du transfert des
technologies et coopération. Les délégués se sont retrouvés en
séance Plénière, dans l'après-midi, pour être saisis des
rapports concernant l'état d'avancement des travaux du GT-I et
du GT-II, entendre les déclarations des organisations, et
traiter des projets de décisions concernant les espèces
aliènes invasives (EAI).
GROUPE DE TRAVAIL I
BIODIVERSITE DES MONTAGNES: Le
Président du GT-I, Hans Hoogeveen (Pays-Bas) a ouvert
les travaux du GT-I. Le Secrétariat a introduit les documents
concernant la biodiversité des montagnes (UNEP/CBD/COP/7/1/Add.2,
and 7/14 and INF/6) et les recommandations pertinentes de
l'OSASTT, faisant état des crochets restants dans la
proposition de programme de travail.
Plusieurs délégués ont fait part de leur
appui en faveur de ce programme de travail et de son
intégration dans le Programme de travail pluriannuel (PTPC) et
les programmes de travail thématiques de la CDB. L'Iran, au
nom du GROUPE ASIE-PACIFIQUE, a encouragé les Parties à
soumettre les données pertinentes au Mécanisme d'échange de la
CDB pour la prévention des risques biotechnologiques (CHM), et
à soutenir la coopération Sud-Sud et l'approche fondée sur les
bassins hydrographiques. La CHINE a parlé de l'importance de
la coopération Nord-Sud.
L'Irlande, au nom de l'UE et des Pays
Accédants, la Bulgarie et la Roumanie, ont plaidé en faveur
d'un programme de travail ciblé. Plusieurs délégués et la FAO
ont souligné l'importance de la coopération transfrontière et
de la coordination avec d'autres initiatives. L'OUGANDA a
appelé à l'intégration de la conservation des écosystèmes des
montagnes dans les programmes d'allègement de la pauvreté.
La FEDERATION DE RUSSIE, l'INDONESIE, la
CHINE et le BRESIL ont mis en relief la nécessité de
ressources financières nouvelles et supplémentaires pour la
mise en œuvre du programme de travail. Le JAPON a fait
objection aux références faites aux budgets nationaux. Le
BRESIL a souligné que les politiques nationales ne doivent pas
entraver ni les efforts fournis par d'autres pays en matière
de conservation ni le commerce international.
Le Libéria, au nom du GROUPE AFRICAIN, a
proposé l'insertion de références à la promotion des
communautés locales, la création de capacités et
l'amélioration de la coopération régionale. La MALAISIE a
souligné l'importance de la mise en application du programme
de travail de manière adaptée aux capacités et aux priorités
nationales. L'INDE a mis en exergue le besoin d'enregistrer
les innovations du niveau local et de mettre en place des
réseaux locaux pour la divulgation des technologies.
Le TURKMENISTAN a apporté son appui à une
action visant plutôt à maintenir les couloirs écologiquement
viables, qu'à établir des couloirs écologiques. Le CANADA et
le FORUM INTERNATIONAL DES AUTOCHTONES SUR LA BIODIVERSITE (FIAB)
ont proposé l'adjonction de références aux communautés
autochtones. L'ALBANIE a souligné l'importance des pâturages
et du pastoralisme. L'INDONESIE a appelé à une définition
claire des écosystèmes montagneux. Le CHILI a remis en
question la nécessité de recommander l'élaboration d'une
nouvelle législation.
Le GHANA a souligné l'importance de la
conservation de la biodiversité des montagnes pour la gestion
des bassins versants. Le KENYA a qualifié les montagnes de
source cruciale de biens et de services sociaux, culturels et
économiques. La COLOMBIE a mis l'accent sur l'impératif du
transfert des technologies et de l'accès et le partage des
avantages (APA). Le LIBAN a décrit les avantages apportés aux
communautés locales par les programmes d'agro-biodiversité,
promus dans les zones montagneuses.
Le Pérou, au nom de la COMMUNAUTE ANDINE, a
recommandé que le programme de travail se focalise, entre
autres, sur le développement durable et sur les bonnes
pratiques agricoles.
L'ARGENTINE et la BOLIVIE a appelé à
l'insertion de références aux pays d'origine. L'INDE et le
FIAB ont fait part de leurs réserves concernant la référence
aux pratiques "inappropriées" en matière d'occupation des
sols, et le FIAB a recommandé l'adoption d'une approche de
précaution.
Le WWF a fait part de ses réserves
concernant la signification des montagnes en tant que lieux
des sources des fleuves.
LES AIRES PROTEGEES: Le Secrétariat a
présenté les documents concernant les AP, notamment, la
proposition de programme de travail (UNEP/CBD/COP/7/1/Add.2,
and 7/4 and 15). Décrivant les conclusions du Ve
Congrès Mondial de l'UICN sur les Parcs, tenu en septembre
2003, l'UICN a souligné la nécessité d'analyses des lacunes et
des objectifs de la gestion du niveau national, et le besoin
pour les AP, d'être profitables aux communautés locales.
Plusieurs délégués ont plaidé pour un
programme de travail tourné vers des résultats concrets,
assortis d'objectifs précis et harmonisés avec les activités
pertinentes. L'AUSTRALIE a souligné le besoin d'objectifs
réalistes. L'UICN, l'UE et la SUISSE ont appuyé l'idée de
mettre en place un groupe de travail, de composition non
limitée, sur les AP. L'ISLANDE a déclaré que le groupe de
contact sur le budget devrait décider du point de savoir s'il
fallait établir: un groupe d'experts techniques ou un groupe
de travail, de composition non limitée.
La CONVENTION SUR LE PATRIMOINE MONDIAL a
mis l'accent sur la nécessité de synergies entre les
programmes du niveau national. L'UE a appelé à l'adoption
d'une approche verticale de bas en haut et à l'intégration des
AP dans l'aménagement plus large des paysages terrestres et
marins. La SUISSE a plaidé pour la conduite d'une évaluation
de l'état d'avancement de la mise en œuvre du programme de
travail, à chaque CdP et ce, jusqu'en 2010, et a proposé
l'insertion de références aux zones situées à l'intérieur et à
l'extérieur des limites de la juridiction nationale. Le
délégué des PAYS-BAS a appelé à l'établissement d'un équilibre
entre les intérêts écologiques et sociaux, et à l'inclusion
des AP marines (APM). L'ISLANDE a appelé à une coopération
axée sur les AP situées au-delà des lignes juridictionnelles
nationales, en particulier les APM. Le CHILI a mis l'accent
sur l'impératif d'un soutien financier, pour l'établissement
des AP, et a appelé à des travaux d'experts sur la question
des APM.
GROUPE DE TRAVAIL II
TRANSFERT DES TECHNOLOGIES: Le
Secrétariat a introduit une note d'information générale et les
recommandations pertinentes de l'OSASTT et du PTPA, incluant
les éléments provisoires du programme de travail (UNEP/CBD/COP/7/1/Add.2,
and 7/4, 5, 7 and 16). La plupart des délégués ont apporté
leur appui au projet de programme de travail.
La Chine, au nom du GROUPE ASIE-PACIFIQUE,
a souligné le besoin d'une volonté politique, de
l'identification et de l'accès à des technologies
écologiquement rationnelles, et de financements pour la
promotion de la coopération Sud-Sud. La COLOMBIE a souligné
l'importance des transferts Nord-Sud. La FEDERATION DE RUSSIE
a mis en exergue les droits des populations autochtones et,
avec le CAMEROUN, a appelé à un transfert sans frontières des
technologies.
Kiribati, au nom des PETITS ETATS
INSULAIRES DU PACIFIQUE EN DEVELOPPEMENT (PEID), a fait part
de ses réserves concernant l'absence de progrès dans le
domaine du transfert des technologies, le délégué des BAHAMAS
a appelé à accorder une priorité aux actions visant à traiter
des points faibles des PEID. La THAILANDE a souligné le besoin
de déterminer les groupes des parties intervenantes dans les
pays utilisateurs et les pays pourvoyeurs, et a proposé la
mise en place de mécanismes de coordination à divers niveaux.
L'ARGENTINE et l'AFRIQUE DU SUD ont exhorté les pays
industrialisés à fournir des financements, la création des
capacités et l'établissement d'incitation favorisant le
transfert des technologies.
L'Egypte, au nom du GROUPE AFRICAIN, a
souligné que les droits de propriété intellectuelle (DPI) ne
devraient pas entraver le transfert des technologies. Le KENYA
a ajouté que le savoir traditionnel doit être pris en
considération. La GAMBIE et l'OUGANDA ont déclaré que les
technologies doivent être socialement et écologiquement
rationnelles et culturellement pertinentes, et soutenues par
des programmes efficaces de création des capacités. La
TANZANIE a souligné la nécessité de reconnaître et de
compenser la contribution, apportée par les communautés, dans
la mise au point des technologies et, avec l'INDONESIE, de
fournir des directives claires au mécanisme de financement de
la CDB.
La Colombie, au nom du GRULAC, a mis
l'accent sur le besoin d'une mise en œuvre intégrée des
articles de la CDB, consacrés au transfert des technologies, à
la coopération technique et scientifique et à la manipulation
de la biotechnologie.
L'UE et les Pays Accédants, la Bulgarie et
la Roumanie ont mis en exergue le rôle du CHM en tant que
portail ouvrant sur les bases de données mises à disposition
par les organisations pertinentes. Le porte-parole a appelé à
l'amélioration de l'accès des pays en développement, à
l'information brevetée, et à fait part de son regret de
constater que le savoir traditionnel n'est pas pris en compte
dans le programme de travail. Le GROUPE AFRICAIN, avec la
Tunisie intervenant au nom du GROUPE ARABE, a suggéré de se
référencer au savoir traditionnel en tant que partie
int�grante du transfert des technologies. Le CANADA a appel� �
l'insertion de r�f�rences � l'Article 8(j) (savoir
traditionnel). Le BRESIL et la MALAISIE ont fait objection �
l'inclusion du savoir traditionnel dans le programme de
travail, faisant �tat d'une absence de syst�me de protection.
La BOLIVIE a indiqu� que les technologies d�riv�es du savoir
traditionnel doivent rester sous le contr�le des communaut�s,
et a sugg�r� des transferts entre communaut�s. Le Mexique, au
nom du GROUPE DES PAYS MEGA-DIVERS DE MEME ESPRIT, a ajout�
qu'un syst�me sui generis doit �tre �labor� pour la
protection du savoir traditionnel.
LA SUISSE a d�clar� que le programme de
travail devrait se focaliser sur la facilitation des
m�canismes et l'�vitement de la duplication et, avec
l'INDONESIE et la NORVEGE, a soulign� l'importance de la
collaboration avec d'autres processus. La NOUVELLE ZELANDE et
l'AUSTRALIE ont appel� � une focalisation sur la coop�ration
scientifique et technique, � un traitement des entraves pos�es
� une telle coop�ration, et � un �claircissement du r�le du
CHM.
Le d�l�gu� des PHILIPPINES a appel� � une
analyse du r�le des DPI dans le transfert des technologies et
a soulign� la n�cessit� d'�tablir des liens avec les travaux
du Groupe de travail sur l'Article 8(j). Le NIGER, appuy� par
plusieurs pays, a d�clar� que les projets pilotes et le
transfert des technologies devraient �tre fond�es sur les
besoins des pays en d�veloppement. La NORVEGE a soulign�
l'importance des techniques dures et des techniques douces, et
des opportunit�s offertes par le transfert des technologies, �
travers l'apprentissage � distance. Le COSTA RICA a soulign�
l'importance de l'implication de la soci�t� civile et, avec le
BURKINA FASO, de l'implication du secteur priv�. Le GROUPE
ARABE a mis l'accent sur le besoin de s'assurer du soutien des
institutions donatrices et de renforcer le CHM au niveau
r�gional. Le BURKINA FASO a mis en relief le besoin d'une
coop�ration dans le domaine de la recherche et d'une
collaboration universitaire. Le CAMEROUN a plaid� pour
l'�tablissement d'un groupe d'experts pour la facilitation de
la mise en application du programme de travail. La SUISSE, le
CANADA, l'AUSTRALIE et le SALVADOR ont fait part de leurs
r�serves concernant l'id�e d'�tablir un groupe d'expert, le
CANADA accordant une priorit� � celle de travailler � travers
le CHM.
L'Organisation Mondiale pour la Propri�t�
Intellectuelle (OMPI) a donn� un aper�u sur ses activit�s
pertinentes, notamment dans le domaine de la sp�cification des
informations destin�es aux bases de donn�es ayant trait aux
ressources g�n�tiques et aux connaissances traditionnelles
divulgu�es.
PLENIERE
Le Pr�sident du GT-I, Hoogeveen, et la
Pr�sidente du GT-II, Desh Deepak Verma (Inde) ont pr�sent�,
chacun un rapport sur l'�tat d'avancement des travaux, dans
son groupe respectif.
LES DECLARATIONS: L'UICN a appel� les
Parties � �laborer un programme de travail ax� sur les AP,
traitant des APM, des ressources financi�res et de
l'am�lioration des pratiques en mati�re de gestion. L'OMPI a
introduit son �tude technique sur les conditions requises en
mati�re de communication des informations brevet�es ayant
trait aux ressources g�n�tiques et aux savoirs traditionnels,
�tude �labor�e en r�ponse � la demande de la CdP-6. L'UNION
INTERNATIONALE POUR LA PROTECTION DES NOUVELLES VARIETES DES
PLANTES (UPOV) a mis en garde contre le risque de voir les
r�gulations ayant trait � l'APA, emp�cher l'acc�s aux
ressources phytog�n�tiques.
L'INSTITUT UNIVERSITAIRE DES NATIONS UNIES
DES ETUDES AVANCEES a pr�sent� un rapport sur ses travaux dans
les domaines de l'utilisation des DPI, du savoir traditionnel,
de l'APA et de la bioprospection en Antarctique.
L'ORGANISATION INTERNATIONALE DES BOIS TROPICAUX a donn� un
aper�u sur ses travaux sur la conservation et la gestion
durable des for�ts tropicales. Le FORUM DES NATIONS UNIES SUR
LES FORETS a accueilli favorablement l'implication du
Secr�tariat de la CDB dans le Partenariat de Collaboration sur
les For�ts et, en particulier, ses travaux sur le savoir
traditionnel ayant trait aux for�ts et sur la biodiversit�
foresti�re. Le porte-parole de l'organisation 'GREENPEACE KIDS
FOR FORESTS' a parl� des initiatives de l'organisation,
destin�es � encourager les jeunes � agir pour la protection
des for�ts.
LES ESPECES ALIENES INVASIVES: Le
Pr�sident de la CdP-6, Hoogeveen, a introduit les documents
relatifs � la d�cision VI/23 sur les EAI, englobant un projet
de d�cision et les lignes directrices amend�es r�gissant le
principe de pr�caution et l'introduction intentionnel dans
l'environnement (UNEP/CBD/COP/7/ L.1 to L.3). Il a indiqu� que
les documents repr�sentent un compromis issu des consultations
informelles, et a demand� aux d�l�gu�s de les adopter sous
forme de paquet, afin d'�viter la r�ouverture les n�gociations.
Plusieurs d�l�gations ont requis un d�lai suppl�mentaire pour
l'examen des documents, nombre d'entre eux faisant noter que
ces derniers sont soumis en anglais uniquement.
DANS LES COULOIRS
Au moment o� les groupes de travail
vaquaient � leurs travaux habituels, l'esprit positif des
r�unions qui se tenaient dans les espaces communs et de "Kampung,"
s'est refl�t� dans les discussions autour de la question
lourde et potentiellement sensible des programmes de travail
ax�s sur les aires prot�g�es et le transfert des technologies.
A certains moments, des appels � une approche de bas en haut
et � la participation des autochtones ont pu �tre entendus au
sein du Groupe de travail II, qui �tait r�uni juste au-dessus
de l'espace "Kampung".
Dans un autre endroit du Putra World Trade
Centre, la question des esp�ces ali�nes invasives a continu� �
accaparer l'attention. Un d�l�gu� a fait remarquer que trouver
un compromis sur les questions de fond ne r�soudra pas les
probl�mes proc�duraux qui sont au centre de ce d�bat. En d�pit
des demandes formul�es par la plupart des groupes r�gionaux de
poursuivre les consultations informelles autour d'une
proposition de compromis, l'optimisme affich� par de nombreux
d�l�gu�s, concernant la prompte r�solution de cette question,
n'est pas alt�r�.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
GROUPE DE TRAVAIL I: Le GT-I se r�unira
� 10h dans la Salle Dewan Merdeka, pour poursuivre l'examen
des AP.
GROUPE DE TRAVAIL II: Le GT-II se
r�unira � 10h dans la Salle TR4, pour se pencher sur le suivi
du SMDD, du PTPA, du Plan Strat�gique et des op�rations de la
Convention. S'attendre � ce que le texte du Pr�sident sur la
question du transfert des technologies et la coop�ration, soit
mis en circulation dans le courant de l'apr�s-midi.
PLENIERE: Les participants se r�uniront
de nouveau en Pl�ni�re, � 17h30, pour l'�valuation des progr�s
accomplis. |